Safer: bombe à retardement pour le Yémen, «outil de négociation» pour les Houthis

Le FSO Safer, le pétrolier chargé de 1,1 million de barils de pétrole brut en mer Rouge au large du Yémen. (Photo, AP/Archives)
Le FSO Safer, le pétrolier chargé de 1,1 million de barils de pétrole brut en mer Rouge au large du Yémen. (Photo, AP/Archives)
Short Url
Publié le Lundi 29 mars 2021

Safer: bombe à retardement pour le Yémen, «outil de négociation» pour les Houthis

  • Les experts estiment qu'une fuite majeure pourrait gravement nuire à l’écosystème de la mer Rouge, dont dépendent environ 30 millions de personnes
  • Pour éviter une marée noire catastrophique, les responsables de l'ONU veulent que la milice soutenue par l'Iran autorise l'accès au navire en détresse

NEW YORK CITY: C'est le risque d’une catastrophe imminente qui plane sur toute discussion sur la paix au Yémen, les efforts humanitaires et les préoccupations écologiques.

Le pétrolier Safer est amarré dans la mer Rouge au large des côtes du Yémen, près du terminal pétrolier de Ras Isa, depuis plus de cinq ans.

Le navire est un terminal flottant de stockage et de déchargement (FSO) qui a été utilisé comme plate-forme offshore pour les navires chargeant du pétrole brut à partir du pipeline Marib-Ras Isa.

Il appartient à la compagnie pétrolière nationale du Yémen, la société d'opérations, d'exploration et de production, mais il est tombé aux mains des Houthis en 2015, au début de la guerre civile au Yémen. Depuis, aucun travail de maintenance n'a été effectué sur le pétrolier qui se dégrade de jour en jour.

Lorsque le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan, a annoncé la dernière initiative saoudienne visant à instaurer la paix au Yémen, Arab News lui a demandé ce qui pouvait être fait pour désamorcer cette bombe à retardement.

«Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que les Houthis continuent de faire obstacle à ce que l'ONU fasse ce qu'elle doit faire pour prendre des mesures qui garantissent la protection de ce pétrolier qui représente une véritable catastrophe écologique d'une ampleur sans précédent en mer Rouge», a répondu le prince Faisal.

photo
Cette photo fournie par I.R. Consilium prise en 2019 montre le système de tuyauterie externe du FSO Safer et la défaillance du tuyau qui a conduit à un déversement. (Photo, AFP / Archives)

«C'est quelque chose d'extrêmement préoccupant. C’est très, très décourageant que les Houthis utilisent l’environnement et les moyens de subsistance de centaines, voire de milliers de pêcheurs comme outil de négociation.Et, par conséquent, nous appelons la communauté internationale à faire tout ce qui est en son pouvoir pour veiller à ce que cette situation soit résolue immédiatement, afin que ce problème ne soit pas utilisé par les Houthis comme moyen de chantage contre la communauté internationale».

La structure, l’équipement et les systèmes d’exploitation du FSO Safer se détériorent ; ce qui expose le pétrolier au risque de fuite, d’explosion ou de prendre feu.

Avec 48 millions de gallons de pétrole à bord, l'ONU prévient qu'une fuite potentielle serait quatre fois plus dangereuse que la catastrophe d'Exxon Valdez en 1989 au large des côtes de l'Alaska, considérée jusqu’à présent comme la pire marée noire du monde en termes de dommages environnementaux.

Les experts estiment qu'une fuite majeure pourrait gravement endommager l’écosystème de la mer Rouge, dont dépendent environ 30 millions de personnes, en particulier 1,6 million de Yéménites, selon l'ONU.

Un déversement dévastera sans aucun doute les pêcheries le long de la côte ouest du Yémen et détruira les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs, dont beaucoup dépendent déjà de l’aide humanitaire pour survivre. En cas d'incendie, plus de 8,4 millions de personnes pourraient être exposées à des polluants toxiques.

Le plus inquiétant de tous pour l'ONU est qu'un déversement de pétrole entraînerait la fermeture du port de Hodeidah, ce qui ferait grimper les prix de la nourriture et du carburant et provoquerait un blocage de l'aide humanitaire à des millions de Yéménites.

Cela survient à un moment où le Yémen est confronté à la pire catastrophe humanitaire causée par les humains et pousse le pays au bord de la famine.

photo
Cette image satellite du document obtenue avec l'aimable autorisation de Maxar Technologies le 19 juillet 2020 montre le panorama du pétrolier FSO Safer le 19 juin 2020 au large du port de Ras Isa. (Photo, AFP / Archives)

Un déversement potentiel pourrait également perturber les routes de navigation commerciale sur la mer Rouge, l’une des voies navigables les plus fréquentées au monde, qui représente 10% du commerce mondial. Cela pourrait également avoir un impact négatif sur les pays du littoral, notamment l'Arabie saoudite, Djibouti et l'Érythrée.

Depuis 2019, l'ONU fait pression sur les Houthis pour déployer une équipe d'experts dans le but d’évaluer l'état du pétrolier et effectuer les premières réparations. La première mission, qui a été déployée à Djibouti en août de la même année, a été annulée à la dernière minute lorsque les Houthis ont brusquement retiré leur autorisation.

Des négociations sur une autre mission sont en cours depuis lors entre l'ONU et les Houthis. Ces pourparlers sont devenus une affaire urgente en mai 2020 lorsque de l’eau de mer a été signalée dans la salle des machines du Safer.

Même s'il s'agissait d'une fuite relativement petite, il a fallu plus de cinq jours aux plongeurs pour la maitriser. L'ONU affirme qu'il n'est pas clair combien de temps la réparation durera.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU et le Conseil de sécurité ont plaidé auprès des Houthis pour permettre l'accès au pétrolier pour évaluation et réparation.

«C'est un peu comme un jeu de chat et de souris», a confié Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU, après qu'une nouvelle liste de requêtes des Houthis relatives aux «arrangements logistiques et sécuritaires» a provoqué de nouveaux retards le mois dernier.

«Nous espérons que ces discussions se termineront rapidement afin que nous puissions aller de l’avant avec la réservation des navires pour la mission».

photo
Cette image fournie par I.R. Consilium pris en 2019 montre le pont du FSO Safer, indiquant le manque d'entretien de base pendant plusieurs années, entraînant des déversements accidentels plus petits. (Photo, AFP / Archives)

«La catastrophe environnementale et humanitaire qui attend en cas de déversement d'hydrocarbures est tout à fait évitable. Nous faisons tout notre possible afin de déployer cette mission le plus tôt possible, ce qui constitue une étape importante qui nous fait éviter cette catastrophe.

Nous comprenons que de nombreux États membres, surtout les donateurs du projet, sont extrêmement préoccupés par ces nouveaux retards. Nous partageons bien entendu ces préoccupations».

Faisant référence aux demandes des Houthis, Dujarric a signalé: «Nous travaillons aussi assidûment que possible sur un terrain où parfois les règles du jeu semblent changer d’un moment à l’autre ».

«Par la grâce de Dieu, il n'y a pas eu de fuite majeure. Plus on attend, plus les chances d'une fuite importante augmentent. Le temps n’est du côté de personne. »

«La mission nous donnera l'évaluation dont nous avons besoin pour trouver une solution permanente. On a déjà deux ans de retard et cela ne peut plus être ajourné. Il ne s’agit pas simplement d’envoyer du personnel de l’ONU dans une région. Il s'agit de se procurer des équipements techniques très spécifiques et d'obtenir des personnes ayant une expérience très, très pointue qui sont capables et désireuses, d'une entreprise privée, de participer à cette première mission d'évaluation. »

photo
Cette image fournie par I.R. Consilium pris en 2019 montre la désintégration interne de l'intérieur du FSO Safer et l'absence d'un système de protection cathodique fonctionnel  (Photo, AFP / Archives)

À la question de savoir si des mesures coercitives pourraient être appropriées en vertu du chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, qui fournit un cadre permettant au Conseil de sécurité d'agir en réaction aux menaces à la paix et aux actes d'agression, ou pour empêcher l'aggravation d'une situation, Dujarric a affirmé que c’est aux États membres de décider de cette question.

La communauté internationale a clairement exprimé sa position. Lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité sur le Yémen, le 16 mars, les 15 membres sont prononcés d'une seule voix contre les obstacles sans cesse des Houthis.

«Les Houthis menacent maintenant une catastrophe irréversible retardant l’évaluation de l’ONU et la réparation initiale du pétrolier Safer. Il est temps que les Houthis cessent de mettre des obstacles », a déclaré Linda Thomas-Greenfield, l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU.

Son homologue britannique, Barbara Woodward, a souligné: «Les Houthis doivent mettre en œuvre de toute urgence les multiples appels du Conseil de sécurité leur demandant de faciliter la mission d'évaluation et de réparation de l'ONU relative au Safer».

La principale émissaire à l'ONU, l’Irlandaise Geraldine Byrne Nason, a soutenu: «Nous avons vu des explosions et des déversements d'hydrocarbures dans notre histoire récente causer d'énormes dévastations et un impact durable» - une allusion à la dévastation causée par l'explosion du port de Beyrouth en août 2020.

«Il serait tout simplement impardonnable que les Houthis permettent à cette catastrophe de se dérouler, alors qu’une aide leur est offerte ».

Pendant ce temps-là, les pourparlers de l'ONU avec les Houthis pour résoudre les arrangements «logistiques et sécuritaires» se poursuivent, selon Farhan Haq, porte-parole adjoint du chef de l'ONU.

«Nous espérons que ces discussions aboutiront bientôt à une conclusion afin que nous puissions obtenir un calendrier de déploiement ».

«Il y a également une réunion technique avec le gouvernement du Yémen pour les informer des efforts déployés  pour la mission dans les plus brefs délais».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

Le pétrolier FSO Safer, danger imminent pour la mer Rouge et le Yémen
Par Saeed Al-Batati -
Les Houthis se trompent en rejetant l’initiative saoudienne pour le Yémen
Par Hebshi AlShammari & Mohammed Al-Kinani -

Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Short Url
  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.


Amnesty appelle la Syrie à enquêter sur les massacres d'alaouites en tant que «crimes de guerre»

Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats. (AFP)
Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats. (AFP)
Short Url
  • Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires massacres depuis la prise du pouvoir en décembre par une coalition dirigée par des islamistes radicaux
  • Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, minorité dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, ont été tués

BEYROUTH: Amnesty International a appelé jeudi les autorités syriennes à veiller à ce que les auteurs des massacres d'alaouites en mars rendent des comptes et à enquêter sur ces tueries en tant que "crimes de guerre".

"Le gouvernement syrien doit veiller à ce que les responsables d’une vague de massacres visant des civils alaouites dans des zones côtières soient amenés à rendre des comptes", a affirmé l'ONG dans un communiqué.

Amnesty a également réclamé que ces massacres fassent "l'objet d'enquêtes en tant que crimes de guerre".

Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires massacres depuis la prise du pouvoir en décembre par une coalition dirigée par des islamistes radicaux.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, minorité dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, ont été tués.

Ces massacres ont eu lieu après des attaques sanglantes de partisans de l'ancien pouvoir contre les forces de sécurité. Ces dernières, des groupes qui leur sont alliés et des jihadistes étrangers ont été pointés du doigt dans le bain de sang.

L'ONU a indiqué avoir recueilli des témoignages selon lesquels les auteurs des massacres "ont effectué des descentes dans les maisons, demandant aux habitants s'ils étaient alaouites ou sunnites avant de les tuer ou de les épargner en fonction de leur réponse".

Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats.

"Les éléments de preuve que nous avons recueillis indiquent que des milices affiliées au gouvernement ont délibérément pris pour cible des civils de la minorité alaouite dans le cadre de graves attaques de représailles, abattant des personnes de sang-froid et à bout portant", a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

"Pendant deux jours, les autorités ne sont pas intervenues pour mettre fin aux homicides. Une fois de plus, c’est la population civile syrienne qui paie le prix des actions des parties au conflit qui règlent leurs comptes", a-t-elle ajouté.

Amnesty a demandé au gouvernement syrien de "prendre des mesures immédiates pour qu’aucune personne et aucun groupe ne soit pris pour cible en raison de son appartenance confessionnelle".

Lundi, douze autres civils, en majorité des alaouites, ont été tués par des hommes armés dans l'ouest et le centre de la Syrie selon l'OSDH.


L'Arabie saoudite condamne la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa par un ministre israélien d'extrême droite

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (Screengrab/AFP)
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (Screengrab/AFP)
Short Url
  • Le ministère des Affaires étrangères critique les atteintes au caractère sacré du lieu saint.
  • Les violations israéliennes du droit international entravent les efforts de paix et menacent la sécurité mondiale.

RIYAD :  l'Arabie saoudite a condamné la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa dans la partie occupée de Jérusalem, mercredi, par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, un homme d'extrême droite.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu'il condamnait fermement « la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa par le ministre israélien de la Sécurité nationale sous la protection de la police d'occupation ».

Le ministère a réitéré sa condamnation des attaques contre le caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Il a également condamné les forces israéliennes pour avoir pris pour cible une clinique de l'UNRWA dans le camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, et a dénoncé les attaques contre les organisations de l'ONU et les organisations humanitaires ainsi que leur personnel. 

Le ministère a déclaré : « Le Royaume condamne les violations persistantes par Israël du droit international et du droit humanitaire international et affirme son rejet catégorique de tout ce qui pourrait porter atteinte au statut historique et juridique de Jérusalem et de ses lieux saints.

Il ajoute que les violations israéliennes du droit international entravent les efforts de paix et menacent la sécurité mondiale.

Le ministère a souligné l'importance de protéger les organisations de l'ONU et les organisations humanitaires, ainsi que leur personnel, et a demandé que les autorités israéliennes soient tenues responsables de toutes les violations.

La visite de M. Ben-Gvir dans l'enceinte d'Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, a été vivement condamnée par la Jordanie et le groupe militant palestinien Hamas.

Réintégration du gouvernement israélien

Le ministre, chef du parti israélien anti-arabe Otzma Yehudit, s'est rendu sur le site après avoir réintégré le gouvernement le mois dernier, à la suite de la reprise de la guerre à Gaza.

Ben Gvir avait quitté le cabinet en janvier pour protester contre l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Depuis la formation du gouvernement de Benjamin Netanyahu à la fin de l'année 2022, M. Ben Gvir s'est rendu à plusieurs reprises sur le site d'Al-Aqsa, suscitant à chaque fois l'indignation de la communauté internationale.

Le ministère jordanien des Affaires étrangères a également condamné la visite de mercredi en la qualifiant de « prise d'assaut » et de « provocation inacceptable ».

Le Hamas a parlé d'une « escalade provocatrice et dangereuse », affirmant que cette visite s'inscrivait dans le cadre du génocide en cours contre le peuple palestinien. 

« Nous appelons le peuple palestinien et les jeunes de Cisjordanie à intensifier la confrontation pour défendre notre terre et nos valeurs sacrées, au premier rang desquelles la mosquée Al-Aqsa », a déclaré l'organisation dans un communiqué.

Ce site est le troisième lieu saint de l'islam et un symbole de l'identité nationale palestinienne.

Connu des juifs sous le nom de Mont du Temple, il est également le lieu le plus sacré du judaïsme, car il abrite le second temple détruit par les Romains en 70 après Jésus-Christ.

Selon le statu quo maintenu par Israël, qui occupe l'est de Jérusalem et sa vieille ville depuis 1967, les juifs et les autres non-musulmans sont autorisés à visiter l'enceinte pendant des heures précises, mais ils n'ont pas le droit d'y prier ou d'y exposer des symboles religieux.

Le porte-parole de M. Ben Gvir a déclaré à l'AFP que le ministre « s'y est rendu parce que le site a été ouvert aux non-musulmans après 13 jours », période durant laquelle l'accès était réservé aux musulmans pour la fête de l'Aïd Al-Fitr et la fin du mois sacré musulman du Ramadan.

Ces dernières années, un nombre croissant d'ultranationalistes juifs ont défié les règles, notamment Ben Gvir, qui y a prié publiquement en 2023 et 2024.

Le gouvernement israélien a déclaré à plusieurs reprises qu'il avait l'intention de maintenir le statu quo dans le complexe, mais les craintes des Palestiniens quant à son avenir en ont fait un point chaud de la violence.

Rapport complémentaire de l'AFP.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com