Tunisie: Un député qui défend le meurtre de Conflans risque de perdre son immunité

 Rached Khiari, député indépendant tunisien, élu sous la bannière du mouvement islamiste Karama, membre de la coalition gouvernementale, a écrit sur sa page Facebook: "toute atteinte au prophète Mahomet est le plus grand des crimes. Tous ceux qui le commettent, s'agissant d'un Etat ou d'un groupe d'individus, doivent assumer ses retombés et répercussions". (Photo d'archives AFP).
Rached Khiari, député indépendant tunisien, élu sous la bannière du mouvement islamiste Karama, membre de la coalition gouvernementale, a écrit sur sa page Facebook: "toute atteinte au prophète Mahomet est le plus grand des crimes. Tous ceux qui le commettent, s'agissant d'un Etat ou d'un groupe d'individus, doivent assumer ses retombés et répercussions". (Photo d'archives AFP).
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Publié le Mardi 20 octobre 2020

Tunisie: Un député qui défend le meurtre de Conflans risque de perdre son immunité

  • Le député aurait dû être arrêté immédiatement et sans attendre la levée de son immunité parlementaire, car pris en flagrant délit, selon l’article 69 de la Constitution et l’article 31 de la loi sur le terrorisme, affirme Amine Mahfoudh
  • La propagation du terrorisme au nom de l’islam à l’étranger représente un danger pour la civilité de l’État et un renfort au terrorisme en Tunisie

TUNIS: L’assassinat de l’enseignant français par un terroriste tchétchène et les propos tenus par le député Rached Khiari ont choqué une partie des Tunisiens, mais pas tous… Rached Khiari, député indépendant tunisien, élu sous la bannière du mouvement islamiste Karama, membre de la coalition gouvernementale, a écrit sur sa page Facebook: "toute atteinte au prophète Mahomet est le plus grand des crimes. Tous ceux qui le commettent, s'agissant d'un Etat ou d'un groupe d'individus, doivent assumer ses retombées et répercussions".

Samedi 17 octobre, le parquet près le Pôle judiciaire de lutte antiterroriste a annoncé l’ouverture d’une enquête sur un post publié sur les réseaux sociaux par le député Rached Khiari.

La nouvelle a eu l’effet d’un baume au cœur pour nombre de Tunisiens révoltés par l’acte odieux perpétré, et la manière dont le député y a réagi: Il y justifiait la décapitation du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty par un terroriste tchétchène, vendredi soir 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine près de Paris. Car, selon Mohsen Dali, substitut du procureur de la République et porte-parole du tribunal de première instance de Tunis, ce post pourrait être considéré comme un crime terroriste, selon la loi tunisienne de lutte contre le terrorisme.

Le professeur de droit Amine Mahfoudh estime même, dans une déclaration au quotidien de langue arabe Echourouk, que le député «aurait dû être arrêté immédiatement et sans attendre la levée de son immunité parlementaire, parce que considéré comme pris en flagrant délit, selon l’article 69 de la Constitution et l’article 31 de la loi sur le terrorisme». Ce dernier article, rappelle M. Mahfoudh, stipule qu’est puni de un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 5 000 à 10 000 dinars (1 dinar = 0,31 euro), quiconque fait l’apologie d’un acte terroriste ou de ses auteurs, de quelque manière que ce soit et ouvertement, en Tunisie ou à l’étranger.        

Loin de rétropédaler après son annonce, cet ex-député de la coalition Al Karama – un groupe islamiste considéré généralement comme un appendice du mouvement Ennahdha, auquel il est allié au sein de la coalition soutenant le nouveau gouvernement mené par Hichem Mechichi –, ancien journaliste et bloggeur, a déclaré le même jour: «Il est possible que je renonce à mon immunité et au Parlement, mais je ne renoncerai pas à ma condamnation du crime d’insulter le Messager de Dieu, le prophète Mahomet, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix.»

Surtout, Khiari a repris sur sa page Facebook, comme un cri de victoire, une information concernant le retrait par Mme Madeleine Berger, conseillère à l'Assemblée des Français de l'étranger pour la circonscription Tunisie-Libye, d’un post publié dimanche 18 octobre qui a «fuité» du cercle de ses amis, et dans lequel elle aurait déclaré sa détermination à quitter la Tunisie si l’immunité du député n’était pas levée. Une information titrée de manière provocatrice par le site web qui l’a publiée: «La conseillère de l’ambassadeur de France reconnaît sa défaite face au député Rached Khiari et retire son post qui cause du tort à la Tunisie.»

 Silence assourdissant du Parlement

Le plus étonnant dans cette affaire est le silence assourdissant de la majeure partie de la classe politique et d’une partie des autorités. En effet, aucune groupe parlementaire ils sont au nombre de huit (les trois parties membres de la coalition soit Ennahdha, Al Karama et Qalb Tounes, plus le Courant démocrate, le Parti du peuple, le bloc Al Islah, le Parti destourien libre, le bloc national et Tahya Tounes) auxquels s’ajoutent les députés indépendants n’a pipé mot au sujet de cet acte odieux.

Parmi les partis politiques, le plus concerné parce qu’il est question d’islam est le mouvement islamiste Ennahdha qui a mis près de quarante-huit heures pour publier, dimanche 18 octobre en début d’après-midi, un communiqué dans lequel il «dénonce fermement cette opération criminelle et terroriste», appelle à «unifier les efforts internationaux pour lutter contre le fléau du terrorisme qui n’a pas de religion, n’épargne aucun pays et cible la sécurité, la stabilité et la démocratie dans le monde» et «rappelle les positions de la Tunisie et ses efforts dans la lutte contre le terrorisme et la dénonciation de ceux qui le commettent». Les autres ont brillé par leur silence.

Côté autorités, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, et le ministre des Affaires étrangères, Othmen Jerandi, ont adressé le 17 octobre des messages de condoléances et de soutien à leurs homologues respectifs, Jean Castex et Jean-Yves Le Drian, mais ni le président de la république, Kaïs Saïed, ni celui de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, n'ont eu le moindre mot au sujet de l'assassinat ou de la réaction du député Rached Khiari.

L’opinion est, elle, divisée. Sur la Toile, alors que les Tunisiens attachés aux valeurs démocratiques, à la liberté d’expression, et hostiles au terrorisme ont dénoncé les propos du député, les islamistes ont été unanimes à voler à son secours.

L’assassinat de Samuel Paty divise aussi la société civile. Ainsi, la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme n’y a pas réagi jusqu’à lundi 19 octobre, mais l’Observatoire national pour la défense de la civilité de l’État, présidé par M. Mounir Charfi, a «dénoncé le crime abject qui va conforter la mauvaise image que l’Occident a de l’islam» et souligné que «la propagation du terrorisme au nom de l’islam à l’étranger représente un danger pour la civilité de l’État et un renfort au terrorisme en Tunisie».

Finalement, seuls les médias tunisiens ont dénoncé avec force l’assassinat de l’enseignant français et sa justification par le député Rached Khiari. Le quotidien de langue arabe Assabah pointe du doigt «les dangereux messages que le député adresse par son post aux jeunes en général et à ses partisans en particulier». Le site web kapitalis voit lui dans cette affaire la preuve que «l’extrémisme religieux et le terrorisme islamiste s’expriment aujourd’hui librement» dans l’enceinte de l’Assemblée.

Reste à savoir si l’ARP lèvera l’immunité du député – elle ne l’a jusqu’ici quasiment jamais fait – pour permettre à la justice de le juger, et quel sort cette dernière, que beaucoup suspectent d’être noyautée par Ennahdha, lui réservera.


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.