Une actrice turque qui a «insulté» un soldat accusé de viol risque la prison

L’actrice turque Ezgi Mola, le 26 juillet 2016 (Wikimedia Commons)
L’actrice turque Ezgi Mola, le 26 juillet 2016 (Wikimedia Commons)
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Publié le Vendredi 04 juin 2021

Une actrice turque qui a «insulté» un soldat accusé de viol risque la prison

L’actrice turque Ezgi Mola, le 26 juillet 2016 (Wikimedia Commons)
  • L’homme qu’Ezgi Mola est accusée d’avoir insulté est actuellement jugé pour avoir causé la mort d’Ipek Er, 18 ans
  • Ipek Er a tenté de se suicider le 16 juillet 2020 et est éventuellement décédée à l’hôpital, laissant une lettre dans laquelle elle affirme que Musa Orhan l’a violée

ISTANBUL : La célèbre actrice turque Ezgi Mola a été informée mercredi d’une procédure judiciaire entamée contre elle, conséquence d’un tweet publié l’année dernière où elle aurait « insulté » le sergent Musa Orhan. Si elle est reconnue coupable, elle risque une peine de prison de deux ans et quatre mois.

L’homme qu’Ezgi Mola est accusée d’avoir insulté subit lui-même actuellement un procès pour avoir causé la mort d’Ipek Er, 18 ans, dans la province de Batman, dans le sud-est. La jeune femme, qui a effectué une tentative de suicide le 16 juillet 2020, succombera plus tard à ses blessures plus tard à l’hôpital. Dans lettre qu’elle laisse derrière elle, elle affirme que Musa Orhan l’a violée avant de lui dire: « Dénonce-moi partout! Je m’en sortirai ».

Aylin Nazliaka, présidente de la section féminine du principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du peuple(PRP), affirme que la victime a été retenue contre son gré pendant vingt jours.

M. Orhan a été brièvement arrêté en août 2020 et relâché une semaine plus tard dans l’attente de son procès, malgré l’indignation du public et une campagne nationale sur les réseaux sociaux. L’affaire a ensuite été classée confidentielle, et un journaliste qui va divulguer le dossier fera d’ailleurs l’objet de poursuites pénales.

Lors de la troisième audience de son procès mercredi, M. Orhan a nié toutes les accusations et a imputé la responsabilité de la mort de la victime sur son père. « Le devoir d’un père est de protéger sa fille, de lui apprendre, de ne pas la vendre, de ne pas pousser sa fille au suicide ».

Dans son tweet, publié peu de temps après la libération de M. Orhan en août, Ezgi Mola écrivait : « J’espère que celui qui a libéré cet e*****é de violeur se noiera dans sa propre conscience. Maintenant vous nous avez tout enlevé — la loi, les prières, les souhaits, les désirs, l’espoir !! Que puis-je dire ! Honte à vous ! #ArrêtezMusaOrhan ». 

L’actrice est accusée d’avoir insulté M. Orhan dans une publication. L’acte d’accusation de Mme Mola a été accepté par le 31e tribunal pénal de première instance d’Ankara.

Le hashtag « Tu n’es pas seule » est apparu dans les tendances sur Twitter. Plusieurs célébrités et musiciens, ainsi que le maire métropolitain d’Izmir, ont offert leur soutien à Mme Mola.

« Elle a appelé un e*****é de violeur un e*****é de violeur. Où est le problème ? Musa Orhan est également un TUEUR qui a causé la mort d’une femme qu’il a violée et il est LIBRE. Personne ne peut garantir qu’il n’ôtera pas à nouveau la vie d’une autre femme ! » a tweeté une autre célèbre actrice turque, Hazal Kaya.

« Cela fait du bien de sentir que je ne suis pas seule, mes très chers. Je tiens à vous remercier tous très sincèrement. Je vous aime et je sais que l’amour nous sauvera », a déclaré Ezgi Mola sur les réseaux sociaux.

L’avocat de Musa Orhan a déposé une plainte pénale contre seize célébrités en Turquie qui ont exprimé leur soutien à Mme Mola.

L’année dernière, Feleknas Uca, députée de Diyarbakir, a demandé au ministre de la Justice d’ouvrir une enquête parlementaire sur la libération de M. Orhan et la mort d’Ipek Er. Cependant, le ministère a rejeté la demande, la qualifiant de « blessante ».

Selon le ministre de l’Intérieur, Suleyman Soylu, les partisans du Parti démocratique des peuples (HDP) et du Parti des travailleurs du Kurdistan tentent d’accroître la notoriété de l’affaire Orhan afin de détourner l’attention de scandales similaires au sein de ces partis, sans pour autant offrir d’exemples.

Incidemment, le 2 juin, le bureau du procureur d’Istanbul s’est prononcé en faveur d’un non-lieu dans l’affaire d’un homme qui a ouvertement insulté la mère de l’ex-dirigeant emprisonné du parti pro-kurde HDP, Selahattin Demirtas, dans une vidéo récemment publiée sur les réseaux sociaux.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.


Dans le sud du Liban, Israël accusé d'incendier terres agricoles et forêts

Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
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  • En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi
  • La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée

BEYROUTH: Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays.

Depuis la limite de la zone occupée par Israël dans le sud du pays, Haïdar Qoteich a vu les champs et les vergers de son village de Houla, tenu par l'armée israélienne et situé à cinq kilomètres de là, disparaître dans les flammes.

"Ils ont tout brûlé (..) les champs du village sont tout noirs", affirme à l'AFP ce père de quatre enfants, âgé de 36 ans, joint par téléphone.

Selon les autorités libanaises, plus de 16.000 hectares ont été brûlés depuis le début des hostilités entre le mouvement pro-iranien Hezbollah et Israël en octobre 2023, marquées par un cessez-le-feu en novembre 2024 avant une reprise des affrontements début mars, et une accalmie relative ces dernières semaines.

En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi.

La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée.

Incendies "systématiques" 

Les feux résultent de frappes israéliennes, de "bombes explosives et de drones", indique à l'AFP Hussein Fakih, directeur de la Défense civile à Nabatiyé, la capitale du gouvernorat. Il fait aussi état de "bombes au phosphore et bombes à sous-munitions pour déclencher" les incendies.

Ses équipes, qui n'ont pas accès aux zones occupées, ont recensé en juillet et en août des incendies à la lisière de ces secteurs.

Des responsables libanais, des ONG et des habitants dénoncent une "politique de la terre brûlée" pratiquée par Israël qui cherche à éloigner les combattants du Hezbollah de la frontière.

Contactée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir "conscience de l’impact environnemental potentiel de ses activités dans la région" et assure prendre "des mesures de précaution pour réduire les dommages causés aux civils et à l’environnement".

Aux confins du village de Kfar Chouba, jouxtant la zone occupée, un incendie s'est déclaré le 5 août "à la suite de tirs des forces israéliennes", rapporte le maire, Kassim Al-Kadri. Le feu a ravagé une zone forestière d’environ 2 km².

Il a fallu, selon le maire, deux jours pour le maîtriser avec des moyens rudimentaires, la défense civile n'ayant obtenu que le lendemain une autorisation d'accès de la part d'Israël. "Le feu avait tout ravagé", déplore-t-il.

Au siège du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), à Beyrouth, des images satellitaires projetées sur écran géant montrent des vergers et forêts avant et après leur disparition depuis 2023, sous l’effet des incendies et du défrichement, y compris l'arrachement d'oliviers centenaires.

Des photos de Khiam, bourgade occupée, montrent ainsi des étendues verdoyantes avant 2024 transformées en terres arides.

Le CNRS a recensé la destruction par le feu d'environ 8.500 hectares au cours de la guerre précédente (octobre 2023-novembre 2024) et de 7.500 hectares au cours de la dernière.

Le secrétaire général du CNRS, Chadi Abdallah, accuse Israël "d'incendier de manière systématique" ces zones.

"Ecocide" 

"Cela montre qu’ils cherchent à créer un espace dépourvu d’habitations, de constructions et de toute forme de vie" pour empêcher tout retour des habitants, affirme-t-il, en parlant de la majorité des personnes résidant dans les villages frontaliers qui ont dû fuir les bombardements israéliens.

Il souligne que 350 hectares ont été incendiés entre la date de signature d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en juin et le 13 août.

L'agence de presse officielle libanaise ANI fait état régulièrement d'opérations de démolitions et explosions déclenchées par Israël dans le sud. Et le Liban a plusieurs fois dénoncé des destructions "systématiques" dans cette région.

Dans le village de Zawtar el-Charqiyé, l’armée israélienne a en outre déraciné 600 oliviers en août, selon l'ANI.

L’association "Les Verts du Sud", qui documente les dégâts environnementaux dans cette région, a accusé Israël de mettre le feu "aux maisons, forêts, bois et terrains agricoles", et notamment à une réserve naturelle située à Wadi Slouqi.

La ministre libanaise de l’Environnement, Tamara el-Zein, avait déjà dénoncé un "écocide" dans le sud, et des incendies "délibérés".

De Chaqra, où il a trouvé refuge, Haïdar Qoteich contemple les plaines incendiées de son village. "Il faut toute une vie pour reboiser un village devenu un désert", soupire-t-il.

 


Le haut-représentant du «Conseil de paix» pour Gaza met en garde contre un «point de non-retour»

Des Palestiniens observent un entrepôt d'aide alimentaire endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne qui visait une maison voisine à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 26 août 2026. (AP)
Des Palestiniens observent un entrepôt d'aide alimentaire endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne qui visait une maison voisine à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 26 août 2026. (AP)
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  • "Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace imminente, et chaque incident pour lequel le mécanisme de coordination n'a pas été sollicité, coûtent à ce processus quelque chose qu’il sera très difficile de regagner"
  • Il a également regretté que le Hamas poursuive de son côté les entorses au cessez-le-feu

NATIONS-UNIES: Le haut-représentant du "Conseil de paix" pour Gaza, Nikolaï Mladenov, a mis en garde mercredi contre un "point de non-retour" en cas d'échec du plan de paix pour le territoire palestinien, actuellement dans l'impasse.

"Gaza n'a plus les moyens de supporter une nouvelle catastrophe. Si le cessez-le-feu s'effondre et que la bande replonge dans une nouvelle escalade généralisée, il n'y aura plus de feuille de route sur laquelle revenir, plus d'administration à déployer et plus rien sur le terrain à reconstruire", a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Les Etats-Unis ont fait approuver par le Hamas fin juillet une feuille de route prévoyant son désarmement et le retrait de l'armée israélienne, qui occupe plus de 60% de la bande de Gaza.

Mais Israël a rejeté le texte, exigeant un désarmement total et vérifiable du Hamas.

La poursuite des frappes israéliennes fait peser un risque pour le cessez-le-feu, a estimé Nikolaï Mladenov.

"Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace imminente, et chaque incident pour lequel le mécanisme de coordination n'a pas été sollicité, coûtent à ce processus quelque chose qu’il sera très difficile de regagner", a-t-il dit.

Il a également regretté que le Hamas poursuive de son côté les entorses au cessez-le-feu.

"Chaque arme encore portée, chaque tunnel dont les travaux se poursuivent et chaque convoi encore entravé fait reculer le processus et fournit un argument à ceux qui veulent reprendre la guerre", a déclaré Nikolaï Mladenov.

"Et comme l'expérience l'a montré, ce sont les civils palestiniens, les femmes et les enfants, qui en subiront les conséquences", a-t-il conclu.