PARIS : Un témoin a quasiment assisté à l'assassinat de Samuel Paty, perpétré à 40 mètres de chez lui, racontant avoir vu le meurtrier présumé « en train d'envoyer sur les réseaux sociaux des photos de son acte odieux », selon ses propos à la chaîne d'info en continu LCI.
« L'assaillant était juste derrière le mur, à 40 mètres de mes petits-enfants et de mes enfants », a raconté Stéphane, croyant dans un premier temps que la victime était un membre de sa famille: « il a fallu que je retourne deux fois sur la scène du crime pour savoir si ce n'était pas mon petit-neveu ».
Rétrospectivement, l'homme regrette de n'avoir pas su réagir, alors qu'il était présent avec d'autres adultes dans son logement, « on culpabilise, on se dit qu'à 30 ou 40 secondes près, on aurait pu faire quelque chose ».
Mais face à la violence de l'attaque, Stéphane, sans information face à ce qui est en train de se passer, tente de mettre les siens à l'abri.
« Le temps de mettre les enfants par terre dans la caravane, je cherche autour ce qui se passe et puis la peur qu'on avait », détaille-t-il.
L'intervention de la police fera finalement fuir l'assaillant, Abdoullakh Anzorov, qui sera abattu quelques mètres plus loin.
Stéphane de son côté est désormais confronté à l'image imprimée dans les esprits des plus jeunes membres de sa famille, ses « petites filles hier m'ont demandé: +il est où le monsieur qui a la tête coupé?+ Elles ont quatre ans ».
Vendredi vers 17H00, Abdoullakh Anzorov a décapité Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie, à proximité du collège où il enseignait dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine, avant d'être tué de neuf balles par des policiers à 200 mètres de là.
Ce professeur avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de 4e dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression.