Les criminels de guerre syriens seront poursuivis «tôt ou tard, dans leur pays ou à l'étranger»

Michelle Bachelet, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a averti que les criminels de guerre syriens seraient poursuivis en justice «tôt ou tard». (Reuters/File Photo)
Michelle Bachelet, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a averti que les criminels de guerre syriens seraient poursuivis en justice «tôt ou tard». (Reuters/File Photo)
L'accusé Anwar Raslan (à droite), ancien officier du renseignement syrien, en compagnie d’un de ses avocats au palais de justice de Coblence, dans l'ouest de l'Allemagne, le 13 janvier 2022 (Photo, AFP).
L'accusé Anwar Raslan (à droite), ancien officier du renseignement syrien, en compagnie d’un de ses avocats au palais de justice de Coblence, dans l'ouest de l'Allemagne, le 13 janvier 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 14 janvier 2022

Les criminels de guerre syriens seront poursuivis «tôt ou tard, dans leur pays ou à l'étranger»

  • L'avertissement de la haut-commissaire des Nations unies intervient après la condamnation d'un ancien haut responsable syrien pour crimes contre l'humanité
  • Des affaires similaires sont en cours dans d'autres pays dont l'Autriche, la France, la Hongrie, la Suède, la Suisse et les Pays-Bas

NEW YORK: «Cette condamnation a alerté les autorités de l'État: où que vous soyez ou quel que soit votre rang, si vous perpétrez des actes de torture ou d'autres violations graves des droits de l’homme, vous répondrez de vos actes, tôt ou tard, dans votre pays ou à l'étranger.»

Michelle Bachelet, la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a lancé cet avertissement suite au verdict «historique» dans le procès, par un tribunal allemand, d'un ancien haut responsable des services de renseignement du régime syrien, qui a été emprisonné jeudi à perpétuité pour crimes contre l'humanité.

Anwar Raslan, 58 ans, a été jugé à Coblence pour meurtre, torture, viol et agression sexuelle et prise d'otages. Il était le superviseur d'Eyad al-Gharib, un officier subalterne du régime condamné en février de l'année dernière, également à Coblence, à quatre ans et demi de prison pour complicité de crimes contre l'humanité en Syrie.

Al-Gharib était accusé d'avoir rassemblé des manifestants pacifiques antigouvernementaux et de les avoir conduits dans un centre de détention où il savait qu'ils seraient torturés. Le verdict a marqué la première fois qu'un tribunal hors de la Syrie s’est prononcé sur une affaire de torture parrainée par l'État par des membres du régime Assad.

Christoph Heusgen, représentant permanent de l'Allemagne auprès de l'ONU lors de la condamnation d'Al-Gharib, a déclaré à l'époque que le verdict envoyait un message clair à Assad: «Quiconque commet de tels crimes ne peut être en sécurité nulle part.» Il a ajouté: «L'État d'Assad a transformé le berceau de la civilisation en une chambre de torture.»

Jeudi, Bachelet a exhorté les autres pays à suivre l'exemple de l'Allemagne en menant des enquêtes et en engageant des poursuites contre les crimes internationaux selon les principes établis de la compétence universelle et extraterritoriale.

Elle a déclaré que le procès de Raslan «a jeté un nouveau coup d'œil, bien nécessaire, sur les types de tortures écœurantes, de traitements cruels et véritablement inhumains – y compris les violences sexuelles abjectes – auxquels d'innombrables Syriens ont été soumis dans les centres de détention».

Elle a ajouté: «Il s'agit d'un bond en avant dans la recherche de la vérité, de la justice et des réparations pour les graves violations des droits humains perpétrées en Syrie depuis plus d'une décennie.»

Le verdict est un puissant moyen de dissuasion et contribuera à prévenir de futures atrocités, a déclaré Bachelet en exhortant les autres pays à intensifier leurs efforts pour «élargir le filet de la responsabilité» des personnes coupables de crimes commis pendant le conflit syrien.

«Il s’agit d’un exemple clair de la façon dont les tribunaux nationaux peuvent et doivent combler les lacunes en matière de responsabilité pour de tels crimes, où qu'ils aient été commis, grâce à des enquêtes et des procès équitables et indépendants menés conformément aux lois et aux normes internationales relatives aux droits humains», a-t-elle ajouté.

Bachelet a également rendu hommage aux victimes syriennes, à leurs familles et aux organisations de la société civile qui ont bravé «d’énormes obstacles» dans leurs appels persistants à la justice.

Une douzaine d'autres affaires pénales et civiles impliquant d'anciens responsables du gouvernement syrien et des membres d'autres groupes armés sont en cours en Allemagne et dans d'autres pays, dont l'Autriche, la France, la Hongrie, la Suède, la Suisse et les Pays-Bas.

Le Conseil de sécurité demande depuis des années que les coupables de crimes commis pendant la guerre civile syrienne répondent de leurs actes, mais n'a pas saisi la Cour pénale internationale car la Syrie n'est pas partie au Statut de Rome de la Cour.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
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  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.

 


Egypte: incendie sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette 

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  • Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée"
  • Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident"

LE CAIRE: Un incendie s'est déclaré mercredi à bord de deux navires de traitement et de stockage de gaz naturel dans le port de Damiette, dans le nord de l'Egypte, a annoncé le ministère égyptien du Pétrole, sans préciser les causes du feu.

Le ministère a indiqué dans un communiqué qu'un "incendie s'était déclaré à bord du navire de regazéification et du navire de stockage présents dans le port de Damiette, et que la situation avait été immédiatement maîtrisée", ajoutant qu'il n'y avait eu aucune "perte humaine".

Le ministère précise que "les mesures nécessaires sont en cours afin d'évaluer les conséquences de l'incident".

L'ancien président de l'Autorité du port de Damiette, le général Ayman Saleh, a indiqué à l'AFP qu'"un navire de regazéification était amarré aux côtés d'un méthanier dans le port", expliquant que l'opération de regazéification "s'effectue sous une très forte pression", de sorte que toute fuite peut provoquer un incendie.

Il n'a pas précisé à qui appartenaient les deux bâtiments.

 


L'armée israélienne accuse le Hezbollah d'une «violation flagrante» de l'accord de cessez-le-feu

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP)
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  • "Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité
  • "Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah pro-iranien d'une "violation flagrante" de l'accord de cessez-le-feu au Liban, après le lancement, selon elle, d'un drone explosif visant un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

"Dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie de l'armée israélienne dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité", indique le communiqué militaire.

"Cet incident constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu au Liban par l'organisation terroriste du Hezbollah", poursuit-il.

Un accord-cadre a été conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, en vue de mettre fin à la guerre entre les deux pays.

Son application prévoit notamment la mise en place de "zones pilotes" dans le sud du Liban, où le désarmement du Hezbollah doit constituer un test avant un retrait progressif des forces israéliennes d'autres secteurs.

Le mouvement chiite, soutenu par l'Iran, rejette cet accord et refuse de déposer les armes, mais n'a toutefois pas revendiqué d'attaque depuis le 20 juin.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.

L'armée israélienne a indiqué que des troupes continueraient d'y être déployées pour une période indéterminée, "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Dimanche, l'armée libanaise a condamné la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du Liban, qui l'empêche selon elle de s'y déployer comme prévu par l'accord signé en juin entre les deux pays à Washington.