Des patients incapables de payer leur hospitalisation au Liban

Un bureau de change compte des billets en dollars américains à côté de livres libanaises dans un bureau de change à Beyrouth, au Liban, le 24 mai 2022 (Photo, Reuters).
Un bureau de change compte des billets en dollars américains à côté de livres libanaises dans un bureau de change à Beyrouth, au Liban, le 24 mai 2022 (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 28 mai 2022

Des patients incapables de payer leur hospitalisation au Liban

  • Un responsable de la Croix-Rouge met en garde contre le manque de médicaments
  • L'agence de notation américaine Fitch a averti que la sortie du Liban du défaut de paiement de sa dette restait difficile après des élections parlementaires non concluantes

BEYROUTH: La crise du taux de change du dollar au Liban empêche les patients de payer leur hospitalisation, le taux de change au marché noir ayant atteint 37 000 livres libanaises vendredi.

Des médecins, des patients et des propriétaires d'hôpitaux, qui ont manifesté jeudi à proximité des ministères et de la Banque centrale dans la rue Hamra, ont demandé que les comptes en dollars des hôpitaux et des médecins soient débloqués et ont prévenu que la situation allait évoluer.

Le secrétaire général de la Croix-Rouge, Georges Kettaneh, a déclaré qu'il était important de «penser davantage à sécuriser les médicaments pour les maladies graves et chroniques car la situation est devenue très alarmante».

Il a ajouté que les bénévoles de la Croix-Rouge ont parfois remarqué que les patients transportés à l'hôpital étaient en mauvais état, parce qu'ils ne trouvaient pas les médicaments dont ils avaient besoin.

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Des travailleurs enlèvent des sections de la barrière en béton à l'entrée du parlement (Photo, AFP).

La couverture médicale disponible par le biais de la sécurité sociale et d'autres institutions d'assurance ne garantit plus qu'une fraction des dépenses médicales. Auparavant, elle couvrait entre 75 et 100 % des frais.

Mohammed Karaki, directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale, a averti: «Les hôpitaux privés insinuant qu'ils pourraient demander aux patients de payer l'intégralité de la facture de l'hôpital et percevoir eux-mêmes le montant par la suite auprès des compagnies d'assurance constituent une intimidation inappropriée.»

Les hôpitaux protestent contre leur incapacité à collecter des fonds auprès des banques et, par conséquent, leur incapacité à fournir des services médicaux aux patients couverts par les assurances.

«Les tarifs d'assurance et tous les autres acteurs de l'assurance ne peuvent plus se conformer à la réalité dans les circonstances actuelles. Toutefois, diverses idées sont envisagées, notamment la possibilité d'arrêter la fourniture de médicaments dans le but de se concentrer sur l'hospitalisation pour garantir les prix réels, de sorte que les hôpitaux ne facturent pas des frais supplémentaires aux patients, sauf dans les cas prévus par la loi», a indiqué Karaki.

La crise économique actuelle modifie également le paysage des quartiers de Beyrouth et de sa banlieue.

De nombreux magasins ont préféré être dans l'obscurité plutôt que d'avoir un abonnement à un générateur parce qu'ils ne pouvaient pas couvrir son coût à cause de la baisse des ventes, a révélé une personne.

Les gens doivent acheter de l'eau dans des citernes privées en raison des pannes. Mais les propriétaires de citernes facturent leurs clients en dollars compte tenu du coût de l'essence.

Jeudi et vendredi, des grèves et des protestations ont été organisées par le personnel du secteur médical et des soins de santé, des patients, des chauffeurs de taxi, des propriétaires de boulangeries, ainsi que des prestataires de la sécurité et de l'armée, qui protestaient contre la politique monétaire qui avait amené le Liban au point de rupture.

Les hôpitaux ont poursuivi leurs grèves vendredi et ont suspendu tous les services, à l'exception des admissions d'urgence.

Les chauffeurs de taxi ont bloqué les routes sur le pont Ring, au cœur de Beyrouth, paralysant les intersections entre l'est et l'ouest de la capitale, pour protester contre la flambée des prix de l'essence et du diesel.

Ces prix dépassent la capacité du grand public, ce qui entraîne des coupures de courant supplémentaires dans les foyers qui dépendent des abonnements aux générateurs diesel pour assurer un éclairage minimal.

La facture mensuelle est maintenant facturée en dollars et s'élève à au moins 40 dollars.

Les propriétaires de boulangeries ont manifesté devant le ministère de l'économie pour demander que le blé soit assuré pour les moulins et que le prix d'un paquet de pain soit proportionnel au taux de change.

Un paquet de pain de taille moyenne valait 15 000 LBP vendredi.

«Le prix d’un paquet de pain a été soumis au taux de change élevé du dollar», a affirmé Antoine                             Saïf, chef du syndicat des propriétaires de boulangeries au Mont-Liban.

Les stations-service ont été fermées vendredi et le syndicat des propriétaires a appelé à une manifestation pour exiger une solution radicale à la situation actuelle, car il ne peut plus supporter les lourdes pertes.

Georges Brax, porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, a déclaré que les banques ne cessaient de retarder le paiement des cotisations en dollars des sociétés importatrices de pétrole, qui représentent le prix de l'essence importée, selon la plateforme Sayrafa.

Brax a affirmé que les banques continuaient également à retarder les autorisations préalables de la Banque centrale, ce qui aurait pour conséquence la poursuite du rationnement des livraisons de gaz sur le marché local par ces sociétés et une diminution de la disponibilité du gaz pour le consommateur dans les stations, malgré la présence de faibles quantités dans les entrepôts libanais.

«Cela entraînera sans aucun doute le retour de la crise, ce que personne ne souhaite», a-t-il prévenu.

Des discussions ont lieu au siège du Conseil économique et social pour étudier comment améliorer les revenus des personnes travaillant dans le secteur privé.

Les entités économiques et l'Union générale du travail discutaient de l'érosion du pouvoir d'achat et du fardeau de la vie en raison du taux de change élevé du dollar, a signalé Mohammed Choucair, chef des organes économiques.

Il a ajouté: «Nous nous dirigeons vers le renforcement de ces revenus.»

L'agence de notation américaine Fitch a averti que la sortie du Liban du défaut de paiement de sa dette restait difficile après des élections parlementaires non concluantes.

Dans un rapport, l'agence a souligné que la réalité actuelle compliquait davantage la capacité du pays à mettre en œuvre des réformes financières et économiques.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
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  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
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  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.