Les mal-logés, plus nombreux, vulnérables et trop peu aidés, dénonce la Fondation Abbé Pierre

Un sans-abri dort sur le pas de la porte d'un magasin fermé à Toulouse, dans le sud de la France (Photo, AFP).
Un sans-abri dort sur le pas de la porte d'un magasin fermé à Toulouse, dans le sud de la France (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 01 février 2023

Les mal-logés, plus nombreux, vulnérables et trop peu aidés, dénonce la Fondation Abbé Pierre

  • La Fondation estime à 330000 le nombre de personnes sans domicile en France
  • Au total, 4,15 millions de personnes sont mal logées, estime la Fondation

PARIS: Les mal-logés sont plus nombreux et vulnérables face à l'inflation, alerte la Fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel présenté mercredi, qui tacle le gouvernement et "l'insuffisance" de ses efforts pour y remédier.

La Fondation estime à 330.000 le nombre de personnes sans domicile en France. Soit 30.000 de plus que l'année précédente, et une augmentation d'environ 130% par rapport à 2012, date de la dernière étude de l'Insee à ce sujet.

"C'est encore une estimation assez conservatrice", a assuré le directeur des études de la fondation, Manuel Domergue.

Au total, 4,15 millions de personnes sont mal logées, estime la Fondation, qui comptabilise dans cette catégorie les personnes sans logement personnel, celles vivant dans un lieu beaucoup trop petit pour elles, ou privé du confort de base (cuisine, toilettes, chauffage, etc.) ; ou encore une large part des "gens du voyage" subissant de mauvaises conditions d'habitat.

Le "halo" du mal-logement, qui regroupe les situations comme la précarité énergétique ou les locataires avec des impayés, concerne lui 12,1 millions de personnes, selon les calculs de la FAP, soit plus d'un sixième de la population.

Cette année, dans un chapitre titré "Le genre du mal-logement", la FAP s'est penchée sur les vulnérabilités spécifiques subies par les femmes et les personnes LGBT+.

Elles risquent, révèle l'étude, de basculer dans le mal-logement à quatre moments de rupture de la vie : le départ du domicile familial, la séparation conjugale, l'héritage et le veuvage.

«Année blanche ou presque»

L'inflation, qui a nettement accéléré en 2022, met en difficulté les ménages modestes en augmentant leurs coûts contraints (logement, déplacement, alimentation...), relève la Fondation.

Une personne au RSA, ou une famille monoparentale, peut vite se retrouver "dans le rouge", ou avec un reste à vivre famélique, simplement en s'acquittant de ces dépenses contraintes, explique la Fondation, qui a calculé le budget de ménages-types (fictifs) dans plusieurs communes comme Aubervilliers et Tarbes.

Comme les années précédentes, la FAP étrille le gouvernement, jugeant que 2022 a été "une année blanche ou presque dans la lutte contre le mal-logement".

"L'écart a rarement semblé aussi grand entre d'un côté l'état du mal-logement (...) et d'un autre côté, l'insuffisance des réponses publiques pour rendre le logement abordable", prévient-elle.

Les aides distribuées pour atténuer l'impact de l'inflation, comme le bouclier tarifaire, ne sont selon elle pas suffisamment ciblées. L'aide à la rénovation des logements MaPrimeRénov', dont l'enveloppe a été augmentée dans le budget 2023, est jugée insuffisante, car finançant peu de rénovations performantes et laissant aux plus pauvres un reste à charge insurmontable.

"Aux plus riches, d'un côté, des mesures pérennes, massives ; aux plus pauvres, d'un autre côté, des mesures ponctuelles", s'est indigné le délégué général de la Fondation, Christophe Robert.

«Contre les pauvres»

L'"effort public pour le logement", rassemblant les aides aux personnes et à la production, ne représentait plus en 2021 que 1,5% du produit intérieur brut, un chiffre qui n'a pas été aussi bas depuis au moins 1991, dénonce la FAP.

L'encadrement des loyers et la lutte contre les locations saisonnières type Airbnb, sont encore trop timides, ajoute-t-elle. Concernant le logement social, les mesures d'économies du premier quinquennat d'Emmanuel Macron ont été maintenues, malgré la hausse du taux du Livret A qui a alourdi la dette des bailleurs sociaux.

L'État mène même des politiques "parfois contre les pauvres", assène la Fondation, ciblant la réforme de l'assurance chômage, qui vise à réduire la durée d'indemnisation, ou la proposition de loi anti-squatteurs examinée mardi par le Sénat.

Sur le front le plus urgent, si le gouvernement a renoncé à supprimer des places en hébergement d'urgence, "le fait même qu'il ait envisagé de les réduire est pour nous un signal assez préoccupant", a jugé Christophe Robert.

Mercredi, lors de la présentation officielle du rapport à la Maison de la Mutualité à Paris, le ministre délégué à la Ville et au logement, Olivier Klein, est attendu pour répondre aux critiques et pour présenter le nouveau plan "Logement d'abord", qui vise à faciliter le retour au logement des personnes sans-abri.


Après les annonces fracassantes de Trump, Macron réunit les filières concernées en France

 Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
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  • Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.
  • « La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières, a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

PARIS : Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump. Une riposte européenne est attendue de la part de Bruxelles.

Les États-Unis sont le quatrième marché à l'exportation de la France, derrière l'Allemagne, l'Italie et la Belgique, selon les douanes françaises.

Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.

Sont notamment attendus à la réunion les représentants des secteurs de l'aéronautique (dont Airbus), de l'industrie et de la chimie (dont la patronne d'Eramet), de l'agriculture et de la viticulture, ainsi que du secteur automobile, qui sera touché par une surtaxe spécifique de 25 % sur les voitures importées. 

« La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières. Ensuite, nous verrons comment soutenir nos industries de production », a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

« On voit bien que tous les marchés d'exportation, notamment ceux des vins et spiritueux, sont en train de se fermer. Il va falloir soutenir notre production européenne », a-t-elle ajouté.

Le président américain a signé un décret généralisant des droits de douane minimum de 10 % sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20 % pour les produits provenant de l'UE.

Le Premier ministre François Bayrou a jugé que cette décision était une « immense difficulté » pour l'Europe et une « catastrophe » pour les États-Unis. 

Face au « choc » des tarifs douaniers américains, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a appelé, sur la radio RMC, à un « front économique et politique uni », disant craindre la disparition de petites et moyennes entreprises.

Jeudi en milieu de matinée, la Bourse de Paris perdait 1,70 %, affichant ainsi une tendance largement dans le rouge, à l'instar de la plupart des autres places mondiales.

Chez Airbus, un porte-parole a indiqué jeudi à l'AFP que le groupe avait évalué « les impacts potentiels ».

« Nous vendons aux États-Unis, nous y fabriquons, nous y assemblons et nous y développons, comme peu d'autres entreprises », avait expliqué en février le PDG Guillaume Faury. 

En 2024, ce sont quelque 2,4 milliards d'euros de « vins de raisin » qui ont traversé l'Atlantique pour les États-Unis, auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d'euros de « boissons alcoolisées distillées », notamment le cognac ou l'armagnac.

La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint « un recul des exportations de 800 millions d'euros aux États-Unis », ce qui aurait « un impact énorme sur l'emploi et l'économie du secteur ».

Donald Trump semble toutefois avoir abandonné l'idée d'une taxation à 200 % des alcools européens qu'il avait envisagée à la mi-mars.

La France dépend moins des exportations américaines que d'autres pays européens, comme l'Allemagne (3,8 % de son PIB contre 1,6 % pour la France).


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.

 


La manifestation de soutien à Le Pen «n'est pas un coup de force», dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.