Blinken appelle Abbas, réaffirme le soutien américain à une «solution à deux Etats»

Le président palestinien Mahmud Abbas et le secrétaire d'État américain Antony Blinken (Photo, AFP).
Le président palestinien Mahmud Abbas et le secrétaire d'État américain Antony Blinken (Photo, AFP).
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (Photo, AFP).
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 19 février 2023

Blinken appelle Abbas, réaffirme le soutien américain à une «solution à deux Etats»

  • Antony Blinken avait rencontré le président Mahmoud Abbas en Cisjordanie occupée à la fin du mois de janvier
  • Il s'est efforcé d'appeler à une désescalade entre Israéliens et Palestiniens

WASHINGTON: Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s'est entretenu avec le président palestinien Mahmoud Abbas et a réaffirmé le soutien des Etats-Unis à une "solution à deux Etats" lors d'un entretien par téléphone samedi.

"Le secrétaire d'Etat a souligné le besoin urgent pour les Israéliens et les Palestiniens de prendre des mesures afin de rétablir le calme", a indiqué son porte-parole Ned Price dans un communiqué.

Il a également souligné la forte opposition des Etats-Unis à "à des mesures unilatérales qui entraîneraient une escalade supplémentaire des tensions".

Antony Blinken avait rencontré le président Mahmoud Abbas en Cisjordanie occupée à la fin du mois de janvier, au terme d'une intense séquence diplomatique où il s'est efforcé d'appeler à une désescalade entre Israéliens et Palestiniens.

Prévue de longue date, cette tournée avait pris une tournure différente à cause d'un regain de violences meurtrières israélo-palestiniennes.


Liban: deux morts dans une frappe israélienne sur l'est du pays

Des véhicules de la FINUL passent devant les décombres de bâtiments détruits dans le village de Yaroun, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 19 février 2025. (AFP)
Des véhicules de la FINUL passent devant les décombres de bâtiments détruits dans le village de Yaroun, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 19 février 2025. (AFP)
Short Url
  • Au moins deux personnes ont été tuées mardi dans une frappe israélienne dans l'est du Liban, où Israël continue de mener des bombardements contre le Hezbollah pro-iranien
  • "Un drone ennemi a mené une attaque aérienne sur la localité de Chaara, dans la région de Janta (...) faisant deux morts et deux blessés", a indiqué l'Agence nationale d'information (ANI)

BEYROUTH: Au moins deux personnes ont été tuées mardi dans une frappe israélienne dans l'est du Liban, où Israël continue de mener des bombardements contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé l'agence de presse officielle libanaise.

"Un drone ennemi a mené une attaque aérienne sur la localité de Chaara, dans la région de Janta (...) faisant deux morts et deux blessés", a indiqué l'Agence nationale d'information (ANI).

L'armée israélienne a déclaré dans un communiqué avoir "frappé des terroristes du Hezbollah" qui "avaient été identifiés en train d'opérer au sein d'une installation de production et de stockage d'armes stratégiques du Hezbollah".

Elle a estimé que l'activité sur le site ciblé mardi "constitue une violation flagrante des accords de cessez-le-feu".

Le Hezbollah et Israël s'accusent mutuellement de violer l'accord de trêve qui a mis fin à leur guerre le 27 novembre.

Le mouvement chiite a été considérablement affaibli lors de ce conflit, Israël ayant détruit une grande partie de son arsenal et tué nombre de ses dirigeants, le laissant isolé sur la scène politique libanaise.

Après l'expiration de la date limite pour se retirer du sud du Liban, aux termes de l'accord de cessez-le-feu, Israël a maintenu sa présence dans cinq points "stratégiques" à la frontière, ce qui a été dénoncé par le Liban et le Hezbollah.


Le chef de l'opposition israélienne propose que l'Égypte assume la responsabilité de Gaza

 Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio (R) serre la main du leader de l'opposition israélienne Yair Lapid à Jérusalem le 16 février 2025. (Photo par Evelyn Hockstein / POOL / AFP)
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio (R) serre la main du leader de l'opposition israélienne Yair Lapid à Jérusalem le 16 février 2025. (Photo par Evelyn Hockstein / POOL / AFP)
Short Url
  • « La solution consiste à confier à l'Égypte la gestion de la bande de Gaza pour une durée de huit ans, avec une option de prolongation jusqu'à quinze ans », a déclaré l'ancien Premier ministre israélien.
  • « L'Égypte dirigera une force de paix en partenariat avec les États du Golfe et la communauté internationale pour la gestion et la reconstruction de Gaza », selon M. Lapid.

WASHINGTON : Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, a proposé  mardi que l'Égypte assume la responsabilité de la bande de Gaza pour huit ans une fois la guerre entre Israël et le Hamas terminée, en échange d'un allégement massif de sa dette.

« La solution consiste à confier à l'Égypte la gestion de la bande de Gaza pour une durée de huit ans, avec une option de prolongation jusqu'à quinze ans », a déclaré l'ancien Premier ministre israélien devant un cercle de réflexion à Washington.

« Dans le même temps, sa dette extérieure sera remboursée par la communauté internationale et les alliés régionaux », a-t-il dit, en faisant valoir la situation économique en Égypte, qui est « au bord du gouffre », et le risque d'une déstabilisation de ce pays qui pourrait « tomber aux mains des Frères musulmans ou pire ».

« L'Égypte dirigera une force de paix en partenariat avec les États du Golfe et la communauté internationale pour la gestion et la reconstruction de Gaza », dévasté par la guerre provoquée par l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, a poursuivi M. Lapid devant la « Fondation pour la défense des démocraties (FDD) ».

Il a ajouté que cela permettrait de créer les conditions d'une « autogestion » dans la bande de Gaza, actuellement contrôlée par le Hamas, qui deviendrait ainsi « totalement démilitarisée ».

Selon lui, ce plan n'est pas « en contradiction » avec celui du président américain Donald Trump, qui a proposé de prendre le contrôle du territoire palestinien et d'y déplacer ses 2,4 millions d'habitants, en Jordanie et en Égypte.

Son projet a suscité un tollé international, mais Israël l'a soutenu.

« Il convient de noter que la proposition ne contredit pas l'idée présentée par le président Trump selon laquelle les États-Unis et la communauté internationale reconstruiront Gaza », a ainsi affirmé M. Lapid.

« Bien au contraire. Elle crée les conditions nécessaires à la reconstruction de Gaza. »

Il suggère également que « l'Égypte prenne le contrôle de la bande de Gaza par le biais d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, y compris la sécurité intérieure et les affaires civiles ».

Des pays du Golfe, l'Égypte et la Jordanie ont tenu vendredi dernier un sommet « informel » à Ryad pour discuter d'un plan alternatif au projet de Donald Trump, mais très peu de détails ont filtré.

Un autre sommet arabe est prévu en Égypte le 4 mars.

Selon l'ONU, le coût de la reconstruction de la bande de Gaza est estimé à plus de 53 milliards de dollars.

Une trêve fragile entre Israël et le Hamas est en vigueur dans le territoire palestinien depuis le 19 janvier.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a suspendu samedi la libération de 620 prisonniers palestiniens, prévue par l'accord, qui devait suivre celle de six otages israéliens par le Hamas.


« Peut-être la dernière chance » pour la solution à deux États, israélien et palestinien, estime l'ONU

Bâtiment des Nations unies et drapeaux (Photo iStock)
Bâtiment des Nations unies et drapeaux (Photo iStock)
Short Url
  • Les transformations en cours au Proche-Orient représentent « peut-être notre dernière chance » d'aboutir à la solution à deux États, israélien et palestinien, a estimé mardi une responsable de l'ONU.
  • « Les peuples de la région peuvent sortir de cette période dans la paix, la sécurité et la dignité. Mais cela peut aussi être notre dernière chance de parvenir à la solution à deux États », a-t-elle averti.

NATIONS -UNIES:  Les transformations en cours au Proche-Orient représentent « peut-être notre dernière chance » d'aboutir à la solution à deux États, israélien et palestinien, a estimé mardi une responsable de l'ONU. Elle a notamment mis en garde contre les appels à l'annexion de la Cisjordanie occupée.

« Le Moyen-Orient vit aujourd'hui une transformation rapide, à l'ampleur et l'impact incertains, mais qui représente une opportunité historique », a déclaré devant le Conseil de sécurité Sigrid Kaag, émissaire de l'ONU pour le processus de paix dans la région.

« Les peuples de la région peuvent sortir de cette période dans la paix, la sécurité et la dignité. Mais cela peut aussi être notre dernière chance de parvenir à la solution à deux États », a-t-elle averti.

Dans ce contexte, la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, les opérations militaires israéliennes dans ce territoire palestinien occupé, ainsi que les « appels à l'annexion » représentent une « menace existentielle » pour la perspective d'un État palestinien viable et indépendant, et donc pour la solution à deux États, a-t-elle insisté.

La reprise des hostilités à Gaza doit par ailleurs être évitée à tout prix, a-t-elle ajouté, appelant les parties à conclure les négociations sur la deuxième phase de l'accord de trêve.

La résolution du conflit ne pouvant être que « politique », la communauté internationale doit s'assurer que « Gaza reste une partie intégrante d'un futur État palestinien » et que l'unité de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, soit assurée.

« Il ne peut être question de déplacements forcés », a enfin affirmé Sigrid Kaag, alors que le président américain Donald Trump a dévoilé un plan qui envisage une prise de contrôle de Gaza et le déplacement de sa population hors du territoire.

« Les Palestiniens doivent pouvoir reprendre leur vie, reconstruire et construire un avenir pour Gaza », a-t-elle plaidé.

Selon une première estimation rapide de l'ONU, de la Banque mondiale et de l'UE, le coût de la reconstruction de la bande de Gaza ravagée par l'offensive israélienne en représailles après l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 s'élèverait à 53 milliards de dollars.