PARIS : L'ancien président du Front national (devenu Rassemblement national) Jean-Marie Le Pen a suggéré jeudi à sa fille Marine Le Pen, présidente du parti et candidate à l'Elysée, de ne pas «confondre» le premier et le deuxième tour de la présidentielle.
«Ce qui est essentiel pour Marine, c'est de ne pas confondre le premier et le deuxième tour», affirme celui qui a présidé le parti pendant près de 40 ans, dans son journal de bord vidéo.
«Marine ne doit pas du tout céder à cette attraction centriste avant le deuxième tour», estime Jean-Marie Le Pen, dans une allusion à des prises de position plus tempérées de sa fille sur certains sujets.
«Au premier tour, il faut rassembler tous les Français qui sont légitimement excédés de la décadence du pays, de son glissement vers le précipice, du danger mortel que représente une immigration qui n'est pas contrôlée, qui n'est pas interdite», ajoute-t-il.
Marine Le Pen, créditée au second tour du scrutin selon plusieurs sondages, mesure voire «normalise» son discours en vue de la présidentielle, en procédant à plusieurs revirements, au risque de déstabiliser son électorat friand de radicalité. Elle a notamment abandonné l'idée de sortir la France de l'UE et de l'euro (Frexit) et n'envisage plus de suspendre les accords de libre circulation de Schengen.
Jean-Marie Le Pen n'exclut pas de se rendre au congrès du RN prévu début juillet à Perpignan. «La situation est si grave (…) qu'elle nécessite la réunion de toutes les bonnes volontés», dit-il.
«Et on ne peut pas esquiver de prendre position quand on a été responsable et qu'on le demeure intellectuellement parlant», a ajouté le co-fondateur du parti d'extrême droite, exclu du parti en 2015 pour de nouveaux propos polémiques sur la Shoah.
Jean-Marie Le Pen avait menacé de venir au précédent congrès de Lille en mars 2018, avant de renoncer. Il avait perdu à ce congrès sa fonction de président d'honneur du mouvement, conformément à de nouveaux statuts.