Frontières et terrorisme: la France propose une «loi européenne»

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a proposé de nouvelles règles strictes pour combattre l’idéologie jihadiste et resserrer les frontières extérieures de l’Europe à la suite des attentats terroristes meurtriers à Vienne et à Nice (Photo, AFP).
Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a proposé de nouvelles règles strictes pour combattre l’idéologie jihadiste et resserrer les frontières extérieures de l’Europe à la suite des attentats terroristes meurtriers à Vienne et à Nice (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 07 novembre 2020

Frontières et terrorisme: la France propose une «loi européenne»

  • Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a lancé l’idée d’introduire une « loi européenne » lors d’une réunion bilatérale à Rome
  • « La lutte contre le terrorisme est un combat contre l’idéologie, non pas contre la religion ou l’Islam, que nous respectons entièrement », affirme M. Darmanin

ROME: La France a proposé de nouvelles règles strictes pour combattre l’idéologie djihadiste et resserrer les frontières extérieures de l’Europe à la suite des attentats terroristes meurtriers à Vienne et à Nice.

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a lancé l’idée d’introduire une « loi européenne » lors d’une réunion bilatérale à Rome avec son homologue italienne, Luciana Lamorgese.

Il a également appelé à mettre en place des mesures pour bloquer les sites Web qui soutiennent le Djihad afin de permettre à la police d’effectuer des enquêtes et des contrôles.

« La lutte contre le terrorisme est un combat contre l’idéologie, non pas contre la religion ou l’Islam, que nous respectons entièrement », affirme M. Darmanin lors d’une conférence de presse.

Il a déclaré que toute l’Europe « devrait être impliquée dans ce combat » et a appelé à ce que le traité de Schengen sur la libre circulation au sein de l'UE soit « rétabli et révisé ».

Le ministre français a ajouté qu’ « il ne s’agit pas de bloquer la libre circulation pour les citoyens européens mais de renforcer le système de contrôle aux frontières extérieures ».

Il a souligné que toute révision des accords de Schengen devrait inclure « une gouvernance commune » pour les ministres de l'Intérieur de l'UE, similaire à celle qui existe déjà pour les ministres des Finances.

M. Darmanin a ajouté que le terrorisme est « un problème européen. La France ne peut pas le combattre toute seule. C’est pour cela que nous avons besoin d’une loi européenne, et nous y travaillons ».

Il a précisé que la guerre contre le terrorisme visait « l’idéologie du fondamentalisme islamique » et non la religion. « Être musulman et européen n’est pas incompatible.  Cela fait 30 ans que des actes terroristes sont commis au nom de l’Islam en France, et nous devons mettre fin à cela ».

M. Darmanin a communiqué au gouvernement italien « la gratitude du président Macron et des institutions françaises » pour la coopération des enquêteurs italiens après l’attentat de Nice.

L’assaillant de Nice, Brahim Aoussaoui, un tunisien de 21 ans qui a tué un homme et deux femmes dans une église de cette ville française du sud, avait atterri sur l’île sicilienne de Lampedusa à la fin du mois de septembre et s’était rendu en France début octobre.

Le ministre italien des Affaires Étrangères, Luigi Di Maio, a demandé à l’UE d’envisager un Patriot Act à l’américaine afin de stimuler les efforts anti-terrorisme.

Mme Lamorgese a indiqué que l’Italie et la France avaient convenu que des brigades mixtes formées par la police des deux pays contrôleraient les frontières entre les deux nations pendant les six prochains mois. « La libre circulation est garantie, notre lutte est contre le terrorisme et l'immigration illégale », a-t-elle ajouté.

Elle a également révélé que des navires et avions italiens patrouilleraient  dans les eaux internationales de la Tunisie pour signaler aux autorités du pays d’Afrique du Nord tout départ de bateaux ou de canots pneumatiques transportant des migrants clandestins qui tentent d'atteindre Lampedusa et la Sicile.

« Ce plan comprend le déploiement de forces navales et aériennes qui peuvent avertir le garde-côte de tout départ afin que les autorités tunisiennes puissent intervenir, dans leur autonomie totale. Bien entendu, pour que ce plan soit opérationnel, une adhésion totale de la Tunisie sera nécessaire », explique Mme Lamorgese.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.