Psychodrame dans la famille Le Pen: Marion Maréchal ralliera-t-elle Zemmour?

Le nouveau déchirement à l'extrême droite, avec la médiatique Marion Maréchal prête à lâcher sa tante Marine Le Pen, a enflammé la campagne présidentielle vendredi. (AFP)
Le nouveau déchirement à l'extrême droite, avec la médiatique Marion Maréchal prête à lâcher sa tante Marine Le Pen, a enflammé la campagne présidentielle vendredi. (AFP)
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Publié le Samedi 29 janvier 2022

Psychodrame dans la famille Le Pen: Marion Maréchal ralliera-t-elle Zemmour?

  • Taubira, interrogée sur les propositions de Pécresse concernant l'immigration, a accusé la candidate LR de «bavardages irresponsables pour distraire la galerie»
  • Hidalgo s'est fâchée vendredi qu'on puisse considérer «démagogique» sa promesse d'offrir 5 000 euros à chaque jeune majeur si elle est élue en avril prochain

PARIS: Le nouveau déchirement à l'extrême droite, avec la médiatique Marion Maréchal prête à lâcher sa tante Marine Le Pen, a enflammé la campagne présidentielle vendredi, tandis qu'à gauche, tout aussi fracturée, la primaire populaire continue de brouiller le message.


L'ex-députée FN Marion Maréchal, 32 ans, a lâché une petite bombe politique. Ralliera, ralliera pas Eric Zemmour ? "La cohérence, la vision, la stratégie font que je penche pour Eric Zemmour. C'est certain. Mais il y a un sujet familial", a-t-elle dit vendredi au Figaro.


La sortie de Marion Maréchal, qui se murmurait depuis des jours et intervient après les défections récentes de deux eurodéputés RN, avive les querelles internes à la famille historique de l'extrême droite en France.


"C'est brutal, c'est violent, c'est difficile pour moi", a lâché, visiblement affectée, Marine Le Pen sur Cnews, en soulignant son "histoire particulière" avec sa nièce qu'elle a "élevée avec (s)a sœur pendant les premières années de sa vie".


Mais aussi son "incompréhension politique", parce que Marion Maréchal a toujours "indiqué qu'elle soutiendrait celui qui est le mieux placé", a rappelé Marine Le Pen. Elle a fait valoir son avance de plusieurs points dans les sondages sur le polémiste.


En déplacement, Eric Zemmour s'est refusé à "commenter les rumeurs de campagne" tout en soulignant "une belle semaine" pour lui.


L'impact d'un éventuel ralliement de Marion Maréchal au camp Zemmour, s'il se confirmait, reste cependant à mesurer. Mais cela illustre un peu plus la bataille qui se joue à l'extrême droite.


"On va en avoir pour combien de jours de la télénovela Le Pen ? Ce n'est pas très intéressant. Les uns comme les autres mèneraient au chaos", a réagi la candidate socialiste Anne Hidalgo sur LCI.

Accusée de «démagogie», Anne Hidalgo se fâche

"Franchement dans quel pays on est? J'en ai marre". La candidate PS à la présidentielle Anne Hidalgo s'est fâchée vendredi qu'on puisse considérer "démagogique" sa promesse d'offrir 5 000 euros à chaque jeune majeur si elle est élue en avril prochain.


La maire de Paris prévoit dans son programme d'offrir à chaque jeune, quand il atteint sa majorité, une somme de 5 000 euros, sans condition de ressources, si elle est élue à l'Elysée.


Alors que, sur LCI, le journaliste lui a demandé si sa mesure n'était pas démagogique, elle a répliqué: "vous ne pouvez pas dire ça, pas vous!"


"Les jeunes aujourd'hui sont dans une situation de très grande précarité, a-t-elle poursuivi. Vous voyez bien l'état du pays, même si on est ici sur un plateau télé, un peu comme un bocal, loin des réalités."


Pour elle, "ce n'est pas de la démagogie, c'est de la confiance dans notre jeunesse, c'est permettre à des jeunes avec 5 000 euros à l'âge de 18 ans, de pouvoir décider par eux-mêmes à quoi ils veulent consacrer cet argent là".


"Je suis très choquée quand on me pose ce genre de question, a-t-elle ajouté, et qu'on ne l'a pose pas quand Emmanuel Macron a supprimé une grande partie de l’impôt sur les grandes fortunes."


"Ca ne coûtait pas cher de supprimer quatre milliards d'euros de recettes du budget de l'Etat quand c'était pour l'impôt sur les grandes fortunes. Et là, pour le coup ça devient indécent ou démagogue de dire qu'on donne à chaque jeune 5 000 euros à 18 ans. Franchement dans quel pays on est ? J'en ai marre", s'est-elle indignée.


Revenant plus largement sur son programme où elle veut investir massivement pour l'éducation et la santé, elle a expliqué que "oui c'est vrai l'éducation ça coûte cher, la santé ça coûte cher, mais essayez de ne pas offrir une éducation à nos enfants, essayez un système dans lequel la santé devient quelque chose qui est inabordable pour beaucoup de nos concitoyens. Vous croyez vraiment que ça ne va pas nous coûter beaucoup plus cher encore?"

Dynamique ou revers pour Taubira 
A gauche, le vote pour la primaire populaire, une consultation citoyenne inédite lancée jeudi, affichait plus de 30% des 467 000 personnes inscrites ayant voté, selon les organisateurs.


Le scrutin sera clos dimanche à 17H00 et les résultats sont attendus peu après.


Le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, en tête à gauche dans les sondages (9-10%), comme les candidats écologiste Yannick Jadot et socialiste Anne Hidalgo, ont refusé de participer à cette primaire qui divise un peu plus le camp de la gauche.


A l'inverse, l'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira, donnée favorite, en reconnaîtra l'issue.


"Je reconnaîtrai le verdict, je rejoindrai la personne qui aura été désignée", a-t-elle assuré vendredi soir sur BFMTV. Mais si la primaire désigne quelqu'un qui n'a pas voulu participer, ce sera "un cas de figure différent" a-t-elle ajouté.


Si un bon score pourrait conforter la dernière venue à gauche, un échec de Christiane Taubira poserait la question de son retrait de la course, l'ancienne ministre ayant toujours affirmé qu'elle ne souhaitait pas être qu'"une candidature de plus".


En attendant, ce n'est toujours pas l'entente cordiale avec M. Mélenchon que Christiane Taubira mais aussi Anne Hidalgo ont critiqué vendredi soir pour ses débats avec Eric Zemmour. MM. Mélenchon et Zemmour "s'entraident", a même fustigé la socialiste.

Taubira et Hidalgo attaquent Pécresse et Mélenchon sur leur attitude face à Zemmour

Christiane Taubira a par ailleurs affirmé qu'elle n'était "pas là pour satisfaire (les) désirs" d'Eric Zemmour, qui souhaite débattre avec elle.


"Lorsqu'il sera confirmé à l'élection présidentielle, à ce moment, nous aviserons", a-t-elle expliqué, mais "je n'ai pas de raison particulière de venir débattre avec lui".


Dénonçant "ses idées nauséabondes et inacceptables", elle a expliqué ne pas vouloir faire "de zèle pour légitimer le discours" du candidat d'extrême droite.


"Je n'y prendrai pas ma part", a-t-elle ajouté, une manière de critiquer la démarche du candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon qui a débattu à deux reprises avec le candidat de Reconquête!, dont jeudi soir sur C8.


Ce dernier débat était "le pire de ce que l'on peut faire en politique, moi je m'en éloigne", a commenté Anne Hidalgo. Interrogée pour savoir si MM. Mélenchon et Zemmour s'entraident, elle a répondu: "bien sûr, l'un l'autre. On avait vu une forme de complaisance déjà lors du premier débat", entre les deux hommes.


Anne Hidalgo a également dénoncé les propos "très choquants" et "pas dignes de quelqu'un qui veut accéder à la fonction présidentielle" de Jean-Luc Mélenchon sur les policiers dans la même émission où le chef de file des Insoumis avait dénoncé une "police violente" qui "fait ce qu'elle veut quand elle veut".

PARIS: Anne Hidalgo et Christiane Taubira ont attaqué vendredi Valérie Pécresse mais aussi leur rival à gauche pour la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, reprochant à la première sa "porosité" avec l'extrême droite et au deuxième ses débats avec Eric Zemmour.


Mme Taubira, interrogée sur BFMTV sur les propositions de Valérie Pécresse concernant l'immigration, a accusé la candidate LR de "bavardages irresponsables" pour "distraire la galerie". "Ce qu'il y a de plus inquiétant sur la droite, c'est plutôt la porosité qu'elle montre avec de plus en plus d'aisance à l'égard de l'extrême droite", a poursuivi l'ex-ministre de la Justice, candidate à la Primaire populaire de la gauche.


"On voit bien ce glissement vers la droite extrême et l'extrême droite, même, ces gages qui sont donnés publiquement", a-t-elle regretté, en rappelant que les "grands ténors de la droite sociale", citant Philippe Seguin décédé en 2010, "doivent s'en inquiéter".


"Nous avons besoin de cohésion, pas de paroles irresponsables, comme sortir le Kärcher de la cave", une formule de Nicolas Sarkozy recyclée par Mme Pécresse, a insisté Mme Taubira. 


La candidate socialiste Anne Hidalgo a également estimé sur LCI que Mme Pécresse "court après Eric Zemmour". "Elle n'est pas dans la tradition d'une droite républicaine, qui n'aborderait pas les choses de façon aussi caricaturale", a affirmé Mme Hidalgo.

Rebond de la croissance
Yannick Jadot va lui présenter son programme samedi à Lyon. Il a proposé vendredi, s'il est élu, un "abattement jusqu'à 200.000 euros" sur les droits de succession, devenus un thème important dans la campagne présidentielle.


Si le gouvernement s'est réjoui d'une croissance record de 7% en 2021, Yannick Jadot a critiqué sur France Info une croissance "inégalement répartie" et qui "ne permet pas de lutter contre les défis" climatique et de "justice sociale", au lendemain de manifestations en France pour la hausse des salaires.


La candidate LR Valérie Pécresse, en meeting à Oyonnax, s'est focalisée sur la santé, proposant une revalorisation des consultations chez le médecin à 30 euros, un doublement du nombre de soignants formés et une plus grande autonomie hospitalière.


A Chaumont-sur-Tharonne, dans le Loir-et-Cher, Eric Zemmour a proposé, lui, de verser 10 000 euros pour chaque nouvelle naissance dans une famille "de la France rurale", qui, selon son entourage, pourrait concerner un tiers de la population française.


Macron au Caire: vers une consolidation du plan arabe de reconstruction à Gaza

La visite du président français Emmanuel Macron en Égypte, qui se déroulera du 6 au 8 avril, s'articulera autour de deux axes principaux: renforcer les relations bilatérales en les transformant en un partenariat stratégique et consolider le plan de reconstruction de Gaza. (AFP)
La visite du président français Emmanuel Macron en Égypte, qui se déroulera du 6 au 8 avril, s'articulera autour de deux axes principaux: renforcer les relations bilatérales en les transformant en un partenariat stratégique et consolider le plan de reconstruction de Gaza. (AFP)
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  • Le président français rencontrera des acteurs humanitaires français et internationaux, ainsi que des représentants des Nations unies et des acteurs sanitaires
  • Un protocole d’accord sanitaire sera signé «pour renforcer le soutien français au système de santé égyptien et contribuer à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza»

PARIS: La visite du président français Emmanuel Macron en Égypte, qui se déroulera du 6 au 8 avril, s'articulera autour de deux axes principaux: renforcer les relations bilatérales en les transformant en un partenariat stratégique et consolider le plan de reconstruction de Gaza.

Le lundi matin, selon le palais de l’Élysée, la visite débutera par un entretien en tête-à-tête entre le président français et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, suivi d’une réunion élargie avec plusieurs membres des gouvernements des deux pays.

La délégation française comprendra notamment le ministre des Armées, Sébastien Le Cornu, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le ministre des Transports, Philippe Soro, et la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin.

Les discussions porteront sur l’ensemble des crises au Moyen-Orient, y compris celles en Libye, au Soudan, au Liban, en Syrie et en Iran.

Cependant les discussions se concentreront sur la situation à Gaza, avec un accent particulier sur le plan de reconstruction récemment adopté par la Ligue arabe, en partenariat avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI). 

La deuxième journée de la visite, indique l’Élysée, se déroulera à Al-Arich (au nord du Sinaï) et sera dédiée à la gestion de la crise à Gaza, marquée récemment par une détérioration dramatique de la situation humanitaire. 

Le président français rencontrera des acteurs humanitaires français et internationaux, ainsi que des représentants des Nations unies et des acteurs sanitaires présents sur place. 

Un protocole d’accord sanitaire sera signé «pour renforcer le soutien français au système de santé égyptien et contribuer à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza» indique l’Élysée, ajoutant que «malgré les difficultés d’accès, la France reste déterminée à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza».

Outre les préoccupations humanitaires, la question de la sécurité à Gaza sera un point central des discussions. Le président échangera avec le contingent français déployé dans le cadre de la mission européenne EUBAM, chargée de sécuriser le point de passage de Rafah et de soutenir le retour de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza, «élément clé pour un avenir stable et sécurisé» selon le palais présidentiel.

La visite constitue également une occasion pour réaffirmer le soutien français au plan de reconstruction de Gaza, porté par la Ligue arabe en partenariat avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI). 

La France souligne l’importance de «définir un cadre de sortie de crise solide avant même de considérer une solution politique durable fondée sur le principe de deux États».

Cette approche inclut, selon l’Élysée, «la sécurité et la gouvernance de Gaza, ainsi que la nécessité d’une coordination avec les partenaires internationaux, dont les États-Unis et les acteurs arabes».

Le président français et son homologue égyptien «entretiennent des échanges réguliers sur ces questions, témoignant de la proximité et de l’intensité de leurs relations bilatérales», souligne l’Élysée.

Cependant leur volonté de conjuguer les efforts, pour une sortie de crise et un plan de reconstruction, reste pour l’instant compromise par la position des États-Unis, qui plaident pour une éviction des Gazaouis de leur territoire et celle d’Israël qui tente dans l’immédiat d’élargir sa mainmise sur une partie de l’enclave.

Interrogé au sujet d’une éventuelle reconnaissance de la Palestine, au cours de cette visite, l’Élysée a esquivé la question, indiquant que Macron «n’exclut pas, à terme, la reconnaissance de l’État palestinien, considérée comme une étape potentielle vers la résolution du conflit.»

Mais cette démarche «pourrait intervenir à un moment opportun, notamment en amont de la conférence de juin organisée sous l’égide des Nations unies, avec le soutien de l’Arabie saoudite».

Cette reconnaissance, ajoute l’Élysée en coordination avec les partenaires arabes et européens, «vise à contribuer à une sortie de crise et à répondre aux aspirations des peuples palestinien et israélien» et la conférence de juin prochain «portera sur des questions politiques clés», en s’appuyant sur les résolutions du Conseil de sécurité et les paramètres internationaux.

La visite du président français sera également l’occasion d’aborder des questions stratégiques, notamment en mer Rouge où le contexte sécuritaire reste tendu.

Le passage du porte-avions Charles de Gaulle dans le canal de Suez souligne l’engagement de la France en faveur de la sécurité maritime dans cette région stratégique.

Le renforcement de la coopération militaire franco-égyptienne se concrétise également par la livraison de nouveaux Rafales, dans le cadre d’un contrat signé précédemment. 

«Ces livraisons coïncideront avec la visite du président français, qui sera accompagnée d’un volet défense renforcé au sein de la délégation officielle», affirme l’Élysée.

Au-delà des enjeux sécuritaires et humanitaires, la visite du président français inclut également un volet culturel majeur. Le lancement de la nouvelle Université française d’Égypte et la signature de plus d’une dizaine d’accords universitaires illustrent l’ambition de renforcer les liens éducatifs et culturels entre les deux pays.

 


Droits de douane: la France en appelle au patriotisme des entreprises

Face aux droits de douane massifs annoncés par les Etats-Unis et les risques pour l'emploi en France, le ministre de l'Economie a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de "patriotisme", leur promettant un "accompagnement" pour affronter d'éventuelles turbulences économiques. (AFP)
Face aux droits de douane massifs annoncés par les Etats-Unis et les risques pour l'emploi en France, le ministre de l'Economie a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de "patriotisme", leur promettant un "accompagnement" pour affronter d'éventuelles turbulences économiques. (AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis, et de 20% pour celles arrivant de l'Union européenne
  • "Nous faisons appel au patriotisme", a déclaré M. Lombard. "Il est clair que si une grande entreprise française acceptait d'ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains" dans les discussions

PARIS: Face aux droits de douane massifs annoncés par les Etats-Unis et les risques pour l'emploi en France, le ministre de l'Economie a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de "patriotisme", leur promettant un "accompagnement" pour affronter d'éventuelles turbulences économiques.

Les déclarations d'Eric Lombard sur BFMTV/RMC interviennent au lendemain de celles du président Emmanuel Macron appelant à suspendre les investissements outre-Atlantique, dans le cadre d'une riposte européenne qu'il souhaite "proportionnée" afin de laisser sa chance à la négociation avec les Américains.

"Nous faisons appel au patriotisme", a déclaré M. Lombard. "Il est clair que si une grande entreprise française acceptait d'ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains" dans les discussions.

Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis, et de 20% pour celles arrivant de l'Union européenne, faisant dégringoler les marchés financiers et suscitant des représailles chinoises.

Emplois menacés 

Les entreprises françaises sont bien implantées aux Etats-Unis, où la France était le troisième investisseur européen et le cinquième investisseur étranger en 2023.

"La première inquiétude, (..) celle qui doit nous alerter, c'est pour les producteurs français, pour les entreprises qui produisent et exportent aux Etats-Unis", a déclaré le Premier ministre François Bayrou, avertissant que des "dizaines de milliers d'emplois (étaient) menacés" dans le domaine agricole, viticole et des spiritueux.

Pour Eric Lombard, la riposte européenne doit être "proportionnée" et "nous conduire à la table de négociation", laquelle se fait "d'égal à égal", l'économie européenne étant une "des plus puissantes du monde" avec un marché intérieur de 450 millions de consommateurs.

"Nous avons tout à fait les moyens de négocier (...) pour obtenir un désarmement (des mesures annoncées, NDLR) le plus rapidement possible. Le dialogue se poursuit en permanence", a-t-il ajouté.

Il a averti qu'une riposte pourrait aller "au-delà des droits de douane", évoquant normes, échange de données ou outils fiscaux, afin de ne pas "désorganiser l'échelle de valeur en Europe".

"La riposte peut être très vigoureuse et il ne faut pas qu'on riposte exactement avec les mêmes armes parce que si on fait comme les Etats-Unis (...), on va avoir aussi un effet négatif en Europe", avec inflation et baisse de la croissance, a-t-il souligné.

Alors que se prépare le budget pour 2026 dans un contexte très contraint pour les finances publiques, le gouvernement redoute aussi un nouveau coup de frein à la croissance, déjà pénalisée par les fortes incertitudes internationales.

En cas d'accord négocié, "on peut encore avoir une année (...) de croissance, certes modérée mais positive", a estimé Eric Lombard. En cas d'escalade de la guerre commerciale, "on sera (...) dans une autre situation, beaucoup plus difficile".

Déficit malmené?

La Banque de France a déjà abaissé de 0,2 point à 0,7% sa prévision de croissance pour 2025 et le gouvernement pourrait prochainement suivre le mouvement, possiblement le 15 avril lors d'une conférence sur les finances publiques.

Une détérioration de l'économie entraînerait aussi le risque pour la France de manquer son objectif de ramener le déficit public à 5,4% du produit intérieur brut en 2025, contre 5,8% en 2024, a laissé entendre le ministre.

Et il a exclu un "coup de rabot supplémentaire (sur) la dépense publique" après un effort budgétaire d'une cinquantaine de milliards d'euros cette année.

L'objectif de réduction du déficit est toutefois maintenu, a ensuite précisé son ministère.

Pour prémunir les entreprises exportatrices face au "risque réel" de perturbation économique, Eric Lombard leur a promis un "accompagnement" par le ministère, avec notamment des échanges réguliers, à l'instar de la réunion jeudi à l'Elysée avec les filières les plus exposées, comme l'aéronautique, la viticulture ou les cosmétiques.

La banque publique d'investissement Bpifrance est mobilisée. "Mais je demande aussi à l'ensemble des réseaux bancaires d'être très attentifs dans le suivi de ces entreprises, dans ce moment où notre économie peut être en fragilité", a-t-il expliqué.

Le groupe bancaire BPCE et ses réseaux Banque Populaire, Caisse d'Epargne et Natixis se sont dits "particulièrement attentifs à accompagner" les entreprises clientes.

 


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".