Caricatures: en visite au Caire, Le Drian plaide "l'apaisement"

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian au Caire, le 8 novembre 2020 (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian au Caire, le 8 novembre 2020 (AFP)
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Publié le Lundi 09 novembre 2020

Caricatures: en visite au Caire, Le Drian plaide "l'apaisement"

  • Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a plaidé l'apaisement dimanche au Caire
  • "J'ai rappelé et je rappelle ici le profond respect que nous avons pour l'islam"

LE CAIRE: Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a plaidé l'apaisement dimanche au Caire, assurant le monde musulman du respect de la France, malgré des "divergences" avec l'institution sunnite Al-Azhar au sujet des caricatures du prophète Mahomet.

"J'ai rappelé et je rappelle ici le profond respect que nous avons pour l'islam", a dit le ministre français au cours d'une conférence de presse dans le cadre d'une visite d'apaisement et d'explication au sujet des caricatures.

"Ce que nous combattons c'est le terrorisme, c'est le détournement de la religion, c'est l'extrémisme", a-t-il ajouté en assurant qu'il venait "expliquer, si besoin était, ce combat" ainsi que "le combat (pour le) respect de la liberté de croire".

M. Le Drian s'est entretenu pendant deux heures et demie avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Il a ensuite tenu une réunion avec son homologue Sameh Choukry. 

Sa visite intervient peu après le déclenchement d'une controverse sur la publication de caricatures du prophète Mahomet.

Le président français Emmanuel Macron avait défendu la liberté de caricaturer, promettant de ne pas "renoncer aux caricatures", lors d'un hommage national au professeur Samuel Paty, décapité par un islamiste le 16 octobre, pour avoir montré des caricatures du prophète.

Dans certains pays à majorité musulmane, des fidèles ont réagi avec colère aux propos de M. Macron dont des portraits ont été brûlés lors de manifestations et une campagne a été lancée pour boycotter les produits français.

M. Le Drian a également rencontré le grand imam d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, qui avait vivement critiqué la France peu après les propos de M. Macron, en assimilant la position de Paris à un "appel à la haine".

Début octobre déjà, Al-Azhar avait jugé "raciste" le discours de M. Macron contre le "séparatisme islamiste".

Dimanche, M. Tayeb a réitéré sa critique de la position française de défense de la liberté d'expression.

"Inacceptable" 

"Insulter le prophète est complètement inacceptable et nous poursuivrons quiconque manque de respect envers notre prophète devant les tribunaux internationaux", a écrit l'institution religieuse dans un communiqué à l'occasion de la visite du ministre français.

Ce dernier a reconnu à l'issue de l'entretien avoir "constaté de nombreux points de  divergences". "Le grand imam a proposé de travailler ensemble à cette convergence commune (...) car c'est ensemble que nous devons combattre le fanatisme", a-t-il ajouté.

Le président Sissi avait simplement défendu, dans un discours à l'occasion de l'anniversaire du prophète Mahomet le 28 octobre "les valeurs religieuses" rejetant les "insultes au prophète". 

Par ailleurs, le ministre français a également évoqué le dossier libyen au cours de ses entretiens dimanche. "Les évolutions des dernières semaines vont dans le bon sens", a-t-il dit en référence à l'accord de cessez-le-feu en Libye signé le 23 octobre et l'organisation du dialogue politique inter-libyen.

"Nous avons les mêmes analyses et les mêmes exigences (que les Egyptiens)", a-t-il dit en citant la demande du départ des mercenaires étrangers et le respect de l'embargo sur les armes des Nations unies.

Le conflit israélo-palestinien et les tensions en Méditerranée orientale ont aussi été abordés. 

Interrogé sur la présence de prisonniers de conscience en Egypte, M. Le Drian a répondu qu'il avait évoqué la question avec le président égyptien. 

Son homologue Sameh Choukry a répondu qu'il "n'y a pas de détention arbitraire, il y a des détentions en application de la loi". "L'Egypte est un Etat de droit", a-t-il dit.

Selon des ONG de défense des droits humains, l'Egypte compte environ 60.000 prisonniers politiques.

Les relations sont au beau fixe entre Paris et Le Caire, où M. Le Drian effectue sa 19e visite ministérielle depuis 2012. Le ministre s'y est d'abord rendu comme ministre de la Défense, puis neuf fois comme chef de la diplomatie française. 

M. Le Drian doit ensuite se rendre au Maroc, où il s'entretiendra lundi avec plusieurs hauts responsables du royaume.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.