Adieu la primaire, LR s'en remet aux militants pour désigner son candidat

Le président du parti Les Républicains, Christian Jacob, lors d'un meeting, à Paris, le 6 juillet 2021.  (Photo,  AFP)
Le président du parti Les Républicains, Christian Jacob, lors d'un meeting, à Paris, le 6 juillet 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 26 septembre 2021

Adieu la primaire, LR s'en remet aux militants pour désigner son candidat

  • L'expérience des primaires a laissé un goût amer en 2016, éliminant Nicolas Sarkozy dès le premier tour, et exacerbant les tensions jusqu'à l'échec de François Fillon à la présidentielle
  • Les Républicains ont finalement choisi de réserver le vote aux seuls adhérents de LR «à jour de cotisation 15 jours avant le scrutin», avec un scrutin à deux tours

PARIS : Exit la primaire: Les Républicains désigneront leur candidat à la présidentielle par un vote de leurs seuls adhérents, au grand soulagement de la direction qui espère rallier Xavier Bertrand au processus, avec pour objectif d'avoir enfin un nom le 4 décembre.


Les adhérents de LR, appelés à se prononcer par voie électronique depuis vendredi soir, ont choisi pour près de six votants sur dix (58%) l'option d'un congrès à deux tours. Le taux de participation a atteint 50,28% des voix lors de ce congrès.


"C'est une bonne nouvelle, ça permet le 4 décembre que le débat soit clos" et que la droite soit "rassemblée derrière un candidat d'union", s'est félicité le patron du parti Christian Jacob, alors que depuis des mois le match piétine: Xavier Bertrand reste en tête à droite avec 14-15% des intentions de vote dans les sondages, qui ne le voient cependant pas au second tour.


Viennent ensuite Valérie Pécresse, championne d'une "fierté française retrouvée", et Michel Barnier qui jouit d'une meilleure stature internationale.


Le vote de samedi portait concrètement sur une modification des statuts, qui depuis 2015 prévoyaient une primaire. L'expérience a laissé un goût amer en 2016, éliminant Nicolas Sarkozy dès le premier tour, et exacerbant les tensions jusqu'à l'échec de François Fillon à la présidentielle.


Les Républicains ont finalement choisi de réserver le vote aux seuls adhérents de LR "à jour de cotisation 15 jours avant le scrutin", avec un scrutin à deux tours.


Un choix que résumait bien Christine Siva, adhérente LR venue voter "pour le congrès" au siège parisien: "On a vu le désastre la dernière fois, je veux que tous les candidats se mettent d’accord et que l’on n'en choisisse qu’un".


Pour un membre du gouvernement en revanche, "ça commence par une primaire ouverte, ça finit par un congrès du RPR". 

«Bon rythme»

L'option du congrès pourrait ouvrir la porte à une participation de Xavier Bertrand, qui serait éventuellement "prêt à se soumettre" à un congrès même s'il refuse une primaire, avait affirmé mercredi Christian Jacob.


Le président des Hauts-de-France attend de voir les conditions exactes pour se prononcer, précise-t-on dans son entourage. Le parti va réunir un conseil stratégique sur l'organisation du congrès mardi.


Les candidats devront formuler leur volonté de se lancer par écrit, a précisé Christian Jacob. 


"J’en serai! Que le ou la meilleure gagne!", a aussitôt tweeté Valérie Pécresse, pourtant fervente partisane de la primaire. "Militant fidèle dans cette famille (...) je solliciterai en confiance son soutien", a assuré Michel Barnier. "Le 4 décembre je solliciterai le soutien de ma famille politique", a renchéri Eric Ciotti. Quand à Philippe Juvin, c'est "avec honneur et fierté" qu'il se présentera.


Cette échéance du 4 décembre est-elle trop éloignée, alors que les autres partis d'opposition auront déjà lancé leur poulain dans la course? "Nous avançons au bon rythme" car "il faut le temps de recueil de tous les parrainages", a assuré Christian Jacob.


En effet, du côté des candidats il faudra se reconnaître "dans les valeurs de la droite et du centre", et avoir recueilli "au moins 250 parrainages d'élus" soutenus par LR.


Une instance de contrôle vérifiera "la recevabilité des candidatures" au regard notamment "de leur compatibilité" avec ces valeurs.


Alors que certains voient là une barrière visant Eric Zemmour, qui se réclame du RPR, Christian Jacob a répété la position du parti: "Il ne fait pas partie de notre famille politique". Reste que le polémiste apparaîtra dimanche, tout comme Eric Ciotti et Philippe Juvin, à une "journée du conservatisme", selon les organisateurs du Mouvement conservateur (issu de Sens commun, né en 2013 des mobilisations de "La Manif pour tous" contre le mariage homosexuel).


Autre innovation, LR va se doter d'une "procédure d'empêchement" pour pouvoir débrancher le candidat s'il "ne peut, pour quelque raison que ce soit", rester dans la course. L'idée est d'éviter un crash similaire à celui de François Fillon en 2017.    


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».