Les décisions de suspendre le financement de l’Unrwa «doivent être révoquées», exhorte Martin Griffiths

Martin Griffiths, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU (Photo, AFP).
Martin Griffiths, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 01 février 2024

Les décisions de suspendre le financement de l’Unrwa «doivent être révoquées», exhorte Martin Griffiths

  • Certains donateurs occidentaux ont suspendu leurs dons à l'agence, qui fournit de l'aide aux Palestiniens
  • Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, réitère également sa demande de cessez-le-feu immédiat et de libération de tous les otages

NEW YORK: Le chef des opérations humanitaires de l'ONU, Martin Griffiths, s'est déclaré mercredi consterné par les allégations selon lesquelles 12 des 13 000 employés de l'agence d'aide de l'ONU aux Palestiniens auraient été impliqués dans les attaques du 7 octobre du Hamas contre Israël.

Il a déclaré que l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient avait pris des mesures rapides pour ouvrir une enquête, mais il a ajouté que «les services vitaux que l’office fournit à plus des trois quarts des habitants de Gaza ne devraient pas être mis en péril par les actions présumées de quelques individus».

En réponse à ces allégations, plusieurs pays occidentaux se sont joints cette semaine aux États-Unis pour suspendre le financement vital qu'ils fournissent à l'agence, malgré la catastrophe humanitaire croissante qui continue de se dérouler dans le territoire assiégé.

«Pour dire les choses franchement et simplement, notre réponse humanitaire pour le Territoire palestinien occupé dépend du fait que l’Unrwa soit suffisamment financé et opérationnel», a insisté Griffiths lors d’une réunion du Conseil de sécurité pour discuter des derniers développements à Gaza.

«Les décisions de retenir les fonds de l'Unrwa doivent être annulées», a-t-il ajouté.

Griffiths a brossé un tableau sombre de la situation humanitaire à Gaza, où, selon lui, les niveaux de privation et de désespoir augmentent, et chaque jour qui passe ne fait qu'aggraver la misère et la souffrance de la population.

Plus de 26 000 Palestiniens ont été tués et 65 000 blessés pendant la guerre d'Israël contre Gaza, la grande majorité d'entre eux étant des femmes et des enfants, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza. Quatorze des 36 hôpitaux du territoire ne fonctionnent que partiellement, à cause d'une grave pénurie de personnel médical et de fournitures.

Griffiths a indiqué que la persistance de combats intenses près des hôpitaux Nasser et Al-Amal à Khan Younès constitue une menace pour le personnel de santé, les blessés, les malades et les milliers de personnes déplacées qui y ont trouvé refuge.

Des jeunes palestiniens transportent des corps dans une charrette tirée par un cheval, près de l’hôpital Al-Ahli Arabi dans la ville de Gaza, le 31 janvier 2024 (Photo, AFP).

Les affrontements en cours à Khan Younès provoquent également un important afflux de personnes à Rafah, ce qui accroît le fardeau d'une zone qui accueille déjà plus de la moitié des 2,2 millions d'habitants de Gaza, a-t-il ajouté.

Sur l'ensemble du territoire, plus de 60% des habitations seraient détruites ou endommagées, et environ 75% de la population serait déplacée, a signalé Griffiths. Il a décrit leurs conditions de vie comme étant «abominables qui s'aggravent de jour en jour».

Les fortes pluies inondent les tentes, obligeant les familles, en particulier les enfants et les personnes âgées, à dormir dans la boue. Le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire continue d'augmenter et l'eau potable n'est presque plus disponible.

En l'absence d'un soutien suffisant en matière de santé publique, les épidémies de maladies évitables sont fréquentes et continueront à se propager, a alerté Griffiths.

«La capacité de la communauté humanitaire à apporter une aide à la population de Gaza reste tout à fait insuffisante», a-t-il précisé.

«Nous continuons à nous heurter au refus fréquent d'Israël d'autoriser l'entrée de produits de première nécessité à Gaza, pour des raisons peu claires, incohérentes et souvent non spécifiées», a-t-il ajouté.

Il a demandé que des mesures urgentes soient prises pour assurer la sécurité des travailleurs humanitaires, mettre en place un mécanisme permettant un flux prévisible de fournitures et permettre un accès rapide et sans entrave au territoire, notamment par plusieurs points de passage de la frontière avec l'Égypte et Israël.

Griffiths a réitéré sa demande précédente de respect total des principes du droit humanitaire international, particulièrement la protection des hôpitaux, du personnel médical et des patients, des sources de nourriture, des infrastructures d'approvisionnement en eau, des maisons et des abris. Il a également renouvelé son appel à un cessez-le-feu et à la libération immédiate de tous les otages.

«J’exhorte ce conseil à faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin à cette tragédie», a-t-il soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.