Les Palestiniens en colère contre la vente des terres de l'Église de Jérusalem à un groupe de colons

Des passants devant l'Imperial Hotel situé à côté de la porte de Jaffa, dans le quartier chrétien de la vieille ville de Jérusalem, le 29 novembre 2019 (Photo, AFP).
Des passants devant l'Imperial Hotel situé à côté de la porte de Jaffa, dans le quartier chrétien de la vieille ville de Jérusalem, le 29 novembre 2019 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 juin 2022

Les Palestiniens en colère contre la vente des terres de l'Église de Jérusalem à un groupe de colons

  • Ateret Cohanim a acheté trois bâtiments à l'Église orthodoxe grecque, dans le cadre d'un accord secret controversé conclu en 2004
  • La décision du tribunal signifie qu'un projet de prise de contrôle par des colons israéliens de l'Imperial Hotel est maintenant potentiellement facilité

AMMAN: La plus haute cour d'Israël a statué qu'un groupe de colons juifs avait légalement acheté à l'Église orthodoxe grecque une propriété à Jérusalem-Est. La décision met fin à un litige sur les bâtiments de la vieille ville, qui dure depuis près de deux décennies.
L'organisation Ateret Cohanim, qui cherche à «judaïser» Jérusalem-Est annexée par Israël, a acheté de l’Église trois bâtiments, dans le cadre d'un accord secret controversé conclu en 2004. La vente a provoqué la colère des Palestiniens et a conduit au renvoi du patriarche Irineos I.
L'Église a porté plainte contre Ateret Cohanim, affirmant que les bâtiments avaient été acquis illégalement.
Dans une décision rendue mercredi soir, la Cour suprême d’Israël a rejeté les accusations, déclarant que les «allégations sévères» d’inconduite de la part des personnes impliquées dans la vente n’avaient «pas été prouvées» lors de procédures antérieures.
L'Église a fustigé cette décision qu’elle a qualifiée d’«injuste» et dépourvue de «toute base juridique logique», et a dénoncé Ateret Cohanim comme une «organisation radicale» ayant utilisé «des méthodes malhonnêtes et illégales pour acquérir des biens immobiliers chrétiens» sur un site d’une extrême importance à Jérusalem.
Le Conseil présidentiel supérieur des Églises de Palestine a décrit la décision comme une légitimation israélienne du «vol» des biens de l'Église.
La décision du tribunal signifie qu'une prise de contrôle proposée par les colons israéliens de l'Imperial Hotel est maintenant potentiellement facilitée.
Maher Hanna, l'avocat palestinien de la famille qui gère l'hôtel, a déclaré à Arab News que cette décision signifiait que son client était désormais la «dernière ligne de défense» pour protéger la présence palestinienne dans cette zone.
«Mon client, Mohammad Abou Waleed Dajani, a un contrat de location à long terme sécurisé avec le patriarcat, et la loi en vigueur empêche l'expulsion des locataires», a précisé Hanna, ajoutant qu'il était convaincu que son locataire pourra rester dans l’hôtel «si le gouvernement israélien respecte les lois en vigueur».
Ramzi Khoury, qui préside la Commission présidentielle de l'Église palestinienne, a qualifié la décision du tribunal de «raciste et extrémiste» envers les Palestiniens de Jérusalem. Khoury estime que le but de la décision du tribunal est de faciliter l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem de leur ville.
«Le tribunal n'agit pas de manière légale, ni même éthique, mais se comporte plutôt comme un exécuteur de la décision du gouvernement israélien et cède à la pression de groupes tels qu'Ateret Cohanim», soutient-il. «La Haute Cour israélienne est politisée et agit en faveur d'une politique raciste visant à voler les lieux saints musulmans et chrétiens.»
Le révérend Munther Isaac, pasteur de l'église luthérienne de Beit Sahour, a déclaré à Arab News que le gouvernement israélien «défendait ces extrémistes et avait créé un système de lois et de réglementations discriminatoires qui protège et soutient ces groupes juifs radicaux».
Botrus Mansour, un avocat basé à Nazareth, a affirmé à Arab News que toutes les branches du gouvernement israélien de droite, y compris la Cour suprême, tentaient de contrôler les endroits clés de la Jérusalem arabe.
Mansour a précisé que la communauté internationale était actuellement «distraite» par d'autres problèmes et que le gouvernement israélien en profitait pour intensifier ses opérations antipalestiniennes. Le seul point positif qui ressort de la récente agression d'Israël, notamment ses attaques contre Al-Aqsa et le meurtre de la journaliste d'Al-Jazeera Shirine Abou Akleh, dit-il, est qu'elle a démontré au monde que les Palestiniens luttaient pour leurs droits et qu'elle a suscité un renforcement de la solidarité avec les Palestiniens du monde entier.
L'Église s'est engagée à utiliser «toute l'influence et les moyens» à sa disposition pour empêcher l'expulsion forcée des locataires de l'hôtel.
Le Patriarcat a déclaré qu'il «continuerait à appuyer la détermination des locataires palestiniens dans ces propriétés chrétiennes», ajoutant qu'il était «inébranlable» dans sa bataille pour contrer «la politique et le programme racistes de l'extrême droite en Israël visant à éroder l'identité multiple de la ville de Jérusalem et y imposer une nouvelle réalité».
Les Palestiniens estiment depuis longtemps que le projet de prise de contrôle de l'hôtel stratégiquement situé ainsi que les «expulsions» forcées de familles palestiniennes des quartiers de Sheikh Jarrah et Silwan à Jérusalem, sont inspirés par des motifs politiques et s'inscrivent dans le cadre des efforts d'Israël pour opérer un nettoyage ethnique qui vise les Palestiniens de Jérusalem.
Depuis l'occupation de Jérusalem par Israël en juin 1967, des organisations telles qu'Elad et Ateret Cohanim, soutenues par l'État israélien, les services judiciaires et sécuritaires, se sont efforcées de prendre le contrôle des propriétés palestiniennes à Jérusalem, dans le cadre de leurs efforts pour assurer une majorité juive dans la ville. On présume que ce programme comprend la construction de nouveaux sites touristiques coloniaux, tels que la Cité de David.
En mars, le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Théophile III, a dénoncé le projet de prise de contrôle de l'hôtel par les colons et l’a qualifié de «menace pour l'existence chrétienne». Il a également mis en garde contre le fait que ce groupe de colons opérait une «détournement» de Jérusalem par le biais d’une violente coercition.
«Cette question ne concerne pas seulement les propriétés individuelles, mais toute l’identité de Jérusalem, et notamment le quartier chrétien», constate-t-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères arrive au Caire pour rencontrer le président égyptien

 Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
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  • Le Prince Faisal bin Farhan discutera des développements régionaux avec les responsables égyptiens
  • Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne


LONDRES : Le prince Faisal ben Farhane, ministre saoudien des Affaires étrangères, est arrivé dimanche soir au Caire pour une visite officielle.

Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne.

Le prince Fayçal discutera des moyens de renforcer les relations saoudo-égyptiennes dans divers secteurs, et les discussions porteront également sur les développements régionaux, a ajouté l'agence de presse saoudienne.


Soudan: plus de 100 morts dans des combats en une semaine au Darfour

Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
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  • L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements
  • Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes

PORT-SOUDAN: Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

"51 civils ont été tués (samedi) dans des frappes de drones de l'armée sur el-Zurq", a indiqué une source médicale de l'hôpital de cette ville, précisant que l'attaque avait visé un marché et des zones civiles.

Cette ville de l'Etat du Darfour-Nord abrite la résidence de certains membres de la famille du général Mohamed Daglo, le chef des paramilitaires.

L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements.

Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes.

Centrale électrique bombardée 

Une autre source médicale a fait état de 63 civils tués et 57 blessés à Kernoi dans des attaques attribuées cette fois aux FSR.

Située à environ 170 km à l'ouest d'El-Zurq, Kernoi est tenue par des forces alliées à l'armée.

Des sources locales ont indiqué que 17 personnes étaient également portées disparues à l'issue de ces attaques.

Depuis fin décembre, plus de 7.500 personnes ont fui les localités de Kernoi et la loclité proche d'Oum Barou, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Nombreux d'entres elles font partie de l'ethnie Zaghawa, ciblée par les FSR et dont certains membres ont combattu dans les rangs des forces alliées à l'armée.

Fin octobre, les FSR se sont emparées d'El-Facher, la dernière capitale du Darfour qui leur échappait encore, asseyant leur domination sur l'ensemble du Darfour. Elles ont alors été accusées par des ONG et témoins de nombreuses exactions.

Depuis, les paramilitaires ont mené des attaques près la frontière tchadienne où se trouve notamment Kernoi. Ils ont surtout dirigé leur offensive au Kordofan voisin, région centrale stratégique qui se trouve sur l'axe entre le Darfour et la capitale Khartoum, que l'armée a reprise en mars.

Les FSR encerclent notamment la ville d'el-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, où le courant a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

"La centrale d'el-Obeid a été la cible à l'aube d'une attaque de drones qui a provoqué un incendie (...) entraînant l'interruption de l'alimentation électrique", a déclaré l'entreprise Soudan Electricité, précisant que la défense civile tentait de maîtriser l'incendie. Elle a imputé l'attaque à la "milice", en référence aux FSR.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'el-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre el-Obeid et Dilling", une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.

 


Liban: deux morts dans une frappe israélienne 

Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah. (AFP)
Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah. (AFP)
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  • Le ministère de la Santé libanais a précisé que les deux personnes avaient été tuées dans une "frappe de l'ennemi israélien sur leur véhicule" près de la ville de Jmaijmeh, à 10 kilomètres de la frontière avec Israël
  • L'armée israélienne a de son côté déclaré dans un communiqué avoir "frappé" un membre du Hezbollah dans la zone, "en réponse à la violation continue du cessez-le-feu par le Hezbollah", qu'elle accuse de se réarmer

BEYROUTH: Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le mouvement islamiste pro-iranien.

Le ministère de la Santé libanais a précisé que les deux personnes avaient été tuées dans une "frappe de l'ennemi israélien sur leur véhicule" près de la ville de Jmaijmeh, à 10 kilomètres de la frontière avec Israël.

L'armée israélienne a de son côté déclaré dans un communiqué avoir "frappé" un membre du Hezbollah dans la zone, "en réponse à la violation continue du cessez-le-feu par le Hezbollah", qu'elle accuse de se réarmer.

Sous forte pression américaine et la crainte d'une intensification des bombardements israéliens, Beyrouth s'est engagé à désarmer le Hezbollah, sorti très affaibli de la guerre meurtrière avec Israël.

L'armée libanaise s'était engagée à démanteler d'ici la fin de l'année 2025 les structures militaires du Hezbollah - qui s'y oppose - entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Une réunion gouvernementale est prévue jeudi pour un point sur la situation. Une autre est aussi prévue dans la semaine du comité de surveillance du cessez-le-feu, qui comprend en plus du Liban et d'Israël, les Etats-Unis, la France et l'ONU.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a salué dimanche sur X les "efforts" du gouvernement et de l'armée libanaise, ajoutant toutefois qu'ils étaient "loin d'être suffisants".

Au moins 350 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP basé sur les chiffres du ministère libanais de la Santé.