La Banque centrale du Liban cherche à renforcer sa monnaie après la forte chute qu’elle a subie

Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salameh. (Reuters)
Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salameh. (Reuters)
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Publié le Samedi 15 janvier 2022

La Banque centrale du Liban cherche à renforcer sa monnaie après la forte chute qu’elle a subie

  • La livre libanaise a atteint un seuil record de dépréciation, à 33 000 pour un dollar. La situation s’est légèrement améliorée vendredi. La livre s’échange désormais à 27 200 contre un dollar
  • «Cette initiative vise à renforcer la valeur de la livre par rapport au dollar», a déclaré le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salameh, à Reuters.

BEYROUTH: La Banque centrale du Liban a déclaré vendredi qu'elle visait à renforcer la valeur de la livre libanaise en allégeant les restrictions sur les achats de dollars après que la monnaie a atteint le taux le plus bas, suscitant de nouvelles manifestations contre la hausse des prix et l'effondrement de l'économie.

La livre, qui a perdu plus de 90% de sa valeur depuis le début de la crise financière au Liban en 2019, a atteint un seuil record de dépréciation, à 33 000 pour un dollar. La situation s’est légèrement améliorée vendredi. La livre s’échange désormais à 27 200 contre un dollar.

Avant la crise, qui a plongé une grande partie de la population dans la pauvreté, elle s'échangeait à 1 500 pour un dollar.

En réponse à la forte dépréciation de la livre, la Banque centrale a déclaré qu'elle supprimait leplafond lié aux achats bancaires de dollars en utilisant la plate-forme officielle de taux de change Sayrafa.

«Cette initiative vise à freiner la volatilité du marché des changes et à renforcer la valeur de la livre par rapport au dollar», a déclaré le gouverneur de la Banque centrale Riad, Salameh, à Reuters.

«[...] L'opération consiste à diminuer la quantité des billets de banque en livres libanaises.»

Salameh a également déclaré qu'il y avait eu «des signes de manipulation des prix du dollar par rapport à la livre», sans donner de détails.

Un analyste a décrit la décision de la Banque centrale comme s'il s'agissait de prendre «un cachet de Panadol pour traiter une crise majeure», affirmant que le gouvernement avait besoin d'un programme de réformes pour s'attaquer aux graves problèmes économiques.

Les banques commerciales ont pratiquement fermé leurs portes aux déposants dans un contexte de pénurie de liquidités causée par l'effondrement de l'économie sous une montagne de dettes de l'État.

Le nouveau cabinet formé en septembre a promis de commencer à redresser l'économie et àrelancer les pourparlers avec le Fonds monétaire international. Cependant, les ministres ne se sont pas réunis depuis trois mois en raison d'un conflit relatif à l’enquête sur l’énorme explosion au port de Beyrouth en 2020.

Salameh fait l’objet de multiples enquêtes nationales et internationales sur sa conduite à la tête de la Banque centrale, qu'il dirige depuis trois décennies. Cependant, Salameh rejette toutemalversation.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite conclut 49 accords d'investissement d’une valeur de 925 millions de dollars au deuxième trimestre

La production industrielle du Royaume s’est accrue de 24% en glissement annuel en mai 2022, ce qui témoigne d’une fort reprise des entreprises et de l’appétit des investisseurs à la suite de la pandémie. (Photo fournie)
La production industrielle du Royaume s’est accrue de 24% en glissement annuel en mai 2022, ce qui témoigne d’une fort reprise des entreprises et de l’appétit des investisseurs à la suite de la pandémie. (Photo fournie)
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  • Parmi les principaux accords conclus au deuxième trimestre figure un contrat de 133,3 millions de dollars entre l’Autorité portuaire saoudienne et DP World pour la construction d’un parc logistique
  • En mars, avril et mai 2022 ont été enregistrés les chiffres les plus élevés de l’Indice de production industrielle sur tous les trimestres des trois dernières années

RIYAD: L’Arabie saoudite a conclu 49 accords d’investissement d’une valeur de 925 millions de dollars (1 dollar = 0,98 euro) au deuxième trimestre, d’après un rapport officiel réalisé par le ministère de l’Investissement.

Dans un communiqué, le ministère de l’Investissement révèle que ces investissements, répartis dans divers secteurs tels que la fabrication de pointe, la construction et l’immobilier, les technologies de l’information et de la communication, le tourisme, les loisirs et le sport, permettront de créer plus de 2000 emplois dans l’économie saoudienne.

Parmi les principaux accords conclus au deuxième trimestre figure un contrat de 133,3 millions de dollars entre l’Autorité portuaire saoudienne et DP World pour la construction d’un parc logistique dans le port islamique de Djeddah.

Par ailleurs, Mastercard, le géant mondial de la finance, a effectué une levée de fonds au profit de la société saoudienne de commerce électronique HyperPay, récoltant 37 millions de dollars afin de développer l’écosystème de paiement numérique du Royaume.

D’autres investissements ont été réalisés, notamment un accord stratégique avec le géant pharmaceutique Novartis pour renforcer les capacités biopharmaceutiques de l’Arabie saoudite, un investissement de 50 millions de dollars par la filiale d’Aramco, Wa’ed Ventures, dans la fintech saoudienne Wahed, et un accord avec Ma’aden pour construire la plus grande usine à vapeur à énergie solaire du monde, qui sera utilisée pour raffiner la bauxite en alumine.

Selon le rapport intitulé Q2 2022 Investment Highlights, le secteur non pétrolier d’Arabie saoudite a connu une croissance de 5,4% en glissement annuel au deuxième trimestre.

Il indique que le PIB réel a également bondi de 11,8% au deuxième trimestre par rapport à la même période de l’année précédente.

De même, il précise que la production industrielle du Royaume s’est accrue de 24% en glissement annuel en mai 2022, ce qui témoigne d’une forte reprise des entreprises et de l’appétit des investisseurs à la suite de la pandémie.

En mars, avril et mai 2022 ont été enregistrés les chiffres les plus élevés de l’Indice de production industrielle sur tous les trimestres des trois dernières années, note le rapport.

En outre, le Royaume a connu une augmentation de 16,6% des transactions au point de vente au deuxième trimestre par rapport à la même période de l’année précédente.

«La Stratégie nationale d’investissement est un catalyseur qui nous permettra de réaliser les objectifs nationaux de la Vision 2030, qui consistent à faire en sorte que le secteur privé contribue à 65% du PIB et à porter les investissements directs étrangers à 5,7% du PIB», explique le ministre de l’Investissement, Khaled al-Faleh.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite vise 3 300 milliards de dollars en investissements cumulés d’ici à 2030

(Photo fournie)
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  • Au cours de l’entretien, le ministre adjoint révèle que le flux d’IDE au premier trimestre de 2022 a augmenté de 10%
  • Il précise que la compagnie aérienne phare du Royaume, Saudia, ajoutera quatre-vingt-quatorze nouvelles destinations pour attirer les visiteurs vers le Royaume d’ici à 2030

RIYAD: L’Arabie saoudite a adopté plus de six cents réformes économiques depuis le lancement de l’initiative Vision 2030 dans le but d’attirer 12 400 milliards de riyals saoudiens (SAR) en investissements cumulés (soit 3 300 milliards de dollars; 1 dollar = 0,98 euro) et 1 800 milliards de SAR en investissements directs étrangers entre 2021 et 2030, dans le cadre de la Stratégie nationale d’investissement, déclare un ministre adjoint qui travaille au ministère de l’Investissement.
S’adressant à Arab News, Saad al-Shahrani, ministre adjoint par intérim de la promotion des investissements au sein du ministère saoudien de l’Investissement, affirme que le Royaume a réalisé une augmentation de 18% des investissements directs étrangers en 2020, alors que les IDE (investissements directs étrangers, NDLR) mondiaux avaient diminué de 35% en raison de la pandémie.
Le flux d’IDE a augmenté de 257% en 2021 par rapport à 2020, en grande partie grâce à un accord d’infrastructure d’une valeur de 46,5 milliards de SAR conclu par Aramco avec un consortium d’investisseurs mondiaux au deuxième trimestre de 2021.
Si l’on fait abstraction de cet énorme accord d’Aramco, le Royaume a attiré 5,3 milliards de SAR au deuxième trimestre de l’année dernière.
M. Al-Shahrani ajoute que la Stratégie nationale d’investissement, lancée en 2021, a pour objectif de transformer le Royaume en un centre mondial pour les entreprises et les talents.

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Saad al-Shahrani.

Au cours de l’entretien, le ministre adjoint révèle que le flux d’IDE au premier trimestre de 2022 avait augmenté de 10% pour atteindre 7,4 milliards de SAR par rapport à la même période l’année dernière.
Il soutient en outre que la Stratégie nationale d’investissement avait aidé le ministère saoudien de l’Investissement à conclure quarante-neuf accords d’investissement d’une valeur de 3,5 milliards de SAR au deuxième trimestre de 2022, créant deux mille emplois dans l’ensemble des secteurs.
«Ces chiffres témoignent de la bonne exécution de la stratégie du gouvernement et de l’incidence des nouvelles réformes, des initiatives et des possibilités d’investissement», se félicite le ministre adjoint.
Il poursuit en ces termes: «Le Royaume a réalisé des progrès remarquables au niveau de nombreux indicateurs économiques et d’investissement; il arrive en troisième position en termes de facilité de protection des investisseurs minoritaires sur cent trente-deux pays pour l’année 2021.»
Croissance la plus rapide parmi les pays du G20
En outre, le ministre adjoint note que le Royaume a atteint la première place parmi vingt-deux pays au niveau de l’indice mondial de confiance des consommateurs d’Ipsos de mai 2022.
Citant les perspectives de l’économie mondiale du Fonds monétaire international (FMI) pour 2022, M. Al-Shahrani souligne que le Royaume est désormais la nation qui possède la croissance la plus rapide parmi les pays du G20, avec un taux de 7,6%.
«La transformation réglementaire de l’Arabie saoudite a des répercussions directes sur l’économie de base. Parallèlement à une demande saine et à l’intérêt des investisseurs pour le secteur pétrolier, notre économie non pétrolière affiche une forte croissance», souligne-t-il.
Le ministre adjoint déclare que les estimations rapides de la croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre montrent une croissance de 11,8% en glissement annuel – le taux le plus élevé depuis 2011 –, soutenue par la croissance du PIB réel des activités pétrolières et non pétrolières, respectivement de 23,1% et 5,4%.
Hausse de la production industrielle
Commentant la hausse de l’indice de la production industrielle (IPI), M. Al-Shahrani précise: «L’IPI a augmenté de 24% sur un an en mai 2022 et la fabrication a augmenté de plus de 28%. Ces chiffres sont une conséquence directe des efforts actifs de diversification du gouvernement.»
Il affirme également que le Royaume deviendra l’une des économies les plus compétitives du monde et une destination d’investissement attrayante d’ici à 2030.
Le ministre adjoint note par ailleurs que les transactions numériques ont augmenté en Arabie saoudite, conformément à l’objectif du gouvernement de rendre numériques 70% des transactions d’ici à 2025.
«Les décideurs politiques ont écouté les besoins des investisseurs et ils ont répondu de manière appropriée pour créer un écosystème d’investissement qui rivalise avec les meilleurs du monde», poursuit-il.
Le tourisme, l’avenir de l’Arabie saoudite
Le ministre adjoint précise également que le tourisme deviendra bientôt l’un des principaux moteurs de l’économie saoudienne à mesure que l’effort de diversification économique se poursuivra.
Il révèle que le Royaume a déjà fourni plus de 3 500 permis d’investissement touristique, un pas crucial pour que le tourisme atteigne 10% du PIB national d’ici à 2030.
M. Al-Shahrani ajoute que le Royaume accueillera plus de cent millions de touristes d’ici à 2030 et qu’il générera un million d’emplois dans le secteur.
«Neom, le Red Sea Project, AlUla, Soudah, Amaala et Diriyah Gate sont des possibilités énormes pour les investisseurs», renchérit-il.
Le ministre adjoint précise que la compagnie aérienne phare du Royaume, Saudia, ajoutera quatre-vingt-quatorze nouvelles destinations afin d’attirer les visiteurs vers le Royaume d’ici à 2030.
En plus du tourisme, le ministère saoudien de l’Investissement a également signé des accords avec des entreprises des secteurs des énergies renouvelables, de la logistique et de la pharmacie, indique le ministre adjoint.
«Il est clair que les vents contraires qui attisent l’appétit des investisseurs mondiaux ne soufflent pas en direction de l’Arabie saoudite. La stratégie gouvernementale, un leadership inspiré, des talents à tous les niveaux, des réformes bien exécutées ainsi qu’une vision claire de l’avenir font du Royaume une puissance d’investissement», conclut M. Al-Shahrani.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le contexte d'investissement des pays du CCG doit être sécurisé, selon un nouveau rapport

Les pays du Conseil de coopération du Golfe ont jusqu'à présent adopté des politiques floues visant à attirer tous les types d'investissements possibles dans pratiquement tous les secteurs ; le rapport indique que ces politiques ont échoué. (Reuters)
Les pays du Conseil de coopération du Golfe ont jusqu'à présent adopté des politiques floues visant à attirer tous les types d'investissements possibles dans pratiquement tous les secteurs ; le rapport indique que ces politiques ont échoué. (Reuters)
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  • Pour attirer les IDE, il convient de cibler les industries de pointe qui reposent sur des technologies émergentes
  • Les pays du CCG ont jusqu'à présent adopté des politiques floues qui visaient à attirer tous les types d'investissements possibles dans l’ensemble des secteurs, ou presque

LE CAIRE: Les investissements étrangers directs (IDE) dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont freinés par de nombreux facteurs: les risques politiques réels et perçus, le peu d'intérêt manifesté à l'égard des industries non pétrolières, des politiques réglementaires laxistes ainsi qu'un contexte commercial restrictif. C'est ce qui ressort d'une étude menée récemment par Oliver Wyman.
Selon le rapport De-risking the Investment Landscape: High-impact FDI Policies for the GCC («Atténuer les risques liés aux investissements: des politiques efficaces en matière d'IDE pour le CCG»), récemment publié par Oliver Wyman, les pays de la région ont intérêt à privilégier les réglementations et les politiques qui permettent de désamorcer les risques liés aux investissements.
Cette stratégie permettrait à ces pays de faire venir de nouveaux IDE, estime le rapport. «Pour attirer les IDE, il faudrait sans doute cibler les industries de pointe qui reposent sur des technologies émergentes, génèrent une forte croissance et ne sont perturbées que par un nombre limité de concurrents», indique le document.
Les pays du CCG ont jusqu'à présent adopté des politiques floues qui visaient à attirer tous les types d'investissements possibles dans l’ensemble des secteurs, ou presque. Le rapport indique que ces politiques ont échoué.
La plupart des pays du Golfe ont été proactifs dans l'élaboration d'initiatives qui ont pour objectif de stimuler les IDE. Cependant, peu d'entre eux ont réussi à attirer des investissements étrangers dans la région.
«Par le passé, les investissements directs étrangers (IDE) dans les économies du CCG ont fluctué en fonction des prix des matières premières», explique le rapport de Wyman. «Cependant, ce type d'investissement n'est pas parvenu à s'imposer comme un levier cohérent qui favorise la création d'opportunités économiques dans les secteurs non pétroliers.»