Philo au bac: la tentation de la copie blanche inquiète les enseignants

«Ce qui est très rassurant, c'est que je sais déjà que j'aurai 10/20 au minimum»
«Ce qui est très rassurant, c'est que je sais déjà que j'aurai 10/20 au minimum»
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Publié le Jeudi 03 juin 2021

Philo au bac: la tentation de la copie blanche inquiète les enseignants

  • «Les élèves satisfaits de leurs notes au contrôle continu risquent de ne pas s'investir dans l'épreuve, il y aura sans doute des copies avec peu ou pas de contenu»
  • Les professeurs de philosophie «craignent de passer énormément de temps à corriger pour que peu de notes soient finalement retenues»

PARIS: Les Terminales vont-ils être tentés de rendre copie blanche à l'épreuve de philosophie du bac ? La note à l'examen sera retenue uniquement si elle est supérieure à celle du contrôle continu, ce qui ouvre la voie à des calculs opportunistes, déplorent les syndicats des enseignants.

Le ministère de l'Éducation nationale a éclairci mercredi les règles de notation de l'épreuve écrite de philosophie du baccalauréat 2021, chamboulé par la pandémie.

Pour cette matière, c'est la meilleure note qui sera retenue, entre celle obtenue à l'épreuve le 17 juin et celle du contrôle continu. 

Cette adaptation avait été annoncée début mai par le ministre Jean-Michel Blanquer, afin de tenir compte des conséquences de la crise sanitaire. 

"Depuis cette annonce, les profs de philo sont un peu désabusés, car ils vont se retrouver à corriger des copies qui seront pour la plupart bâclées", confie Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, qui aurait plutôt préféré que les sujets soient aménagés.

Pour bénéficier de cette règle, le candidat devra obligatoirement se rendre à l'examen. "Si un élève ne se rend pas à l'épreuve, sans justificatif, c'est zéro, et il n'y a pas de possibilité de recours au contrôle continu", a indiqué mercredi lors d'une conférence de presse Edouard Geffray, le directeur général de l'enseignement scolaire (Dgesco), numéro deux du ministère.

Sécher l'épreuve serait prendre "un risque que je crois inconsidéré par rapport à son avenir" car "je rappelle que cette note figure sur le relevé de notes, qui doit parfois être produit dans une vie ultérieure à l'appui de son diplôme", a-t-il insisté.

En revanche, si un élève se présente à l'épreuve, reste dans la salle d'examen pendant la durée légale d'une heure et rend une copie blanche, il bénéficiera à la place de sa note de contrôle continu.

«Travailler pour rien»

"Moi, je n'ai pas une assez bonne moyenne de contrôle continu (10/20) pour me permettre de rendre copie blanche. Alors je vais y aller et je vais tenter de gratter le maximum de points en plus", commente Tobie, lycéen en Terminale à Fontainebleau (Seine-et-Marne). 

"Ce qui est très rassurant, c'est que je sais déjà que j'aurai 10/20 au minimum", ajoute le jeune homme de 17 ans.

Sofiane, en Terminale à Mantes-la-Jolie (Yvelines), se sent également plus "serein" grâce à cette règle de notation pour l'épreuve de philo. "Se préparer, s'exercer, c'est toujours bénéfique, je serai dans les révisions", assure l'élève de 18 ans. Cette adaptation lui "permet d'être moins sous pression" et "de se concentrer davantage sur le grand oral", une épreuve plus "floue" et plus "stressante" à ses yeux.

Obliger les élèves à se rendre à l'examen pour bénéficier de cette mesure d'ajustement sur les notes ne change pas vraiment la donne pour les enseignants.

"Les élèves satisfaits de leurs notes au contrôle continu risquent de ne pas s'investir dans l'épreuve, il y aura sans doute des copies avec peu ou pas de contenu", relève Claire Krepper, du syndicat SE-Unsa, qui plaidait pour le contrôle continu intégral.

Les professeurs de philosophie "craignent de passer énormément de temps à corriger pour que peu de notes soient finalement retenues, ils ont le sentiment très désagréable de devoir travailler pour rien", complète-t-elle. 

Le ministère a par ailleurs précisé que si un élève ne peut se rendre à l'épreuve pour un cas de force majeure (Covid, hospitalisation, etc.), il pourra bénéficier de sa note de contrôle continu ou choisir de se rendre à la session de rattrapage de septembre. 

Pour ce premier bac de la réforme instaurée par Jean-Michel Blanquer, perturbé par la crise sanitaire, le contrôle continu représentera au minimum 82% de la note finale de l'examen, l'épreuve écrite de philosophie et celle du grand oral correspondant aux 18% restants.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.