L'impact des artistes arabes sur la scène artistique américaine mis en lumière à Washington

Helen Khal, Sans titre. (Fourni)
Helen Khal, Sans titre. (Fourni)
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Publié le Vendredi 24 décembre 2021

L'impact des artistes arabes sur la scène artistique américaine mis en lumière à Washington

  • Figure fondatrice de la diaspora, Gibran a été l'un des premiers à écrire sur l'identité arabo-américaine
  • Les artistes arabo-américains d'aujourd'hui utilisent une grande variété de matériaux et abordent souvent des questions sociopolitiques lourdes de sens

DUBAΪ: D'un délicat dessin figuratif de Khalil Gibran à la peinture tricolore d'Etel Adnan Planète 8, la récente exposition du Middle East Institute (MEI) de Washington présentait les œuvres d'artistes arabes établis et émergents qui ont construit leur vie et leur carrière en Amérique.
L’événement, intitulé «Converging Lines: Tracing the Artistic Lineage of the Arab Diaspora in the US» («Lignes convergentes: filiation artistique de la diaspora arabe aux États-Unis»), montre la présence bien ancrée d'artistes multidisciplinaires associés au Liban, à l'Égypte, à la Palestine et au Soudan dans des villes américaines telles que New York, San Francisco et Washington. Ces créateurs explorent des thèmes intemporels d'abstraction, de figuration, de migration, de guerre et d'occupation et ils apportent, chacun à leur manière, une contribution à «l'art américain».
Les États-Unis abritent environ trois millions de citoyens d'origine arabe, mais le grand public méconnaît encore la riche production artistique de cette communauté, qui tend à rester enfermée dans les cercles arabo-américains. Selon la commissaire indépendante de l'exposition, Maymanah Farhat, qui est également écrivaine, une partie de ce problème tient à la représentation institutionnelle.

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Huguette Caland, Corps bleu (Bribes de corps), 1973. (Fourni)

«C'est une question de reconnaissance», explique-t-elle à Arab News. «Le monde de l'art américain dépend de gens – des galeristes, des collectionneurs, des historiens, des conservateurs, et des artistes eux-mêmes – qui vous défendent constamment; sinon, il vous est vraiment impossible d’avancer. Cette scène artistique est toujours dominée par les hommes blancs.»
Les artistes noirs, par exemple, ont également été confrontés à la marginalisation et à la négligence, comme leurs contemporains arabes. Toutefois, comme le souligne Farhat, ils ont réalisé des progrès significatifs au cours des dix dernières années.
«À elle seule, une personne ne peut pas y parvenir, et cela nécessite vraiment beaucoup d’investissement», nous confie-t-elle. «Nous l'avons vu récemment avec l'émergence d'artistes noirs: un soin réel est apporté, mais cela arrive après des décennies et de décennies d'historiens de l'art et de conservateurs noirs qui ont pris la peine de défendre ces récits, d’écrire des monographies et d’organiser des expositions.»

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Jacqueline Salloum, Sane Hilwe Ya Okhti (Bon anniversaire, chère Sœur), 2017. (Fourni)

 

Compte tenu du climat politique de ces vingt dernières années, la «diabolisation» des Arabo-Américains constitue une autre préoccupation, au même titre que la désinformation. Farhat affirme qu'elle a entendu quelqu'un dire un jour: «Je ne savais pas que les Arabes faisaient de l'art contemporain.»
«Il y a toujours cette emprise de Hollywood et de l'orientalisme, qui cherchent à nourrir l'imagination des Américains», observe-t-elle.
Bien qu'il y ait eu des tentatives notables pour améliorer l'inclusivité – exposer les œuvres d'artistes arabes dans des foires d'art internationales, organiser des ventes aux enchères et des biennales, par exemple –, il reste un long chemin à faire pour une pleine reconnaissance américaine. C’est précisément l’objectif visé par l'exposition du MEI.

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Khalil Gibran, Les Aveugles, 1919. (Fourni)

L'exposition se consacre à trois groupes d'artistes arabo-américains sur une période de cent ans: les modernistes des années 1950-1960, le «milieu de carrière» et les nouveaux artistes, qui ont émergé au cours des quinze dernières années.
Tout commence avec les dessins de ce géant littéraire et grand-père de l'art arabo-américain, Khalil Gibran. Né au Liban, il a fréquenté les sphères littéraires de Boston et de New York pendant des années, au début du xxe siècle. Figure fondatrice de la diaspora, Gibran a été l'un des premiers à écrire sur l'identité arabo-américaine – un sujet que les artistes contemporains traitent encore aujourd’hui.
«Gibran et Rûmî sont les auteurs les plus vendus dans le monde de l'édition américaine, et il est amusant de constater qu'ils sont toujours considérés comme des “hommes orientaux” mythiques», explique Farhat. «C'est en tout cas frustrant pour moi que Gibran ne soit jamais considéré comme un artiste américain, alors qu'une grande partie de son œuvre plastique a été produite à une époque où New York était vraiment internationale. Gibran était très actif sur la scène artistique américaine.»
Le titre de l'exposition fait référence au fait que de nombreux artistes présentés se sont croisés à un moment ou à un autre et qu’ils ont eu l’occasion de partager une esthétique, ainsi que des centres d’intérêt. «Le thème le plus commun aux artistes réside dans le fait qu’ils affirment leurs propres identités et leurs propres histoires», déclare Farhat.

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Helen Zughaib, Circle Home Beit, 2010. (Fourni)

Le travail de la regrettée Helen Khal, qui fut peintre et critique, est particulièrement captivant. Née en Pennsylvanie au sein d’une famille libanaise dans les années 1920, elle a décidé de suivre ses études à Beyrouth. C’est dans la capitale qu’elle partagera un studio avec Huguette Caland. Leur travail est simple; il explore les couleurs et les formes dans ce qui s’apparente à un espace surnaturel en mouvement.
«Il est impossible de parler de leur travail. Vous découvrez leur travail et vous êtes tout simplement époustouflé», lance Farhat à propos de ces deux peintres. Caland a finalement quitté le Liban pour se rendre d’abord en France puis vivre à Venise, en Californie, pendant environ trois décennies. Elle a alors participé au mouvement d'abstraction de la côte ouest.
Pendant ce temps, Etel Adnan, décédée le mois dernier à l'âge de 96 ans, a commencé à immortaliser les paysages californiens au caractère rêveur qu’elle aime tant dans le comté de Marin. Ils ont fait d'elle une véritable artiste de la Bay Area, en Californie.

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Helen Khal, Sans titre. (Fourni)

Disparu il y a un peu plus de deux ans, le graveur palestinien Kamal Boullata honore la tradition tout en adoptant de nouvelles idées. Il a vécu à Washington pendant trente ans et s'est toujours inspiré de la calligraphie et des mosaïques du dôme du Rocher, à Jérusalem, sa ville natale, qu’il a été contraint de quitter en 1967.
L’histoire de Helen Zughaib est également marquée par l’exil, puisqu’elle a fui le Liban pendant la guerre civile. Elle travaille actuellement aux États-Unis et expérimente elle aussi la calligraphie, notamment autour du mot arabe «beit» («maison»), dans une recherche artistique sans cesse renouvelée.
Les artistes arabo-américains d'aujourd'hui sont audacieux et ils se font entendre. Ils utilisent une grande variété de matériaux et abordent souvent des questions sociopolitiques lourdes de sens. Happy Birthday, Dear Sister, de Jacqueline Salloum, originaire du Michigan, représente ainsi un beau gâteau givré blanc à l'extérieur, mais fourré de balles M16. L’œuvre fait référence aux paroles échangées par Salloum avec une jeune fille dans un camp palestinien, où des activités banales – telles que la préparation d'un gâteau d'anniversaire – avaient lieu au milieu d’un climat de violence permanente.
Pour la Libano-Mexicaine Farhat, qui s’apprête à faire paraître un ouvrage consacré à l'art des Arabo-Américains, le contenu de l'exposition, particulièrement varié, est quelque chose d’intime. «Je les aime tous. Chaque génération propose quelque chose de spécial», confie-t-elle. «J'aime l’idée que ce que nous communiquons à travers cette exposition, c'est la notion de longévité. Je pense que chaque génération a produit des œuvres autour desquelles nous pouvons graviter.»
Farhat espère que l'exposition a réussi à faire passer l'idée que les artistes arabes et leurs homologues américains ont travaillé ensemble comme des pairs, et non que ces derniers ont «influencé» les premiers.
«[Les artistes arabes] se sont engagés et ont apporté leur contribution», déclare-t-elle. «Ce n'est pas qu'ils se trouvaient dans une ville spécifique et qu’ils ont ensuite été influencés par d'autres artistes: ils avaient leurs propres techniques, leurs propres contributions et leur propre style, qu'ils ont apportés à la scène artistique américaine dans son ensemble.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Red Sea International Film Festival : les prétendants aux prix — Partie 1

Une image tirée du film « Yunan », en compétition au festival. (Fourni)
Une image tirée du film « Yunan », en compétition au festival. (Fourni)
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  • Une première sélection de films internationaux explore l’exil, la mémoire, les liens familiaux et les traumatismes, du réalisme poétique à l’horreur
  • Cette première partie met en avant des auteurs du Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique, illustrant la diversité créative du RSIFF 2024

DUBAÏ : Voici la première partie de notre aperçu des films en compétition lors de l’édition de cette année du Red Sea International Film Festival à Djeddah, qui se tient du 4 au 13 décembre.

‘Yunan’

Réalisateur : Ameer Fakher Eldin
Avec : George Khabbaz, Hanna Schygulla, Ali Suliman

Deuxième volet de la trilogie sur l’exil imaginée par le cinéaste syrien Ameer Fakher Eldin, le film suit Munir, un écrivain syrien installé en Allemagne, accablé par le poids mental de son déracinement. Il se rend sur de petites îles isolées, où il envisage le suicide. « Le personnage est né d’une exploration profonde de la condition humaine », confiait Fakher Eldin à Arab News en avril. « Je voulais sonder cette bataille silencieuse que nous menons en nous. Je viens du Golan occupé. Je ne suis pas parti à cause de la guerre — la frontière a été déplacée, me laissant déplacé. J’ai donc grandi en exil sans avoir été forcé de partir… Mon approche consistait à anatomiser l’esprit de l’exilé, en me connectant aux aspects universels de la perte, de la désillusion et de la quête de sens. »

‘Two Seasons, Two Strangers’

Réalisateur : Sho Miyake
Avec : Shim Eun-Kyung, Yuumi Kawai, Shinichi Tsutsumi

Le réalisateur japonais, lauréat du premier prix au Festival de Locarno, signe un délicat drame inspiré de deux œuvres du mangaka culte Yoshiharu Tsuge : Mr. Ben and His Igloo et A View of the Seaside. Miyake présente son histoire comme un film dans le film. Le premier récit suit Natsuo et Nagisa, deux solitaires en quête de lien dans une petite ville côtière. Ce film est écrit par Li, une cinéaste coréenne installée au Japon qui projette dans ses personnages ses propres sentiments d’errance. Pour « s’éloigner des mots », elle part dans une auberge de montagne reculée, où elle rencontre Benzo, un divorcé cynique.

‘Truck Mama’

Réalisatrice : Zippy Nyaruri
Avec : Evaline Wambua Mutuku

La cinéaste kényane Zippy Nyaruri a mis plusieurs années à réunir les fonds nécessaires pour achever ce documentaire consacré à Eva, mère célibataire et conductrice de poids lourds sur de longues distances. Elle doit affronter non seulement un métier dominé par les hommes, mais aussi les routes dangereuses d’Afrique de l’Est. Quand son camion tombe en panne entre le Kenya et le Soudan, « Eva doit puiser en elle toutes ses forces et est même contrainte de repenser son avenir », indique le synopsis.

‘Roqia’

Réalisateur : Yanis Koussim
Avec : Ali Namous, Akram Djeghim, Mostefa Djadjam

Dans Roqia, le réalisateur algérien affronte les traumatismes de sa jeunesse durant la Décennie noire — la guerre civile qui a duré de 1992 à 2002. Sans surprise, c’est un film d’horreur. L’histoire s’ouvre en 1993. Ahmed se remet d’un accident de voiture qui l’a laissé amnésique. Son village natal et même sa famille lui paraissent étrangers. Et il ignore pourquoi son index droit manque. Dans la temporalité contemporaine du film, on découvre un vieil exorciste musulman… lui aussi privé de son index droit. « Quand on ne traite pas les traumatismes vécus par les Algériens, peut-être que ce qui les a causés revient — non pas comme une menace, mais en arrière-plan », expliquait Koussim à GQ Middle East. « Il faut travailler sur ce traumatisme. Roqia n’apporte pas une solution, mais expose le problème. »

‘The World of Love’

Réalisatrice : Yoon Ga-Eun
Avec : Seo Su-Bin, Chang Hyae-Jin, Kim Jeong-Sik

Le drame de la cinéaste coréenne suit Lee Jooin, lycéenne de 17 ans dont un accès de colère provoque des répercussions inattendues sur son entourage — et sur elle-même. Après avoir réalisé deux films « en première personne » où le protagoniste apparaissait dans chaque scène, Yoon a expliqué à Variety que son nouveau projet « tentait une méthode d’observation à distance, une perspective en troisième personne », donnant à voir ce que font les autres personnages quand la protagoniste agit, et comment ces actions se répondent.

‘The Stories’

Réalisateur : Abu Bakr Shawky
Avec : Amir El-Masry, Nelly Karim, Valerie Pachner

Décrit par le RSIFF comme « un hommage vif et authentique à l’Égypte », le film s’inspire de la relation entre le père égyptien et la mère autrichienne du réalisateur — relation née d’un échange de correspondance dans les années 1960 (les parents apparaissent d’ailleurs dans le film). « C’est l’histoire de mondes qui se percutent, de mondes qui se rencontrent », expliquait Shawky au Hollywood Reporter. « C’est l’histoire de petites victoires et de petites gens qui tentent de faire de grandes choses. »

‘Sink’

Réalisatrice : Zain Duraie
Avec : Clara Khoury, Mohammad Nizar, Wissam Tobeileh

Le premier long-métrage de la réalisatrice jordanienne a été décrit par le Festival international du film de Toronto comme « un portrait magnifique d’une mère aux prises avec l’effondrement mental de son fils adolescent ». Tandis que le comportement de Basil lui vaut d’être expulsé de l’école et isolé socialement, sa mère Nadia refuse d’abandonner.

‘Nighttime Sounds’

Réalisateur : Zhang Zhongchen
Avec : Aline Chen, Gu Hanru, Li Yanxi

Le cinéaste autodidacte chinois a été salué dans son pays pour son mélange de surréalisme, de réalisme magique et de poésie. Qing, huit ans, vit avec sa mère dans un village rural paisible, tandis que son père travaille dans une ville lointaine. Un matin, elle rencontre un « enfant fantôme » à la recherche de sa mère disparue. « À travers des images oniriques et une bande-son envoûtante… Zhongchen tisse un puissant récit sur la mémoire, le manque, et les silences transmis d’une génération de femmes à l’autre », indique le synopsis du festival.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Monte Carlo Doualiya sort des sentiers battus: une semaine de programmation spéciale sur le royaume d’Arabie

Pour la rédaction, cette « semaine saoudienne » n’était pas seulement une opération médiatique : elle répondait à un besoin concret de sortir des clichés, dépasser les préjugés et offrir au public de la radio arabophone un contenu à la fois informatif, vivant et nuancé. (AFP)
Pour la rédaction, cette « semaine saoudienne » n’était pas seulement une opération médiatique : elle répondait à un besoin concret de sortir des clichés, dépasser les préjugés et offrir au public de la radio arabophone un contenu à la fois informatif, vivant et nuancé. (AFP)
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  • Pour la direction de Monte Carlo Doualiya, le pari était simple : aller au plus près, voir, écouter, comprendre, et surtout raconter
  • La radio ne s’est pas contentée de commenter à distance : elle a dépêché une mission sur le terrain pour enquêter, sentir l’atmosphère, rencontrer ceux qui incarnent le nouveau visage du pays

PARIS: Il arrive qu’une initiative médiatique crée une véritable brèche dans les habitudes ou ouvre une fenêtre sur un monde encore méconnu ou mal compris.
Cela pourrait être le cas de la radio Monte Carlo Doualiya (MCD), un média public français arabophone qui a choisi de consacrer, pendant une semaine, une programmation spéciale à l’Arabie saoudite.
Cette décision audacieuse est presque inédite dans le paysage audiovisuel français, où le royaume reste souvent perçu à travers des prismes partiels ou des récits convenus.

« De Riyad à AlUla, Monte Carlo Doualiya révèle une Arabie saoudite en pleine métamorphose.»

Pour la direction de Monte Carlo Doualiya, le pari était simple : aller au plus près, voir, écouter, comprendre, et surtout raconter.
Les transformations du royaume depuis le lancement de la Vision 2030 sont considérables, mais elles restent souvent mal connues, d’où l’idée d’une immersion totale.
La radio ne s’est pas contentée de commenter à distance : elle a dépêché une mission sur le terrain pour enquêter, sentir l’atmosphère, rencontrer ceux qui incarnent le nouveau visage du pays.

Le résultat ? Un enthousiasme communicatif, porté par la surprise d’une Arabie saoudite qui change à une vitesse vertigineuse, dynamisée par une jeunesse que personne ne peut plus ignorer.
Pendant sept jours, émissions spéciales, reportages, débats, chroniques culturelles et entretiens exclusifs depuis Riyad, Djeddah, AlUla et Dhahran se sont succédé (du 24 au 30 novembre).

Pour la rédaction, cette « semaine saoudienne » n’était pas seulement une opération médiatique : elle répondait à un besoin concret de sortir des clichés, dépasser les préjugés et offrir au public de la radio arabophone un contenu à la fois informatif, vivant et nuancé.
L’équipe a voulu montrer l’Arabie saoudite telle qu’elle est aujourd’hui, et non telle qu’elle était hier.

Pour cela, le journaliste Atif Ali Salih a arpenté Riyad, ses quartiers futuristes, ses centres culturels, ses universités, ses cafés fréquentés par des jeunes qui débattent d’art, de cinéma, d’intelligence artificielle ou d’entrepreneuriat.
Ce qu’il en a rapporté : une série d’entretiens et de récits où dominent l’énergie, l’appétit de modernité et l’émergence de nouveaux visages, surtout féminins.

Répondant à Arab News en français, Ali Salih reconnaît avoir été surpris par ce qu’il a découvert : « Riyad donne le tournis », confie-t-il. « Tout va vite. Très vite. On sent un pays qui ne veut surtout pas rater sa décennie. »
Ce qui l’a surtout frappé, ce n’est pas tant la verticalité des nouveaux quartiers que la vitalité de ceux qui les habitent.

« Loin des clichés, un pays jeune, dynamique et résolument tourné vers l’avenir se dévoile. »

Il raconte ses rencontres avec de jeunes Saoudiennes dirigeant des start-up technologiques, des studios de design, des associations culturelles ou des projets artistiques. Beaucoup n’ont pas encore trente ans, parlent anglais couramment, et surtout, veulent participer au mouvement qui redéfinit leur pays.
Dans les cafés modernes de Riyadh Boulevard et les espaces de coworking, il dit avoir été impressionné par la liberté de ton, l’assurance et la soif d’apprendre.
« On a souvent une image figée des femmes saoudiennes, mais j’ai rencontré des ingénieures, des productrices, des développeuses, des conservatrices de musée… Elles se projettent loin, très loin, et regardent l’avenir droit dans les yeux. »

L’un des aspects les plus marquants de la semaine saoudienne a été la mise en lumière de l’effervescence culturelle : concerts gigantesques, expositions internationales, festivals de cinéma, bibliothèques ouvertes jusqu’à minuit… Le pays connaît un véritable renouveau artistique et culturel.
Cette métamorphose a été au cœur des émissions, avec des interviews de jeunes acteurs culturels saoudiens et des reportages réalisés dans les nouveaux musées de Riyad.

Ce qui ressort, c’est l’idée d’une génération — surtout féminine — impatiente de rattraper le temps perdu, une génération qui ne demande pas la permission d’exister, mais qui agit. Et cela, selon Ali Salih, « se voit, s’entend, se ressent ».

Cette semaine spéciale, au ton équilibré, curieux mais jamais condescendant, constitue une passerelle entre deux rives, en offrant aux Franco-Arabes et à tous ceux qui s’intéressent au Moyen-Orient un regard neuf et vivant sur l’Arabie saoudite d’aujourd’hui.
Ce type d’initiative, rare dans le paysage médiatique français, montre que la curiosité n’est jamais un luxe, mais une nécessité.

À l’issue de cette plongée saoudienne, la directrice de Monte Carlo Doualiya, Souad El Tayeb, assure à Arab News : « On reviendra. » Les portes se sont ouvertes, les liens se sont tissés, les idées ont fusé.
Au fond, dit-elle, c’est cela, la réussite de cette initiative inédite : « transformer la découverte en dialogue, et la curiosité en pont durable entre les sociétés ».

Seul bémol pour El Tayeb : MCD, qui diffuse sur FM, n’est pas écoutée en Arabie saoudite. Mais, se réjouit-elle, elle est largement suivie par les jeunes Saoudiens sur les réseaux sociaux.


Le Festival des Arts d’AlUla revient avec sa nouvelle édition avec Desert X AlUla

Le festival artistique d'AlUla revient pour sa cinquième édition en janvier 2026, transformant l'ancienne ville oasis d'AlUla en une scène dédiée à l'art contemporain, au design et à la culture. (Fourni)
Le festival artistique d'AlUla revient pour sa cinquième édition en janvier 2026, transformant l'ancienne ville oasis d'AlUla en une scène dédiée à l'art contemporain, au design et à la culture. (Fourni)
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  • Le Festival des Arts d’AlUla 2026 transformera la ville en scène pour l’art contemporain
  • L’événement mettra en avant des artistes saoudiens et internationaux, le programme de résidences artistiques et l’essor du design à AlUla

DUBAÏ : Le Festival des Arts d’AlUla est de retour pour sa cinquième édition en janvier 2026, transformant l’ancienne oasis d’AlUla en scène pour l’art contemporain, le design et la culture. Sur fond de canyons désertiques majestueux et du vibrant quartier artistique d’AlJadidah, l’édition 2026 se déroulera du 16 janvier au 14 février.

Le festival proposera de nouvelles créations de land art dans le cadre de la quatrième édition de Desert X AlUla. Il comprendra également une grande exposition d’art, fruit d’une collaboration entre le musée d’art contemporain d’AlUla – dans le cadre de son programme pré-ouverture – et le Centre Pompidou ; ainsi qu’une exposition Design Space AlUla mettant en lumière les talents saoudiens et internationaux, et bien plus encore.

Hamad Alhomiedan, directeur des Arts et Industries Créatives à la Royal Commission for AlUla (RCU), a déclaré :
« Le Festival des Arts d’AlUla est l’expression contemporaine des traditions anciennes de créativité et d’échanges culturels à AlUla. Dans le programme diversifié de cette année, AlUla devient une toile pour le dialogue créatif et un catalyseur de conversations au Royaume et au-delà. Nous sommes fiers de présenter des œuvres ambitieuses de certains des artistes les plus célébrés d’Arabie Saoudite aux côtés de pionniers de renommée internationale, tous inspirés par la culture et les paysages uniques d’AlUla. J’ai hâte d’accueillir des visiteurs de la communauté locale et du monde entier pour vivre cet événement unique et explorer les merveilles d’AlUla. »

Le Festival des Arts d’AlUla est un événement annuel emblématique qui transforme l’ancienne ville d’AlUla en un terrain d’expression artistique vibrant, consolidant sa position comme un hub mondial de créativité et de culture tout au long de l’année. Faisant partie du calendrier AlUla Moments 2025/2026, le festival est devenu l’un des événements artistiques les plus célébrés de la région, réunissant des œuvres innovantes d’artistes locaux, régionaux et internationaux au cœur du riche patrimoine naturel et culturel d’AlUla, créant des moments spectaculaires d’inspiration et d’émerveillement.

Dans le cadre des événements, Desert X AlUla revient pour sa quatrième édition du 16 janvier au 28 février, présentant 10 nouvelles œuvres spécifiques au site, créées par des artistes multigénérationnels de premier plan et intégrées dans le paysage d’AlUla. Inspiré par la poésie de Khalil Gibran, le thème de cette année, « Espace sans mesure », présente chaque œuvre comme un point sur une nouvelle carte, marquant des éclats d’imagination, des utopies florissantes à des panoramas et corridors sonores jusqu’alors inconcevables.

Desert X AlUla 2026 mettra en lumière des œuvres contemporaines visionnaires d’artistes saoudiens et internationaux, sous la direction artistique de Neville Wakefield et Raneem Farsi, accompagnés de deux commissaires invités reflétant la longue histoire d’échanges interculturels de la région.

Par ailleurs, Design Space AlUla accueillera l’exposition AlUla Design, mettant en avant le rôle croissant d’AlUla en tant que hub de créativité et d’innovation culturelle. L’exposition présentera le travail produit par le Programme de Résidence des Artistes d’AlUla et le AlUla Design Award 2025, où des designers internationaux et régionaux se sont immergés dans les paysages, le patrimoine et les traditions artisanales d’AlUla pour créer des œuvres originales.

Enfin, les AlUla Design Stores présenteront les produits développés lors du quatrième AlUla Design Award, du Designathon et de la Résidence Design AlUla, ainsi que des collaborations avec trois designers de Madrasat Addeera.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com