Le rassemblement de Bkerké, une lueur d'espoir pour un Liban souverain?

Le cardinal libanais Mar Bechara Boutros al-Raï prononce un discours devant ses partisans le 27 février 2021 au Patriarcat maronite dans le village de montagne de Bkerké, au nord-est de Beyrouth (Photo, AFP).
Le cardinal libanais Mar Bechara Boutros al-Raï prononce un discours devant ses partisans le 27 février 2021 au Patriarcat maronite dans le village de montagne de Bkerké, au nord-est de Beyrouth (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 01 mars 2021

Le rassemblement de Bkerké, une lueur d'espoir pour un Liban souverain?

  • Le Liban connaît depuis plus d’un an la plus importante crise économique de son histoire moderne
  • Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi après-midi, à Bkerké, siège du patriarcat maronite, pour soutenir l’appel du patriarche maronite le cardinal Béchara al-Raï à la tenue d’une conférence internationale sur le Liban

BEYROUTH: Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi après-midi, à Bkerké, siège du patriarcat maronite, pour soutenir l’appel du patriarche maronite le cardinal Béchara al-Raï à la tenue d’une conférence internationale sur le Liban. Ce message a donné de l’espoir à des milliers de Libanais de tout bord dans un pays au bord de la faillite et où la mainmise de l’Iran, à travers le Hezbollah, est devenue quasi totale.

Cette proposition a été formulée le 7 février dernier à l’occasion de l’homélie dominicale du chef de l’Église maronite. Ce dernier a estimé que «le stade final auquel est parvenue la crise institutionnelle, sociale et politique du Liban impose de recourir à des mesures drastiques et prises à temps comprenant la convocation d'une conférence internationale sous l'égide de l'ONU chargée de trouver des solutions urgentes pour éviter l'effondrement systémique du pays».

Cet appel à prendre en charge la crise libanaise adressé à la communauté internationale a été présenté par Mgr Raï comme la dernière carte à jouer face à l'absence d’initiatives proposées par les groupes politiques libanais dans ce cadre. Le prélat les juge également responsables de la situation qui sévit actuellement dans le pays.

Le Liban connaît depuis plus d’un an la plus importante crise économique de son histoire moderne, à laquelle sont venues s’ajouter l’explosion de Beyrouth le 4 août dernier et les répercussions de la pandémie du coronavirus.

Cette proposition d’internationaliser la crise libanaise a valu au patriarche maronite les foudres des autorités religieuses chiites et, bien sûr, celles du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a entre autres qualifié de «blague» l’initiative de Bkerké.

Le patriarche maronite a été en outre vivement critiqué par la milice pro-iranienne l’été dernier lorsqu’il avait appelé à la neutralité du Liban afin que le pays préserve son rôle de pays message et qu’il ne soit plus la proie de tiraillements régionaux.

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Des manifestants libanais se rassemblent pour le discours du cardinal libanais Mar Bechara Boutros al-Rahi (ou Rai) le 27 février 2021 au Patriarcat maronite dans le village de montagne de Bkerki, au nord-est de Beyrouth (Photo, AFP).

 

«Hezbollah terroriste»

Samedi donc, des milliers de manifestants se sont rendus à Bkerké comme s’ils usaient d’un dernier recours pour sauver leur pays de l’effondrement économique et de la mainmise iranienne.

Parmi eux, il y avait de nombreux chrétiens appartenant aux partis traditionnels des Forces libanaises et des Kataëb (Phalanges libanaises), des indépendants, des proches des victimes du 4 août, des amis de l’intellectuel libanais Lokman Slim, tué le 4 février dernier et qui était menacé depuis de longs mois par le Hezbollah, ainsi que des partisans du Parti socialiste progressiste (PSP) du chef druze Walid Joumblatt.

Il y avait également, comme c’est la coutume au Liban, des religieux de toutes les communautés libanaises venus pour donner plus de poids à l’initiative de Bkerké.

Dans un discours d’une dizaine de minutes, le patriarche maronite a invité les personnes présentes à Bkerké à ne pas «se taire face à la pluralité des allégeances, face à la corruption, face aux violations aériennes, à l'échec de la classe politique, aux mauvais choix, à l'alignement, à la dilapidation de votre argent, au désordre dans l'enquête sur l'explosion du port, à la politisation de la justice, aux armes illégales et non libanaises, à la détention des innocents et la libération des coupables». Il a clamé: «Vive le Liban uni et unifié, activement et positivement neutre, souverain et indépendant, libre et fort, prônant la coexistence et la tolérance», avant d’appeler à «l’instauration d’un État laïque».

Le chef de l’Église maronite a été interrompu durant de longues minutes par les milliers de personnes rassemblées à Bkerké qui scandaient: «Terroriste, le Hezbollah est terroriste», «L’Iran dehors», «Michel Aoun [le chef de l’État libanais], va-t’en».

 

Les principaux points du discours

  • «Ne vous taisez pas face à l'implantation des Palestiniens et l'intégration des déplacés syriens, face au coup d'État, à la non-formation d'un gouvernement, à la confiscation de la décision et l'absence de réformes.»
  • «Nous avons libéré le territoire, libérons maintenant l'État de tous ceux qui paralysent ses institutions.»
  • «Il n'existe pas d'État avec deux pouvoirs en son sein, ni avec deux armées ou deux peuples.»
  • «La conférence internationale vise à affirmer la stabilité et l'identité du Liban, la souveraineté de ses frontières, et son attachement à la liberté, à l'égalité et sa neutralité.»
  • «Cette conférence n’a pas pour objectif le déploiement de soldats et de militaires, ni une atteinte au pouvoir décisionnel libanais.»
  • «Le non-respect de la neutralité est la cause unique de toutes les crises et guerres que le pays a traversées. À chaque fois que le Liban a suivi un axe régional ou international, le peuple s'est divisé et les guerres se sont déclenchées.»
  • «Le Liban est aujourd’hui confronté à un coup d'État en bonne et due forme, contre son peuple, contre la Constitution et l’accord de Taëf.»
  • «Nous voulons appliquer toutes les décisions qui n'ont pas pu l'être auparavant, afin que le Liban puisse imposer sa légitimité sur l'ensemble de son territoire».
  • «Nous voulons soutenir l'armée libanaise, qui est la seule à même de défendre le Liban.»
  • «Nous appelons à la mise en place d’un État laïque.»

Bkerké et l’occupation syrienne

Ce n’est pas la première fois dans son histoire que Bkerké, siège du patriarcat maronite, se fait le porte-parole d’une partie non négligeable des Libanais quand toute option politique est paralysée et quand le pays du Cèdre est menacé de perdre son identité.

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Le patriarche Nasrallah Sfeir, décédé au mois de mai 2019, prédécesseur de Béchara Raï, est connu pour être le père de la deuxième indépendance.(AFP).

 

Le patriarche Nasrallah Sfeir, décédé au mois de mai 2019, prédécesseur de Béchara Raï, est connu pour être le père de la deuxième indépendance.

«[Il] est temps que l’État libanais étende sa souveraineté effective pour que les Libanais sentent qu’ils se trouvent sous sa protection. Maintenant qu’Israël s’est retiré [du Liban-Sud, depuis mai 2000], n’est-il pas temps que l’armée syrienne considère son redéploiement, en prélude à un retrait définitif, conformément à l’accord de Taëf?»

Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir (15 mai 1920 – 12 mai 2019)

Après la fin de la guerre civile qui a eu lieu de 1975 à 1990, alors que le Liban ployait sous le joug de l’occupation syrienne, Nasrallah Sfeir avait pris position pour le départ du pays des troupes de Damas, que ce soit lors de ses visites officielles auprès des capitales occidentales, notamment à Washington, ou à travers le premier appel des évêques maronites assemblés à Bkerké, au mois de septembre 2000. Il avait alors déclaré: «[Il] est temps que l’État libanais étende sa souveraineté effective pour que les Libanais sentent qu’ils se trouvent sous sa protection. Maintenant qu’Israël s’est retiré [du Liban-Sud, depuis mai 2000], n’est-il pas temps que l’armée syrienne considère son redéploiement, en prélude à un retrait définitif, conformément à l’accord de Taëf?»

Cet appel avait permis d’édifier les bases d’une politique contre l’occupation syrienne et les troupes de Damas avaient fini par quitter le Liban au mois d’avril 2005 après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafiq Hariri.

Il convient également de rappeler le rôle joué par le patriarcat maronite dans la création du Grand Liban. En 1919, le patriarche maronite Elias Howayek a représenté les habitants du Mont-Liban à la conférence de Versailles, qui réunissait les vainqueurs de la Première Guerre mondiale. Il avait réclamé lors de cette conférence un Liban indépendant, qui ne se limite pas à la superficie du Mont-Liban. Et c’est en sa présence, le 1er septembre 1920, que le général Henri Gouraud, représentant l’autorité française mandataire sur la Syrie, a déclaré à Beyrouth la création de l’État du Grand Liban.

« Les bases d'une troisième indépendance »

Invité par Arab News en français à commenter l’événement de samedi à Bkerké, l’ancien député et ancien secrétaire général du mouvement du 14-Mars, Farès Souaid, explique: «Chaque fois que les Libanais sont confrontés à un danger, Bkerké se présente comme une garantie nationale, et pas seulement pour les chrétiens. Depuis la création du Grand Liban, Bkerké soutient l’idée de l’édification d’État de droit. Dans son discours, le patriarche Raï a repris ce que Mgr Hoyek avait dit devant le président français Georges Clemenceau lors de la conférence de paix de Versailles en 1919: «Nous voulons un État auquel adhère l’individu en sa qualité de citoyen, et non de par son identité religieuse.»

«Samedi à Bkerké, le patriarche maronite a jeté les bases d’une troisième indépendance», ajoute M. Souaid, qui note que Mgr Raï «se présente comme étant le seul garant du projet libanais basé sur la convivialité islamo-chrétienne et sur l’édification d’un État de droit basé sur la Constitution libanaise, les accords de Taëf et les résolutions des Nations unies. Ce n’est pas un nouveau discours. Mgr Raï donne de l’espoir, car cette Église maronite fait partie de l’Église universelle de Rome; les doléances des Libanais seront donc entendues par Rome, qui pourrait aider les Libanais appelant à l’organisation d’une conférence internationale pour sauver le Liban».

Sachant qu’une telle conférence ne peut avoir lieu que si l’appel vient de divers courants libanais, et non seulement du patriarche Raï, M. Souaid indique que «plus cette initiative sort de son périmètre chrétien pour devenir une initiative nationale à laquelle adhèrent tous les partis et toutes les composantes du Liban, plus elle aura de chances de se frayer un chemin pour donner naissance à une conférence internationale de paix. Mais si elle demeure une initiative chrétienne sans le soutien de l’islam libanais, je doute de la tenue d’une telle conférence».

«Le patriarche maronite n’a pas mâché ses mots. Il a parlé d’un coup d’État contre la Constitution, les résolutions internationales et les accords de Taëf, qui stipulaient entre autres la centralisation des armes qui sont entre les mains de l’armée libanaise. Avec ses armes, le Hezbollah avait considéré que, à partir de son partenariat avec le chef de l’État, Michel Aoun, il avait le blanc-seing des chrétiens. Or, ce qu’il s’est passé hier à Bkerké est la “délégitimisation” de la présidence de Michel Aoun», estime-t-il, ajoutant: «Le retour de Bkerké sur la scène va avoir des répercussions sur le paysage politique libanais».

L'importance de Bkerké et  de son rôle symbolique

Le rassemblement de Bkerké et les propos de Béchara Raï ont été mal accueillis dans certains milieux militants de la gauche et de la société civile libanaise qui, depuis le 17 octobre 2019, tentent de constituer en vain une alternative au leadership libanais traditionnel, appelant à la laïcité.

Interrogé sur ce point par Arab News en français, Ayman Mhanna, membre actif de la société civile et directeur exécutif de l’ONG Skeyes, qui défend la liberté de la presse dans le monde arabe, s’exprime ainsi: «Il faut rester loin des amalgames et faire la différence entre la société civile des militants associatifs qui défendent les libertés et les droits au Liban et qui vont, dans leur discours, plus loin que Bkerké en ce qui concerne les libertés et les droits – l’Église est bien en-deçà de leurs revendications – et la société civile au sens de groupes politiques indépendants. Les groupes politiques indépendants, bien sûr, n’ont pas pu s’organiser, essentiellement à cause des points soulevés par le patriarche. Il y a au sein de ces groupes des personnes qui ont la fibre souverainiste très forte et qui se retrouvent dans le discours du patriarche maronite; ce qui prime pour d’autres est la bonne gestion économique et financière.»

Le directeur exécutif de Skeys note en outre que «les groupes indépendants ont gaspillé énormément de temps en essayant de s’unifier. Aujourd’hui, abstraction faite de l’unité, il est important d’avoir un discours clair qui exige une réforme. Cette perte de temps a créé un vide que le patriarche maronite, qui représente les groupes traditionnels, a pu remplir», poursuit-il.

Il explique encore que «ces groupes indépendants sont très diversifiés; il y a des personnes qui appartenaient au mouvement du 14-Mars, donc très souverainistes et d’autres qui viennent d’un background d’extrême gauche et s’opposent au discours d’un religieux sans écouter le contenu».

Il conclut: «Certes, le discours de Bkerké et son rôle symbolique sont très importants. Mais il importe aussi, pour effectuer des réformes, d’avoir un discours cohérent. Pour ma part, je ne peux pas accepter la corruption de personnes souverainistes, parce que le discours souverainiste est important. Je refuse également toute arme hors du contrôle de l’État, et je dis non à l’assassinat politique; or, très souvent, l’assassinat politique provient du Hezbollah. Je suis pour la justice et la fin de l’impunité contre tous les crimes commis au Liban, qu’ils soient des assassinats politiques ou des crimes économiques.»

Dimanche en soirée, des manifestations qui regroupent des supporters du Hezbollah et du mouvement Amal (la deuxième faction chiite du Liban) ont été organisées dans de nombreux quartiers de la banlieue sud de Beyrouth. Des centaines d’hommes en voiture, à moto et à pied ont brandi les drapeaux des deux partis chiites et des drapeaux iraniens. Ils ont scandé des slogans qui rendent hommage au secrétaire général de la milice pro-iranienne, ont revendiqué le droit de porter des armes et ont prêté allégeance à l’Iran.


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
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  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
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  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.