Enquête ouverte sur le cumul d'emplois de l'ex-épouse d'Éric Ciotti

Le 13 mai 2016, Eric Ciotti et son épouse Caroline Magne posent au 69e Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France. (AFP)
Le 13 mai 2016, Eric Ciotti et son épouse Caroline Magne posent au 69e Festival de Cannes à Cannes, dans le sud de la France. (AFP)
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Publié le Mardi 22 novembre 2022

Enquête ouverte sur le cumul d'emplois de l'ex-épouse d'Éric Ciotti

  • Le Canard enchaîné a affirmé que l'ancienne épouse du député LR Éric Ciotti, Caroline Magne, avait cumulé divers emplois auprès du député ou d'alliés politiques
  • Selon Libération, Mme Magne a été rémunérée en 2008 et 2009 près de 20 000 euros par an pour son emploi de collaboratrice de M. Ciotti à l'Assemblée nationale. Ses revenus seraient passés de 51 700 euros brut par an en 2007 au total à 94 500 euros en 2009

PARIS: Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire après la publication d'articles selon lesquels l'ex-épouse d'Eric Ciotti, donné comme favori pour la présidence du parti Les Républicains, a cumulé plusieurs emplois pendant près de dix ans. 

L'enquête, qui "a pour but de vérifier le bien-fondé des éléments parus dans la presse", a été ouverte pour détournement de fonds publics, abus de confiance et recel de ces infractions, a précisé mardi le PNF, confirmant une information de BFMTV. 

Sollicité par l'AFP, le député des Alpes-Maritimes n'avait pas réagi à la mi-journée. Son ex-épouse, jointe par téléphone, se dit "abasourdie par cette histoire" mais "ne souhaite pas réagir". 

Le Canard enchaîné a affirmé il y a une semaine que l'ancienne épouse de M. Ciotti, Caroline Magne, avait cumulé divers emplois auprès du député ou d'alliés politiques: attachée de presse de Christian Estrosi, elle est en 2007 devenue attachée parlementaire d'Éric Ciotti lorsqu'il a été élu à l'Assemblée nationale, en plus d'un emploi au Conseil départemental des Alpes-Maritimes où elle "étend ses compétences" lorsque son époux en prend la présidence, en 2008. 

Selon l'article, elle a aussi occupé un poste de directrice adjointe à la mairie de Nice avant d'intégrer l'équipe de pilotage de la communauté urbaine, exerçant ces responsabilités jusqu'en 2011. 

Interrogée par l’AFP, la mairie de Nice n'a pas souhaité réagir. 

A l'Assemblée nationale, son contrat a pris fin en 2016 mais elle a également, entre 2014 et 2016, selon le Canard enchaîné, exercé des responsabilités dans la commune de La Colle-sur-Loup, et eu un emploi au diocèse de Nice entre 2012 et 2014. Cette dernière information a été démentie mardi par le diocèse de Nice qui a assuré à l'AFP que Mme Magne avait "occupé un emploi dans un établissement de l'Enseignement catholique des Alpes-Maritimes". 

« Bassement attaqué » 

Après la publication de cet article, le député, candidat à la présidence de son parti, s'était dit "bassement attaqué" et avait expliqué avoir employé Mme Magne comme collaboratrice parlementaire "à temps très partiel" et "dans le strict respect des lois et règlements". 

"Dans les deux cas, le cumul d’activité n’a jamais dépassé 44h par semaine", a-t-il indiqué dans un communiqué, assurant que son emploi "en circonscription" atteignait "5h25 par semaine". Quant à celui à la mairie de La-Colle-sur-Loup, "la durée de travail hebdomadaire n’a jamais dépassé 9h par semaine". 

Selon Libération, Mme Magne a été rémunérée en 2008 et 2009 près de 20 000 euros par an pour son emploi de collaboratrice de M. Ciotti à l'Assemblée nationale. Ses revenus seraient passés de 51 700 euros brut par an en 2007 au total à 94 500 euros en 2009, écrit le journal. 

Le quotidien affirme qu'"il n’y avait pas, dans le dossier individuel de Caroline Magne, de demande d'autorisation de cumul accordée par la ville de Nice, comme la loi l'exige". Au journal, l'intéressée a répondu qu'ayant déjà obtenu l'autorisation de cumuler quand elle était au département, elle n’avait pas besoin de la renouveler, n’ayant "pas changé d'employeur" en suivant M. Estrosi à la mairie de Nice. 

Mardi, Libération révèle également que Mme Magne a produit une "attestation mensongère" autorisant le cumul, signée par le maire de La Colle-sur-Loup, auprès d'une journaliste qui enquêtait sur l'affaire au printemps dernier. Elle a transmis cette même attestation à plusieurs médias après l'article du Canard enchaîné. 

Campagne percutée 

L'annonce de cette enquête intervient en pleine campagne pour la présidence de LR, scrutin pour lequel Éric Ciotti est donné favori contre le sénateur Bruno Retailleau et le député Aurélien Pradié. 

Le président des députés LR, Olivier Marleix, a dénoncé mardi "une juridiction d'exception" pour son parti et un "deux poids deux mesures". 

En 2017, le candidat LR à la présidentielle d'alors, François Fillon, avait vu son parcours exploser avec le "Penelopegate". Pour cette affaire d'emplois fictifs qui a pris le nom de son épouse, M. Fillon a été condamné en appel en mai à quatre ans de prison dont un an ferme. Il s'est pourvu en cassation. 

Sur Twitter, l'ex-secrétaire national d'EELV David Cormand a ironisé: "Pas de doute, Éric Ciotti sera le prochain Président des #LR. Il a la principale qualité requise pour le poste..." 


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».