L’architecte jordano-palestinienne Abeer Seikaly redonne vie aux techniques de conception traditionnelles pour aider les réfugiés

La structure à double couche est conçue pour empêcher la pluie et le froid de pénétrer, tout en laissant entrer l'air frais et sortir l'air chaud en été. (Photo fournie)
La structure à double couche est conçue pour empêcher la pluie et le froid de pénétrer, tout en laissant entrer l'air frais et sortir l'air chaud en été. (Photo fournie)
Short Url
Publié le Vendredi 11 mars 2022

L’architecte jordano-palestinienne Abeer Seikaly redonne vie aux techniques de conception traditionnelles pour aider les réfugiés

  • En combinant l'artisanat ancestral et les matériaux de pointe, Abeer Seikaly espère fournir un abri portable aux personnes déplacées
  • Abeer Seikaly espère que la production en série de ses abris sera possible avec un soutien adéquat

LONDRES: L'architecte et artiste jordano-palestinienne Abeer Seikaly s'est attachée, depuis une dizaine d'années, à réinventer les traditions artisanales arabes pour améliorer les conditions de vie des réfugiés.

En 2013, Mme Seikaly a reçu le prix international Lexus Design Award pour un système structurel performant qui explorait les implications sociales de la création de maisons pour les communautés déplacées.

Le projet baptisé «Weaving a Home» qu'elle a initié ensuite fusionne les dernières innovations en matière de matériaux avec le design et l'artisanat arabes séculaires. Abeer Seikaly est animée par le désir d'aider ceux qui fuient la guerre et la pauvreté. Elle a constaté les problèmes quotidiens des camps de réfugiés, notamment les températures extrêmes (aussi bien le froid que la chaleur) et les conditions insalubres. Nombre des savoir-faire traditionnels qu'elle défend ont été transmis de génération en génération, mais se sont perdus ou ont été abandonnés dans la course à la modernité.

 

img 4
Abeer Seikaly a reçu le prix international Lexus Design Award pour un système structurel performant. (Photo fournie)

 

«L'objectif de Weaving a Home était de construire un abri portable et digne pour les communautés déplacées, qui couvre les nécessités de la vie contemporaine grâce au développement d'un tissu structurel performatif à double couche sous la forme d'un dôme», explique-t-elle à Arab News. «Cependant, le lien contextuel du design avec la terre, la culture et le patrimoine a mis en évidence la nécessité de prendre en compte le bien-être des différentes communautés au-delà des solutions fonctionnelles.»

Les espaces de vie en forme de dôme s'inspirent des méthodes traditionnelles de fabrication de tentes. Les structures sont résilientes et pliantes, avec des mailles pour les fenêtres et le stockage et un tissu solaire extensible pour l'énergie durable, qui alimente des tuyaux flexibles pour l'eau, la chaleur et l'électricité.

La structure à double couche est conçue pour empêcher la pluie et le froid de pénétrer, tout en laissant l'air frais entrer et l'air chaud sortir en été. Le sommet du dôme recueille l'eau de pluie et la filtre sur les côtés pour éviter les inondations. La structure peut également être utilisée comme une douche, l'eau étant stockée dans des poches sur le côté et aspirée vers le haut à l'aide d'un système de thermosiphon qui fournit un assainissement de base. L'énergie solaire captée par la toile de tente est stockée dans une batterie pour être utilisée la nuit, fournissant ainsi de l'électricité renouvelable.

 

img 4
Les espaces de vie en forme de dôme s'inspirent des méthodes traditionnelles de fabrication des tentes. (Photo fournie)

 

Mme Seikaly espère que la production en série sera possible avec un soutien adéquat.

«La conception a connu plusieurs développements en matière de méthodes d'assemblage et de matériaux au cours des dernières années», explique-t-elle. «Au fil des ans, j'ai reçu le soutien d'un généreux groupe de personnes qui veulent voir la production de masse se réaliser.»

Selon le Haut-Commissariat des nations unies pour les réfugiés (UNHCR), au moins 82,4 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de fuir leur foyer. Parmi elles, on compte près de 26,4 millions de réfugiés, dont près de la moitié a moins de 18 ans. C'est l'ampleur de cette crise qui pousse Abber Seikaly à continuer à faire avancer son projet.

 

img 4
Les structures sont résilientes et pliantes, avec des mailles pour les fenêtres et le stockage et un tissu solaire extensible pour l'énergie durable, qui alimente des tuyaux flexibles pour l'eau, la chaleur et l'électricité. (Photo fournie)

 

Son pays d'origine ne connaît que trop bien les pressions liées à l'accueil d'un grand nombre de réfugiés. La Jordanie accueille 760 000 réfugiés et demandeurs d'asile enregistrés auprès de l’UNHCR. Parmi eux, quelque 670 000 sont originaires de Syrie, ce qui fait de la Jordanie le deuxième pays qui abrite le plus grand nombre de réfugiés syriens par habitant au monde, derrière le Liban.

Abeer Seikaly est récemment rentrée en Jordanie après avoir enseigné un semestre à l'école d'architecture de Yale. Son cours intitulé «Peaux conscientes» révèle certains des éléments essentiels de sa pensée: la peau ou le tissu travaillé par un créateur au fait de la technique, de la tradition et de l'artisanat concernés.

«La démographie de la Jordanie est en constante évolution. Nombre de nos traditions de construction ne sont plus pratiquées et sont en train de disparaître. Il existe des initiatives individuelles et collectives qui œuvrent actuellement au maintien des connaissances traditionnelles et de leurs pratiques. Nous devons réfléchir à de nouvelles façons de construire nos villes et de préserver les précieux paysages patrimoniaux du pays», explique-t-elle.

«Le déplacement est un gros problème», poursuit-elle. «Nous vivons dans un monde de sans-abri. Mais les temps changent et nous devrons nous adapter et être plus conscients de la façon dont nous interagissons, notamment avec notre environnement. Je suis toujours optimiste et je crois qu'il existe des possibilités d'expansion et de cocréation pour un avenir meilleur.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La police brésilienne récupère des œuvres de Matisse dérobées en 2025 à Sao Paulo

Le 13 août 2026, la police de São Paulo a annoncé avoir retrouvé huit œuvres du peintre français Henri Matisse, volées en décembre 2025 à São Paulo, au Brésil. (AFP)
Le 13 août 2026, la police de São Paulo a annoncé avoir retrouvé huit œuvres du peintre français Henri Matisse, volées en décembre 2025 à São Paulo, au Brésil. (AFP)
Short Url
  • La police brésilienne a retrouvé 8 des 13 œuvres volées à la bibliothèque Mário de Andrade à São Paulo en décembre 2025, dont huit compositions de Matisse issues de « Jazz »
  • Trois suspects sont détenus, dont un homme retrouvé avec les œuvres et une arme. Les cinq œuvres de Candido Portinari restent introuvables

SAO PAULO : Du jaune, bleu, vert, violet... et un revolver: la police brésilienne a annoncé jeudi avoir récupéré les huit œuvres du peintre français Henri Matisse dérobées en décembre 2025 dans une bibliothèque de São Paulo.

Des images diffusées par la police montrent ces oeuvres aux couleurs très vives tirées de l'album "Jazz" de 1947, disposées sur un lit, à côté d'une arme à feu.

Ces compositions estimées à 200.000 dollars (plus de 173.000 euros), se trouvaient en possession d'un homme armé "qui les gardait pour le commanditaire du crime", a indiqué la police de l'Etat de São Paulo dans un communiqué envoyé à l'AFP.

La même source a précisé avoir récupéré dans une habitation du centre de São Bernardo do Campo, près de São Paulo, huit des 13 oeuvres volées début décembre dans une bibliothèque de la capitale brésilienne.

L'homme sur place a été arrêté et devra répondre des chefs d'accusation de recel et de détention illégale d'armes, a indiqué la police.

Le commanditaire, lui, avait déjà été arrêté en avril par les autorités de Rio de Janeiro, d'après la police de São Paulo, alors qu'il tentait de soudoyer le gardien d'un lieu public dans le but d'entreprendre un autre vol d'œuvres d'art.

Une femme, faisant l'objet d'une enquête pour ce vol, est également détenue.

- Trois arrestations -

"Le groupe agissait de manière structurée, avec une planification préalable et une répartition des tâches pour le vol, la réception et l'introduction sur le marché noir de ce patrimoine culturel", a expliqué la police.

Le livre d'illustrations "Jazz" de Henri Matisse (1869-1954) a été publié en France en 1947. Il en existe 250 exemplaires signés, selon la maison d'enchères Christie's.

Le 7 décembre, deux hommes armés ont fait irruption dans la bibliothèque Mário de Andrade, au cœur de São Paulo, et dérobé plusieurs oeuvres qui y étaient exposées, après avoir maîtrisé une gardienne et un couple de personnes âgées.

Cinq oeuvres du peintre moderniste brésilien Candido Portinari (1903-1962) ont été volées en même temps que celles de Matisse, mais celles-ci n'ont pas été retrouvées. La police pense qu'elles ont peut-être déjà été vendues.

L'un de ces suspects avait été arrêté le lendemain du vol grâce au système de reconnaissance faciale de la ville.

En mai, dans le cadre de cette enquête, la police a également mené plusieurs opérations dans des "établissements liés au marché des ventes aux enchères et au commerce d'œuvres d'art" dans les municipalités de São Paulo, Rio de Janeiro, São Bernardo do Campo et Diadema.


Rentrée littéraire: cinq livres hors des sentiers battus

Photo d'illustration rentrée littéraire 2026. (AFP)
Photo d'illustration rentrée littéraire 2026. (AFP)
Short Url
  • Les écrivains ont parfois des idées curieuses qui permettent aux lecteurs de découvrir un monde méconnu
  • Comme en témoignent cinq livres de la rentrée littéraire consacrés à des thèmes peu traités, comme les boîtes à livres, les câbles sous-marins ou le latex

PARIS: Les écrivains ont parfois des idées curieuses qui permettent aux lecteurs de découvrir un monde méconnu. Comme en témoignent cinq livres de la rentrée littéraire consacrés à des thèmes peu traités, comme les boîtes à livres, les câbles sous-marins ou le latex.

Boîtes à livres

C'est l'histoire d'une femme de 56 ans qui, après un douloureux divorce, déménage à la campagne en emportant toute sa bibliothèque. Mais, sur la route, elle décide de la disperser dans les boîtes à livres qu'elle découvre jour après jour. Une façon de "tourner la page".

"En déposant les livres, j'ai ressenti une forme de joie très particulière, couplée avec une pointe d'excitation, voire un léger sentiment de transgression", témoigne l'héroïne du roman "La peau neuve" (Séguier).

L'auteur, Jean-Pierre Montal, s'amuse à décrire ces boîtes à livres qui se sont multipliées ces dernières années dans la France entière, jusqu'au "plus minuscule lieu-dit".

Huis clos

Une galerie à Naples, 72 objets sur une table, une artiste immobile et un public enfermé laissé à ses pulsions pendant six heures: le décor est planté pour une performance artistique inédite.

Dans "Heures sauvages", Marie Petitcuénot fait revivre "Rhythm 0", "l’œuvre d'art" de la Serbe Marina Abramovic en 1974.

Dans un style nerveux, la romancière raconte comment "la barbarie primitive" se libère parmi les participants, qui se métamorphosent en assassins de l'artiste "simplement parce qu'ils le peuvent".

Lignes et câbles

L'écrivain et journaliste Philippe Vasset a trouvé une façon originale de traverser la France: suivre les pylônes des lignes à haute tension, une expérience de plusieurs mois relatée dans "Dans les grandes lignes" (Flammarion).

"On a rarement l'occasion d'observer ces grands poteaux de près: le plus souvent, ils restent lointains, plantés au milieu des champs que traversent des routes d'où on les envisage sans les voir", témoigne l'auteur.

A l'opposé, dans "Ce qui nous frôle sous la surface" (Belfond), le romancier irlandais Colum McCann plonge le lecteur en apnée au fond de l'Atlantique pour mener l'enquête sur une rupture des câbles de fournisseurs d'internet enfouis en pleine mer.

Latex

Une fois son travail terminé, il arrive à Samuel Dock, psychologue clinicien, de "revêtir une combinaison de latex, un masque en silicone et d'aller à la recherche du plaisir", notamment sexuel.

"Je suis fétichiste", annonce l'auteur de "Latex" (Grasset), en racontant, de manière "la plus authentique et franche possible", 20 ans au sein d'une communauté qui a "ses rites, ses lieux, son esthétisme".

Il reconnait avoir eu besoin de "courage" pour écrire ce livre, qui était "nécessaire" pour emmener les lecteurs "sur des territoires qu'on n'explore jamais, même s'ils concernent des millions de personnes".


Cristiano Ronaldo et Georgina Rodriguez se marient après dix ans de relation

La star d’Al-Nassr Cristiano Ronaldo et sa compagne de longue date Georgina Rodriguez se sont rencontrés à Madrid en 2016, alors qu’elle travaillait dans une boutique Gucci, avant d’officialiser leur relation l’année suivante. (Instagram : @georginagio)
La star d’Al-Nassr Cristiano Ronaldo et sa compagne de longue date Georgina Rodriguez se sont rencontrés à Madrid en 2016, alors qu’elle travaillait dans une boutique Gucci, avant d’officialiser leur relation l’année suivante. (Instagram : @georginagio)
Short Url
  • Ronaldo a annoncé la nouvelle sur Instagram avec une photo des alliances du couple, accompagnée de la légende : « C❤️G. »
  • La star du football portugais et Rodriguez se sont mariés lors d’une cérémonie civile privée à Cascais

DUBAÏ : La star d’Al-Nassr Cristiano Ronaldo et sa compagne de longue date Georgina Rodriguez se sont mariés après dix ans de vie commune, lors d’une cérémonie intime au Portugal mardi.

Ronaldo a annoncé la nouvelle sur Instagram avec une photo des alliances du couple, accompagnée de la légende : « C❤️G. »

Le footballeur portugais et Rodriguez se sont mariés lors d’une cérémonie civile privée à Cascais, au Portugal, en présence de leurs cinq enfants, rapporte le Daily Mail.

Un représentant de Ronaldo a confirmé le mariage au journal, déclarant que le couple était « désormais officiellement mari et femme ».

Le mariage intervient un an après que Rodriguez a annoncé leurs fiançailles en publiant sur Instagram une photo d’une imposante bague ornée d’un diamant ovale.

« Oui, je le veux. Dans cette vie et dans toutes mes vies », avait-elle écrit à l’époque.

Des experts avaient ensuite estimé que la bague de fiançailles pouvait valoir environ 1,5 million de livres sterling (2 millions de dollars), selon le Daily Mail.

Ronaldo et Rodriguez se sont rencontrés à Madrid en 2016, alors qu’elle travaillait dans une boutique Gucci, avant de rendre leur relation publique l’année suivante.

Le couple a deux filles, Alana Martina et Bella Esmeralda. Rodriguez a également contribué à élever les trois autres enfants de Ronaldo, Cristiano Jr. et les jumeaux Eva et Mateo.

En 2022, le couple avait annoncé que l’un des jumeaux attendus par Rodriguez, leur fils Angel, était décédé lors de l’accouchement, tandis que sa sœur jumelle Bella avait survécu.

Leur relation a suscité une grande attention médiatique au fil des années, notamment depuis l’arrivée de Ronaldo en Arabie saoudite pour rejoindre le club d’Al-Nassr, basé à Riyad, en 2023.

Rodriguez partage régulièrement avec ses millions d’abonnés sur les réseaux sociaux des moments de la vie de leur famille en Arabie saoudite et à l’étranger. Sa vie aux côtés de Ronaldo est également au cœur de sa série de téléréalité Netflix « I Am Georgina ».

Les rumeurs de mariage avaient commencé à circuler bien avant leurs fiançailles. En 2024, Ronaldo avait notamment alimenté les spéculations en qualifiant Rodriguez de « ma femme » alors qu’il évoquait leur routine d’entraînement à domicile. À l’époque, son représentant avait toutefois refusé de confirmer un éventuel mariage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com