Archéologie: La longue histoire de coexistence religieuse dans le Golfe arabique

Un ancien site monastique chrétien sur l'île de Siniyah, au large d'Umm Al-Quwain, aux Émirats arabes unis a été découvert (Photo, Reuters).
Un ancien site monastique chrétien sur l'île de Siniyah, au large d'Umm Al-Quwain, aux Émirats arabes unis a été découvert (Photo, Reuters).
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Publié le Mardi 13 décembre 2022

Archéologie: La longue histoire de coexistence religieuse dans le Golfe arabique

  • Les premières preuves de l'occupation chrétienne – des fragments de croix en plâtre – ont été déterrées en 1994 au large d'Abu Dhabi
  • Il existe suffisamment de preuves attestant de l'existence du christianisme sur les côtes du Golfe depuis au moins le IVe siècle de notre ère

LONDRES: En février 1986 un jeune homme de Jubail, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, décide de tester son nouveau 4x4 sur les dunes à l'ouest de la ville côtière. Très vite, il fait deux découvertes surprenantes.

La première, c'est que ni lui ni son nouveau véhicule ne sont adaptés aux dunes, car l'homme et la machine se retrouvent vite coincés dans le sable.

Mais ce n’est pas tout : «en creusant, il découvre qu'il se trouvait au sommet d'un mur enseveli sous le sable», raconte un article publié dans la revue Arabian Archaeology and Epigraphy en 1994.

Bien que le jeune homme ignore la nature de sa découverte, il comprend qu'il s'agit sans doute d'une construction ancienne. Après avoir libéré son véhicule et être retourné à Jubail, il prévient les autorités de sa trouvaille.

Il s’agit là des vestiges d'une église chrétienne longtemps enfouie sous le sable.

Les archéologues qui ont ensuite fouillé le site découvrent une cour ouverte d'environ 20 mètres de long, entourée de murs et de portes menant à trois salles.

Bien que le christianisme ait entamé son déclin avec la montée de l'islam, les chrétiens n’étaient pas considérés comme des étrangers à cette époque (Photo, Département d'archéologie et de tourisme Umm al-Quwain).

La pièce centrale, à l'extrémité est de la structure, est identifiée comme étant le sanctuaire où se trouvait l'autel. La pièce au nord rassemblait le pain et le vin pour le rituel chrétien de l'Eucharistie. Au sud se trouvait la sacristie, où étaient conservés les vases sacrés et les robes du prêtre.

Tous les murs étaient recouverts de plâtre, dans lequel figurent les empreintes de quatre croix, symbole distinctif du christianisme, d'environ 30 centimètres de haut chacune.

Plusieurs colonnes de pierre sont restées intactes, de même qu'une paire de frises décoratives en plâtre, représentant un motif de fleurs reliées par des vignes.

Il ne s’agit donc pas d'une église ordinaire. Les archéologues la situent au IVe siècle apr. J.-C., soit environ 300 ans avant l'arrivée de l'islam, et estiment qu'elle fait partie des plus anciennes églises chrétiennes connues dans le monde.

Cette découverte n'était qu'une petite pièce d'un puzzle historique qui, depuis, a été pratiquement achevé, reconstituant l'image d'une époque où deux religions, l'islam et le christianisme, coexistaient sur les rives du Golfe arabique.

Aujourd'hui, 36 ans après la découverte de ce jeune Saoudien, une autre pièce importante a été ajoutée au puzzle grâce aux travaux de fouille qui ont permis de découvrir un monastère chrétien sur l'île de Siniyah, au large de la côte d'Umm Al-Quwain, aux Émirats arabes unis.

Grâce à des poteries et à la datation au carbone de restes organiques trouvés dans les fondations du complexe, le monastère est estimé appartenir à une période comprise entre 534 et 656 apr. J.-C., soit la période de vie du prophète Mahomet, né vers 570 et mort en 632.

Le site semble avoir été abandonné au cours du VIIIe siècle, non pas à la suite d'un conflit entre les deux religions, mais en raison d'un conflit interne à l'islam, estiment les archéologues.

«Les murs ont fini par s'effondrer, et les sables emportés par le vent se sont déplacés sur eux, laissant des monticules bas avec des débris de construction, ainsi que des poteries, du verre et des pièces de monnaie visibles à la surface», explique Tim Power, professeur associé d'archéologie à l'université des Émirats arabes unis à Al-Ain et codirecteur du projet d'archéologie de l'île de Siniyah.

Selon M. Power, c'est une erreur de supposer que les chrétiens du Golfe à l'époque de la montée de l'islam étaient des étrangers (Photo, Département d'archéologie et de tourisme d'Umm al-Quwain).

«Mais il n'y a absolument aucune preuve de destruction, ou d'endommagement délibéré du site. Nous avons même le pied du calice en verre utilisé pour la distribution de l'Eucharistie, trouvé à son emplacement d'origine, et le bol pour mélanger le vin de l'Eucharistie, également in situ

«On a vraiment l'impression qu'ils se sont levés un jour et qu'ils sont partis», ajoute M. Power.

M. Power estime que le site a été abandonné non pas du fait de divergences religieuses, «mais en raison de l'invasion abbasside de 750 apr. J.-C., ce qui correspond à notre datation de la céramique et à la datation au carbone radio de l'abandon».

En effet, en 750 apr. J.-C., le califat abbasside, installé en Mésopotamie, renverse les Omeyyades. «Nous savons, d'après les sources historiques arabes, que l'invasion abbasside a été particulièrement violente, et que les villes côtières des émirats ont été détruites», précise-t-il.

«Je pense donc que ces gens ont fui, terrorisés par la perspective de l'invasion des autorités impériales en Irak, qui tentaient de garder le contrôle de leurs provinces rétives. C'était un conflit entre deux groupes distincts de musulmans.»

L'existence du monastère jusqu'à cette date-là au milieu du VIIIe siècle, plus de cent ans après la mort du prophète Mahomet, est la preuve qu'«il y avait clairement un degré de tolérance intercommunautaire et interconfessionnelle au niveau local».

Selon M. Power, c'est une erreur commune de supposer que les chrétiens du Golfe à l'époque de la montée de l'islam étaient des étrangers.

«Il convient de se rappeler que le christianisme est une religion moyen-orientale. Jésus-Christ parlait l'araméen, qui était la langue du Moyen-Orient à l'époque des conquêtes arabes. Ces églises et monastères n'ont très probablement pas été construits par des étrangers visitant ces côtes, mais par et pour la communauté arabe chrétienne locale», souligne-t-il.

«Il existe de nombreuses preuves historiques et inscrites qui nous indiquent que sans doute la majorité de la péninsule arabique jusqu'à la montée de l'islam était christianisée.»

Frise appartenant à un monastère chrétien sur l'île de Sir Bani Yas (Photo, DCT Abu Dhabi).

«Bien que le christianisme ait reculé devant la montée de l'islam, les chrétiens n'étaient pas considérés comme des étrangers à cette époque car ils faisaient partie de la famille.»

«Au fil des générations, les Arabes chrétiens ont commencé à se convertir à l'islam. Mais en tant que musulman, vous pouviez par exemple avoir un cousin chrétien et, comme c'est encore le cas aujourd'hui, ces communautés étaient fortement liées par les liens de parenté», poursuit-il.

«L'appartenance à une tribu constituait sans doute la pierre angulaire de votre identité, l'appartenance religieuse était presque secondaire.»

Il s'agit de la seconde découverte d'un monastère chrétien aux Émirats arabes unis. En 1992, le tout nouvel Abu Dhabi Islands Archaeological Survey, fondé par le cheikh Zayed, alors président des Émirats arabes unis, a lancé des recherches sur trois îles.

Sur l'une d'entre elles, Sir Bani Yas, située à seulement 7 kilomètres de la côte dans la région occidentale d'Abu Dhabi, les archéologues ont rapidement trouvé des pistes prometteuses: les vestiges de plusieurs maisons à cour intérieure et des fragments de poterie datés des VIe et VIIe siècles de notre ère.

Les premières preuves d'une occupation chrétienne ont été mises au jour en 1994 dont notamment des fragments de croix en plâtre qui ressemblent singulièrement à d'autres trouvées précédemment sur d'autres sites du Golfe.

Au cours des deux saisons suivantes, comme le rapporte la mission dans un article publié en 1997, «une structure très grande et complexe est apparue... qui s'avère maintenant être un monastère, avec une église en son centre dans une cour».

Il existe désormais une multitude de preuves, tant écrites qu'archéologiques, attestant de l'existence du christianisme dans le Golfe depuis au moins le IVe siècle de notre ère jusqu'aux deux premiers siècles de l'islam.

Selon des sources écrites en syriaque, un dialecte de l'araméen parlé par les communautés chrétiennes du Moyen-Orient du Ier au VIIIe siècle de notre ère, l'Église d'Orient, également connue sous le nom d'Église nestorienne, prospérait dans une région appelée Beth Qatraye.

Les archéologues qui ont fouillé le site ont découvert une cour ouverte d'environ 20 mètres de long, entourée de murs et de portes menant à trois salles (Photo fournie).

Selon l'Encyclopedic Dictionary of the Syriac Heritage (dictionnaire encyclopédique du patrimoine syriaque), publié par l'Institut syriaque, qui a pour mission de promouvoir l'étude et la préservation du patrimoine et de la langue syriaques, Beth Qatraye, «terre des Qataris», comprenait «non seulement la péninsule de Qatar, mais également son arrière-pays, Yamama» – aujourd'hui une région historique de l'Arabie saoudite – «et toute la côte du nord-est de l'Arabie jusqu'à la péninsule de Musandam, dans l'actuel Oman, ainsi que les îles» du Golfe.

On trouve des références à Beth Qatraye dans plusieurs documents chrétiens rédigés dans les années précédant l'émergence de l'islam. Le plus ancien provient de la «Chronique d'Arbela», écrite en syriaque et supposée avoir été produite entre 551 et 569 apr. J.-C. par un moine de l'actuelle Erbil, dans la région du Kurdistan en Irak.

La chronique mentionne l'existence de plusieurs diocèses chrétiens dans le Golfe, et plus précisément dans la région de Beth Qatraye, dès 225 apr. J.-C..

«Redécouverte» pour la première fois en 1907, la chronique a connu des hauts et des bas auprès des historiens ecclésiastiques. Bien que son authenticité ait été contestée, nombre de ses détails semblent avoir été confirmés par des découvertes archéologiques ultérieures dans le Golfe.

Les spécialistes ne doutent cependant pas de l'authenticité de la correspondance ecclésiastique préservée qui montre que le christianisme était établi à Beth Qatraye au moins au IVe siècle.

Ishoyahb III, patriarche de l'Église d'Orient de 649 à 659, a laissé une multitude de lettres aux historiens, dont cinq envoyées depuis sa base d'Adiabène, dans le nord de la Mésopotamie, au clergé et aux fidèles de Beth Qatraye.

Une autre source précieuse qui mentionne la région de Beth Qatraye est le «Livre des gouverneurs», une histoire monastique écrite au milieu du IXe siècle par Thomas, un évêque de Marga, un diocèse syriaque oriental dans la province métropolitaine d'Adiabène, qui était une province de l'empire sassanide en Mésopotamie.

Les preuves archéologiques d'une présence chrétienne dans le Golfe abondent également dans la région. Les premiers indices ont été découverts en 1931 à Hira, une ancienne cité du centre-sud de l'Irak, qui, vers le IIIe siècle apr. J.-C., devient la capitale des Lakhmides, une tribu chrétienne originaire du Yémen.

En 1960, l'archéologue français Roman Ghirshman a fouillé un monastère chrétien du VIIe siècle sur l'île iranienne de Kharg, et en 1988, une église a été découverte à Al-Qusur sur l'île de Failaka, au Koweït.

Peu avant la découverte de l'église de Jubail, trois croix chrétiennes ont été trouvées à proximité, à Jabal Berri, un affleurement rocheux situé à environ 10 kilomètres au sud-ouest de la ville, à quelque 7 kilomètres de la côte. Deux d'entre elles étaient en bronze, et la troisième, haute de 5 centimètres seulement, était taillée dans une seule pièce de nacre.

Les documents ecclésiastiques et arabes témoignent non seulement d'une importante activité chrétienne dans les régions de l’actuelle Arabie saoudite, mais ils démontrent également que «loin de connaître un déclin, le christianisme a prospéré dans le Golfe immédiatement après la conquête musulmane», comme le souligne Robert Carter, professeur d'archéologie arabe et moyen-orientale à l'UCL Qatar, dans l'ouvrage Les préludes de l'Islam publié en 2013.

En effet, il y a eu «un regain d'activité chrétienne à partir de la fin du VIIe et/ou du VIIIe siècle, qui s'est prolongé au début du IXe siècle à Kharg».

«Il n'y a absolument aucune preuve de destruction ou d'endommagement délibéré du site de l'île de Siniyah», selon Tim Power, professeur associé d'archéologie à l’université des Émirats arabes unis d’Al-Ain (Photo, fournie).

L'un des sites où le christianisme s'est épanoui est l'île de Tarut, au large de l'actuel gouvernorat de Qatif, dans la province orientale de l'Arabie saoudite. C'est là, en 635, que les forces musulmanes ont mis fin à la «ridda», le mouvement d'apostasie dans la région orientale, lors d'une bataille finale qui s'est déroulée à Darin, sur l'île.

Cependant, «la conquête musulmane n'a pas mis fin à la communauté nestorienne ici», comme le précise Daniel Potts, professeur d'archéologie et d'histoire du Proche-Orient ancien à l'Institute for the Study of the Ancient World de l'université de New York, dans un article publié dans la revue Expedition en 1984.

Il existe des documents attestant qu'un grand synode, ou concile de l'Église, s'est tenu sur l'île en 676, plus de 40 ans plus tard.

Il s’agit d'un rassemblement important, car c'est lors de ce synode que la pratique chrétienne du mariage dans une église a été établie pour la première fois, lorsque Georges Ier, l'évêque principal de l'Église d'Orient, a décrété que, dorénavant, seules les unions bénies par un prêtre seraient considérées comme légitimes.

En novembre dernier, le prince héritier Mohammed ben Salmane a annoncé qu'un montant de 2,64 milliards de riyals (703 millions de dollars) avait été alloué au développement de l'île de Tarut, qui compte aujourd'hui 120 000 habitants, afin de préserver son patrimoine et de renforcer son potentiel touristique.

Tarut n'était pas le seul site chrétien de l'actuelle Arabie saoudite. Parmi les autres centres ou églises mentionnés dans les textes syriaques, citons «Hagar» et «Juwatha», qui auraient tous deux été situés quelque part dans l'oasis d'Al-Hasa, ainsi que dans les îles voisines d'Al-Qatif et d'Abu Ali, juste au nord de Jubail.

Tous ces sites chrétiens, de Jubail en Arabie saoudite à Umm Al-Quwain aux Émirats arabes unis, ont fini par disparaître de l'histoire. Selon John Langfeldt, prêtre et historien américain qui a écrit le premier article sur l'église de Jubail après avoir visité le site en 1993, l'assimilation des chrétiens s'est faite dans le cadre d'un processus pacifique.

«Il n'y a pas eu de conversion forcée de la population à l'islam (et) le christianisme est resté la principale obédience religieuse de la grande majorité de la population», écrit Langfeldt dans un article publié dans la revue Arabian Archaeology and Epigraphy en 1994.

«Progressivement, sur plusieurs siècles, probablement en raison de plusieurs facteurs tels que le poids de... l'impôt, l'isolement des contacts chrétiens extérieurs, la facilité, les belles qualités de l'islam et l'excellent témoignage de ses adeptes, la quasi-totalité de la population a été islamisée.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


L'Iran dit avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats

L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire. (AFP)
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  • "Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït"
  • Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source

TEHERAN: L'armée iranienne a dit jeudi avoir visé des bases américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, après des frappes des Etats-Unis sur son territoire.

"Ce matin, l'armée a frappé au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", indique un communiqué militaire relayé par la télévision d'Etat.

Aux Emirats, "les systèmes radar de l'armée américaine" ont été visés sur la base aérienne al-Minhad par des missiles et drones, a ajouté cette source.

 


Nouvelle attaque iranienne dans le Golfe en réplique aux bombardements américains

L'Iran a attaqué des intérêts militaires américains au Koweït jeudi, malgré la menace de nouveaux bombardements proférée par Donald Trump à la suite de plusieurs échanges de frappes, au risque d'un nouvel embrasement après plus de six mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a attaqué des intérêts militaires américains au Koweït jeudi, malgré la menace de nouveaux bombardements proférée par Donald Trump à la suite de plusieurs échanges de frappes, au risque d'un nouvel embrasement après plus de six mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Après un mois d'accalmie, les hostilités ont repris dimanche dans un scénario qui se répète depuis le début de la guerre déclenchée fin février et toujours sans issue diplomatique
  • L'armée américaine a mené deux vagues de frappes dimanche et mardi soir, visant respectivement selon elle une tentative de miner le détroit d'Ormuz puis des installations des Gardiens de la Révolution iraniens

TEHERAN: L'Iran a attaqué des intérêts militaires américains au Koweït jeudi, malgré la menace de nouveaux bombardements proférée par Donald Trump à la suite de plusieurs échanges de frappes, au risque d'un nouvel embrasement après plus de six mois de guerre au Moyen-Orient.

A l'issue d'une nouvelle nuit de bombardements américains meurtriers suivis d'une riposte d'envergure, le président américain a averti mercredi que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment" la République islamique qui a juré de "briser" l'ennemi américain.

Dès les premières heures jeudi, l'armée du Koweït a indiqué sur X faire face à "des attaques hostiles de missiles et de drones à la suite de l'ignoble agression iranienne".

"En réponse aux crimes commis par l'Amérique contre le peuple iranien, des attaques de missiles et de drones sont en cours contre des bases américaines au Koweït", a confirmé peu après la télévision d'Etat iranienne sur le même réseau social.

Après un mois d'accalmie, les hostilités ont repris dimanche dans un scénario qui se répète depuis le début de la guerre déclenchée fin février et toujours sans issue diplomatique.

L'armée américaine a mené deux vagues de frappes dimanche et mardi soir, visant respectivement selon elle une tentative de miner le détroit d'Ormuz puis des installations des Gardiens de la Révolution iraniens, notamment des sites de radars et de défense anti-aérienne.

La deuxième a fait au total 19 morts, dont sept membres des forces armées mais aussi des civils, l'un des bilans les plus élevés depuis plusieurs mois. Quatre personnes ont été tuées au cours d'un mariage dans le district de Sirik (sud-est), où près de 70 personnes ont été blessées.

L'armée américaine n'a pas réagi à la frappe ayant touché le mariage, mais a affirmé "ne jamais prendre pour cible des civils, contrairement aux Gardiens".

Pression économique 

Dénonçant un "crime de guerre", l'Iran a revendiqué des frappes tous azimuts contre des alliés des Etats-Unis dans la région - Jordanie, Koweït, Bahreïn, Irak mais aussi Emirats arabes unis.

L'Iran a prévenu les Etats-Unis qu'ils devaient désormais s'attendre à une "nouvelle stratégie" destinée à "briser les fondements" de l'ennemi, sans en détailler les contours.

Il a aussi adressé une nouvelle mise en garde à "tout pays coopérant avec l'armée américaine agressive".

La reprise des bombardements tranche avec les déclarations récentes de l'administration Trump qui affirmait vouloir privilégier la pression économique sur Téhéran et ses partenaires.

Le président américain peine à trouver une issue à ce conflit très impopulaire aux Etats-Unis, où se tiennent en novembre les élections de mi-mandat, et très coûteux pour le budget américain.

Avant l'accalmie de cet été, l'opposition démocrate affirmait que les combats avaient asséché les stocks de munitions américains, ce que l'administration réfute.

"Nous avons détruit bien plus que leur radar. L'attaque a été très violente, et nous sommes prêts à en lancer une autre à tout moment", a averti mercredi Donald Trump.

"Détroit Trump" 

Dans le détroit d'Ormuz, que le président américain a suggéré de rebaptiser "détroit Trump" avant d'assurer qu'il n'était pas sérieux, deux pétroliers ont pris feu après avoir heurté des mines, selon Téhéran.

Stratégique pour le transport d'hydrocarbures, cette voie est verrouillée par l'Iran depuis le début de la guerre.

Les Etats-Unis ont en retour imposé un blocus aux ports iraniens et, récemment, un nouveau train de sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Ces dernières mesures vont permettre d'exercer "une pression économique maximale" sur le pays, a insisté mercredi Chris Wright, le ministre américain de l'Energie, lors d'un déplacement au Venezuela.

En Israël, le chef de la diplomatie Gideon Saar a assuré que son pays était prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, mais n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.