Archéologie: La longue histoire de coexistence religieuse dans le Golfe arabique

Un ancien site monastique chrétien sur l'île de Siniyah, au large d'Umm Al-Quwain, aux Émirats arabes unis a été découvert (Photo, Reuters).
Un ancien site monastique chrétien sur l'île de Siniyah, au large d'Umm Al-Quwain, aux Émirats arabes unis a été découvert (Photo, Reuters).
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Publié le Mardi 13 décembre 2022

Archéologie: La longue histoire de coexistence religieuse dans le Golfe arabique

  • Les premières preuves de l'occupation chrétienne – des fragments de croix en plâtre – ont été déterrées en 1994 au large d'Abu Dhabi
  • Il existe suffisamment de preuves attestant de l'existence du christianisme sur les côtes du Golfe depuis au moins le IVe siècle de notre ère

LONDRES: En février 1986 un jeune homme de Jubail, dans la province orientale de l'Arabie saoudite, décide de tester son nouveau 4x4 sur les dunes à l'ouest de la ville côtière. Très vite, il fait deux découvertes surprenantes.

La première, c'est que ni lui ni son nouveau véhicule ne sont adaptés aux dunes, car l'homme et la machine se retrouvent vite coincés dans le sable.

Mais ce n’est pas tout : «en creusant, il découvre qu'il se trouvait au sommet d'un mur enseveli sous le sable», raconte un article publié dans la revue Arabian Archaeology and Epigraphy en 1994.

Bien que le jeune homme ignore la nature de sa découverte, il comprend qu'il s'agit sans doute d'une construction ancienne. Après avoir libéré son véhicule et être retourné à Jubail, il prévient les autorités de sa trouvaille.

Il s’agit là des vestiges d'une église chrétienne longtemps enfouie sous le sable.

Les archéologues qui ont ensuite fouillé le site découvrent une cour ouverte d'environ 20 mètres de long, entourée de murs et de portes menant à trois salles.

Bien que le christianisme ait entamé son déclin avec la montée de l'islam, les chrétiens n’étaient pas considérés comme des étrangers à cette époque (Photo, Département d'archéologie et de tourisme Umm al-Quwain).

La pièce centrale, à l'extrémité est de la structure, est identifiée comme étant le sanctuaire où se trouvait l'autel. La pièce au nord rassemblait le pain et le vin pour le rituel chrétien de l'Eucharistie. Au sud se trouvait la sacristie, où étaient conservés les vases sacrés et les robes du prêtre.

Tous les murs étaient recouverts de plâtre, dans lequel figurent les empreintes de quatre croix, symbole distinctif du christianisme, d'environ 30 centimètres de haut chacune.

Plusieurs colonnes de pierre sont restées intactes, de même qu'une paire de frises décoratives en plâtre, représentant un motif de fleurs reliées par des vignes.

Il ne s’agit donc pas d'une église ordinaire. Les archéologues la situent au IVe siècle apr. J.-C., soit environ 300 ans avant l'arrivée de l'islam, et estiment qu'elle fait partie des plus anciennes églises chrétiennes connues dans le monde.

Cette découverte n'était qu'une petite pièce d'un puzzle historique qui, depuis, a été pratiquement achevé, reconstituant l'image d'une époque où deux religions, l'islam et le christianisme, coexistaient sur les rives du Golfe arabique.

Aujourd'hui, 36 ans après la découverte de ce jeune Saoudien, une autre pièce importante a été ajoutée au puzzle grâce aux travaux de fouille qui ont permis de découvrir un monastère chrétien sur l'île de Siniyah, au large de la côte d'Umm Al-Quwain, aux Émirats arabes unis.

Grâce à des poteries et à la datation au carbone de restes organiques trouvés dans les fondations du complexe, le monastère est estimé appartenir à une période comprise entre 534 et 656 apr. J.-C., soit la période de vie du prophète Mahomet, né vers 570 et mort en 632.

Le site semble avoir été abandonné au cours du VIIIe siècle, non pas à la suite d'un conflit entre les deux religions, mais en raison d'un conflit interne à l'islam, estiment les archéologues.

«Les murs ont fini par s'effondrer, et les sables emportés par le vent se sont déplacés sur eux, laissant des monticules bas avec des débris de construction, ainsi que des poteries, du verre et des pièces de monnaie visibles à la surface», explique Tim Power, professeur associé d'archéologie à l'université des Émirats arabes unis à Al-Ain et codirecteur du projet d'archéologie de l'île de Siniyah.

Selon M. Power, c'est une erreur de supposer que les chrétiens du Golfe à l'époque de la montée de l'islam étaient des étrangers (Photo, Département d'archéologie et de tourisme d'Umm al-Quwain).

«Mais il n'y a absolument aucune preuve de destruction, ou d'endommagement délibéré du site. Nous avons même le pied du calice en verre utilisé pour la distribution de l'Eucharistie, trouvé à son emplacement d'origine, et le bol pour mélanger le vin de l'Eucharistie, également in situ

«On a vraiment l'impression qu'ils se sont levés un jour et qu'ils sont partis», ajoute M. Power.

M. Power estime que le site a été abandonné non pas du fait de divergences religieuses, «mais en raison de l'invasion abbasside de 750 apr. J.-C., ce qui correspond à notre datation de la céramique et à la datation au carbone radio de l'abandon».

En effet, en 750 apr. J.-C., le califat abbasside, installé en Mésopotamie, renverse les Omeyyades. «Nous savons, d'après les sources historiques arabes, que l'invasion abbasside a été particulièrement violente, et que les villes côtières des émirats ont été détruites», précise-t-il.

«Je pense donc que ces gens ont fui, terrorisés par la perspective de l'invasion des autorités impériales en Irak, qui tentaient de garder le contrôle de leurs provinces rétives. C'était un conflit entre deux groupes distincts de musulmans.»

L'existence du monastère jusqu'à cette date-là au milieu du VIIIe siècle, plus de cent ans après la mort du prophète Mahomet, est la preuve qu'«il y avait clairement un degré de tolérance intercommunautaire et interconfessionnelle au niveau local».

Selon M. Power, c'est une erreur commune de supposer que les chrétiens du Golfe à l'époque de la montée de l'islam étaient des étrangers.

«Il convient de se rappeler que le christianisme est une religion moyen-orientale. Jésus-Christ parlait l'araméen, qui était la langue du Moyen-Orient à l'époque des conquêtes arabes. Ces églises et monastères n'ont très probablement pas été construits par des étrangers visitant ces côtes, mais par et pour la communauté arabe chrétienne locale», souligne-t-il.

«Il existe de nombreuses preuves historiques et inscrites qui nous indiquent que sans doute la majorité de la péninsule arabique jusqu'à la montée de l'islam était christianisée.»

Frise appartenant à un monastère chrétien sur l'île de Sir Bani Yas (Photo, DCT Abu Dhabi).

«Bien que le christianisme ait reculé devant la montée de l'islam, les chrétiens n'étaient pas considérés comme des étrangers à cette époque car ils faisaient partie de la famille.»

«Au fil des générations, les Arabes chrétiens ont commencé à se convertir à l'islam. Mais en tant que musulman, vous pouviez par exemple avoir un cousin chrétien et, comme c'est encore le cas aujourd'hui, ces communautés étaient fortement liées par les liens de parenté», poursuit-il.

«L'appartenance à une tribu constituait sans doute la pierre angulaire de votre identité, l'appartenance religieuse était presque secondaire.»

Il s'agit de la seconde découverte d'un monastère chrétien aux Émirats arabes unis. En 1992, le tout nouvel Abu Dhabi Islands Archaeological Survey, fondé par le cheikh Zayed, alors président des Émirats arabes unis, a lancé des recherches sur trois îles.

Sur l'une d'entre elles, Sir Bani Yas, située à seulement 7 kilomètres de la côte dans la région occidentale d'Abu Dhabi, les archéologues ont rapidement trouvé des pistes prometteuses: les vestiges de plusieurs maisons à cour intérieure et des fragments de poterie datés des VIe et VIIe siècles de notre ère.

Les premières preuves d'une occupation chrétienne ont été mises au jour en 1994 dont notamment des fragments de croix en plâtre qui ressemblent singulièrement à d'autres trouvées précédemment sur d'autres sites du Golfe.

Au cours des deux saisons suivantes, comme le rapporte la mission dans un article publié en 1997, «une structure très grande et complexe est apparue... qui s'avère maintenant être un monastère, avec une église en son centre dans une cour».

Il existe désormais une multitude de preuves, tant écrites qu'archéologiques, attestant de l'existence du christianisme dans le Golfe depuis au moins le IVe siècle de notre ère jusqu'aux deux premiers siècles de l'islam.

Selon des sources écrites en syriaque, un dialecte de l'araméen parlé par les communautés chrétiennes du Moyen-Orient du Ier au VIIIe siècle de notre ère, l'Église d'Orient, également connue sous le nom d'Église nestorienne, prospérait dans une région appelée Beth Qatraye.

Les archéologues qui ont fouillé le site ont découvert une cour ouverte d'environ 20 mètres de long, entourée de murs et de portes menant à trois salles (Photo fournie).

Selon l'Encyclopedic Dictionary of the Syriac Heritage (dictionnaire encyclopédique du patrimoine syriaque), publié par l'Institut syriaque, qui a pour mission de promouvoir l'étude et la préservation du patrimoine et de la langue syriaques, Beth Qatraye, «terre des Qataris», comprenait «non seulement la péninsule de Qatar, mais également son arrière-pays, Yamama» – aujourd'hui une région historique de l'Arabie saoudite – «et toute la côte du nord-est de l'Arabie jusqu'à la péninsule de Musandam, dans l'actuel Oman, ainsi que les îles» du Golfe.

On trouve des références à Beth Qatraye dans plusieurs documents chrétiens rédigés dans les années précédant l'émergence de l'islam. Le plus ancien provient de la «Chronique d'Arbela», écrite en syriaque et supposée avoir été produite entre 551 et 569 apr. J.-C. par un moine de l'actuelle Erbil, dans la région du Kurdistan en Irak.

La chronique mentionne l'existence de plusieurs diocèses chrétiens dans le Golfe, et plus précisément dans la région de Beth Qatraye, dès 225 apr. J.-C..

«Redécouverte» pour la première fois en 1907, la chronique a connu des hauts et des bas auprès des historiens ecclésiastiques. Bien que son authenticité ait été contestée, nombre de ses détails semblent avoir été confirmés par des découvertes archéologiques ultérieures dans le Golfe.

Les spécialistes ne doutent cependant pas de l'authenticité de la correspondance ecclésiastique préservée qui montre que le christianisme était établi à Beth Qatraye au moins au IVe siècle.

Ishoyahb III, patriarche de l'Église d'Orient de 649 à 659, a laissé une multitude de lettres aux historiens, dont cinq envoyées depuis sa base d'Adiabène, dans le nord de la Mésopotamie, au clergé et aux fidèles de Beth Qatraye.

Une autre source précieuse qui mentionne la région de Beth Qatraye est le «Livre des gouverneurs», une histoire monastique écrite au milieu du IXe siècle par Thomas, un évêque de Marga, un diocèse syriaque oriental dans la province métropolitaine d'Adiabène, qui était une province de l'empire sassanide en Mésopotamie.

Les preuves archéologiques d'une présence chrétienne dans le Golfe abondent également dans la région. Les premiers indices ont été découverts en 1931 à Hira, une ancienne cité du centre-sud de l'Irak, qui, vers le IIIe siècle apr. J.-C., devient la capitale des Lakhmides, une tribu chrétienne originaire du Yémen.

En 1960, l'archéologue français Roman Ghirshman a fouillé un monastère chrétien du VIIe siècle sur l'île iranienne de Kharg, et en 1988, une église a été découverte à Al-Qusur sur l'île de Failaka, au Koweït.

Peu avant la découverte de l'église de Jubail, trois croix chrétiennes ont été trouvées à proximité, à Jabal Berri, un affleurement rocheux situé à environ 10 kilomètres au sud-ouest de la ville, à quelque 7 kilomètres de la côte. Deux d'entre elles étaient en bronze, et la troisième, haute de 5 centimètres seulement, était taillée dans une seule pièce de nacre.

Les documents ecclésiastiques et arabes témoignent non seulement d'une importante activité chrétienne dans les régions de l’actuelle Arabie saoudite, mais ils démontrent également que «loin de connaître un déclin, le christianisme a prospéré dans le Golfe immédiatement après la conquête musulmane», comme le souligne Robert Carter, professeur d'archéologie arabe et moyen-orientale à l'UCL Qatar, dans l'ouvrage Les préludes de l'Islam publié en 2013.

En effet, il y a eu «un regain d'activité chrétienne à partir de la fin du VIIe et/ou du VIIIe siècle, qui s'est prolongé au début du IXe siècle à Kharg».

«Il n'y a absolument aucune preuve de destruction ou d'endommagement délibéré du site de l'île de Siniyah», selon Tim Power, professeur associé d'archéologie à l’université des Émirats arabes unis d’Al-Ain (Photo, fournie).

L'un des sites où le christianisme s'est épanoui est l'île de Tarut, au large de l'actuel gouvernorat de Qatif, dans la province orientale de l'Arabie saoudite. C'est là, en 635, que les forces musulmanes ont mis fin à la «ridda», le mouvement d'apostasie dans la région orientale, lors d'une bataille finale qui s'est déroulée à Darin, sur l'île.

Cependant, «la conquête musulmane n'a pas mis fin à la communauté nestorienne ici», comme le précise Daniel Potts, professeur d'archéologie et d'histoire du Proche-Orient ancien à l'Institute for the Study of the Ancient World de l'université de New York, dans un article publié dans la revue Expedition en 1984.

Il existe des documents attestant qu'un grand synode, ou concile de l'Église, s'est tenu sur l'île en 676, plus de 40 ans plus tard.

Il s’agit d'un rassemblement important, car c'est lors de ce synode que la pratique chrétienne du mariage dans une église a été établie pour la première fois, lorsque Georges Ier, l'évêque principal de l'Église d'Orient, a décrété que, dorénavant, seules les unions bénies par un prêtre seraient considérées comme légitimes.

En novembre dernier, le prince héritier Mohammed ben Salmane a annoncé qu'un montant de 2,64 milliards de riyals (703 millions de dollars) avait été alloué au développement de l'île de Tarut, qui compte aujourd'hui 120 000 habitants, afin de préserver son patrimoine et de renforcer son potentiel touristique.

Tarut n'était pas le seul site chrétien de l'actuelle Arabie saoudite. Parmi les autres centres ou églises mentionnés dans les textes syriaques, citons «Hagar» et «Juwatha», qui auraient tous deux été situés quelque part dans l'oasis d'Al-Hasa, ainsi que dans les îles voisines d'Al-Qatif et d'Abu Ali, juste au nord de Jubail.

Tous ces sites chrétiens, de Jubail en Arabie saoudite à Umm Al-Quwain aux Émirats arabes unis, ont fini par disparaître de l'histoire. Selon John Langfeldt, prêtre et historien américain qui a écrit le premier article sur l'église de Jubail après avoir visité le site en 1993, l'assimilation des chrétiens s'est faite dans le cadre d'un processus pacifique.

«Il n'y a pas eu de conversion forcée de la population à l'islam (et) le christianisme est resté la principale obédience religieuse de la grande majorité de la population», écrit Langfeldt dans un article publié dans la revue Arabian Archaeology and Epigraphy en 1994.

«Progressivement, sur plusieurs siècles, probablement en raison de plusieurs facteurs tels que le poids de... l'impôt, l'isolement des contacts chrétiens extérieurs, la facilité, les belles qualités de l'islam et l'excellent témoignage de ses adeptes, la quasi-totalité de la population a été islamisée.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des AE aborde les développements régionaux avec ses homologues omanais et français

Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (SPA)
Le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane. (SPA)
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  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a eu un entretien téléphonique avec le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr ben Hamad Al-Busaidi, jeudi, a rapporté l'agence d'Etat saoudienne SPA.
  • Ils ont discuté des derniers développements de la situation régionale et de leurs implications pour la sécurité et la stabilité de la région

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a eu un entretien téléphonique avec le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr bin Hamad Al-Busaidi, jeudi, a rapporté l'agence d'Etat saoudienne SPA.

Les deux responsables ont passé en revue les derniers développements régionaux et ont discuté des efforts conjoints pour renforcer la sécurité et la stabilité dans la région

Le ministre a également eu un entretien avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, au cours duquel ils ont discuté des derniers développements de la situation régionale et de leurs implications pour la sécurité et la stabilité de la région.


Le ministre saoudien de la défense annonce un programme de développement de 1,9 million de SR pour le Yémen

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a rencontré mercredi le président du Conseil présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi. (SPA)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a rencontré mercredi le président du Conseil présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi. (SPA)
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  • Le Prince Khalid ben Salmane déclare que le financement vise à construire un avenir meilleur pour le Yémen et son peuple
  • L'enveloppe comprend la construction d'hôpitaux et d'écoles, la restauration de l'aéroport d'Aden et la construction d'une usine de dessalement

RIYAD: L'Arabie saoudite va investir 1,9 milliard de francs suisses (506 millions de dollars) dans des projets de développement au Yémen, a déclaré mercredi le ministre de la Défense du Royaume, le prince Khalid ben Salmane.

Le soutien comprend 28 projets dans les secteurs de la santé, de l'énergie, de l'éducation et des transports, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Le paquet comprend une nouvelle subvention de dérivés du pétrole pour faire fonctionner les centrales électriques à travers le Yémen.

L'annonce a été faite lors d'une réunion avec le chef du Conseil présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi, le premier ministre du Yémen, Salem Saleh ben Braik, et le gouverneur d'Aden, Abdulrahman Sheikh Al-Yafai.

Ce financement permettra au programme saoudien de développement et de reconstruction pour le Yémen de travailler avec le gouvernement yéménite et les autorités locales pour soutenir les institutions et les services clés à Aden, Hadramaout, Al-Mahrah, Socotra, Marib, Shabwa, Abyan, Dhale, Lahij et Taiz.

Les projets comprennent la construction d'une usine de dessalement, la restauration de l'aéroport d'Aden - la principale plate-forme aérienne du pays dans le sud -, l'ouverture d'un hôpital sur l'île de Socotra, ainsi que la construction et l'équipement de 30 écoles.

Le prince Khalid a déclaré que ce programme "incarne l'engagement du Royaume à renforcer la sécurité et la stabilité et à contribuer à la construction d'un avenir meilleur pour le Yémen et son peuple".

La réunion a également porté sur les relations entre l'Arabie saoudite et son voisin, sur l'évolution de la situation au Yémen et sur les efforts déployés pour mettre fin à la crise yéménite par le biais d'une solution politique globale.

"Nous avons souligné l'importance de poursuivre les efforts, en ce qui concerne l'avenir de la question du Sud, dans le cadre de la conférence de Riyad, afin de trouver une vision globale pour des solutions justes", a déclaré le prince Khalid.éroports, aux ports et à d'autres installations.


Toute menace contre la sécurité du Royaume est une « ligne rouge », affirme l’envoyé saoudien

Le représentant permanent du Royaume d'Arabie saoudite auprès des Nations Unies, Abdulaziz Alwasil. (Fourni)
Le représentant permanent du Royaume d'Arabie saoudite auprès des Nations Unies, Abdulaziz Alwasil. (Fourni)
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  • Abdulaziz Alwasil déclare devant le Conseil de sécurité de l’ONU que la situation dans le sud du Yémen est « une cause juste aux dimensions sociales et historiques » qui ne peut être résolue que par le dialogue
  • Les récentes activités militaires dans le sud ont été unilatérales, entraînant une escalade qui nuit aux intérêts du peuple yéménite et sape les efforts visant à résoudre les problèmes du sud, affirme-t-il

​​​​​​NEW YORK : Toute tentative de menacer la sécurité nationale de l’Arabie saoudite constitue une « ligne rouge » et fera l’objet d’une réponse décisive, a déclaré mercredi l’ambassadeur du Royaume auprès des Nations unies devant le Conseil de sécurité.

S’exprimant lors d’une réunion consacrée au Yémen, Abdulaziz Alwasil a estimé que la situation dans le sud du pays est « une cause juste aux dimensions sociales et historiques » qui ne peut être résolue que par le dialogue.

« Nous soulignons que toute tentative de menacer notre sécurité nationale est une ligne rouge, et nous n’hésiterons pas à prendre les mesures et actions nécessaires pour y faire face et la neutraliser », a-t-il ajouté.

Alwasil a réaffirmé le soutien de l’Arabie saoudite au président yéménite Rashad Al-Alimi, au Conseil présidentiel de direction et au gouvernement yéménite dans leurs efforts pour parvenir à la sécurité, à la stabilité, au développement et à la paix, tout en préservant l’unité nationale.

Il a indiqué que les activités militaires menées par les forces du Conseil de transition du Sud dans le Hadramaout et l’Al-Mahra le 2 décembre 2025 étaient unilatérales, n’avaient pas reçu l’approbation du Conseil présidentiel de direction et n’avaient pas été coordonnées avec la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen.

Ces actions ont entraîné une escalade injustifiée qui a porté atteinte aux intérêts du peuple yéménite, sapé les efforts visant à traiter les problèmes du sud et contredit les objectifs de la coalition, a-t-il ajouté.

Le Royaume, en coordination avec ses partenaires de la coalition, le Conseil présidentiel de direction et le gouvernement yéménite, a pris des mesures pour contenir la situation en envoyant une force militaire chargée de coordonner les dispositions avec le Conseil de transition du Sud à Aden, a-t-il déclaré.

L’objectif était d’assurer le retour des forces du Conseil de transition du Sud à leurs positions précédentes en dehors du Hadramaout et de l’Al-Mahra, ainsi que la remise des camps aux forces gouvernementales légitimes et aux autorités locales, conformément aux procédures convenues, a ajouté Alwasil.

Il a exprimé son regret face aux opérations militaires menées dans le Hadramaout et l’Al-Mahra, à proximité de la frontière sud de l’Arabie saoudite, estimant qu’elles constituaient une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume, ainsi que pour la sécurité du Yémen et la stabilité régionale. De telles actions sont extrêmement dangereuses, a-t-il souligné, et vont à l’encontre des principes fondateurs de la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen.

Alwasil a salué l’accord d’échange de prisonniers et de détenus signé à Mascate le 23 décembre, qu’il a qualifié de mesure humanitaire importante pour soulager les souffrances et renforcer la confiance.

Il a félicité le sultanat d’Oman pour avoir accueilli et parrainé les consultations, ainsi que pour son soutien aux négociations, et a salué les efforts de l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, du Comité international de la Croix-Rouge et de tous ceux qui ont contribué au processus.

S’agissant des efforts politiques pour résoudre la crise, Alwasil a déclaré que l’Arabie saoudite accueillait favorablement l’appel du président Al-Alimi à la tenue d’une conférence inclusive à Riyad, réunissant toutes les parties prenantes afin de discuter de solutions justes à la situation dans le sud du Yémen.

Les préparatifs de cette conférence ont commencé, a-t-il précisé, en coopération avec le gouvernement yéménite et des représentants du sud, reflétant les liens étroits entre les deux pays et leur intérêt commun pour la stabilisation du Yémen.

Il a exhorté l’ensemble des acteurs du sud à participer activement et de manière constructive aux discussions afin de parvenir à des solutions globales et équitables répondant aux aspirations légitimes du peuple du sud du Yémen.

Alwasil a enfin appelé toutes les forces et parties prenantes yéménites à coopérer et à intensifier leurs efforts pour parvenir à un règlement politique durable garantissant la sécurité et la stabilité.

Il a qualifié la question du sud de « cause juste aux dimensions sociales et historiques », soulignant que « la seule manière d’y répondre passe par le dialogue menant à une solution politique globale », fondée sur des références approuvées aux niveaux national et international. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com