L'affaire Daval, mécanique d'une "ultramédiatisation"

La mère d'Alexia Daval, Isabelle Fouillot, quitte le palais de justice de Vesoul, dans l'est de la France. (SEBASTIEN BOZON / AFP)
La mère d'Alexia Daval, Isabelle Fouillot, quitte le palais de justice de Vesoul, dans l'est de la France. (SEBASTIEN BOZON / AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 22 novembre 2020

L'affaire Daval, mécanique d'une "ultramédiatisation"

  • L'affaire Daval a fasciné les médias avec une partie civile omniprésente, de multiples rebondissements et une dramaturgie soigneusement entretenue
  • "Tout ce qui fait l'affaire Daval, c'est la médiatisation" : a lancé face aux jurés Me Randall Schwerdorffer

De la prétendue disparition d'une joggeuse en plein mouvement #MeToo au procès hors normes, l'affaire Daval a fasciné les médias avec une partie civile omniprésente, de multiples rebondissements et une dramaturgie soigneusement entretenue par les chaînes d'information en continu.

"Tout ce qui fait l'affaire Daval, c'est la médiatisation" : a lancé face aux jurés Me Randall Schwerdorffer, l'avocat de Jonathann Daval, condamné samedi à 25 années de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Haute-Saône après six jours d'un procès d'une rare intensité.

Parties civiles omniprésentes dans les médias, multiples reportages, mini-série à succès diffusée en plein procès par BFMTV, grands formats, torrents de commentaires sur les réseaux sociaux...

Comment ce meurtre a-t-il pris une dimension nationale? Quand et pourquoi les médias entrent-ils en scène?

"Mensonge"

"La médiatisation est arrivée à la première journée des battues" organisées le 29 octobre 2017 pour retrouver Alexia, dont le corps sans vie sera découvert le lendemain, se souvient Isabelle Fouillot, la mère de la victime, interrogée samedi sur BFMTV, chaîne qui a consacré d'importants moyens et de longues heures d'antenne à l'affaire et au procès.

"Les caméras sont arrivées sur ce mensonge de joggeuse" disparue, inventé par Jonathann Daval pour maquiller le féminicide, a-t-elle rappelé.

L'affaire de la "joggeuse disparue" aimante les médias. Dans l'inconscient collectif, "la disparition d'une joggeuse implique un prédateur" qui rôde, analyse Me Schwerdorffer.

Des photos d'Alexia diffusées dans la presse montrent le visage d'une jolie fille souriante à laquelle chacun peut s'identifier. "Alexia était la fille de tout couple français. Une fille simple", a résumé dimanche, toujours sur BFMTV, son père, Jean-Pierre Fouillot.

L'instruction, scrutée par la presse, sera ponctuée de multiples coups de théâtre qui donneront autant de coups de fouet médiatiques à l'affaire.

Premier d'entre eux, l'arrestation en janvier 2018 de Jonathann Daval. Trois mois auparavant, son visage de veuf éploré avait ému la France entière. Son placement en garde à vue fait l'effet d'une bombe médiatique. Sa puissance est décuplée par le mouvement #MeToo qui bat alors son plein.

L'affaire prend même une dimension politique lorsque Me Randall Schwerdorffer évoque pendant la garde à vue la personnalité, supposée "écrasante", d'Alexia. Marlène Schiappa, alors secrétaire d'Etat en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, dénonce aussitôt un "victim blaming".

"Chaudron médiatique" 

Les incessantes volte-face de Jonathann Daval durant l'instruction alimentent la chronique avec deux temps forts : lorsqu'il accuse son beau-frère Grégory Gay d'être le meutrier d'Alexia, puis lorsqu'il avoue de nouveau, s'agenouillant devant Isabelle Fouillot au cours d'une confrontation bouleversante face au juge d'instruction.

"Ses mensonges successifs ont contribué à la médiatisation de cette affaire", a souligné à l'audience Me Gilles-Jean Portejoie, l'un des avocats des parties civiles.

Le procès Daval, labellisé "Grand Procès" par le ministère de la Justice, aura concentré aussi pendant six jours plusieurs dizaines de journalistes d'une quarantaine de médias dans le huis clos du petit tribunal judiciaire de Vesoul. Un véritable chaudron médiatique en plein confinement.

Dans ce procès aussi, les parties civiles, meurtries mais dignes, ont joué les premiers rôles.

"Grégory"

Isabelle Fouillot a incarné leur visage. S'exprimant inlassablement, matin et soir, ainsi qu'à pratiquement chaque suspension d'audience face à un  mur de caméras et de micros, la mère d'Alexia aura inlassablement défendu la mémoire de sa fille.

Quant aux avocats, ils ont développé face caméras leurs thèses, véritables plaidoiries bis qui, s'ajoutant aux nombreuses fuites qui avaient jalonné l'instruction, ont eu le don d'agacer l'avocat général, Emmanuel Dupic.

"Ce procès est d'abord un procès médiatique dans lequel peuvent s'exprimer les parties civiles et la défense", a-t-il déploré dans son réquisitoire, appelant le "législateur à revenir sur ce déséquilibre" entre la défense et le ministère public.

Paradoxalement, c'est devant les caméras et les micros que le magistrat a réitéré ses critiques, alors que la cour venait de se retirer pour délibérer.

En magistrat expérimenté, le président de la Cour, Matthieu Husson, avait averti d'emblée les jurés : "vous ne devez pas être jugé différemment parce que cette affaire a connu un retentissement particulier", promettant "l'impartialité" à Jonathann Daval.

Dimanche sur BFMTV, Jean-Pierre Fouillot a fait le rapprochement entre la mort de sa fille et une autre grande affaire criminelle qui continue de fasciner, 36 ans après : "le visage d'Alexia restera, comme celui du petit Grégory".


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Short Url
  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Short Url
  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
Short Url
  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.