L'Irak rapatrie 50 djihadistes de l'EI détenus en Syrie par des forces kurdes

Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) se déploient autour de la prison de Ghwayran dans la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 25 janvier 2022. (Photo, AFP)
Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) se déploient autour de la prison de Ghwayran dans la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 25 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 01 juin 2022

L'Irak rapatrie 50 djihadistes de l'EI détenus en Syrie par des forces kurdes

  • L'Irak n'a de cesse de mettre en garde contre la menace que constitue l'EI dans le nord-est de la Syrie
  • Les djihadistes « seront remis à l'agence de renseignements du ministère de l'Intérieur qui va les interroger et prendre à leur encontre toutes les mesures juridiques nécessaires»

BAGDAD : Les autorités irakiennes ont rapatrié 50 combattants irakiens du groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui étaient détenus par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, ont annoncé mercredi les services de sécurité à Bagdad.

L'Irak n'a de cesse de mettre en garde contre la menace que constitue l'EI dans le nord-est de la Syrie. En janvier, des dizaines de djihadistes avaient attaqué la prison de Ghwayran avant que les forces kurdes ne reprennent le contrôle de la prison au terme de plusieurs jours de combats qui ont fait des centaines de morts.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) --alliance de combattants kurdes et arabes-- "ont livré 50 éléments du groupe terroriste EI via le poste-frontière de Rabia", selon un communiqué du commandant adjoint des Opérations conjointes.

Cette instance irakienne coordonne l'action des différentes forces de sécurité et collabore avec la coalition internationale antidjihadistes emmenée par Washington.

Les djihadistes "seront remis à l'agence de renseignements du ministère de l'Intérieur qui va les interroger et prendre à leur encontre toutes les mesures juridiques nécessaires", ajoute le communiqué.

Les rapatriés sont des "combattants" irakiens, selon un haut responsable militaire à Bagdad. En décembre, le pays a rapatrié 100 djihadistes, plusieurs opérations similaires ayant déjà eu lieu par le passé.

Au total, "3 500 détenus irakiens" se trouvent dans les prisons kurdes syriennes, a indiqué à l'AFP le haut responsable militaire.

Il y a aussi dans le camp de déplacés syrien d'Al-Hol environ 30 000 Irakiens, dont 20 000 enfants. Mais contrairement aux pays occidentaux qui organisent des rapatriements au compte-goutte, l'Irak a déjà récupéré plus de 450 familles.

Fin 2017, l'Irak a proclamé sa "victoire" contre les djihadistes qui avaient conquis près d'un tiers du pays en 2014.

L'Irak a déjà poursuivi en justice des milliers de ses ressortissants pour appartenance à l'EI, crime passible de la peine de mort selon une loi antiterroriste.

Malgré sa mise en déroute, l'EI "a maintenu sa capacité à lancer des attaques à un rythme régulier", reconnaissait un rapport onusien publié en janvier 2022.

"Exploitant la frontière poreuse" entre l'Irak et la Syrie, l'organisation djihadiste conserverait "entre 6 000 et 10 000 combattants dans ces deux pays, où elle forme des cellules et entraîne des agents", selon ce rapport.

L'Irak construit actuellement un mur en béton sur une partie de sa frontière avec la Syrie pour empêcher l'infiltration de djihadistes.


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.