Un chef militaire du Polisario tué par une frappe de drone marocaine

Des soldats sahraouis défilent lors des célébrations marquant le 45e anniversaire de la déclaration de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), dans un camp de réfugiés à la périphérie de la ville de Tindouf, dans le sud-ouest de l'Algérie, le 27 février 2021. (RYAD KRAMDI / AFP)
Des soldats sahraouis défilent lors des célébrations marquant le 45e anniversaire de la déclaration de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), dans un camp de réfugiés à la périphérie de la ville de Tindouf, dans le sud-ouest de l'Algérie, le 27 février 2021. (RYAD KRAMDI / AFP)
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Publié le Jeudi 08 avril 2021

Un chef militaire du Polisario tué par une frappe de drone marocaine

  • Ce chef militaire, né en 1956 et qui avait rejoint le Front Polisario en 1978, a trouvé la mort "à la suite de l’attaque d’un drone (marocain)"
  • Aucune information n'a officiellement filtré sur l'acquisition de drones par le Maroc

ALGER : Le chef de la gendarmerie du Front Polisario (indépendantiste) a été tué par une frappe de drone marocaine dans le territoire disputé du Sahara occidental, a indiqué à l'AFP un haut responsable militaire sahraoui dans la nuit de mercredi à jeudi.   

"Le commandant de la gendarmerie nationale, le martyr Addah Al-Bendir est tombé mardi au champ d'honneur, où il était en mission militaire dans la zone libérée de Rouss Irni, à Tifariti", une localité située au nord du territoire et sous contrôle du Polisario, avait annoncé plus tôt un communiqué du ministère sahraoui de la Défense publié par l'agence de presse officielle SPS, sans autre détail.

L'agence a supprimé le communiqué militaire de son site dans la soirée, sans explication.  

Ce chef militaire, né en 1956 et qui avait rejoint le Front Polisario en 1978, a trouvé la mort "à la suite de l’attaque d’un drone (marocain)", a ensuite précisé à l'AFP un haut responsable militaire sahraoui, sous couvert de l'anonymat.

"Addah Al-Bendir venait de participer à une attaque dans la zone de Bir Lehlou contre le mur" de sable qui sépare les deux camps sur plus d'un millier de kilomètres dans le Sahara occidental, a expliqué le responsable.

"Quelques heures après, à une centaine de kilomètres du lieu de l'attaque contre les Marocains, un drone a tué le chef des gendarmes dans la région de Tifariti. Il est mort en territoire sahraoui libéré", a-t-il ajouté.

Les circonstances de ce décès restent néanmoins confuses, certaines informations non confirmées faisant état d'une frappe de drone dans la région de Touizgui, au sud du Maroc. 

Il n'a pas été possible d'obtenir d'information de source officielle à Rabat.

C'est la première fois, semble-t-il, que l'armée marocaine a recours à une frappe de drone meurtrière dans le conflit qui l'oppose depuis des décennies aux mouvement indépendantiste sahraoui.

Aucune information n'a officiellement filtré sur l'acquisition de drones par le Maroc.  

Frappe inédite

Pour sa part, le forum Far-Maroc, une page Facebook non-officielle des forces armées marocaines a affirmé que "plusieurs éléments de premier plan" du Polisario, dont le chef de la gendarmerie, "sont morts", après une opération de l'armée marocaine faisant suite à des "mouvements suspects de leaders du Polisario à l'intérieur des zones tampons".

Présent, Brahim Ghali, le chef du mouvement indépendantiste "a survécu" à l'opération marocaine, a ajouté sans autre détail ce forum généralement bien informé. 

Après presque trente ans de cessez-le-feu, les hostilités entre le Polisario et le Maroc ont repris mi-novembre à la suite du déploiement de troupes marocaines dans une zone tampon de l'extrême sud du Sahara occidental pour en déloger des indépendantistes qui bloquaient la seule route commerciale vers l'Afrique de l'Ouest car cet axe routier est, selon eux, illégal.

Pour la première fois depuis des décennies, des accrochages armés opposent l'Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) aux forces marocaines, selon le ministère de la Défense de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

L'ALPS revendique quotidiennement des attaques "visant les positions des forces d'occupation marocaines le long du mur de sable", ainsi que des pertes humaines et matérielles marocaines, sans qu'il soit possible d'en vérifier l'authenticité de source indépendante.

Le Polisario, qui a proclamé la RASD en 1976, continue de réclamer la tenue d'un référendum prévu par l'ONU au moment de la signature d'un cessez-le-feu entre les belligérants en 1991.

Le Maroc, qui contrôle environ 80% de ce vaste territoire désertique, ancienne colonie espagnole, propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté.


Le prince Faisal souligne l’importance « critique » du partenariat saoudo-émirati pour la stabilité régionale

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, et le ministre des Affaires étrangères de la Pologne (absent) donnent une conférence de presse après leur rencontre au ministère des Affaires étrangères à Varsovie, le 26 janvier 2026. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, et le ministre des Affaires étrangères de la Pologne (absent) donnent une conférence de presse après leur rencontre au ministère des Affaires étrangères à Varsovie, le 26 janvier 2026. (AFP)
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  • Le prince Faisal ben Farhane a reconnu une « divergence de vues » entre les deux pays sur le dossier yéménite, tout en affirmant que leur relation reste « d’une importance critique »

LONDRES : Le retrait des Émirats arabes unis du Yémen constitue la « pierre angulaire » d’une relation solide avec l’Arabie saoudite, contribuant à la stabilité régionale, a déclaré lundi le ministre saoudien des Affaires étrangères.

Le prince Faisal ben Farhane a reconnu qu’il existait une « différence de point de vue » entre les deux pays concernant le Yémen, tout en soulignant que leur relation demeure « d’une importance critique ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale. C’est pourquoi le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, en tant que partenaire important au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse à l’occasion de sa visite en Pologne.

« Évidemment, sur la question du Yémen, il existe une divergence de vues. Les Émirats arabes unis ont désormais décidé de se retirer du Yémen, et si tel est bien le cas, et qu’ils se sont complètement désengagés de ce dossier, alors le Royaume d’Arabie saoudite en assumera la responsabilité.

« Je pense que cela constituera la base permettant de garantir que la relation avec les Émirats arabes unis demeure forte et continue de servir les intérêts non seulement des deux pays, mais aussi de la région. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: deux morts dans des frappes israéliennes sur le sud

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  • L'agence officielle libanaise Ani a rapporté qu'une des frappes dans le sud avait touché un hangar, tandis que celles dans l'est ont atteint des montagnes proches de la localité de Nabi Sheet
  • Celle sur Derdaghya a visé une voiture, d'après cette source

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait deux morts dimanche, a indiqué le ministère de la Santé libanais, l'armée israélienne affirmant avoir visé des positions du Hezbollah.

Malgré la trêve conclue en novembre 2024 censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le Hezbollah, Israël continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le mouvement chiite pro-iranien qu'il accuse de se réarmer.

Dans un communiqué, le ministère a fait état d'un "raid de l'ennemi israélien" entre les localités de Khirbet Selm et de Kfardounine, dans le sud du pays, faisant un mort et cinq blessés.

Ailleurs dans le sud, une frappe a fait un mort à Derdaghya, a rapporté le ministère.

L'armée israélienne a déclaré avoir frappé un "site de fabrication d'armes" du Hezbollah dans le sud, où elle dit avoir identifié "l'activité terroriste d'agents du Hezbollah".

Elle a ajouté avoir visé des "sites d'infrastructures militaires appartenant au Hezbollah" dans la région orientale de la Bekaa.

L'agence officielle libanaise Ani a rapporté qu'une des frappes dans le sud avait touché un hangar, tandis que celles dans l'est ont atteint des montagnes proches de la localité de Nabi Sheet.

Celle sur Derdaghya a visé une voiture, d'après cette source.

Mercredi, Israël a frappé quatre points de passage le long de la frontière syro-libanaise, utilisés selon lui par le Hezbollah pour passer des armes en contrebande.

Début janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, couvrant la zone située au sud du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne.

Israël juge les progrès de l'armée libanaise insuffisants, tandis que le mouvement islamiste a rejeté les appels à remettre ses armes.

Selon un décompte de l'AFP basé sur les bilans du ministère de la Santé, plus de 350 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.


Les Etats-Unis mettent en garde l'Irak sur ses futures relations avec l'Iran

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste. (AFP)
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste. (AFP)
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  • Lors d'un entretien téléphonique avec l'actuel Premier ministre, Mohamed Chia al-Soudani, Marco Rubio a dit espérer que le futur gouvernement irakien ferait du pays "une force de stabilité, de prospérité et de sécurité
  • "Le secrétaire a souligné qu'un gouvernement contrôlé par l'Iran ne peut pas faire passer en premier les propres intérêts de l'Irak avec succès, tenir l'Irak hors des conflits régionaux ou faire progresser le partenariat mutuellement bénéfique"

WASHINGTON: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste.

M. Maliki, figure centrale de la vie politique en Irak, a reçu samedi l'appui de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et a des liens divers avec Téhéran.

Lors d'un entretien téléphonique avec l'actuel Premier ministre, Mohamed Chia al-Soudani, Marco Rubio a dit espérer que le futur gouvernement irakien ferait du pays "une force de stabilité, de prospérité et de sécurité dans le Moyen-Orient.

"Le secrétaire a souligné qu'un gouvernement contrôlé par l'Iran ne peut pas faire passer en premier les propres intérêts de l'Irak avec succès, tenir l'Irak hors des conflits régionaux ou faire progresser le partenariat mutuellement bénéfique entre les Etats-Unis et l'Irak", selon des propos rapportés par son porte-parole Tommy Pigott.

Un éventuel gouvernement irakien pro-Iran serait une rare éclaircie pour Téhéran, qui rencontre des difficultés sur le plan national comme international.

La République islamique a été secouée par un mouvement de contestation d'ampleur à partir de fin décembre. Les manifestations ont été durement réprimées, les morts se comptant en milliers.

Et depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, l'Iran a subi des frappes directes israéliennes et américaines, et vu des alliés régionaux grandement affaiblis ou évincés.

Les Etats-Unis ont fait part de leur "opinion négative concernant les précédents gouvernements dirigés par l'ancien Premier ministre Maliki", a indiqué à l'AFP une source de la sphère politique irakienne.

Dans une lettre, des responsables américains ont affirmé que Washington prendrait "ses propres décisions souveraines à propos du prochain gouvernement, en accord avec les intérêts américains", reconnaissant néanmoins qu'il revient à l'Irak de choisir ses dirigeants.

Les Etats-Unis disposent d'un important moyen de pression contre l'Irak. Ils contrôlent une large partie des recettes de l'exportation de pétrole du pays conformément à un accord de 2003, conclu après l'invasion américaine et le renversement de Saddam Hussein.

L'actuel Premier ministre Soudani, en poste depuis 2022, a gagné la confiance américaine en s'employant à faire diminuer les violences des groupes armés chiites soutenus par Téhéran, que Washington ne veut pas voir s'enhardir de nouveau.