Comment la guerre à Gaza prive les enfants de leur droit à l'éducation

Les experts de l'ONU ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils considèrent comme la destruction systématique du système éducatif de Gaza, qui constitue vraisemblablement une grave violation des droits de l'enfant interdite par le droit international humanitaire. (AFP)
Les experts de l'ONU ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils considèrent comme la destruction systématique du système éducatif de Gaza, qui constitue vraisemblablement une grave violation des droits de l'enfant interdite par le droit international humanitaire. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 03 septembre 2024

Comment la guerre à Gaza prive les enfants de leur droit à l'éducation

  •  Les enfants de Gaza sont confrontés à la sombre perspective d'une nouvelle année sans école, à moins qu'un cessez-le-feu ne soit conclu rapidement
  • Près de 88 pour cent des écoles de Gaza ont été endommagées ou détruites par les bombardements incessants d'Israël

LONDRES: Alors que les écoliers du monde entier préparent leurs sacs à dos pour la nouvelle année scolaire, plus d'un demi-million d'élèves de la bande de Gaza, en Palestine, sont confrontés à une deuxième année consécutive sans éducation.

Au cours de l'année écoulée, autour de 625 000 enfants de Gaza ont été privés d'école, selon l'UNICEF, le fonds des Nations unies pour l'enfance. En l'absence de perspectives de cessez-le-feu permanent, il est peu probable qu'ils retournent à l'école ce mois-ci.

gaza
Rien qu'au mois d'août, huit écoles de la ville de Gaza ont été attaquées, tuant plus de 179 Palestiniens et causant d'importants dégâts. (AFP)

Amal, dont le nom a été modifié à sa demande, enseigne à ses deux enfants, âgés de 7 et 10 ans, dans leur abri temporaire de Rafah. Cependant, elle explique que l'exposition répétée à des événements traumatisants et le manque de stabilité ont perturbé leur apprentissage.

“Comment un enfant peut-il se souvenir de vers de poésie après une nuit de bombardements, de cris et de tremblements?” a déclaré Amal à Arab News. “Même nos cerveaux d'adultes vacillent dans ce chaos. Comment un enfant peut-il apprendre et grandir avec un estomac vide et alors que ses amis risquent de mourir d'une minute à l'autre?”

L'attaque du 7 octobre menée par le Hamas contre le sud d'Israël, qui a fait plus de 1 100 morts et 250 otages, a déclenché l'offensive israélienne à Gaza, qui a tué au moins 40 700 personnes, dont 16 500 enfants, selon les autorités sanitaires locales.

Des milliers d'autres enfants de Gaza sont toujours portés disparus, probablement ensevelis sous les décombres, tandis que plus de 12 000 ont été blessés, dont au moins 1 000 ont été amputés d'une jambe.

Ceux qui ont survécu n'ont plus d'endroit sûr pour apprendre ni les moyens de retourner à l'école. Le Partenariat mondial pour l'éducation, dirigé conjointement par l'UNICEF et Save the Children, estime qu'au 30 mars, quelque 87,7 pour cent des établissements scolaires de Gaza avaient été détruits.

gaza
Au cours de l'année écoulée, autour de 625 000 enfants de Gaza ont été privés d'école. (AFP)

Selon le groupe, qui a évalué les dégâts à l'aide d'images satellite, les frappes israéliennes directes ont gravement endommagé 212 écoles de l'enclave et causé des dégâts modérés ou mineurs à 282 autres.

Environ 70 pour cent des écoles gérées par l'Office de secours et de travaux des Nations unies ont également été endommagées. Cependant, depuis octobre, environ 95 pour cent de ces écoles ont été transformées en abris pour les ménages déplacés.

Les attaques contre les écoles sont considérées comme une grave violation des droits de l'enfant et sont interdites par le droit humanitaire international.

Les autorités israéliennes ont insisté sur le fait qu'elles ne visaient pas les civils ou les infrastructures civiles, accusant plutôt le Hamas d'utiliser les écoles et les hôpitaux comme centres de commandement à partir desquels lancer des attaques et d'utiliser leurs occupants comme boucliers humains.

En août, le Bureau des services de contrôle interne des Nations unies a conclu que neuf membres du personnel de l'UNRWA pourraient avoir été impliqués dans l'attaque menée par le Hamas le 7 octobre, tandis que les dossiers de dix autres personnes sont toujours en cours d'examen.

L'UNRWA emploie 32 000 personnes dans sa zone d'opérations, dont 13 000 à Gaza. L'ONU a lancé l'enquête après qu'Israël a déclaré en janvier que 12 membres du personnel de l'UNRWA avaient participé à l'attaque du 7 octobre. Sept autres cas ont été portés à l'attention des Nations unies en mars et avril.

gaza
Les frappes israéliennes ont gravement endommagé 212 écoles de l'enclave et causé des dommages modérés ou mineurs à 282 autres. (AFP)

Les allégations contre l'UNRWA ont conduit plusieurs grands pays donateurs, dont les États-Unis, à suspendre le financement de l'agence, sapant ainsi les efforts d'aide non seulement à Gaza et en Cisjordanie, mais aussi dans toute la région du Moyen-Orient où les Palestiniens ont le statut de réfugié.

En avril, des experts de l'ONU dirigés par Farida Shaheed, rapporteur spécial sur le droit à l'éducation, ont exprimé leur inquiétude face à ce qui semblait être une destruction systématique du système éducatif de Gaza, déjà affaibli par l'embargo qu'Israël impose à l'enclave depuis 17 ans.

Avec plus de 80 pour cent des écoles de Gaza endommagées ou détruites, on peut raisonnablement se demander s'il n'y a pas une volonté délibérée de détruire complètement le système éducatif palestinien, une action connue sous le nom de "scolasticide", ont déclaré les experts dans un communiqué commun.

Le scolasticide implique la destruction organisée de l'infrastructure éducative et l'assassinat d'élèves, d'enseignants et de membres du personnel.

Le ministère de l'éducation de Gaza a déclaré en août qu'au moins 500 enseignants avaient été tués dans les hostilités et que plus de 3 000 autres avaient été blessés.

gaza
Des milliers d'autres enfants de Gaza sont toujours portés disparus, probablement ensevelis sous les décombres, et plus de 12 000 ont été blessés. (AFP)

Les experts de l'ONU estiment que les attaques israéliennes contre les écoles de Gaza "ne sont pas des incidents isolés" mais s'inscrivent dans "un schéma systématique de violence visant à démanteler les fondements mêmes de la société palestinienne".

Rien qu'au mois d'août, huit écoles de la ville de Gaza ont été attaquées, tuant plus de 179 Palestiniens et causant d'importants dégâts.

La plus meurtrière de ces frappes a été celle de l'école Al-Tabin, dans la ville de Gaza, le 10 août. CNN a confirmé qu'une bombe de petit diamètre GBU-39 fabriquée aux États-Unis avait été utilisée lors de l'attaque, tuant plus de 100 des quelque 2 400 réfugiés palestiniens qui s'y trouvaient.

Dans un message condamnant l'attentat sur le réseau social X, le chef de l'UNRWA, Philippe Lazzarini, a déclaré: "Les écoles, les installations de l'ONU et les infrastructures civiles ne sont pas des cibles".

Appelant à un cessez-le-feu immédiat, il a écrit le jour de l'attaque: "Les parties au conflit ne doivent pas utiliser les écoles et autres installations civiles à des fins militaires ou de combat.

gaza
Au moins 1,9 million des 2,2 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés. (AFP)

"Il est temps que ces horreurs qui se déroulent sous nos yeux cessent. Nous ne pouvons pas laisser l'insupportable devenir une nouvelle norme. Plus c'est récurrent, plus nous perdons notre humanité collective".

Pour offrir aux enfants un semblant de normalité et de répit par rapport aux horreurs quotidiennes du conflit, l'UNICEF et ses partenaires dans l'enclave palestinienne ont installé 48 tentes d'apprentissage à Khan Younis, dans la zone intermédiaire, dans la ville de Gaza et dans le nord de la bande de Gaza.

Ces espaces temporaires ont permis à quelque 15 000 enfants en âge d'aller à l'école de participer à des activités éducatives informelles et de bénéficier d'un soutien en matière de santé mentale au mois de juillet.

 

quelques chiffres


•    625 000 enfants de Gaza privés d'éducation depuis octobre 2023.

•    87,7 pour cent d'écoles endommagées ou détruites par les frappes israéliennes dans la bande de Gaza.

(Source: UNICEF, Partenariat mondial pour l'éducation)

Malgré les efforts des organisations humanitaires pour offrir des possibilités d'apprentissage temporaires aux enfants de Gaza, l'absence de cessez-le-feu permanent, les déplacements répétés, les infrastructures décimées et l'accès extrêmement limité aux produits de première nécessité tels que la nourriture, l'eau potable et les soins de santé ont entravé leur capacité à se développer normalement.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, a souligné en juin que plus de 8 000 enfants de l'enclave assiégée ont été diagnostiqués comme souffrant de malnutrition aiguë.

Le chef de l'OMS a averti qu'"une proportion importante de la population de Gaza est désormais confrontée à une faim catastrophique et à des conditions proches de la famine".

gaza
La communauté internationale a accusé le gouvernement israélien d'utiliser la famine des civils comme arme de guerre. (AFP)

Plus de 34 personnes, dont au moins 28 enfants, sont déjà mortes de malnutrition sévère, a indiqué l'autorité sanitaire de Gaza à la fin du mois de juin.

La communauté internationale a accusé le gouvernement israélien d'utiliser la famine des civils comme arme de guerre.

En mai, le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a demandé des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant, les accusant d'avoir délibérément affamé des civils.

Le gouvernement israélien a nié ces accusations à plusieurs reprises. Toutefois, de hauts fonctionnaires, dont Gallant lui-même, ont publiquement déclaré leur intention de priver les civils de Gaza de nourriture, d'eau et de carburant dès le début du conflit l'année dernière.

Au moins 1,9 million des 2,2 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés – souvent plusieurs fois – lorsque l'armée israélienne a évacué des familles palestiniennes d'une "zone de sécurité" à l'autre. Ce faisant, les enfants ont été privés de la stabilité nécessaire à l'apprentissage.
Save the Children a prévenu en avril que "lorsque les enfants sont absents de l'école pendant une longue période, leur apprentissage ne s'arrête pas seulement, mais risque aussi de régresser. Les crises précédentes nous ont appris que plus les enfants restent longtemps sans aller à l'école, plus ils risquent de ne pas y retourner".

"Cela compromet leurs perspectives à long terme, notamment leurs revenus et leur santé mentale et physique, tout en les exposant à un risque accru de violence et d'abus".


La Syrie accuse Israël de vouloir la «déstabiliser» après une incursion et des frappes meurtrières

 Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG. (AFP)
Short Url
  • Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée
  • Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays

DAMAS: Les autorités syriennes ont accusé Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie, après une série de frappes qui ont détruit un aéroport militaire et une incursion sanglante jeudi dans le sud du pays qui ont fait 13 morts selon une ONG.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz,  dont le pays a mené des centaines de frappes en Syrie depuis la chute du pouvoir de Bachar al-Assad le 8 décembre, a averti le dirigeant syrien, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.

"Cette escalade injustifiée constitue une tentative préméditée de déstabiliser la Syrie", a pour sa part accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Des frappes intensives sur des objectifs militaires dans le centre de la Syrie et la région de Damas ont été suivies par une incursion des troupes israéliennes dans le sud, où neuf personnes ont été tuées en tentant de s'opposer à leur avancée.

Mercredi soir, l'aviation israélienne a mené une série de frappes sur un centre de recherche militaire à Damas, l'aéroport militaire de la ville de Hama et la base aérienne militaire T-4 dans la province de Homs, tous deux dans le centre du pays.

Le ministère syrien a affirmé que l'aéroport avait été "presque entièrement détruit" et évoqué des "dizaines de blessés civils et militaires".

"Protectorat turc" 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, quatre militaires ont été tués et 12 blessés dans les raids contre l'aéroport de Hama.

Un correspondant de l'AFP a vu au moins un avion militaire calciné dans un hangar, et des véhicules militaires, dont un transportant un système de défense anti-aérienne, gravement endommagés.

Un bâtiment du centre de recherche scientifique à Barzé, dans la banlieue de Damas, également visé, a été détruit, selon un correspondant de l'AFP.

En Israël, l'armée a affirmé avoir "frappé les capacités militaires dans les bases syriennes de Hama et T4, dans la province de Homs, ainsi que d'autres infrastructures militaires dans la région de Damas".

Une source syrienne proche du dossier a indiqué à l'AFP que la Turquie, alliée des nouvelles autorités syriennes, tente d'établir des "positions militaires" en Syrie dont une "à l'intérieur de la base T4".

Lors d'une conférence de presse à Paris, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a imputé à la Turquie "un rôle négatif en Syrie" et "au Liban". "Nous ne pensons pas que la Syrie devrait être un protectorat turc", a-t-il dit.

Appels au combat 

A Deraa, neuf personnes tuées au cours de l'incursion israélienne ont été inhumées jeudi, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les autorités de la province avaient annoncé leur décès après un bombardement israélien près de la ville de Nawa, à l'ouest de Deraa, ayant suivi une "incursion israélienne" dans la région, "où les forces de l'occupation ont pénétré pour la première fois aussi profondément".

Selon l'OSDH, il s'agit d'habitants de la région qui ont pris les armes après des appels lancés dans les mosquées à contrer l'avancée des troupes israéliennes.

L'armée israélienne a indiqué avoir répondu à des tirs dans le sud de la Syrie et ciblé plusieurs combattants qui ont été "éliminés" dans des frappes terrestres et aériennes.

"La présence d'armes dans le sud de la Syrie constitue une menace pour l'Etat d'Israël", a déclaré un porte-parole militaire israélien, ajoutant que l'armée "ne permettrait pas l'existence d'une menace militaire en Syrie".

Dès la chute de Bachar al-Assad évincé par une coalition de rebelles dominés par les islamistes, après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie.

Il a aussi mené des centaines de frappes aériennes sur des sites militaires, affirmant vouloir empêcher que des armes ne tombent entre les mains des nouvelles autorités, qu'il qualifie de "jihadistes".

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé fin février "la démilitarisation totale du sud de la Syrie" et affirmé qu'il ne tolérerait pas que les forces du nouveau pouvoir se déploient au sud de Damas.

Le 26 mars, six civils avaient déjà été tués après une incursion israélienne similaire dans la province de Deraa, selon les autorités locales.


La Défense civile de Gaza fait état d'au moins 15 morts dans une frappe israélienne dans le nord

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.
  • "L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X

GAZA: La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a déclaré que les frappes avaient visé plusieurs maisons dans le quartier de Choujaiya, dans la ville de Gaza. "Il y a encore un certain nombre de personnes piégées sous les décombres", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne a lancé un nouvel appel à évacuer pour les habitants de Choujaiya et d'autres districts dans le nord de la bande de Gaza.

"L'armée israélienne opère avec une grande force dans vos zones pour détruire l'infrastructure terroriste" du mouvement islamiste palestinien Hamas, a déclaré le porte-parole de l'armée en langue arabe, Avichay Adraee, dans un message sur son compte X.

"Vous devez évacuer ces zones immédiatement et vous rendre dans les abris connus dans l'ouest de la ville de Gaza", a-t-il ajouté.


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Short Url
  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.