Ukraine: la Chine doit faire comprendre à la Russie qu'elle est «dans une impasse», selon Paris

La ministre française des Affaires étrangères et européennes Catherine Colonna (à droite) prend la parole lors d'une conférence de presse à côté de la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock (à gauche). (AFP)
La ministre française des Affaires étrangères et européennes Catherine Colonna (à droite) prend la parole lors d'une conférence de presse à côté de la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock (à gauche). (AFP)
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Publié le Mercredi 10 mai 2023

Ukraine: la Chine doit faire comprendre à la Russie qu'elle est «dans une impasse», selon Paris

  • Catherine Colonna a appelé mercredi la Chine à user de «ses relations avec la Russie» pour l'amener sur le chemin de la paix
  • La ministre française des Affaires étrangères a rappelé que «sur la Chine et concernant l'Ukraine», les positions de la France étaient «connues»

PARIS: La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a appelé mercredi la Chine à user de "ses relations avec la Russie" pour l'amener sur le chemin de la paix, s'exprimant en présence de son homologue allemande Annalena Baerbock.

"Il est nécessaire que la Chine utilise ses relations avec la Russie pour faire mieux comprendre à la Russie qu'elle est dans une impasse et lui demander de revenir à la raison" pour "un retour à la paix et non pas la continuation de la guerre", a déclaré la cheffe de la diplomatie peu avant une rencontre, à Paris, avec son homologue chinois Qin Gang.

Intervenant au cours du compte-rendu du Conseil des ministres, elle a rappelé que "sur la Chine et concernant l'Ukraine", les positions de la France étaient "connues". "Nous en parlons ouvertement, directement, avec la franchise que permet l'amitié", a-t-elle ajouté.

Catherine Colonna et Qin Gang "évoqueront les crises internationales, en particulier la guerre d'agression russe contre l'Ukraine, ainsi que les enjeux globaux, notamment dans la perspective du Sommet de Paris sur un nouveau pacte financier mondial", a déclaré Anne-Claire Legendre, la porte-parole du Quai d'Orsay, dans un communiqué.

Emmanuel Macron et son homologue chinois Xi Jinping avaient appelé début avril à des pourparlers de paix le plus vite possible pour mettre fin au conflit en Ukraine, à l'occasion de la visite du président français à Pékin. Ils avaient en particulier estimé que les armes nucléaires ne pouvaient "pas être utilisées".

"Nous attendons de la Chine qu'elle participe à la défense des principes qui fondent l'ordre international", a dit Catherine Colonna mercredi, évoquant "la souveraineté des Etats", "l'intégrité territoriale" ou le "droit de légitime défense", figurant dans la Charte des Nations Unies.

Son homologue allemande Annalena Baerbock avait critiqué mardi l'attitude de Pékin dans le conflit ukrainien. "La neutralité revient à se mettre du côté de l'agresseur", avait-elle déploré, pendant une conférence de presse à Berlin avec Qin Gang.

"La Chine peut, si elle le décide, jouer un rôle important (...) pour mettre fin à la guerre", avait-elle ajouté.

Mercredi, Annalena Baerbock s'est contentée d'évoquer "un message européen commun" adressé à la Chine, rappelant qu'en tant de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, cette dernière n'avait "pas que des droits mais aussi des devoirs".

Le chef de la diplomatie chinoise a entamé lundi une visite en Europe au moment où son pays entend jouer un rôle de médiateur dans la guerre en Ukraine. Après l'Allemagne et la France, il doit se rendre en Norvège.

La Chine, qui se présente comme un interlocuteur neutre dans le conflit en Ukraine malgré sa proximité avec la Russie, avait rendu public en février un document en 12 points présentant sa position sur le conflit. Dans ce texte, parfois perçu comme un plan de paix, Moscou et Kiev sont appelés à avoir des pourparlers.

Une conversation téléphonique attendue de longue date fin avril entre le président chinois Xi Jinping et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, la première depuis le début de l'offensive russe en Ukraine le 24 février 2022, a nourri l'espoir d'une avancée sur ce point.


Manifestation RN: Tondelier promet une mobilisation à gauche dimanche

La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative. (AFP)
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  • "Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations"
  • Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser"

PARIS: La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a assuré jeudi que la gauche préparait une mobilisation pour contrer la manifestation du Rassemblement national dimanche en soutien à Marine Le Pen condamnée à une peine d'inéligibilité immédiate, mais n'a donné aucun détail sur cette initiative.

"Il se passera quelque chose dimanche", a déclaré la responsable écologiste sur Franceinfo. "Nous sommes en train d'y travailler, nous sommes les maîtres des horloges de nos propres mobilisations", a-t-elle déclaré.

Elle a précisé discuter "avec tous nos partenaires politiques", ainsi qu'avec des "personnes de la société civile avec lesquelles on a l'habitude de se mobiliser et d'autres avec lesquelles on avait jusque là moins l'habitude de se mobiliser, mais qui sont tout aussi choqués".

"Nous sommes en train d'y travailler sérieusement et il se passera quelque chose dimanche", a affirmé Marine Tondelier.

Mercredi soir, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon avait expliqué qu'une initiative pourrait être prise "peut être même dès ce dimanche à la place de la République" à Paris. C'est "une chose qui est en train de se discuter, je ne veux pas anticiper d'une quelconque manière", avait-il précisé lors d'une conférence diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Rassemblement national a annoncé dès lundi, lorsque Marine le Pen a été condamnée pour détournement de fonds notamment à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate, l'empêchant de se présenter à la présidentielle, qu'il organiserait un rassemblement de soutien place Vauban à Paris.

Le président du parti d'extrême droite Jordan Bardella a assuré mercredi qu'il ne s'agirait pas d'un "coup de force".

"Je ne veux pas que dimanche, sur toutes les chaînes de télé, la seule chose qu'on leur donne à voir, c'est la grande entreprise de victimisation de Marine Le Pen", a expliqué Marine Tondelier.

"Quelqu'un qui veut être présidente de la République, qui détourne 4,1 millions d'euros et qui, alors qu'elle prône des mesures beaucoup plus ferme et une justice moins laxiste pour tous les Français, ah, quand ça lui arrive à elle, là, c'est très compliqué", s'est-elle agacée.

Prévu depuis plusieurs semaines, un meeting de Renaissance viendra également en concurrence de celui du Rassemblement national. Le président du parti, Gabriel Attal, le Premier ministre François Bayrou et le candidat à la présidentielle Édouard Philippe doivent y intervenir.

 


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »