Les liens de Hunter Biden avec l’Ukraine de nouveau sous les feux des projecteurs

Hunter Biden est accusé d'utiliser la position de son père en tant que sénateur, vice-président et président à des fins lucratives par plusieurs responsables politiques américains, des médias et la Russie (Photo, Convention nationale démocrate/AFP).
Hunter Biden est accusé d'utiliser la position de son père en tant que sénateur, vice-président et président à des fins lucratives par plusieurs responsables politiques américains, des médias et la Russie (Photo, Convention nationale démocrate/AFP).
Hunter Biden est accusé d'utiliser la position de son père en tant que sénateur, vice-président et président à des fins lucratives par plusieurs responsables politiques américains, des médias et la Russie (Photo, AFP).
Hunter Biden est accusé d'utiliser la position de son père en tant que sénateur, vice-président et président à des fins lucratives par plusieurs responsables politiques américains, des médias et la Russie (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 28 mars 2022

Les liens de Hunter Biden avec l’Ukraine de nouveau sous les feux des projecteurs

  • La Russie affirme que le second fils de Joe Biden était directement impliqué dans les plans américains de déploiement d'armes de destruction massive
  • Selon un sondage, 66 % des électeurs potentiels estiment que les questions suscitées par la fuite des courriels de Hunter Biden sont « importantes »

CHICAGO : Lorsque le président américain Joe Biden a accusé lundi son homologue russe Vladimir Poutine de se préparer à utiliser des armes chimiques ou biologiques en Ukraine, il a involontairement levé le voile sur un scandale qui couve depuis longtemps et qui implique son fils, Hunter Biden.

Lors d'un point de presse à la Maison Blanche le 21 mars, le président Biden a déclaré que Poutine était « dos au mur » en Ukraine et qu'il pourrait orchestrer une opération « sous fausse bannière » pour justifier l'utilisation d'armes illégales contre des cibles civiles et militaires.

« Nous l'avons déjà vu auparavant », a déclaré le président Biden. « Il a mené beaucoup d'opérations sous fausse bannière. Chaque fois qu'il commence à évoquer quelque chose qu'il pense que l'OTAN, l'Ukraine ou les États-Unis sont sur le point de faire, cela signifie qu'il se prépare à le faire. »

Le Kremlin a répondu aux déclarations de Joe Biden en accusant son fils de contribuer à faciliter un programme d'armes biologiques en Ukraine, remettant ainsi sous les feux de la rampe les affaires douteuses de Hunter Biden lorsque son père était vice-président des États-Unis. Mais nous y reviendrons plus tard.

Les critiques conservateurs affirment que le second fils du président s'est associé à son oncle James Biden pour exploiter l'influence politique de Joe Biden, d'abord en tant que sénateur de longue date du Delaware, puis en tant que vice-président de Barack Obama pendant deux mandats, afin d'obtenir des contrats lucratifs en Ukraine − allégations que tous deux nient.

Peu de médias traditionnels ont publié cette histoire lorsqu'elle est apparue. Les géants des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter ont même bloqué les publications faisant référence à ces allégations, y compris les articles du New York Post, un journal à tendance conservatrice, avant l'élection de 2020.

La controverse a été rendue publique pour la première fois après que Hunter Biden a déposé son ordinateur portable personnel dans un magasin de réparation d'ordinateurs du Delaware en avril 2019 − le même mois où son père a officiellement lancé sa candidature à la présidence − mais a oublié de le récupérer.

Sur le plan juridique, l'ordinateur portable est devenu la propriété du patron du magasin, qui a récupéré son contenu, dont des milliers de courriels personnels de Hunter Biden, et l'a remis à des militants républicains.

Ces courriels, selon plusieurs comptes rendus publiés, comprennent les détails choquants d'un style de vie décadent, ainsi que des informations relatives aux contrats étrangers de plusieurs millions de dollars de Hunter Biden avec la Chine et l'Ukraine.

En 2014, Hunter Biden a rejoint l'entreprise publique ukrainienne de gaz naturel Burisma en tant que consultant à 1 million de dollars par an. Moins d'un mois après que son père, alors vice-président, ait visité l'Ukraine et rencontré les dirigeants de Burisma en avril de la même année, les contrats lucratifs ont commencé à affluer.

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Le vice-président américain de l'époque, Joe Biden, fait un geste de la main lors d’un discours le 22 juillet 2009 devant le peuple ukrainien à Kiev visant à réaffirmer le soutien des États-Unis aux ambitions du pays de s'intégrer davantage à l'Occident (Photo, AFP).

Burisma a été en proie à des accusations de corruption. En outre, les critiques affirment que Hunter Biden n'avait pas les qualifications nécessaires pour être consultant auprès de l'entreprise − à l'exception du fait que son père était vice-président et avait participé à l'élaboration de la politique de l'Ukraine.

Un diplomate américain de haut rang en poste à Kiev, dans un courriel classifié envoyé au département d'État en 2016, a averti que les transactions commerciales de Hunter Biden en Ukraine alors que son père était encore vice-président « sapaient » les efforts de lutte contre la corruption dans le pays.

Le courriel, daté du 22 novembre 2016, a été envoyé par George Kent, à l'époque chef de mission adjoint de l'ambassade américaine en Ukraine.

Il y détaillait une discussion sur une « saga » entourant l'affaire contre Mykola Zlochevsky, ancien ministre ukrainien des Ressources naturelles et fondateur de Burisma Holdings, selon le courriel.

Un rapport du New York Post du 4 octobre 2020, citant les courriels de l'ordinateur portable de Hunter Biden, affirme que Zlochevsky « a présenté le vice-président Joe Biden à un cadre supérieur de Burisma moins d'un an avant que l'aîné Biden ne fasse pression sur des responsables gouvernementaux en Ukraine pour qu'ils renvoient un procureur qui enquêtait sur la société ».

La rencontre est mentionnée dans un message d'appréciation que Vadym Pozharskyi, un conseiller du conseil d'administration de Burisma, aurait envoyé à Hunter Biden le 17 avril 2015, environ un an après que Hunter ait rejoint le conseil d'administration de Burisma.

En 2017, Hunter a également rejoint le conseil d'administration du fonds d'investissement privé basé en Chine, Bohai Harvest RST of Shanghai Equity Investment Fund Management Co. avec une participation de 10 %.

BHR a été fondé en 2013 par Bohai Industrial Investment Fund Management Co., qui est contrôlé par la Banque de Chine. Parmi ses fondateurs figure la société d'investissement de Hunter Biden, Rosemont Seneca Partners.

Il n'est pas rare que les enfants de puissants politiciens américains finissent par occuper des postes de premier plan où soient accusés de profiter de l'influence politique de leurs parents.

En Bref

« Beautiful Things », les mémoires de Hunter Biden publiées en 2021 par Gallery Books, ont été décrites comme étant à la fois une saga familiale, un récit de deuil et le cri d'un toxicomane.

Les fils et la fille du président Donald Trump ont constamment fait parler d'eux pour ce que les opposants appellent le « trafic d'influence » pendant et depuis son mandat.

Plusieurs enquêtes sont en cours sur les affaires des enfants de Trump, Ivanka et Donald Trump Jr, dont une lancée en janvier dernier par le procureur général de New York.

À leur tour, les républicains du Congrès ont présenté une résolution le 15 octobre 2019, qui fournissait des détails spécifiques extraits de l'ordinateur portable et ont exigé une enquête sur les transactions de Hunter Biden en Ukraine.

Dans les dernières semaines avant l'élection présidentielle de novembre 2020, le président Biden a rejeté les accusations portées contre son fils, estimant qu'elles n'étaient rien de plus que de la « désinformation russe » et « un ultime effort pour me salir, moi et ma famille ».

Cependant, le député républicain Darrell Issa du 50e district de Californie, qui a mené la bataille pour exposer le rôle de Hunter Biden en Ukraine et en Chine, a déclaré à Arab News qu'il y avait plus que suffisamment de preuves pour justifier une enquête du Congrès.

Issa a déclaré que les révélations pourraient être plus importantes que le Watergate, le scandale qui a fait tomber l'ancien président Richard Nixon en 1974.

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Lors d'un point de presse à la Maison Blanche le 21 mars, le président Biden a déclaré que Poutine était « dos au mur » en Ukraine et qu'il pourrait orchestrer une opération « sous fausse bannière » pour justifier l'utilisation d'armes illégales contre des cibles civiles et militaires (Photo, AFP).

« C'est le scandale que les Big Tech et le complexe industriel démocrate souhaitent voir disparaître », a déclaré Issa. « Ils savent ce qu'ils ont fait, et bien sûr, ils pensent qu'ils s'en sont sortis. C'est pourquoi il est essentiel que nous ne perdions pas l'occasion de demander des comptes. »

« Ce que je ne peux pas accepter, c'est le fait que Facebook, Twitter et les principaux acteurs médiatiques aient fait taire la vérité avec l'aide de plus de 50 personnes parmi les mieux informées du monde du renseignement, qui ont toutes conclu qu'il s'agissait de fausses informations. »

« C'est un complot de taille monumentale. C'est le scandale politique le plus conséquent depuis le Watergate, et il mérite une enquête au Congrès non moins robuste et non moins bipartisane que celle-là. »

Lorsque Joe Biden a accusé Moscou cette semaine de se préparer à utiliser des armes biologiques ou chimiques, les Russes sont entrés dans la mêlée de Hunter Biden, tirant parti des allégations de corruption pour accuser le fils du président américain de financer la production d'armes biologiques en Ukraine.

Igor Kirillov, responsable des défenses radiologiques, chimiques et biologiques au ministère russe de la Défense, a déclaré jeudi que Hunter Biden était directement impliqué dans les projets américains de déploiement d'armes de destruction massive en Ukraine.

Kirillov l'a accusé de financer « le programme d'armes biologiques du Pentagone en Ukraine » par le biais d'un fonds d'investissement, a rapporté l'agence de presse Sputnik International, soutenue par le Kremlin.

« Les matériaux reçus nous ont permis de retracer le schéma d'interaction entre les organes du gouvernement américain et les laboratoires biologiques ukrainiens », a déclaré Kirillov lors d'un point de presse.

« L'implication dans le financement de ces activités par des structures proches des dirigeants américains actuels, en particulier le fonds d'investissement Rosemont Seneca géré par Hunter Biden, attire l'attention. L'ampleur du programme est impressionnante. »

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Les médias libéraux ont rapidement pris la défense du président Biden après les allégations russes selon lesquelles l'USAID et le CDC, avec le soutien du philanthrope libéral George Soros, étaient responsables de la création de 31 laboratoires sur 14 sites en Ukraine (Photo, AFP). 

Citant une théorie du complot couramment utilisée par les médias russes soutenus par l'État, Kirillov aurait déclaré que l'USAID et le CDC, avec le soutien du philanthrope libéral George Soros, étaient responsables de la création de 31 laboratoires sur 14 sites en Ukraine.

Il n'existe aucune preuve crédible pour justifier cette affirmation.

Les médias libéraux ont rapidement pris la défense du président Biden à la suite des allégations russes. Julia Davis, une chroniqueuse du Daily Beast, a tweeté : « Si vous pensiez que la propagande russe était un jour "sophistiquée", je suis désolée de vous dire qu'elle a toujours été assez stupide. Elle l'est toujours. Voici leur dernière perle : Hunter Biden a financé des laboratoires biologiques en Ukraine. Fabriqué à la main pour Fox News. »

Cependant, les accusations de la Russie ont alimenté l'intérêt du public pour les activités de Hunter Biden en Ukraine. Selon un sondage Rasmussen publié cette semaine, 66 % des électeurs américains potentiels estiment que les questions suscitées par la fuite des e-mails de Hunter Biden sont « importantes ».

Ces allégations ont également ravivé la détermination des Républicains à faire pression en faveur d'une enquête, ce qui risque de coûter cher aux démocrates lors des élections de mi-mandat de novembre.

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Le député républicain Darrell Issa, du 50e district de Californie, qui a mené la bataille pour exposer le rôle de Hunter Biden en Ukraine et en Chine (Photo AN).

« Les Big Tech, les médias traditionnels et la communauté du renseignement de l'État profond des démocrates veulent soit réécrire l'histoire de leur collusion, soit l'effacer entièrement », a déclaré Issa à Arab News.

« Nous ne les laisserons pas faire. Ces lettres avertissent tout le monde : la vraie reddition de comptes va avoir lieu. Et nous ne nous arrêterons que lorsque toute la vérité sera dévoilée. »

« Nous savons déjà avec certitude que les Big Tech ont collaboré avec des médias parmi les plus puissants de la nation et des partisans démocrates parmi les plus influents de la communauté du renseignement pour supprimer la vérité, empêcher le public d'avoir accès à un journalisme fondé sur les faits, et couvrir les scandales de la famille Biden. »

La Maison Blanche n'a pas répondu aux demandes de commentaires d'Arab News.


Ukraine: Poutine est-il en train de gagner?

Le président russe Vladimir Poutine (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine (Photo, AFP).
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  • Face à lui, les dirigeants occidentaux ne cessent de répéter leur refus de voir la Russie gagner en Ukraine
  • L'Ukraine aussi s'inquiète d'une éventuelle deuxième présidence de Donald Trump, qui a assuré l'an dernier vouloir «régler cette guerre en 24 heures» s'il était réélu

PARIS: L'ancien président George W. Bush pensait avoir entrevu une partie de "son âme". L'ex-Premier ministre britannique Tony Blair estimait qu'il méritait une place à la "table d'honneur" et Emmanuel Macron l'avait convié à de longues heures de discussion dans la résidence estivale des présidents français.

Depuis plus de 24 ans qu'il est au pouvoir en Russie, les dirigeants occidentaux ont souvent pensé comprendre la stratégie de  Vladimir Poutine, et défendu la place de Moscou comme partenaire international.

Cette approche a volé en éclats le 24 février 2022 avec l'invasion de l'Ukraine.

Dans les premiers mois du conflit, l'armée russe a certes échoué à prendre les principales villes ukrainiennes, dans ce qui devait être une offensive éclair.

Mais l'homme fort du Kremlin affiche aujourd'hui une satisfaction croissante, allant jusqu'à assurer début février qu'une défaite stratégique de la Russie est "impossible par définition". Ses troupes ont neutralisé cet été une contre-offensive ukrainienne, et de larges pans de territoires dans le sud et l'est de l'Ukraine restent aux mains de la Russie, tout comme la péninsule de Crimée annexée en 2014. La semaine dernière, Moscou a par ailleurs remporté une victoire symbolique en s'emparant de la ville d'Avdiivka, dans le Donbass.

Soutien vital pour l'Ukraine

Face à lui, les dirigeants occidentaux ne cessent de répéter leur refus de voir la Russie gagner en Ukraine.

"Le président Poutine est persuadé qu'il peut tenir plus longtemps que l'Occident. Il nous incombe donc de faire preuve de détermination pour lui prouver qu'il a tort", commentait récemment un haut responsable occidental, sous couvert d'anonymat.

Mais l'humeur est sombre dans le camp pro-ukrainien, miné par ses divisions et peinant à tenir ses promesses d'aide à Kiev.

Or, seul un soutien accru à une Ukraine bientôt à court de munitions peut changer la donne, estiment nombre d'analystes.  Mais il est loin d'être garanti, au moment où les élus américains se déchirent sur un nouveau programme d'aide, et où l'hypothèse d'un retour de Donald Trump à la Maison Blanche tétanise les Européens. Ses dernières attaques contre les mauvais payeurs de l'OTAN augurent mal de sa solidarité avec les membres de l'Alliance face à une éventuelle agression russe.

Moscou et Kiev "font la course pour reconstruire leur capacité offensive. Si les fonds occidentaux ne sont pas débloqués, si la Russie prend l'avantage d'une manière ou d'une autre, elle aura la possibilité de faire de nouveaux progrès", explique à l'AFP Andrea Kendall Taylor, chercheuse au Center for New american security, basé à Washington.

"La dynamique a changé", estime cette analyste, soulignant que "du point de vue de Poutine, 2024 est une année cruciale".

«Fenêtre d'opportunité» russe

L'Ukraine aussi s'inquiète d'une éventuelle deuxième présidence de Donald Trump, qui a assuré l'an dernier vouloir "régler cette guerre en 24 heures" s'il était réélu. Les partis d'extrême droite, plus souples à l'égard de la Russie, sont par ailleurs en plein essor en France et en Allemagne.

L'année 2024 représente par conséquent pour Vladimir Poutine une "fenêtre d'opportunité" pour tirer parti des faiblesses de l'Occident, analyse Tatiana Stanovaya, fondatrice du cabinet R. Politik consultancy.

Le dirigeant russe mise notamment sur "une limitation temporaire du soutien militaire occidental, la production de munitions ne devant s'accélérer qu'au début de 2025", écrit-elle sur sa chaîne Telegram.

Les Occidentaux, eux, parient sur les faiblesses intérieures de la Russie, avec une économie à la remorque de la guerre, une démographie déclinante, de premiers signes de lassitude vis-à-vis du conflit dans l'opinion publique russe et l'ampleur des pertes humaines que des sources occidentales estiment à 350.000 tués ou blessés côté russe.

"Le maintien de la stabilité intérieure absorbe une grande partie de la bande passante de Poutine", pointe Dara Massicot, chercheuse pour la Fondation Carnegie pour la paix internationale, qui voit un "excès de confiance" dans le ton actuel des responsables russes.

Mais sans un soutien occidental significatif, "je ne sais pas dans quelle position de négociation les Ukrainiens se trouveraient. Celle-ci serait terrible", analyse-t-elle.


Poutine a offert une voiture de fabrication russe à Kim Jong Un

Le président russe Vladimir Poutine a offert au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un une limousine de luxe de fabrication russe pour son usage personnel, ont annoncé mardi les deux pays (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine a offert au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un une limousine de luxe de fabrication russe pour son usage personnel, ont annoncé mardi les deux pays (Photo, AFP).
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  • La puissante sœur de M. Kim, Yo Jong, a déclaré que ce «cadeau (était) une démonstration claire des relations personnelles spéciales entre les hauts dirigeants» des deux pays
  • Depuis la visite du leader nord-coréen en Russie l'année dernière, Pyongyang, allié de longue date de la Russie, s'est encore rapproché de Moscou

SEOUL: Le président russe Vladimir Poutine a offert au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un une voiture de fabrication russe, a annoncé mardi un média d'Etat nord-coréen, dans le cadre du renforcement des liens entre les deux pays.

Le ministère sud-coréen de l'Unification a lui estimé que le cadeau de Moscou au dirigeant nord-coréen constituait une violation des sanctions imposées à Pyongyang par les Nations unies en 2017, signées également pas la Russie, qui visent toute importation de véhicule en Corée du Nord.

"Nous condamnons la Corée du Nord pour son attitude effrontée consistant à révéler publiquement les violations des sanctions de l'ONU", a déclaré à des journalistes un responsable du ministère qui n'a pas souhaité communiquer son nom.

"La Russie doit également être consciente de sa responsabilité en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et mettre un terme à tout acte qui porte atteinte aux normes internationales", a ajouté ce responsable.

Kim Jong Un "s'est vu offrir une voiture fabriquée en Russie pour son usage personnel par Vladimir Vladimirovitch Poutine, président de la Fédération de Russie", a rapporté l'agence de presse d'Etat KCNA.

La puissante sœur de M. Kim, Yo Jong, a déclaré que ce "cadeau (était) une démonstration claire des relations personnelles spéciales entre les hauts dirigeants" des deux pays, a ajouté l'agence nord-coréenne.

Le modèle du véhicule n'a pas été précisé dans cette publication.

Depuis la visite du leader nord-coréen en Russie l'année dernière, Pyongyang, allié de longue date de la Russie, s'est encore rapproché de Moscou.

Un groupe de touristes russes est arrivé au début du mois pour un voyage de quatre jours, le premier groupe étranger connu à visiter le pays depuis la fermeture des frontières liée à la pandémie.

Après le sommet entre M. Kim et M. Poutine de septembre dans l'Extrême-Orient russe, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont affirmé à plusieurs reprises que le Nord avait expédié des armes à Moscou pour les utiliser dans sa guerre avec l'Ukraine, en échange d'une aide russe sur les programmes de satellites nord-coréens.

M. Kim est réputé pour son goût des voitures de luxe. Il a été aperçu dans des SUV Lexus et des modèles Mercedes-Benz de classe S.

Un rapport des Nations unies datant de 2021 fait état d'une tentative d'expédition de véhicules de luxe d'une valeur de plus d'un million de dollars des Emirats arabes unis vers Ningbo, en Chine, en vue d'une livraison ultérieure en Corée du Nord.

Lors de la visite du dirigeant nord-coréen en Russie l'année dernière, Poutine l'avait invité à monter sur la banquette arrière de sa limousine présidentielle Aurus Senat.

Le dirigeant nord-coréen était arrivé sur place dans sa limousine Maybach, transportée par un train spécial depuis la Corée du Nord.


Blinken au Brésil, en pleine discorde entre Lula et Israël

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a entamé mardi son premier voyage au Brésil, quelques jours après les propos polémiques du président brésilien Lula comparant la guerre à Gaza à la Shoah (Photo, Reuters).
Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a entamé mardi son premier voyage au Brésil, quelques jours après les propos polémiques du président brésilien Lula comparant la guerre à Gaza à la Shoah (Photo, Reuters).
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  • Le secrétaire d'Etat, qui se rendra également en Argentine lors de cette tournée sud-américaine, doit arriver en fin de journée à Brasilia à la veille d'un entretien avec le président Luiz Inacio Lula da Silva
  • Des responsables américains avaient dit vendredi s'attendre à une «conversation dynamique» entre Antony Blinken et le chef d'Etat brésilien

WASHINGTON: Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se rend mardi pour la première fois au Brésil, quelques jours après les propos polémiques du président brésilien Lula comparant la guerre à Gaza à la Shoah.

Le secrétaire d'Etat, qui se rendra également en Argentine lors de cette tournée sud-américaine, doit arriver en fin de journée à Brasilia à la veille d'un entretien avec le président Luiz Inacio Lula da Silva, qui s'annonce animé.

Ce dernier a accusé dimanche Israël, qui bénéficie du soutien militaire et diplomatique des Etats-Unis, de commettre un "génocide" des Palestiniens dans la bande de Gaza, en comparant l'offensive israélienne à l'extermination des Juifs par les nazis. Israël l'a aussitôt déclaré "persona non grata".

Ces déclarations font partie des plus virulentes jamais formulées sur le conflit en cours entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas par Lula, éminente voix des pays du Sud, au moment où le Brésil assure la présidence tournante des pays du G20.

Et mardi, tandis que le secrétaire d'Etat était en route vers le Brésil, son porte-parole a déclaré que les Etats-Unis étaient "évidemment en désaccord" avec ces propos, Matthew Miller ajoutant que "nous ne pensons pas qu'il y (ait) un génocide à Gaza".

«Conversation dynamique»

Des responsables américains avaient dit vendredi s'attendre à une "conversation dynamique" entre Antony Blinken et le chef d'Etat brésilien.

Antony Blinken doit également prendre part à une réunion mercredi et jeudi des ministres des Affaires étrangères du G20 à Rio de Janeiro, à laquelle son homologue russe Sergueï Lavrov est aussi attendu.

Aucune rencontre n'est officiellement programmée et elle semble peu probable dans le contexte de stupeur provoquée par la mort vendredi en prison de l'opposant russe Alexeï Navalny. Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, ont accusé la Russie d'en être "responsable".

Lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, à New Delhi en mars 2023, M. Blinken avait eu sa seule rencontre en tête-à-tête avec le chef de la diplomatie russe depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022.

M. Blinken, qui multiplie les tournées internationales, se rend pour la première fois, depuis sa nomination il y a trois ans, au Brésil, première économie et pays le plus peuplé d'Amérique latine.

La relation entre les Etats-Unis et le Brésil s'est nettement réchauffée depuis le retour au pouvoir de Lula en 2023, qui a succédé au président d'extrême-droite Jair Bolsonaro, proche de Donald Trump.

Le président de gauche, 78 ans, s'est lui déjà rendu à Washington pour rencontrer le président démocrate Joe Biden.

Désaccord sur l'Ukraine et le Venezuela

Les deux dirigeants partagent de mêmes ambitions de lutte contre le réchauffement climatique, de défense des droits du travail et des valeurs démocratiques, mais de nombreux autres points les séparent. A commencer par l'Ukraine.

Lula s'oppose à la politique d'isolement de la Russie adoptée par Washington depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, estimant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les puissances occidentales ont une part de responsabilité dans la guerre.

L'autre grand sujet de contentieux est le Venezuela: le président Lula est resté silencieux, contrairement aux Américains, face au refus du président vénézuélien Nicolas Maduro d'autoriser les candidats de l'opposition à se présenter aux élections.

Le Brésil a "des liens et des connections importants avec (l'administration) Maduro et est en mesure de lui faire passer des messages clés", a cependant souligné vendredi Brian Nichols, haut responsable du département d'Etat pour l'Amérique latine.

M. Blinken devrait aussi sonder les pays partenaires sur un soutien à Haïti, en proie à une grave crise sécuritaire et humanitaire, alors que la communauté internationale peine à rassembler une force de police multinationale sous le giron du Kenya.

En Argentine vendredi, Antony Blinken rencontrera le nouveau président ultralibéral Javier Milei, arrivé à la tête du pays en décembre, connu pour ses sorties provocantes et souvent comparé à Donald Trump.