La Turquie capture le nouveau chef de Daesh lors d’un raid à Istanbul

Selon des experts en sécurité, la Turquie tient à monter la barre contre ses alliés de l'Otan afin de montrer son engagement dans les efforts de lutte contre le terrorisme (Photo, AFP/Archives).
Selon des experts en sécurité, la Turquie tient à monter la barre contre ses alliés de l'Otan afin de montrer son engagement dans les efforts de lutte contre le terrorisme (Photo, AFP/Archives).
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Publié le Samedi 28 mai 2022

La Turquie capture le nouveau chef de Daesh lors d’un raid à Istanbul

  • Ankara s'aligne sur les priorités de sécurité occidentales pour rappeler aux alliés de l'Otan les menaces terroristes communes, déclare un analyste à Arab News
  • Selon Clarke, le gouvernement turc devrait être incité à agir plus sévèrement contre Daesh, mais il reste à craindre un retour de bâton, notamment des attaques terroristes en Turquie

ANKARA: La Turquie a capturé le nouveau chef du groupe militant Daesh lors d'un raid à Istanbul, ont affirmé les médias locaux jeudi.

Le site d'information dissident turc Oda TV a affirmé qu'Abu Al-Hasan al-Hashimi al-Qurayshi a été capturé lors d'une opération dirigée par le chef de la police d'Istanbul, Zafer Aktas, après des jours de surveillance et de préparation, bien qu'aucune déclaration officielle n'ait encore été faite.

Selon la presse turque, le président Recep Tayyip Erdogan devrait dévoiler les détails de l'opération dans les prochains jours.

L'ancien chef de Daesh, Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurayshi, a été tué dans le nord-ouest de la Syrie le 3 février, par les forces américaines.

Ces derniers mois, la police turque a systématiquement mené des raids contre les cellules de Daesh dans tout le pays. Au début du mois de mai, un kamikaze potentiel prétendument lié au groupe a été arrêté à Urfa, à la frontière syrienne, tandis que trois autres personnes ont été arrêtées la même semaine à Bursa.

Jeudi, un autre membre de Daesh a été abattu par la police alors qu'il aurait tenté de se faire exploser devant le département de la police dans la province de Gaziantep, dans le sud-est du pays.

Les experts mentionnent qu’Ankara pourrait tirer profit de cette dernière opération pour influencer ses alliés de l'Otan, en leur prouvant son engagement dans la lutte contre le terrorisme.

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«Ce n'est pas une coïncidence si Ankara a prétendument capturé la figure de proue de Daesh au sein des débats en cours sur l'élargissement de l'Otan et des accusations de la Turquie contre certains pays nordiques concernant leur soutien présumé aux groupes terroristes.»

  Soner Cagaptay, analyste

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Soner Cagaptay, directeur du programme de recherche sur la Turquie à l'Institut de Washington, estime que le moment choisi pour l'opération à Istanbul est révélateur.

«Ce n'est pas une coïncidence si Ankara a prétendument capturé la figure de proue de Daesh au sein des débats en cours sur l'élargissement de l'Otan et des accusations de la Turquie contre certains pays nordiques concernant leur soutien présumé aux groupes terroristes», a-t-il déclaré à Arab News.

Selon Cagaptay, la Turquie s'aligne sur les priorités occidentales en matière de sécurité et tente de rappeler à ses alliés de l'Otan qu'elle les aide à lutter contre les menaces terroristes communes.

La Turquie fait également partie de la grande coalition internationale de pays qui a passé des années à combattre Daesh.

Lors de la dernière réunion ministérielle de la coalition qui s'est tenue dans la ville marocaine de Marrakech, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a également fait part des préoccupations d’Ankara, affirmant que la lutte contre Daesh ne peut être gagnée avec l'aide d'autres groupes terroristes.

Cette déclaration a largement été interprétée comme une référence aux groupes kurdes tels que les Unités de protection du peuple, ou YPG, qui ont reçu un certain soutien de la Suède, qui a demandé de rejoindre l'Otan, ce à quoi la Turquie s'oppose.

«Cette dernière opération à Istanbul permet à Ankara d'insister auprès de l'alliance occidentale qu’il est maintenant nécessaire à leur tour de comprendre les préoccupations de la Turquie en matière de terrorisme intérieur, qui comprend non seulement Daesh mais aussi d'autres groupes terroristes, notamment le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et sa branche syrienne, les YPG», a expliqué Cagaptay.

La capture annoncée d'Al-Qurayshi a également coïncidé avec la réunion du Conseil national de   sécurité, présidé par Erdogan, jeudi, au cours de laquelle les détails de l'opération imminente de la Turquie contre les militants des YPG dans le nord de la Syrie ont été discutés.  

«Les opérations menées présentement, ou qui le seront à l’avenir, afin de libérer nos frontières méridionales de la menace terroriste, ne visent en aucun cas l'intégrité territoriale et la souveraineté de nos voisins et sont nécessaires pour les besoins de notre sécurité nationale», a indiqué le communiqué final de la réunion.

Ankara estime que sa sécurité est menacée par Manbij, Ain al-Arab et le quartier de Tal Rifat à Alep, qu'elle considère comme des bases pour des groupes hostiles.

Erdogan a annoncé lundi qu'il allait lancer l'offensive dans le nord de la Syrie pour repousser les YPG et sécuriser une zone de sécurité de 30 kilomètres afin d’installer les réfugiés syriens qui vivent actuellement en Turquie.

Toutefois, une éventuelle opération militaire, après trois offensives précédentes, ne semble pas avoir reçu l'approbation des États-Unis pour le moment.

«Nous reconnaissons les préoccupations légitimes de la Turquie en matière de sécurité à la frontière sud du pays, mais toute nouvelle offensive compromettrait davantage la stabilité régionale et mettrait en danger les forces américaines et la campagne de la coalition contre Daesh», a déclaré le porte-parole du département d'État américain, Ned Price, le 24 mai lors d'un point de presse.

Colin P. Clarke, directeur de recherche au Soufan Group, pense que les opérations anti-Daesh en Turquie peuvent avoir un impact considérable sur la présence du groupe dans la région.

Même lorsque Daesh détenait encore son «califat» territorial, il envoyait des agents en Turquie pour jeter les bases de réseaux de soutien financier et logistique. Ces réseaux ont été payants pour Daesh, car ils ont permis aux dirigeants d'avoir un accès constant à l'argent», a déclaré Clarke à Arab News.

Selon Clarke, le gouvernement turc devrait être incité à agir plus sévèrement contre Daesh, mais il reste à craindre un retour de bâton, notamment des attaques terroristes en Turquie.

Les membres de Daesh ont mené plusieurs attaques à travers le pays, dont au moins 10 attentats suicides, sept attentats à la bombe et quatre attaques armées, qui ont fait 315 morts et des centaines de blessés, à ce jour.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël dit avoir lancé des «opérations terrestres limitées» contre le Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
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  • "Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone"
  • L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban.

"Ces derniers jours, des soldats israéliens de la 91e division ont commencé des opérations terrestres limitées et ciblées contre des bastions clés du Hezbollah dans le sud du Liban, visant à renforcer la zone de défense avancée" en territoire libanais, le long de la frontière entre le nord d'Israël et le sud du Liban, a déclaré l'armée dans un communiqué.

"Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone, afin de (...) créer une couche supplémentaire de sécurité pour les habitants du nord d'Israël", ajoute le communiqué.

L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes".

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février par une frappe israélienne sur Téhéran.

Israël a lancé en riposte des frappes aériennes massives sur le Liban, qui ont déjà fait 850 morts, tout en menant des incursions dans les zones frontalières du sud du Liban, assurant vouloir ainsi protéger les populations du nord d'Israël.

Lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah, en 2023 et 2024, 60.000 habitants du nord d'Israël avaient été déplacés par les combats. Le gouvernement israélien a promis cette fois d'éviter de tels déplacements de population.


L'envoyé iranien en Arabie saoudite affirme que les «ennemis» de Téhéran sont responsables des attaques dans le Golfe

 L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Riyad au début du mois. (AFP/File Photo)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, lors d'un entretien avec l'AFP à l'ambassade d'Iran à Riyad au début du mois. (AFP/File Photo)
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  • Alireza Enayati déclare que l'Iran souhaite une "révision sérieuse" des liens avec les pays arabes du Golfe, et nie tout rôle dans les attaques pétrolières saoudiennes
  • Le message de l'envoyé a suscité un certain nombre de réactions critiques de la part d'utilisateurs qui se sont demandé pourquoi Téhéran n'avait pas clarifié sa position plus tôt s'il pensait que d'autres acteurs étaient responsables

LONDRES: L'ambassadeur iranien en Arabie saoudite a posté un message sur X dimanche, affirmant que les Etats-Unis et Israël lançaient des attaques sur des cibles illégitimes dans les pays voisins, rejetant la responsabilité sur Téhéran.

Alireza Enayati a partagé un avis attribué au commandement militaire iranien, qui a déclaré que "l'ennemi" utilisait des drones "déguisés en Shahed (un drone de fabrication iranienne) sous le nom de drone Lucas".

Le message nie que l'Iran soit responsable des attaques contre les États voisins du Golfe, ajoutant que Téhéran ne vise les intérêts des États-Unis et d'Israël dans la région qu'en représailles d'attaques contre son territoire.

"La République islamique d'Iran n'attaque que les cibles, les centres et les intérêts des États-Unis et de l'entité sioniste, et assumera la responsabilité de tout lieu qu'elle vise en publiant une déclaration officielle", ajoute le message.

Les autorités régionales affirment que des milliers de missiles et de drones iraniens ont été lancés en direction du Golfe depuis le début du conflit, fin février, et que nombre d'entre eux visaient des installations militaires américaines, mais aussi des aéroports, des ports, des infrastructures énergétiques et des zones civiles dans les pays du Golfe.

Le message de l'envoyé a suscité un certain nombre de réactions critiques de la part d'utilisateurs qui se sont demandé pourquoi Téhéran n'avait pas clarifié sa position plus tôt s'il pensait que d'autres acteurs étaient responsables.

Un commentateur a écrit que les remarques de l'ambassadeur semblaient contredire les déclarations des dirigeants militaires iraniens.

Un autre a suggéré que même les attaques visant les installations militaires américaines dans la région mettraient en danger les pays du Golfe et que les missiles ou les drones lancés vers ces sites pourraient mettre en danger les villes voisines et les infrastructures civiles.

Un troisième a dénoncé ce qu'il a décrit comme des messages contradictoires de la part des responsables iraniens, tout en se demandant si une femme et un enfant tués respectivement à Bahreïn et au Koweït avaient été des cibles américaines.

Mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté un projet de résolution condamnant les attaques de l'Iran contre les pays du Golfe et la Jordanie et exigeant que Téhéran mette immédiatement fin aux hostilités.

Treize des quinze membres du Conseil ont voté en faveur de la résolution, qui était parrainée par le Conseil de coopération du Golfe et coparrainée par 135 autres États membres des Nations unies, ce qui témoigne d'un large soutien international en faveur de cette mesure.

S'adressant à Reuters dimanche, M. Enayati a déclaré que les relations entre l'Iran et les États arabes du Golfe devront être "sérieusement réexaminées" à la lumière de la guerre, afin de limiter le pouvoir des acteurs extérieurs et de permettre à la région de devenir prospère.

Il a réaffirmé que l'Iran n'était pas responsable des attaques contre les installations pétrolières saoudiennes de Ras Tanura et de Shaybah.

À la question de savoir s'il craignait que la guerre ne nuise aux relations, il a répondu : "C'est une question légitime : "C'est une question pertinente, et la réponse est peut-être simple. Nous sommes voisins et nous ne pouvons pas nous passer l'un de l'autre ; nous aurons besoin d'un examen sérieux".

Il poursuit : "Ce dont la région a été témoin au cours des cinq dernières décennies est le résultat d'une approche d'exclusion (au sein de la région) et d'une dépendance excessive à l'égard des puissances extérieures.

Il a également appelé à un renforcement des liens entre les six membres du CCG, ainsi qu'avec l'Irak et l'Iran.

M. Enayati a déclaré qu'il était personnellement en contact permanent avec des responsables saoudiens et que les relations "progressaient naturellement" dans de nombreux domaines. Il a souligné la coopération saoudienne concernant le départ des Iraniens qui se trouvaient dans le Royaume pour un pèlerinage religieux et l'assistance médicale apportée à d'autres.

Il a ajouté que Téhéran était en contact avec Riyad au sujet de la position publiquement exprimée par l'Arabie saoudite, selon laquelle ses ressources terrestres, maritimes et aériennes ne seraient pas utilisées pour attaquer l'Iran.

Son message aux États du Golfe est que la guerre "nous a été imposée, à nous et à la région".

Pour résoudre le conflit, les États-Unis et Israël doivent cesser leurs attaques et les pays de la région ne doivent pas être impliqués, tandis que des garanties internationales doivent être obtenues pour éviter qu'elles ne se reproduisent, a-t-il déclaré.

"Ce n'est qu'alors que nous pourrons nous concentrer sur la construction d'une région prospère", a-t-il ajouté.

* Avec Reuters


L'Iran multiplie ses frappes de drones sur l'Arabie saoudite 

 Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu plusieurs drones dans la province orientale lundi.  (X : @modgovksa)
Les défenses aériennes saoudiennes ont abattu plusieurs drones dans la province orientale lundi. (X : @modgovksa)
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  • Le ministère de la défense déclare que 63 drones ont été abattus dans la province de l'Est et à Riyad jusqu'à présent
  • Les autorités des Émirats arabes unis ont suspendu l'exploitation de l'aéroport international de Dubaï à la suite d'une attaque de drone

RIYAD: L'Iran a repris sa campagne nocturne de drones contre l'Arabie saoudite lundi, lançant des vagues de frappes totalisant environ 63 drones hostiles jusqu'à présent, a déclaré le ministère de la Défense.

Le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a annoncé les attaques dans une série de messages sur X à partir de 2 h 22, heure locale, précisant que tous les drones - visant la province orientale et Riyad - avaient été interceptés et détruits.

Les frappes ont eu lieu quelques heures après que l'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a cherché à détourner la responsabilité de Téhéran, en diffusant un avis attribué au commandement militaire iranien affirmant que "l'ennemi" déployait des drones déguisés en drones Shahed de fabrication iranienne sous le nom de "drone Lucas".

Ce nouveau barrage a porté à plus de 230 le nombre de drones interceptés dans le Royaume. Un décompte des postes du ministère de la défense a également montré que plus de 30 missiles avaient été abattus.

Les frappes iraniennes ont suivi un schéma d'attaques nocturnes entrecoupées d'accalmies diurnes.

Les États voisins du Golfe ont fait état d'un bilan plus lourd : Bahreïn a déclaré avoir intercepté à lui seul 125 missiles et 203 drones, les attaques ayant fait deux morts dans ce pays et 24 autres dans la région.

Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 294 missiles balistiques, 15 missiles de croisière et 1 600 drones, faisant six morts.

Le bureau des médias de Dubaï a déclaré lundi que les équipes de la défense civile avaient réussi à circonscrire un incendie résultant de l'impact d'un drone sur l'un des réservoirs de carburant à proximité de l'aéroport international de Dubaï.  Les opérations à l'aéroport ont été temporairement suspendues.