Algérie: Fouad Bousetouane, un parcours jusqu'au sommet dans le monde de l'intelligence artificielle

Fouad Bousetouane, directeur exécutif au Research Center for Artificial Intelligence de la société américaine Grainger (Photo, Facebook: Fouad Bensetouane).
Fouad Bousetouane, directeur exécutif au Research Center for Artificial Intelligence de la société américaine Grainger (Photo, Facebook: Fouad Bensetouane).
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Algérie: Fouad Bousetouane, un parcours jusqu'au sommet dans le monde de l'intelligence artificielle

  • Depuis son plus jeune âge, Fouad Bensetouane sait à quoi il est destiné
  • «Les mathématiques, c’est l’ingénierie de la philosophie» 

BUENOS AIRES: Fouad Bousetouane, directeur exécutif au Research Center for Artificial Intelligence de la société américaine Grainger et étoile montante de l’IA, continue de briller dans son domaine de prédilection.

L’Algérien, qui à tout juste 35 ans présidera au mois de janvier le premier congrès international sur l’intelligence artificielle, a accepté de discuter de son parcours ainsi que de ses futurs projets avec Arab News en français. 

Depuis son plus jeune âge, Fouad Bensetouane sait à quoi il est destiné. Soutenu par des parents qui ont nourri sa curiosité scientifique et culturelle, il entre à l’école coranique à Annaba, où il est très tôt attiré par l’aspect scientifique de la spiritualité. 

C’est à partir de là que grandit de façon exponentielle sa passion pour l’astronomie, les astres et le fonctionnement des objets célestes.

A l’école primaire, il choisit l’anglais en deuxième langue, ce qui lui permet de disposer d’un choix plus large d’ouvrages scientifiques. Il y développe un intérêt accru pour la robotique et le fonctionnement du cerveau humain. 

À l’époque, le jeune homme explique que sa perception des mathématiques devient «plus mature». Parmi les auteurs qui ont influencé sa réflexion, des écrivains, des scientifiques et des philosophes. 

Il lit les œuvres scientifiques d’Alan Turing et dévore les livres de l’écrivain Isaac Asimov qu’il considère être un visionnaire. 

« La façon qu’a Asimov de prédire l’avenir, d’essayer de donner une abstraction aussi élevée à la définition de la robotique, un robot qui rêve, un robot qui développe des émotions m’a inspiré» . 

Ces lectures motivent les recherches du jeune bachelier quasiment autodidacte.  Le jeune homme explique avoir investi en lui-même afin d’aiguiser sa vision objective et son processus de réflexion. 

Pour cela, Bousetouane se tourne également vers la philosophie, il cite entre autres le penseur algérien Malek Bennabi; « C’est l’un des rares écrivains à posséder la capacité de convertir des concepts sociaux intellectuels en équation mathématiques ». 

«Les mathématiques, c’est l’ingénierie de la philosophie» 

Durant ses études supérieures, celui qui n’a pas encore sa licence, retourne vers sa passion d’enfance et convertit son projet de soutenance en article scientifique sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’analyse des données satellitaires. 

Questionné sur les possibles axes d’amélioration de ce domaine de recherche dans le Maghreb, la réponse de Bousetouane est nuancée. 

Le chercheur aux multiples brevets estime que la redirection de l’enseignement vers l’anglais est un atout dans la mesure où la maîtrise de cette langue permet l’accès à des données plus approfondies dans de nombreuses disciplines scientifiques. 

Et d’ajouter « sur le long terme, il faut créer un écosystème qui valorise l’excellence et la compétence. Et ce, en s’inspirant de modèles éducatifs étrangers qui valorise la créativité et la pratique, notamment par le biais d’ateliers éducatifs pour que les jeunes se familiarisent avec la technologie. Les frontières entre la recherche et l’ingénieure est infime, la pratique devient nécessaire ». 

Responsabiliser les jeunes 

Fouad Bousetouane a démontré que l’IA, notamment la reconnaissance des formes, peut contribuer à simplifier la vie dans plusieurs domaines, néanmoins elle doit être appréhendée avec précaution, voir parcimonie. 

« Le monde va changer. Les parents doivent responsabiliser leurs enfants au bon usage de cette technologie » explique le scientifique. 

« Le Metaverse, par exemple, va nous immerger dans une réalité virtuelle, qui peut être innovante dans le domaine de l’enseignement. Néanmoins, il faut savoir trouver l’équilibre dans cet usage, car l’immersion abusive dans ces mondes virtuels peut contribuer au développement de troubles mentaux chez la jeune génération ». 

À ce propos, le responsable tient à assurer qu’il existe toute une légifération autour de l’utilisation de cette technologie, affirmant que les gouvernements se penchent de plus en plus sur la nécessité  d’assurer cet équilibre entre la technologie qui devient omniprésente et les valeurs de la société. 

« L'objectif des chercheurs n’a jamais été de créer des machines incontrôlables. On ne donne pas l’autonomie à 100% à une machine, même si on pourrait » commente-t-il. 

Cependant, ces restrictions sur les technologies de pointe peuvent être néfaste aux progrès réalisés par des chercheurs qui tentent de mettre en place «des logiciels qui ont un impact positif dans notre vie quotidienne, comme par exemple, un logiciel qui permettrait de détecter le cancer à un stade précoce », déplore Fouad Bousetouane. 

Un congrès ambitieux 

Concernant le congrès international qui se déroulera en janvier à Hawaï, le docteur Bousetouane a réitéré sa volonté d’exporter ces nouvelles technologies au reste du monde. 

Pour arriver à démocratiser l’intelligence artificielle, le pari pour Bousetouane est d’investir dans un processus de transfert des connaissances vers des modèles simples utilisables par tous. 

«Nous sommes en train de développer des logiciels très complexes, qui exigent un investissement énorme qu’uniquement des firmes telles qu'Amazon ou encore Nvidia peuvent se permettre. Par exemple, pour un modèle composé de 175 milliards de paramètres, il faut investir 10 millions de dollars». 

Ainsi, cela permettra de transférer de la connaissance apprise par ses grands modèles et les «distiller» pour les embarquer dans des modèles très simples qui vont coûter quelques centaines de dollars pour être utilisés dans des applications médicales, sociales, etc.

«Ce défi reste technique, ça fait plus d’un an que nous nous attelons à en faire une réalité» a conclu Fouad Bousetouane. 

Cet événement verra la présence des géants de la technologie de l'intelligence artificielle telles que Grainger, Amazon, Google, Intel, ou encore Nvidia.

Bien qu'il ait fait la part de chemin qu’on lui reconnaît dans son milieu, le bonois basé à Chicago et qui est à l’origine de cette initiative n’en est qu’au début d’une carrière qui s’annonce prometteuse. 


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.