Retraites: mécontent des prévisions, le pouvoir voit le diable au COR

La Première ministre française Elisabeth Borne s'adresse à la presse suite à la présentation de la feuille de route du gouvernement pour la jeunesse dans le cadre de la restitution des "Rencontres jeunesse de Matignon" à l'Hôtel Matignon à Paris, le 21 juin 2023. (Photo Emmanuel DUNAND /AFP)
La Première ministre française Elisabeth Borne s'adresse à la presse suite à la présentation de la feuille de route du gouvernement pour la jeunesse dans le cadre de la restitution des "Rencontres jeunesse de Matignon" à l'Hôtel Matignon à Paris, le 21 juin 2023. (Photo Emmanuel DUNAND /AFP)
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Publié le Jeudi 22 juin 2023

Retraites: mécontent des prévisions, le pouvoir voit le diable au COR

  • Haro sur le COR. Critiqué en début d'année pour avoir relativisé l'ampleur des déficits à venir, l'organisme rattaché à Matignon est aujourd'hui accusé de l'exagérer
  • Son rapport annuel, officiellement présenté jeudi mais dont le contenu a fuité en début de semaine, affirme en effet que le système de retraite sera «durablement» dans le rouge dès l'an prochain et donc pas à l'équilibre en 2030

PARIS: Contredits par le Conseil d'orientation des retraites (COR), qui n'entrevoit pas de retour à l'équilibre financier malgré la réforme adoptée au forceps, gouvernement et majorité remettent en cause les prévisions de cette instance et évoquent même son "dysfonctionnement" voire son "irresponsabilité".

Haro sur le COR. Critiqué en début d'année pour avoir relativisé l'ampleur des déficits à venir, l'organisme rattaché à Matignon est aujourd'hui accusé de l'exagérer.

Son rapport annuel, officiellement présenté jeudi mais dont le contenu a fuité en début de semaine, affirme en effet que le système de retraite sera "durablement" dans le rouge dès l'an prochain et donc pas à l'équilibre en 2030 comme promis par l'exécutif.

La riposte ne s'est pas fait attendre. "Vous voyez bien que ses évaluations changent tous les six mois", a cinglé Bruno Le Maire dès mardi. Disant prendre ces prévisions "avec beaucoup de prudence", le ministre de l'Economie a ciblé sans le nommer "le président du COR" Pierre- Louis Bras.

Ce haut fonctionnaire marqué à gauche a reçu le même jour une flèche d'Olivier Dussopt, qui lui a reproché d'avoir expliqué en début d'année "qu'il n'y avait pas le feu au lac, que le déficit serait de l'épaisseur du trait".

Le ministre du Travail garde visiblement en travers de la gorge l'audition, devenue fameuse, de M. Bras expliquant en janvier aux députés que "les dépenses de retraite ne dérapent pas". Simple rappel des constats de son institution, que les opposants à la réforme n'avaient pas manqué de monter en épingle.

Vécus comme un crime de lèse-majesté, ces propos lui avaient alors attiré les foudres de la Première ministre Elisabeth Borne, qui avait jugé que le COR se basait sur "beaucoup d'hypothèses", ce qui pouvait "nuire à la lisibilité de ses conclusions".

Dont acte: le dernier rapport en date ne contient plus que quatre scénarios. Et ce sont les plus pessimistes, ce qui ne fait toujours pas les affaires des partisans de la réforme.

«Grand COR malade»

Le député Nicolas Turquois s'est ainsi ému mardi de "ce renversement d'analyse quasi complet", au nom de son groupe Modem qui "pense qu'une réflexion doit être menée sur le fonctionnement, ou le dysfonctionnement, du COR".

D'autres élus du parti présidentiel Renaissance y sont allés plus franchement, comme le député Pierre Cazeneuve dénonçant sur Twitter la "farce" et l'"irresponsabilité" de cette instance qui a "laissé planer le doute sur la réalité de notre système de retraites et contribué à toutes les démagogies".

Son collègue Benjamin Haddad lui a répondu par la surenchère, d'un sarcastique "Grand COR malade". Aucun ne se risque toutefois à suggérer un remède, et tous oublient de rappeler que des parlementaires y siègent, de même que les grandes administrations de Bercy et des ministères sociaux.

"Tous les organismes où il y a du débat sont utiles", a tempéré mercredi M. Dussopt, soulignant que "le gouvernement a aussi des services qui travaillent sur ses propres trajectoires".

Quoi qu'en dise le COR, le ministre maintient donc que "la réforme permet d'équilibrer le système à terme, d'ici 2030-2035", mettant ce probable retard sur le compte de l'inflation qui fait augmenter les pensions plus vite que les salaires et les cotisations.

Sans craindre de se contredire, l'exécutif trouve pourtant quelques vertus au dernier rapport du COR, qui prouve selon M. Le Maire que "cette réforme était indispensable" car le "sujet de financement" sera "beaucoup moins important que si nous ne l'avions pas faite".

Preuve que chacun voit midi à sa porte, l'ex-numéro un de la CFDT Laurent Berger en a retenu, lui, que ce document "montre que cette réforme était injuste", tandis que la CGT y a trouvé la confirmation des "mensonges du gouvernement et du patronat" alors que le système "est parfaitement sous contrôle".


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.