La restauration du cimetière juif de Bahreïn, symbole d’une coexistence réussie

Depuis plus d'un siècle, un petit cimetière situé au cœur de Manama sert de lieu de repos éternel aux membres de la petite communauté juive de Bahreïn. (Photo fournie)
Depuis plus d'un siècle, un petit cimetière situé au cœur de Manama sert de lieu de repos éternel aux membres de la petite communauté juive de Bahreïn. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 22 janvier 2022

La restauration du cimetière juif de Bahreïn, symbole d’une coexistence réussie

  • Grâce à une nouvelle initiative financée par des donateurs, des efforts sont entrepris pour restaurer un site reconnu comme le seul cimetière juif du Golfe
  • Dans le cadre du projet de rénovation, les pierres tombales abîmées ont été restaurées et des arbres plantés

DUBAÏ: Pendant plus d'un siècle, un petit cimetière au cœur de Manama a servi de dernier lieu de repos aux membres de la minuscule communauté juive de Bahreïn, la plus établie dans la région du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Situé à une courte distance de la Maison des Dix Commandements, la plus ancienne synagogue du Golfe, ce cimetière reçoit ces derniers jours moins de visiteurs que le cimetière chrétien voisin de la cathédrale Saint-Christophe. Cependant, il demeure pour les Juifs de Bahreïn un élément précieux de leur héritage.

Grâce à une nouvelle initiative financée par des donateurs, des efforts sont entrepris pour restaurer ce site reconnu comme le seul cimetière juif du Golfe. Le projet, lancé par l'Association des communautés juives du Golfe (AGJC) le 16 janvier dernier, au moment de la fête juive de Tou Bichvat, vise à financer des travaux de rénovation et d'entretien du site. L'AGJC a été fondée en 2021 en tant que réseau de communautés pour développer la vie juive dans la région du CCG.

«Depuis plus de cent ans, les membres de notre famille sont enterrés dans le cimetière juif de Bahreïn», confie à Arab News Ebrahim Daoud Nonoo, qui dirige l'AGJC ainsi que le conseil d'administration de la Maison des Dix Commandements et qui est le chef de la communauté juive de Bahreïn.

«L'un des éléments de notre planification communautaire consiste à s'assurer que notre cimetière est bien entretenu pour les générations à venir. Nous sommes très reconnaissants du fait que l'AGJC ait choisi ce projet pour Tou Bichvat.»

Dans le cadre du projet de rénovation, les pierres tombales abîmées ont été restaurées et des arbres plantés.

«Nous plantons des arbres dans le cimetière juif de Bahreïn, ce qui s'apparente à redonner vie à ceux qui ont vécu dans la belle communauté de Bahreïn pendant des siècles et qui en ont fait leur lieu de repos pour l'éternité», affirme à Arab News Elie Abadie, le plus ancien rabbin de la région du CCG.

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Situé à proximité de la Maison des Dix Commandements, la plus ancienne synagogue du Golfe, le cimetière reste pour les juifs de Bahreïn un élément précieux de leur patrimoine. (Photo fournie)

«Les arbres offrent la vie; ils fournissent de l'ombre, de l'oxygène et des nutriments. Nous plantons des arbres dans le cimetière, le dernier lieu de repos des esprits, comme pour leur apporter un renouveau. Les arbres mettent du temps à pousser, nous ne les cultivons donc pas pour cette génération, mais pour la suivante, comme nos ancêtres l'ont fait pour nous.»

La volonté de Bahreïn d'embrasser sa minorité juive et de célébrer son héritage en a fait un pionnier de la région. L'ancienne ambassadrice du royaume insulaire aux États-Unis, Houda Nonoo, est un membre éminent de la communauté juive du Golfe.

Au mois de juin 2019, Bahreïn a accueilli à Manama l'atelier «De la paix à la prospérité», au cours duquel l'administration du président américain Donald Trump a présenté les aspects économiques de son plan de paix entre Israël et la Palestine.

En août de l'année suivante, Bahreïn et les Émirats arabes unis (EAU) ont publié une déclaration conjointe avec Israël, appelée «accords d'Abraham», qui a conduit à la normalisation des relations entre les deux pays arabes et Israël. Ces accords ont également ouvert la voie à des relations plus chaleureuses entre Israël et Oman, le Maroc et le Soudan.

Israël se considère comme un «État juif et démocratique», tandis que l'islam est la religion officielle des EAU et de Bahreïn. Le nom «accords d’Abraham» a été choisi pour rappeler l'origine commune de la croyance entre le judaïsme et l'islam, deux religions abrahamiques qui épousent strictement le culte monothéiste du Dieu d'Abraham.

EN BREF

  • L'Association des communautés juives du Golfe (AGJC) est une organisation qui se consacre aux communautés juives de la région du CCG.
  • Chacune des communautés est indépendante, mais toutes partagent un objectif: promouvoir la vie des Juifs dans la région.
  • L'AGJC supervise des services tels que la cour juive du Beth Din d'Arabie, l'Agence arabe de certification casher et les événements du cycle de vie.

Depuis la signature des accords, les EAU et Bahreïn se sont beaucoup investis dans leurs relations bilatérales avec Israël et ils ont encouragé la célébration de l'histoire et du patrimoine juifs dans la région.

Par ailleurs, les dirigeants du Golfe ont renforcé leurs liens politiques avec Israël. À la fin de l'année dernière, par exemple, Naftali Bennett, le Premier ministre israélien, s'est rendu aux EAU, où il a rencontré le cheikh Mohammed ben Zayed, le prince héritier d'Abu Dhabi.

Bennett a également rencontré Salmane ben Hamed al-Khalifa, le prince héritier de Bahreïn, en marge du sommet sur le climat COP26 à Glasgow, en Écosse, au mois de novembre dernier.

La communauté juive moderne de Bahreïn a été créée dans les années 1880, lorsque des centaines de Juifs sont arrivés d'Irak et d'Iran à la recherche d'une vie meilleure. Beaucoup se sont installés dans le quartier Al-Hatab de Manama, où ils ont d'abord travaillé dans l'industrie du vêtement.

En 1935, alors que la communauté commençait à prospérer, Shimon Cohen, un immigrant iranien, y fonde une synagogue. Cependant, le bâtiment est détruit en 1947 en raison du conflit israélo-arabe.

Jusqu'à la signature officielle des accords d'Abraham, le 15 septembre 2020 à Washington, D.C., la communauté juive qui restait à Bahreïn, soit environ cinquante personnes, pratiquait sa foi en grande partie à huis clos. Depuis, leur synagogue a été rénovée pour un montant de 60 000 dinars bahreïnis (160 000 dollars, soit 141 162 euros) et les services religieux se déroulent à nouveau ouvertement.

Bahreïn n'est pas le seul État régional qui accueille une minorité juive. On pense qu'environ 1 000 Juifs, tous expatriés, vivent aux Émirats arabes unis. Alors que les liens commerciaux avec Israël se renforcent et que les touristes israéliens continuent d'affluer vers les EAU, ce nombre devrait augmenter, parallèlement à la coopération économique, technologique, culturelle et sécuritaire.

«Je me suis rendu à Dubaï à deux reprises l'année dernière et j'aimerais aller à Bahreïn», déclare ainsi Yossi Levy, 41 ans, un Israélien qui vit à Jérusalem. «Nous nous sommes sentis en sécurité, et tous mes amis aussi. Je m'intéresse à l'aspect patrimonial – et faire du shopping là-bas est incroyable.»

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Ebrahim Dawood Nonoo, président de l'AGJC et chef de la communauté juive de Bahreïn, s'adressant à un journaliste de l'AFP à la Maison des Dix Commandements dans la capitale Manama l'année dernière. (Photo, AFP)

Les groupes de touristes israéliens sont devenus plus fréquents à Dubaï au cours des deux dernières années. Et, jusqu'aux restrictions de voyage liées à la Covid-19, les hôtels de la ville desservaient une clientèle israélienne croissante.

Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, environ 200 000 Israéliens se sont rendus aux EAU depuis la normalisation des relations entre les deux pays, en 2020.

«Il y en aura beaucoup plus lorsque la Covid-19 disparaîtra», estime Levy. «J'espère que nous pourrons développer les liens patrimoniaux. C'est important.»

Dans la plupart des régions du monde arabe, cependant, les populations juives sont sur le point de disparaître. L'Irak, le berceau du judaïsme séfarade, n'accueille plus que quatre fidèles aujourd’hui. L'année dernière, leur patriarche, Dhafer Eliyahou, est décédé.

Bagdad dispose d’une synagogue en partie fonctionnelle, mais elle ne possède pas de rabbin et aucun service n'y a été organisé depuis l’époque antérieure à l'invasion menée par les États-Unis en 2003. On estime que 220 000 Juifs d'origine irakienne vivent actuellement en Israël.

La Turquie et l'Iran ont de petites communautés juives, tandis que le Liban, la Syrie et l'Égypte ne compteraient à eux trois que quelques dizaines de résidents juifs. On estime que les Juifs yéménites se comptent tout au plus par centaines.

Dans ce contexte sombre, Bahreïn est considéré par de nombreux membres de la communauté juive comme un exemple particulièrement réussi de coexistence interconfessionnelle pacifique.

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Le rabbin Élie Abadie prenant la parole lors d'un événement commémorant l'Holocauste juif, le 26 mai 2021, au musée privé Crossroad of Civilizations, dans la ville de Dubaï, dans le Golfe. (Photo, AFP)

«Le renouveau de la communauté juive à Bahreïn et le développement d'une communauté aux Émirats arabes unis sont tout simplement magnifiques», déclare le rabbin Abadie à Arab News. «Quelle nostalgie, après des décennies sans présence juive.»

Abdallah Issa, un ressortissant musulman et bahreïni de 39 ans, indique que son pays a donné un exemple important que les autres devraient suivre.

«Bahreïn et d'autres pays du CCG ont prouvé au monde que la coexistence et les valeurs de la fraternité humaine dans leur ensemble peuvent être atteintes par la volonté et la détermination», indique-t-il à Arab News.

«Bien que changer les perceptions et les attitudes soit difficile, par le simple geste de planter un arbre, le gouvernement et le peuple de Bahreïn montrent cette coexistence et démontrent que la fraternité humaine doit prévaloir.»

Le président de l'AGJC, Ebrahim Daoud Nonoo, s'est dit ravi d'accueillir des visiteurs musulmans à la Maison des Dix Commandements, ce qui contribue à faire avancer l'objectif du dialogue culturel.

«Tout cela est très réconfortant», précise-t-il à Arab News. «ll y a très souvent des musulmans qui entrent dans la synagogue. Ils voient les Dix Commandements, qui sont également écrits en arabe, et disent que c'est comme dans le Coran. Les similitudes sont rassurantes.»

«La situation à Bahreïn est unique. Les gens ont beaucoup à apprendre de ce pays. La coexistence qui règne ici est tout simplement merveilleuse», conclut-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours. (AFP)
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  • Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte
  • Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore

JERUSALEM: Israël a annoncé mercredi que son armée avait commencé à morceler la bande de Gaza et à y saisir de larges zones de territoire pour forcer le mouvement islamiste palestinien Hamas à rendre les otages.

Loin de céder, le Hamas a rejeté une proposition de trêve annoncée samedi par Israël et transmise par l'intermédiaire de la médiation du Qatar et de l'Egypte, ont indiqué deux responsables du mouvement islamiste palestinien à l'AFP alors que les bombardements israéliens sur la bande de Gaza ont fait plus de 30 morts mercredi, dont des enfants, selon les secours locaux.

Le Hamas souhaite avancer sur une proposition egypto-qatarie prévoyant un cessez-le-feu de 50 jours, période pendant laquelle le mouvement islamiste libérerait "cinq soldats israéliens" en échange de la remise en liberté de quelque 2.250 prisonniers palestiniens détenus par Israël, a indiqué un de ces deux responsables sous le couvert de l'anonymat

Après deux mois de trêve, Israël a repris le 18 mars son offensive à Gaza affirmant que la pression militaire était le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Critiques des familles d'otages 

Appelant "les habitants de Gaza à agir maintenant pour chasser le Hamas et rendre tous les otages", le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé une nouvelle fois de confisquer au profit d'Israël de "vastes secteurs" conquis par l'armée à la faveur de l'élargissement de son offensive dans la bande de Gaza.

"Expliquez (...) comment vous comptez éviter la mise en danger des otages", a réagi le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, en reprochant au gouvernement d'envoyer "davantage de soldats à Gaza" plutôt que "de libérer les otages par un accord et de mettre fin à la guerre"

De leur côté, une cinquantaine d'otages libérés et des proches d'otages ont estimé dans une lettre ouverte que "la pression militaire met en danger les otages".

"Où est le monde?" 

La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas ayant entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée israélienne.

En riposte Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une campagne de représailles militaires ayant fait au moins 50.423 morts, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.

Mercredi, au moins 34 Palestiniens ont été tués dans les frappes. L'une d'elles a tué 19 personnes, dont neuf enfants, dans un centre de santé détruit de l'Unrwa, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, à Jabalia (nord), selon la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours.

Le centre sert de refuge à 160 familles déplacées, a indiqué l'Unrwa.

"Les martyrs sont des jeunes, des garçons et des filles. De quel droit il les tuent? Ils ont visé directement la clinique. Où sont les Nations unies, où est le monde?" a lancé Abou Ahmed Jaber, un déplacé réfugié dans le bâtiment.

L'armée israélienne a confirmé une frappe contre le bâtiment de l'Unrwa affirmant y avoir visé "des terroristes du Hamas".

Treize personnes ont également été tuées par un bombardement sur une maison abritant des déplacés à Khan Younès et deux par une frappe sur une maison à Nousseirat (centre), selon les secours.

Après l'interception de deux projectiles tirés de Gaza en direction d'Israël dans la soirée, l'armée israélienne a appelé les habitants à évacuer plusieurs régions du nord de Gaza, en prévision de frappes.

"Guerre sans limite" 

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est "choqué par les attaques de l'armée israélienne" contre un convoi médical et de secours, qui ont tué 15 secouristes et travailleurs humanitaires la semaine dernière à Gaza, selon son porte-parole.

La "fosse commune" où les secouristes ont été retrouvés expose une "guerre sans limite" à Gaza, a indiqué un responsable du Bureau des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Jonathan Whittall.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, 1.066 personnes ont été tuées depuis le 18 mars.

Pour accroître la pression sur le Hamas, Israël a bloqué depuis le 2 mars l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, aggravant les pénuries dans le territoire.

Faute de farine et de sucre, des boulangeries ont fermé. "La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d'eau", a témoigné un père de famille, Mahmoud Sheikh Khalil.

A Jérusalem, le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, s'est rendu une nouvelle fois sur l'esplanade des Mosquées, lieu disputé dans le secteur oriental de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Troisième lieu saint de l'islam, l'endroit est pour les juifs, le mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme. Plusieurs pays arabes ont dénoncé une "provocation" susceptible d'alimenter encore un peu plus les tensions régionales.


Amnesty appelle la Syrie à enquêter sur les massacres d'alaouites en tant que «crimes de guerre»

Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats. (AFP)
Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats. (AFP)
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  • Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires massacres depuis la prise du pouvoir en décembre par une coalition dirigée par des islamistes radicaux
  • Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, minorité dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, ont été tués

BEYROUTH: Amnesty International a appelé jeudi les autorités syriennes à veiller à ce que les auteurs des massacres d'alaouites en mars rendent des comptes et à enquêter sur ces tueries en tant que "crimes de guerre".

"Le gouvernement syrien doit veiller à ce que les responsables d’une vague de massacres visant des civils alaouites dans des zones côtières soient amenés à rendre des comptes", a affirmé l'ONG dans un communiqué.

Amnesty a également réclamé que ces massacres fassent "l'objet d'enquêtes en tant que crimes de guerre".

Début mars, les régions du littoral dans l'ouest de la Syrie ont été le théâtre des pires massacres depuis la prise du pouvoir en décembre par une coalition dirigée par des islamistes radicaux.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 1.700 civils, en grande majorité des alaouites, minorité dont est issu le président déchu Bachar al-Assad, ont été tués.

Ces massacres ont eu lieu après des attaques sanglantes de partisans de l'ancien pouvoir contre les forces de sécurité. Ces dernières, des groupes qui leur sont alliés et des jihadistes étrangers ont été pointés du doigt dans le bain de sang.

L'ONU a indiqué avoir recueilli des témoignages selon lesquels les auteurs des massacres "ont effectué des descentes dans les maisons, demandant aux habitants s'ils étaient alaouites ou sunnites avant de les tuer ou de les épargner en fonction de leur réponse".

Le président par intérim Ahmad al-Chareh s'est engagé à poursuivre les auteurs des massacres et a formé une commission d'enquête qui n'a pas encore annoncé ses résultats.

"Les éléments de preuve que nous avons recueillis indiquent que des milices affiliées au gouvernement ont délibérément pris pour cible des civils de la minorité alaouite dans le cadre de graves attaques de représailles, abattant des personnes de sang-froid et à bout portant", a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

"Pendant deux jours, les autorités ne sont pas intervenues pour mettre fin aux homicides. Une fois de plus, c’est la population civile syrienne qui paie le prix des actions des parties au conflit qui règlent leurs comptes", a-t-elle ajouté.

Amnesty a demandé au gouvernement syrien de "prendre des mesures immédiates pour qu’aucune personne et aucun groupe ne soit pris pour cible en raison de son appartenance confessionnelle".

Lundi, douze autres civils, en majorité des alaouites, ont été tués par des hommes armés dans l'ouest et le centre de la Syrie selon l'OSDH.


L'Arabie saoudite condamne la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa par un ministre israélien d'extrême droite

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (Screengrab/AFP)
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 17 juillet 2024. (Screengrab/AFP)
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  • Le ministère des Affaires étrangères critique les atteintes au caractère sacré du lieu saint.
  • Les violations israéliennes du droit international entravent les efforts de paix et menacent la sécurité mondiale.

RIYAD :  l'Arabie saoudite a condamné la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa dans la partie occupée de Jérusalem, mercredi, par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, un homme d'extrême droite.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu'il condamnait fermement « la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa par le ministre israélien de la Sécurité nationale sous la protection de la police d'occupation ».

Le ministère a réitéré sa condamnation des attaques contre le caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Il a également condamné les forces israéliennes pour avoir pris pour cible une clinique de l'UNRWA dans le camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, et a dénoncé les attaques contre les organisations de l'ONU et les organisations humanitaires ainsi que leur personnel. 

Le ministère a déclaré : « Le Royaume condamne les violations persistantes par Israël du droit international et du droit humanitaire international et affirme son rejet catégorique de tout ce qui pourrait porter atteinte au statut historique et juridique de Jérusalem et de ses lieux saints.

Il ajoute que les violations israéliennes du droit international entravent les efforts de paix et menacent la sécurité mondiale.

Le ministère a souligné l'importance de protéger les organisations de l'ONU et les organisations humanitaires, ainsi que leur personnel, et a demandé que les autorités israéliennes soient tenues responsables de toutes les violations.

La visite de M. Ben-Gvir dans l'enceinte d'Al-Aqsa, dans la vieille ville de Jérusalem, a été vivement condamnée par la Jordanie et le groupe militant palestinien Hamas.

Réintégration du gouvernement israélien

Le ministre, chef du parti israélien anti-arabe Otzma Yehudit, s'est rendu sur le site après avoir réintégré le gouvernement le mois dernier, à la suite de la reprise de la guerre à Gaza.

Ben Gvir avait quitté le cabinet en janvier pour protester contre l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Depuis la formation du gouvernement de Benjamin Netanyahu à la fin de l'année 2022, M. Ben Gvir s'est rendu à plusieurs reprises sur le site d'Al-Aqsa, suscitant à chaque fois l'indignation de la communauté internationale.

Le ministère jordanien des Affaires étrangères a également condamné la visite de mercredi en la qualifiant de « prise d'assaut » et de « provocation inacceptable ».

Le Hamas a parlé d'une « escalade provocatrice et dangereuse », affirmant que cette visite s'inscrivait dans le cadre du génocide en cours contre le peuple palestinien. 

« Nous appelons le peuple palestinien et les jeunes de Cisjordanie à intensifier la confrontation pour défendre notre terre et nos valeurs sacrées, au premier rang desquelles la mosquée Al-Aqsa », a déclaré l'organisation dans un communiqué.

Ce site est le troisième lieu saint de l'islam et un symbole de l'identité nationale palestinienne.

Connu des juifs sous le nom de Mont du Temple, il est également le lieu le plus sacré du judaïsme, car il abrite le second temple détruit par les Romains en 70 après Jésus-Christ.

Selon le statu quo maintenu par Israël, qui occupe l'est de Jérusalem et sa vieille ville depuis 1967, les juifs et les autres non-musulmans sont autorisés à visiter l'enceinte pendant des heures précises, mais ils n'ont pas le droit d'y prier ou d'y exposer des symboles religieux.

Le porte-parole de M. Ben Gvir a déclaré à l'AFP que le ministre « s'y est rendu parce que le site a été ouvert aux non-musulmans après 13 jours », période durant laquelle l'accès était réservé aux musulmans pour la fête de l'Aïd Al-Fitr et la fin du mois sacré musulman du Ramadan.

Ces dernières années, un nombre croissant d'ultranationalistes juifs ont défié les règles, notamment Ben Gvir, qui y a prié publiquement en 2023 et 2024.

Le gouvernement israélien a déclaré à plusieurs reprises qu'il avait l'intention de maintenir le statu quo dans le complexe, mais les craintes des Palestiniens quant à son avenir en ont fait un point chaud de la violence.

Rapport complémentaire de l'AFP.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com