La Turquie accuse l'aviation grecque de «harceler» un navire turc

Le ministre turc de la Défense nationale, Hulusi Akar, lors d'une conférence de presse au ministère à Ankara le 13 janvier 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 23 février 2021

La Turquie accuse l'aviation grecque de «harceler» un navire turc

  • A Athènes, le ministère grec de la Défense a démenti un tel «harcèlement» du navire turc par des chasseurs grecs
  • La Turquie et la Grèce ont repris fin janvier un dialogue, interrompu il y a cinq ans, après des mois de tensions entre ces deux pays membres de l'Otan

ANKARA: La Turquie a accusé mardi l'aviation grecque d'avoir « harcelé » un navire turc effectuant des « recherches techniques et scientifiques » dans les eaux internationales en mer Egée, ce qu'Athènes a démenti. 

Selon le ministère turc de la Défense, quatre chasseurs grecs de type F-16 ont « harcelé » le navire TCG Cesme et l'un des appareils, « qui volaient à 1 000 mètres d'altitude » , a lâché des paillettes de brouillage « à deux milles » marins du bateau turc. 

L'incident s'est produit près de l'île grecque de Lemnos, a précisé le ministère dans un communiqué.  

« Il s'agit malheureusement de l'un des fréquents actes de harcèlement par nos voisins grecs », a pour sa part déclaré à la presse le ministre turc de la Défense Hulusi Akar.  

Il a affirmé, sans plus de précision, qu'une « riposte adéquate » a été apportée à l'action reprochée aux appareils grecs. 

A  Athènes, le ministère grec de la Défense a démenti un tel « harcèlement » du navire turc par des chasseurs grecs.  

« Aucun avion de chasse grec ne s'est approché du navire turc Cesme », a affirmé le ministère grec.  

Selon lui, l'armée de l'air grecque menait mardi un exercice mais celui-ci se déroule »loin » de la zone dans laquelle opère le navire turc.  

La Turquie et la Grèce ont repris fin janvier un dialogue, interrompu il y a cinq ans, après des mois de tensions entre ces deux pays membres de l'Otan.  

Faisant fi des mises en garde de l'Europe, Ankara a organisé ces derniers mois plusieurs missions d'exploration gazière dans des eaux grecques, provoquant une crise diplomatique d'une ampleur inédite depuis 1996, année où les deux pays avaient frôlé la guerre. 

En dépit de la reprise du dialogue, les contentieux et la méfiance demeurent vifs entre les deux pays.  

La mission du navire turc dans cette zone avait fait l'objet la semaine dernière d'un message d'Ankara sur le système maritime d'alerte NAVTEX, suscitant une protestation d'Athènes qui y voit une potentielle « source de tension ». 


Washington affirme ne pas vouloir de «rupture des relations» avec Riyad

Le roi Salman et le président américain Joe Biden ont récemment discuté du renforcement du partenariat entre leurs pays lors d'un appel téléphonique. (Photo, Reuters / Archives)
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  • Un haut responsable américain affirme à Politico que Washington partage avec Riyad des «intérêts importants»
  • Les Saoudiens montrent un large soutien pour le prince héritier Mohamed Ben Salman et décrivent le rapport de la CIA comme spéculatif

RIYAD: Le président américain Joe Biden et son administration cherchent peut-être un recalibrage de leurs relations avec l'Arabie saoudite, mais insistent sur le fait qu’il ne faut pas rompre les relations avec le Royaume, a déclaré un haut responsable américain.

S'adressant à Politico, le responsable a déclaré qu'il y avait des « intérêts importants » que Washington partageaient avec Riyad. L'administration Biden considère le Royaume comme un partenaire important au Moyen-Orient et a promis de continuer à soutenir le pays pendant qu'il se défend contre les attaques attribuées à Téhéran.

Les déclarations du responsable sont intervenus après la publication d'un rapport confidentiel de la CIA sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, un chroniqueur du Washington Post, qui a été tué à Istanbul en 2018.

Malgré l’hyper médiatisation qui a précédé la publication du rapport, de nombreux observateurs l'ont décrit comme trop analytique et qui manquent de preuves.

Il n’y a « aucune preuve tangible », a souligné le rédacteur diplomatique international de CNN, Nic Robertson.

Le journaliste et commentateur israélien Barak Ravid a écrit sur Twitter: « Le rapport des services de renseignement américains sur Khashoggi, qui est une analyse à 100% et à 0% d'informations, soulève de réelles inquiétudes quant à la qualité de l'accès des agences de renseignement américaines en Arabie saoudite ».

Pendant ce temps-là, dans le Royaume, les Saoudiens se sont rendus sur les réseaux sociaux pour montrer leur soutien au prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a subi une intervention chirurgicale réussie mercredi matin pour traiter l'appendicite.

Le journaliste saoudien Abdulrahman Al-Rashed a tweeté qu'il n'y avait rien de nouveau dans le rapport déclassifié de la CIA. Il a décrit ceux qui pariaient sur Biden pour nuire à la relation avec l'Arabie saoudite comme ceux qui « ignorent totalement comment le monde fonctionne ».

Le chroniqueur saoudien Salman Al-Dossari a tweeté que l'administration Biden devrait être félicitée pour avoir publié le rapport de la CIA car les conclusions soutiennent entièrement les décisions des tribunaux saoudiens.

En septembre dernier, le parquet du royaume a annoncé les condamnations définitives des huit individus reconnus coupables du meurtre de Khashoggi.

Cinq d'entre eux ont été condamnés à 20 ans de prison pour leur implication dans le meurtre. Un autre a été condamné à 10 ans tandis que deux autres ont été condamnés à sept ans. Commentant le verdict, la famille Khashoggi a qualifié le jugement de « juste et dissuasif ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La coalition arabe détruit des drones houthis et un missile balistique visant l'Arabie saoudite

Au cours du mois de février, la coalition arabe a déjoué de multiples attaques lancées par la milice contre le Royaume. (Photo, AFP/Archives)
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  • Le Secrétaire général de l’OCI a condamné la tentative de la milice de cibler des civils
  • La coalition affirme prendre des mesures pour protéger la population conformément au droit international humanitaire

LONDRES: La coalition arabe a intercepté et détruit vendredi deux drones houthis visant Khamis Mushait en Arabie saoudite, ainsi qu’un missile balistique tiré par la milice en direction du Royaume, plus tard dans la même journée.

La coalition a déclaré que les Houthis avaient tenté d’attaquer une cible civile dans la région méridionale du Royaume avec le missile balistique, mais que celui-ci avait été intercepté.

La coalition a ajouté qu'elle prenait des mesures pour protéger les civils et les biens civils conformément au droit international humanitaire.

Le Secrétaire Général de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), Yousef bin Ahmad bin Abdul Rahman Al-Othaimeen, a condamné la tentative de la milice de cibler des civils en Arabie saoudite.

Al-Othaimeen a réaffirmé la position de l’OCI et sa solidarité dans toutes les mesures que prend le Royaume pour protéger sa sécurité et sa stabilité.

Au cours du mois de février, la coalition arabe a déjoué de multiples attaques lancées par la milice contre le Royaume, notamment une attaque de drone contre l'aéroport d'Abha qui a suscité la condamnation internationale après avoir provoqué un incendie dans un avion de passagers.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Algérie: le Hirak se remet en marche face au pouvoir

« Comme si le temps était resté suspendu pendant un an, les mêmes foules, les mêmes drapeaux et les mêmes chants ont réinvesti les rues d'Alger vendredi » (Photo, Arab News en français)
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  • Malgré l'interdiction des rassemblements pour raisons sanitaires, plusieurs imposants cortèges se sont formés sitôt après la prière dans des quartiers d'Alger
  • « C'est grandiose. C'est comme les grands vendredis du Hirak », a confié Yacine, un protestataire

ALGER : Après un an d'arrêt, Covid oblige, des milliers d'Algériens sont descendus dans la rue vendredi, marquant un retour spectaculaire des marches hebdomadaires du mouvement de protestation populaire Hirak face à un pouvoir sur ses gardes.

Malgré l'interdiction des rassemblements pour raisons sanitaires, plusieurs imposants cortèges se sont formés sitôt après la prière dans des quartiers d'Alger, notamment à Bab El Oued, pour rejoindre le centre-ville.

« C'est grandiose. C'est comme les grands vendredis du Hirak », a confié Yacine, un protestataire, à propos des défilés hebdomadaires interrompus après le 13 mars 2020 en raison de la pandémie due au coronavirus.

A Alger, les manifestants ont été aussi nombreux que lundi quand des milliers de personnes ont défilé à l'occasion du 2e anniversaire du Hirak, déclenché le 22 février 2019 et qui avait forcé l'ex-homme fort Abdelaziz Bouteflika à quitter le pouvoir, selon des témoins.

Les forces de l'ordre ont utilisé matraques et gaz lacrymogène quand des manifestants ont forcé un barrage pour rejoindre la Grande Poste, lieu emblématique des rassemblements antirégime, selon une vidéo diffusée par le site internet d'information Interlignes.

« Ni islamiste ni laïc mais hirakiste », pouvait-on lire sur une affiche brandie par la foule qui scandait « Un Etat civil et pas militaire », une des principales revendications des contestataires qui réclament une « démilitarisation » de l'Etat.

Les slogans phares du Hirak ont été également repris : « Le peuple veut la chute du régime ! », « Algérie libre et démocratique ! » ou encore « Silmiya, silmiya (pacifique) ! », une allusion à la nature non violente du mouvement.

Le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH), Saïd Salhi, a fait état, sur sa page Facebook, de près de 500 personnes interpellées dans une vingtaine de wilayas (préfectures), dont la plupart ont été relâchées en fin de journée.

« Conscience et responsabilité »

Comme si le temps était resté suspendu pendant un an, les mêmes foules, les mêmes drapeaux et les mêmes chants ont réinvesti la rue.

« On ne reviendra pas en arrière », ont scandé des femmes regroupées en marge de la marche à Alger, tandis que les derniers manifestants se sont dispersés dans le calme.

Des rassemblements ont également eu lieu en province, notamment à Bejaïa et Tizi Ouzou, en Kabylie (nord-est), à Bordj Bou Arreridj (est) et à Oran et Tlemcen (nord-ouest).

Jeudi, des militants du Hirak avaient appelé sur les réseaux sociaux à respecter le port du masque au cours des manifestations, après le relâchement observé en début de semaine.

« Le port du masque sanitaire nous protège », « Notre Hirak se poursuit avec conscience et responsabilité », pouvait-on lire sur des affiches publiées en ligne par le collectif de la diaspora algérienne Ibtykar.

Nombreux cependant étaient ceux à ne pas le porter.  

Cette mobilisation massive « confirme bien le retour irréversible et la volonté de poursuite du Hirak avec la même détermination et le même attachement au revendications, notamment de libération du champ démocratique et de changement effectif du système », a déclaré M. Salhi.

« Votre départ »

« (...) Le peuple est dans la rue. Il faut maintenant lui proposer une offre politique, celle qu'il réclame. Il faut la structurer, lui donner des mots, un sens, un mode d'emploi, une ligne conductrice. Il faut faire une offre politique au pouvoir », a plaidé un internaute algérien sur Twitter.

Amnesty International a dénoncé cette semaine « une stratégie délibérée des autorités algériennes visant à écraser la dissidence ». « Une stratégie qui vient contredire leurs promesses en matière de respect des droits humains ».

Vendredi, à Genève, la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a invité le gouvernement algérien à continuer sur la voie du dialogue et à « immédiatement libérer tous ceux détenus pour avoir participé pacifiquement à des manifestations ».

Mme Bachelet, qui s'exprimait devant le Conseil des droits de l'homme (CDH), à l'occasion de la présentation de son rapport annuel, a salué la récente décision du président Abdelmadjid Tebboune d'appeler à des élections législatives anticipées et de gracier quelques dizaines de détenus d'opinion.

M. Tebboune a ainsi tenté de reprendre la main, après une longue hospitalisation à l'étranger, et d'apaiser la crise politique, sociale et économique qui ébranle le plus grand pays du Maghreb.

« Vous avez attisé dans nos cœurs une révolution qui ne peut s'éteindre qu'avec votre départ », lui a répondu vendredi un groupe de manifestantes.