L'armée libanaise procède à un exercice de simulation en cas de «crise nationale»

L'armée libanaise a annoncé la tenue lundi d'un exercice militaire baptisé «Lebanon Wide». (Fourni)
L'armée libanaise a annoncé la tenue lundi d'un exercice militaire baptisé «Lebanon Wide». (Fourni)
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Publié le Mardi 01 juin 2021

L'armée libanaise procède à un exercice de simulation en cas de «crise nationale»

  • L'exercice militaire intervient dans un climat de flambée des prix des produits de base et de craintes d'effondrement social
  • Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a rencontré le Premier ministre désigné, Saad Hariri, pour tenter, une nouvelle fois, de contourner les obstacles qui entravent la formation d'un gouvernement de secours

BEYROUTH: L'armée libanaise a conduit lundi des exercices militaires à grande échelle afin de tester sa capacité à faire face à une crise nationale.

L'exercice baptisé «Lebanon Wide» a rassemblé des unités de l'armée ainsi que: les Forces de sécurité intérieure; la Sûreté générale; la Sécurité de l'État; la Direction générale des douanes; la Direction générale de la défense civile; la Croix-Rouge libanaise; l'Office de secours et de travaux des nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA); le Haut-Commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR), ainsi que des experts et des officiers français.

Cet exercice a permis d'évaluer la capacité des différentes unités à coordonner leurs efforts avec les forces de sécurité et les organisations non gouvernementales (ONG) locales et internationales en cas de crise nationale.

Cette initiative survient à un moment où le Liban fait face à un effondrement économique et à une colère grandissante des Libanais contraints de faire de longues queues devant les stations-service, les pharmacies et les supermarchés, sans qu'un gouvernement de secours ait été formé.

Dans une nouvelle tentative de contourner les obstacles à la formation d'un gouvernement de secours, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a rencontré lundi le Premier ministre désigné, Saad Hariri. M. Hariri ne s'est pas exprimé à l'issue de la rencontre.

Le bureau de M. Berri a indiqué que la réunion «a duré deux heures, durant lesquelles a été abordé le problème du gouvernement». Il a également précisé que parmi les sujets abordés, il y avait eu une discussion «sur la voie de la formation du gouvernement et des étapes franchies en ce sens, et que l'atmosphère était positive».

Nabih Berri cherche en effet à jouer un rôle de médiateur auprès du président libanais, Michel Aoun, et de Saad Hariri afin qu'ils acceptent de former un gouvernement de 24 ministres, dans lequel aucune partie n'obtiendrait le «tiers de blocage».

EN BREF

- Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a rencontré le Premier ministre désigné, Saad Hariri, pour tenter, une nouvelle fois, de contourner les obstacles qui entravent la formation d'un gouvernement de secours.

- M. Hariri ne s'est pas exprimé à l'issue de la rencontre.

Le 22 octobre 2020, la majorité du Parlement libanais a chargé M. Hariri de former un nouveau gouvernement. Ce dernier a soumis à M. Aoun une proposition de 18 ministres non partisans, mais le président a rejeté ce projet et a insisté pour que M. Hariri nomme lui-même des ministres chrétiens et obtienne un tiers de blocage dans le prochain gouvernement.

Le président a exhorté le Parlement à envisager la nomination d'un Premier ministre autre que M. Hariri. Le Parlement a toutefois, le 22 mai, réitéré son engagement unanime à nommer Saad Hariri.

Rola al-Tabash, député du Courant du futur, a déclaré que «les chances de former un gouvernement sont presque égales aux risques de ne pas y parvenir».

Selon Mme Al-Tabash, «le camp dirigé par le Premier ministre désigné s'efforce de supprimer tous les obstacles, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, tandis que l'autre camp, dirigé par une obsession présidentielle, sème toutes sortes d'obstacles afin de perpétuer la déformation de la Constitution, les dissensions politiques et l'épuisement social».

Dans ce contexte de crise économique, les prix des denrées alimentaires telles que le bœuf et le poulet ont connu une flambée, entraînant ainsi une crise auprès des consommateurs.

Seuls huit produits alimentaires continuent d'être subventionnés par l'État, alors que plus de cent produits alimentaires de base étaient autrefois subventionnés.

liban
Le Liban affronte un effondrement économique dans un contexte de colère grandissante au sein de la population en raison de la flambée des prix des produits de base et de la crise des devises étrangères. (Archive/AFP)

Lundi, une source financière a confié à Arab News que «le gouvernement intérimaire ne veut pas endosser la responsabilité de la levée des subventions sur les produits alimentaires de base, par crainte des répercussions sécuritaires et sociales».

La décision incombe au gouvernement et à la Banque du Liban, soit la banque centrale du Liban, a ajouté la source. «Face à la réticence du gouvernement à avaler ce poison, la banque centrale a toutefois ralenti l'approvisionnement en dollars frais des commerçants et des importateurs – un approvisionnement indispensable pour les importations – afin de s'aligner sur le taux de change officiel de 1 500 livres libanaises pour un dollar (1 dollar = 0,82 euro), engendrant la crise du carburant et des médicaments qui a surgi dernièrement.»

L'Observatoire de la crise relevant de l'université américaine de Beyrouth affirme que le gouvernement «s'abstient d'engager des politiques et des programmes visant à remédier à la crise économique, financière et humaine, à l’exception de la décision de renoncer à payer les eurobonds en mars 2020». La source financière a en outre averti que le secteur du pain «sera affecté par la suppression des subventions aux carburants» du fait de cet imbroglio.

Le juge d'instruction de Beyrouth, Assaad Bayram, a par ailleurs clôturé lundi l'interrogatoire de l'avocat Rami Alleik pour diffamation de l'autorité judiciaire et menaces à l'encontre du procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oweidat.

Le juge Bayram a ordonné «d'empêcher Me Alleik d'exercer la profession d'avocat et de se présenter dans les palais de justice pendant deux mois, et de lui imposer une amende plutôt que de l'arrêter».

Cette décision fait suite aux actions entreprises par Rami Alleik au sein d'un groupe d'activistes qui soutient le Courant patriotique libre (CPL).

Le CPL a en outre soutenu la juge Ghada Aoun lorsqu'elle a fait irruption dans la société de transfert de fonds Mecattaf – en infraction à une décision judiciaire lui interdisant de traiter un dossier portant sur des infractions en matière d'exportation de devises, sur lequel elle enquêtait.

Me Alleik a entamé une grève de la faim pour dénoncer son arrestation, la qualifiant de «violation de l'immunité que lui confère son statut de juriste».

Il se dit «victime de violations manifestes de la Constitution et de la charte des droits de l'homme, et prisonnier d’opinion». De nombreux avocats qui soutiennent Rami Alleik se sont rassemblés devant le bureau du juge Bayram, dans le Palais de justice de Beyrouth, afin d’exprimer leur opposition au traitement qu'il subit.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Liban: un Casque bleu français tué dans une embuscade attribuée au Hezbollah

Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouille dans la zone tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’emplacement du pont de Qasmieh, détruit par des frappes israéliennes, dans la région d’Al-Qasmiyeh, au sud du Liban, le 18 avril 2026. (AFP)
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  • Un soldat français a été tué et trois blessés au sud-Liban lors d’une embuscade contre des Casques bleus, attribuée au Hezbollah, marquant une nouvelle escalade dans le conflit régional
  • La France appelle le Liban à agir contre les responsables, tandis que les tensions persistent malgré les cessez-le-feu et les efforts diplomatiques en cours

PARIS: Deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre contre l'Iran fin février, un militaire français a été tué et trois autres soldats français blessés samedi au sud-Liban, lors d'une embuscade contre des Casques bleus attribuée au Hezbollah.

"La Nation s'incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah", a déclaré le président français Emmanuel Macron sur X.

Le sergent-chef Florian Montorio, rattaché au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, dans le sud-ouest de la France, a été tué "par un tir direct à l'arme légère", dans la région de Deir-Kifa, a précisé la ministre française des Armées Catherine Vautrin sur X.

"La France exige des autorités libanaises qu'elles arrêtent immédiatement les coupables et prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul", a ajouté M. Macron.

Le président libanais Joseph Aoun a condamné samedi l'attaque contre les Casques bleus français. Il a promis de poursuivre les responsables.

La Force d'interposition de l'ONU au Liban (Finul) a dénoncé une attaque "délibérée", estimant que les auteurs de l'embuscade étaient vraisemblablement le Hezbollah, groupe militaire islamiste chiite allié de l'Iran, installé au Liban où il exerce une énorme influence et est en guerre contre Israël.

- "Garantir la sécurité" -

M. Macron s'est entretenu samedi avec M. Aoun et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, leur demandant de "garantir la sécurité des soldats de la Finul", déployée au Liban depuis 1978, composée de plus de 7.000 militaires, dont plus de 600 Français.

Le sergent-chef Montorio "était en mission d'ouverture d'itinéraire vers un poste de la Finul isolé depuis plusieurs jours par les combats dans la zone, il a été pris dans une embuscade par un groupe armé à très courte distance", a détaillé Mme Vautrin, soulignant que ce "sous-officier expérimenté" avait déjà été "déployé plusieurs fois en opération".

"La Nation s'incline devant la mémoire d'un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses proches et à ses frères d'armes", a ajouté la ministre.

La gravité des blessures des trois autres militaires n'a pas été précisée.

C'est le deuxième militaire français tué par des alliés de Téhéran depuis le début de la guerre amorcée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a embrasé toute la région.

Le 12 mars, l'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué dans une attaque de drone attribuée à une milice pro-iranienne. Il était déployé dans une base dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, où il participait à une mission de formation à la lutte antijihadiste.

Un cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran est en vigueur depuis le 8 mars, et un intense ballet diplomatique est en cours pour tenter de le consolider.

Une trêve est aussi à l’œuvre au Liban, qu'Israël a attaqué en riposte aux attaques du Hezbollah. Des préparatifs de négociations sont en cours, mais le Hezbollah se dit "non concerné" par ces négociations libanaises avec Israël.


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.