Le patriarche Raï réclame une conférence internationale pour le Liban

Des manifestants brûlent des pneus pour bloquer une route mercredi, lors d'une manifestation appelant à la libération des militants anti-gouvernementaux à Beyrouth, au Liban. (Photo, AP)
Des manifestants brûlent des pneus pour bloquer une route mercredi, lors d'une manifestation appelant à la libération des militants anti-gouvernementaux à Beyrouth, au Liban. (Photo, AP)
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Publié le Samedi 27 février 2021

Le patriarche Raï réclame une conférence internationale pour le Liban

  • Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a rejeté la proposition, la décrivant comme «une internationalisation et le paravent d’une nouvelle occupation»
  • Plusieurs diplomates arabes et étrangers se sont rendus chez Raï pour exprimer leur soutien à sa proposition

BEYROUTH: Le plus haut religieux chrétien du Liban a réitéré jeudi son appel pour que les politiciens libanais se réunissent en vue de former un nouveau gouvernement.

Le patriarche maronite Béchara Boutros Raï souhaite voir se tenir une conférence internationale pour protéger le Liban, l'Accord de Taif, «et l'égalité», mais ses sermons laissent les dirigeants pays de marbre.

Les politiciens ne sont pas parvenus à s'entendre sur la composition d’un nouveau gouvernement depuis la démission du dernier cabinet, après l'explosion dévastatrice du port du 4 août à Beyrouth.

À cela s’ajoute une augmentation des tensions entre le président Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri.

«Nous avons atteint un point où nous sommes incapables de communiquer ou nous entendre», a déclaré jeudi Raï.

«Nous devons diagnostiquer notre problème et le traiter en nous basant sur trois constantes: l'Accord de Taif, la Constitution et la Charte. Tous les problèmes du pays sont causés par des interventions étrangères».

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a rejeté la proposition de Raï, la décrivant comme «une internationalisation et le paravent d’une nouvelle occupation. Nous ne nous laisserons pas faire», a-t-il indiqué.

Les paroles de Nasrallah ont suscité beaucoup de critiques de la part des partis chrétiens sur les réseaux sociaux. Plusieurs diplomates arabes et étrangers se sont rendus chez Raï pour exprimer leur soutien à sa proposition.

«Il est nécessaire de mettre en œuvre correctement l’Accord de Taif, qui garantit l’unité nationale et la paix civile du pays», explique l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Liban, Walid ben Abdallah Bukhari.

Des délégations des Forces libanaises (FL), du Parti socialiste progressiste (PSP) et d'autres partis d'opposition ont également rendu visite au patriarche.

«Nous vivons en enfer parce que nous avons entraîné le Liban dans le conflit irano-américain», confie le député des Forces libanaises Antoine Habshi.

«Il est donc impératif de recourir à la communauté internationale car le Liban est retenu en otage».

L’ancien ministre de l’Information Ghazi Aridi, membre du PSP, affirme que le président libanais ne veut pas de Saad Hariri comme Premier ministre.

Aridi a aussi rejeté les efforts du Mouvement patriotique libre (MPL), dirigé par le gendre d’Aoun, le député Gebran Bassil, pour être inclus dans la formation du gouvernement.

«L’insistance de Bassil à détenir le tiers de blocage gouvernement ne va pas aboutir», déclare Aridi. «Personne n’aura ce pouvoir».

Une délégation du MPL a rencontré Raï jeudi, alors que Bassil s'est entretenu pour sa part au téléphone avec le patriarche.

Le député Roger Azar a réitéré les demandes du parti du président. «Nous avons informé le patriarche que le MPL est disponible pour discuter de toute suggestion dans le cadre des normes et des conditions constitutionnelles, ainsi que sur la base d’un partenariat national global».

L'ancien député Ahmed Fatfat a déclaré que toute attaque contre Raï ne fait que renforcer son statut de référence dans le pays.

«Raï mène une bataille fondamentale et claire et bénéficie du soutien de tous les partis politiques et les communautés au Liban. Les tentatives d'intimidation sont inutiles», soutient Fatfat.

Parmi les responsables et diplomates arabes et occidentaux qui se sont rendus à Bkerké pour exprimer leur soutien à la proposition du patriarche Rai, le député français de Lorient, Gwendal Rouillard, qui a annoncé sur son compte Twitter : «J’ai échangé avec le Patriarche Rai pour soutenir son initiative sur la Conférence internationale et la neutralité du Liban. C’est le moment pour les Libanais de bâtir la formule du Nouveau Liban !»

M. Rouillard avait accompagné le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Jean Yves LeDrian au Liban au lendemain de l’explosion du 4 août 2020, et avait participé au bain de foule du président à Gemmayzé. Il avait alors tweeté sur son compte @G_ROUILLARD: «On vous aime les amis !» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le nouveau gouverneur de la Banque du Liban s'engage à lutter contre le blanchiment et le financement du terrorisme

Karim Souaid, un gestionnaire de patrimoine, a été nommé le 27 mars à la tête de la BdL, un poste crucial pour l'application des réformes exigées par la communauté internationale dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent. (AFP)
Karim Souaid, un gestionnaire de patrimoine, a été nommé le 27 mars à la tête de la BdL, un poste crucial pour l'application des réformes exigées par la communauté internationale dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent. (AFP)
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  • Karim Souaid, un gestionnaire de patrimoine, a été nommé le 27 mars à la tête de la BdL, un poste crucial pour l'application des réformes exigées par la communauté internationale dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent
  • Il a succédé à Riad Salamé, dont le mandat avait expiré en 2023 et qui est actuellement détenu et accusé de détournement massif de fonds publics

BEYROUTH: Le nouveau gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, s'est engagé vendredi à lutter contre "le blanchiment d'argent" et le "financement du terrorisme" ainsi qu'à appliquer des réformes réclamées par la communauté internationale.

"La Banque du Liban (BdL) va coopérer avec les Etats et les organismes internationaux (..) pour mettre en oeuvre les conventions et traités internationaux, en premier lieu la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme", a-t-il assuré, en prenant ses fonctions.

Karim Souaid, un gestionnaire de patrimoine, a été nommé le 27 mars à la tête de la BdL, un poste crucial pour l'application des réformes exigées par la communauté internationale dans le pays qui a connu un effondrement économique sans précédent.

Il a succédé à Riad Salamé, dont le mandat avait expiré en 2023 et qui est actuellement détenu et accusé de détournement massif de fonds publics.

En raison de la paralysie politique dans le pays, l'intérim avait été assuré par le vice-gouverneur Wassim Mansouri.

Le puissant mouvement pro-iranien Hezbollah, qui sort d'une guerre meurtrière avec Israël, est accusé par ses détracteurs d'utiliser des réseaux économiques parallèles et est soumis à des sanctions américaines économiques et bancaires.

Depuis 2019, le Liban est plongé dans une crise économique inédite, imputée par une grande partie de la population à la mauvaise gestion, la corruption, la négligence et l'inertie de la classe dirigeante, en place depuis des décennies.

La monnaie nationale s'est effondrée et des restrictions bancaires draconiennes empêchent les épargnants d'avoir accès à leurs comptes.

La communauté internationale réclame que le Liban mette en oeuvre des réformes pour débloquer des milliards de dollars d'aide et relancer son économie.

Le nouveau gouverneur a affirmé qu'il fallait "oeuvrer à restituer tous les dépôts bancaires progressivement, à commencer en priorité par les petits épargnants", soulignant que "les banques, la Bdl et l'Etat libanais doivent assumer leurs responsabilités" dans ce dossier.

Il a ajouté que les banques commerciales devaient être "recapitalisées", ajoutant que la Bdl devait "réguler le système bancaire".

M. Souaid a enfin assuré que la Bdl devait "permettre la conclusion de toute enquête criminelle déjà entamée" pour dévoiler "tout abus ou détournement de fonds, de réserves ou d'argent public et sanctionner les responsables".

 


Un ministre bahreïni accueille le nouvel ambassadeur saoudien à Manama

Hamad bin Faisal Al-Malki (à droite) et Naif bin Bandar Al-Sudairi au palais de Gudaibiya à Manama. (Fourni)
Hamad bin Faisal Al-Malki (à droite) et Naif bin Bandar Al-Sudairi au palais de Gudaibiya à Manama. (Fourni)
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  • M. Al-Malki a souligné les relations fraternelles entre les deux royaumes du Golfe, les décrivant comme fondées sur l'affection mutuelle
  • M. Al-Sudairi a exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale et de faire progresser les initiatives conjointes entre les deux pays

MANAMA : Le ministre bahreïni des Affaires ministérielles, Hamad bin Faisal Al-Malki, a reçu jeudi le nouvel ambassadeur d'Arabie saoudite, Naif bin Bandar Al-Sudairi, au palais de Gudaibiya à Manama.

Au cours de la réception officielle, M. Al-Malki a souligné les relations fraternelles entre les deux royaumes du Golfe, les décrivant comme fondées sur une affection mutuelle et des liens historiques profondément enracinés qui ont continué à s'épanouir sous la direction des deux nations.

M. Al-Sudairi a exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale et de faire progresser les initiatives conjointes entre les deux pays.


L'Arabie saoudite prend la tête de la condamnation arabe des raids israéliens sur le territoire syrien

Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
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  • Le Royaume exhorte les membres permanents du Conseil de sécurité à se pencher sur les violations commises en Syrie et dans la région
  • L'Égypte affirme que les raids constituent une violation flagrante du droit international

RIYADH : L'Arabie saoudite a pris la tête de la condamnation arabe des frappes aériennes israéliennes qui ont violé la souveraineté de la République arabe syrienne et fait des dizaines de victimes civiles et militaires.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a déclaré que les raids israéliens constituaient des "tentatives de menacer la sécurité et la stabilité de la Syrie et de la région en violant les lois internationales".

Le Royaume a exhorté les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies à s'attaquer fermement aux violations israéliennes en cours en Syrie et dans la région, et a appelé à l'activation de mécanismes de responsabilisation.

Au cours de la nuit, les frappes aériennes israéliennes ont visé cinq zones en Syrie, dont la capitale Damas et l'aéroport de Hama. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis que les actions et une incursion au sol ont fait 13 morts.

Depuis la chute du régime de Bashar Assad en décembre, Israël s'est emparé de certaines zones du sud de la Syrie pour tenter d'éloigner les forces du nouveau gouvernement de la frontière.

L'Égypte a déclaré jeudi que les raids israéliens constituaient une nouvelle violation flagrante du droit international. Elle a appelé les acteurs internationaux à contraindre Israël à mettre fin à son occupation du territoire syrien et à respecter l'accord de désengagement de 1974.

Le ministère jordanien des affaires étrangères et des expatriés a réitéré le soutien d'Amman à la sécurité, à la stabilité et à la souveraineté de la Syrie. Il a souligné la nécessité pour Israël d'adhérer au droit international et aux résolutions des Nations unies qui appellent au respect de la souveraineté des États et à la non-ingérence dans les affaires intérieures.