Dix-huit ans de réclusion pour l'ex-djihadiste toulousain Jonathan Geffroy

Une photo prise le 19 janvier 2011 à Paris, montre la façade du Palais de Justice. (Photo, AFP)
Une photo prise le 19 janvier 2011 à Paris, montre la façade du Palais de Justice. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 24 janvier 2023

Dix-huit ans de réclusion pour l'ex-djihadiste toulousain Jonathan Geffroy

  • Le parquet avait requis sept ans de prison, assortis d'une période de sûreté des deux tiers à son encontre
  • La cour s'est montrée en revanche plus clémente pour Latifa Chadli, 40 ans, l'épouse marocaine de Jonathan Geffroy, qui a été condamnée à cinq ans de prison

PARIS: Djihadiste repenti ou "opportuniste" ? La cour d'assises spéciale de Paris a tranché lundi pour la deuxième option en condamnant l'ex-combattant de l'organisation Etat islamique (EI) Jonathan Geffroy à 18 ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers pour association de malfaiteurs terroriste (AMT).

La cour présidée par Christophe Petiteau a suivi à la lettre les réquisitions du Parquet national antiterroriste (Pnat) qui avait mis en doute la sincérité du repentir de ce Toulousain converti de 40 ans qui avait rejoint la Syrie en février 2015 avec sa femme, jugée à ses côtés également pour AMT, et leur fils, alors âgé de deux mois.

La cour s'est montrée en revanche plus clémente pour Latifa Chadli, 40 ans, l'épouse marocaine de Jonathan Geffroy, qui a été condamnée à cinq ans de prison dont trois assortis du sursis probatoire.

Le parquet avait requis sept ans de prison, assortis d'une période de sûreté des deux tiers à son encontre.

Ayant déjà purgé deux ans de détention provisoire, Mme Chadli, qui comparaissait libre, ne retournera pas en prison.

Présentes à l'audience, les deux soeurs de Mme Chadli ont accueilli ce verdict avec des larmes de joie.

Jonathan Geffroy et Latifa Chadli encouraient tous les deux 30 ans de réclusion.

La mère de Jonathan Geffroy, Denise P., jugée pour financement d'entreprise terroriste après avoir envoyé plus de 18.000 euros à son fils quand il se trouvait en zone irako-syrienne, a été condamnée à trois ans de prison avec sursis. Elle encourait 10 ans de prison.

Poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste et abandon de mineur - pour avoir emmené son fils dans une zone de guerre -, Jonathan Geffroy avait mis en avant sa collaboration avec les autorités françaises, dès novembre 2016, alors qu'il se trouvait encore à Raqqa, un des fiefs de l'EI.

"Vie de pacha" 

Mais les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui ont témoigné à la barre et l'avocate générale du Pnat ont minimisé l'importance des informations données par Jonathan Geffroy aux autorités, dont le projet de l'organisation islamiste d'envoyer des enfants-soldats en Europe pour y commettre des opérations suicide.

"Jonathan Geffroy est un opportuniste qui voulait vivre une vie de pacha" en zone irako-syrienne, a estimé l'avocate générale dans ses réquisitions. S'il a décidé de quitter l'Etat islamique c'est "parce que la situation sur zone était devenue très difficile", a-t-elle insisté.

Vendredi, lors de son interrogatoire, l'ex-djihadiste, en détention provisoire depuis septembre 2017, avait expliqué sans faux-semblants son parcours au sein de l'EI.

"Quand j’arrive en Syrie, je suis fier d’être sur place", avait-il admis.

"J’avais mis sur un piédestal l’Etat islamique parce qu’ils avaient conquis beaucoup de territoires. Cette dimension de puissance m’a nourri. Je suis complètement sous leur emprise à cette période-là. Fier. Fier d’avoir des armes. Je me sens bien, je rencontre des gens du monde entier qui pensent comme moi. Je suis dans une utopie totale", avait-il reconnu.

"Je les ai rejoints, donc j’ai une responsabilité. On ne se retrouve pas dans l’Etat islamique sans aimer certains traits de l’Etat islamique", avait-il dit avec une rare franchise.

"Avant le 14 juillet 2016 (date de l'attentat de Nice, ndlr), je ne regardais pas la vérité en face", avait-il ajouté. Cet attentat a marqué "une rupture", avait-il expliqué à la cour. A ce moment là, "je prends conscience de qui ils sont".

Après sa fuite de Syrie et son interpellation par l'Armée syrienne libre (ASL) en février 2017, puis sa remise aux autorités françaises en septembre de la même année, il continue de parler aux enquêteurs. Mais sans convaincre.

"J’ai toujours été coopératif avec les services de renseignement, avec le juge d’instruction (...). Je ne peux pas faire plus que ce que j'ai fait", avait-il dit.

 

 


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.