Liban: Un érudit chiite attaque le Hezbollah et dénonce la politique du parti

Le 17 octobre 2019, des manifestations massives ont secoué le Liban dans un mouvement sans précédent contre les défaillances du gouvernement. (Photo, AFP)
Le 17 octobre 2019, des manifestations massives ont secoué le Liban dans un mouvement sans précédent contre les défaillances du gouvernement. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 17 janvier 2022

Liban: Un érudit chiite attaque le Hezbollah et dénonce la politique du parti

  • Les chiites forment 60% de la région de Baalbek-Hermel
  • L'état d'esprit clanique domine dans la région, régi par la logique de la dignité qui refuse qu'on lui dicte ce qu'il faut et ne pas faire

BEYROUTH : Un érudit chiite libanais a dénoncé le Hezbollah, ainsi que son chef Hassan Nasrallah et son adjoint, le Cheikh Naim Qassem, dans un sermon publié sur sa page Facebook et partagé sur les réseaux sociaux.
Le Cheikh Abdel Salam Dandach, de la région de Baalbek-Hermel, a révélé dans la vidéo que «Notre résistance est différente de la leur (celle du Hezbollah). Nous ne sommes pas les leaders de ce pays et nous ne sommes pas de nouveaux partis venus au Liban. Nos parents et nos ancêtres sont profondément enracinés dans cette terre».
Le parti fait référence à  la «résistance» au Liban.
Il s'est ainsi adressé à Nasrallah : «Vous faites la résistance en usant de tromperie. Vous vivez de cette résistance, basée sur votre amour du dollar américain, alors que notre résistance vient de la faim et de la pauvreté. Vous résistez par excès et ingratitude. Nous résistons à vos mensonges. Nous résistons à la maladie et à l'ignorance que vous avez causées dans la région. Nous résistons à la destruction et aux ravages que vous avez créés».
Depuis le début de la crise économique et sociale qui frappe le Liban, de nombreux membres de la communauté chiite de Baalbek-Hermel se plaignent de l'insécurité endémique à laquelle la région est confrontée à cause de l'émergence d'un pouvoir de facto qui contrôle la vie des gens avec ses armes et permet la formation de gangs impliqués dans la contrebande, l'enlèvement et l'extorsion.
Un activiste de la région, qui n'a pas révélé son identité, a déclaré à Arab News que «la région de Baalbek-Hermel n'a pas de patron. Le gouvernement l'a négligé pendant des années et le Hezbollah essaie de l'éviter, tournant le dos aux crises sociales et économiques compliquées».
Les chiites de Baalbek-Hermel constituent 60 % de la population, tandis que les sunnites et les chrétiens représentent 20 % chacun.
Moins de 30 % des chiites appartiennent à des partis politiques, principalement le mouvement Amal et le Hezbollah, tandis que le reste appartient à un clan.
Le 17 octobre 2019, des manifestations massives ont secoué le Liban dans un mouvement sans précédent contre les défaillances du gouvernement, les mauvaises conditions de vie, la corruption endémique, le manque de services de base, un régime sectaire écrasant et l'implosion de l'économie.
L'un des activistes du 17 octobre a souligné que «le Cheikh Dandach n'est pas la première voix d'opposition à s'élever dans la région contre le Hezbollah. Les gens se taisaient auparavant parce que la situation économique était acceptable. Mais quand tout s'est effondré, il n'y a plus eu de réserves, la douleur est devenue plus grande et la voix plus forte.
«L'état d'esprit dominant dans la région est un état d'esprit clanique régi par la logique de la dignité qui refuse d'être dicté sur ce qu'il faut faire et ne pas faire».
L'activiste a ajouté que les habitants de Baalbek-Hermel ont établi des comparaisons entre la situation dans leurs zones négligées et dans les zones prospères du sud du Liban.
«Ils ont le sentiment que le sud reçoit une plus grande attention de la part du Hezbollah et bénéficie de nombreux avantages et projets économiques qui ne sont pas fournis à la région de Baalbek-Hermel. Ils désignent le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et le président du Parlement Nabih Berri comme le «Duo du Sud».
Selon un militant politique de la région, Dandach tirait son pouvoir de sa famille à Hermel, la plus grande ville du gouvernorat de Baalbek-Hermel. «Cette famille est liée aux personnes impliquées dans les meurtres et la contrebande. Donc, le Hezbollah ne prête peut-être pas attention à ce que dit Dandach».
Mais cela ne signifie pas que les paroles de Dandach ne nuiront pas au Hezbollah et permettront à d'autres voix de s'élever, notamment celles des opposants actifs dans la révolution, a-t-il ajouté, exigeant que tous ceux qui sont au pouvoir, en particulier le Hezbollah, changent leurs principaux partenaires décisionnels dans le pays.
«Les propos de Dandach reflètent une situation de grand malaise au sein de la communauté chiite de la région, qui pourrait se répercuter dans les prochaines élections législatives, mais le problème réside dans la contre-attaque à l’encontre du Hezbollah, qui peut être dans l'intérêt du parti lui-même».
«Qualifier le Hezbollah de force d'occupation iranienne est une expression inconfortable dans la région et peut inciter les gens à revenir vers le Hezbollah».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com