Accident du métro à Mexico: la recherche des responsables a commencé

Une vue aérienne montrant le site d'un accident de métro après l'effondrement partiel d'un pont du métro aérien à Mexico le 4 mai 2021 / AFP
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Publié le Mercredi 05 mai 2021

Accident du métro à Mexico: la recherche des responsables a commencé

  • Sur place, des témoins ont fait entendre de virulentes critiques contre Marcelo Ebrard, potentiel candidat à la présidence
  • L'enquête a été confiée au parquet fédéral et à celui de la ville de Mexico, et recevra l'appui d'experts internationaux indépendants

MEXICO : Le Mexique a entamé mardi la recherche des responsabilités dans l'accident survenu la veille dans le métro de sa capitale, qui a fait au moins 25 morts et quelque 80 blessés, selon un dernier bilan.

Les regards se tournent notamment vers celui qui était le maire de la ville au moment de l'inauguration le 30 octobre 2012 de cette ligne "maudite", l'actuel ministre des Affaires étrangères et potentiel candidat à la présidence Marcelo Ebrard, un vieux routier de la politique locale.

Sur place, des témoins ont fait entendre de virulentes critiques contre Marcelo Ebrard. "Qu'il vienne ici voir ce qu'il nous a laissé. C'est lui le responsable", a hurlé une femme devant les caméras en  proférant des accusations de corruption à son encontre.

Dans la matinée, devant la presse, le président Andres Manuel Lopez Obrador a immédiatement promis "une enquête approfondie, sans égard d'aucune sorte, pour chercher à connaître la vérité (...), à partir de laquelle la responsabilité sera établie".

Marcelo Ebrard, présent à la conférence de presse, a évoqué un "jour triste pour tous". "Je me mets à l'entière disposition des autorités", a déclaré le ministre, potentiel candidat à l'élection présidentielle de 2024.

Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national, du 4 au 6 mai. 

Le bureau du procureur de Mexico a annoncé que l'enquête porterait sur les crimes d'homicide involontaire et de dommages matériels.

L'enquête a été confiée au parquet fédéral et à celui de la ville de Mexico, et recevra l'appui d'experts internationaux indépendants.

Alors que la poussière des décombres n'était pas encore retombée, la presse locale a évoqué les polémiques qui avaient surgi au moment de la construction de cette ligne d'environ 25 km qui traverse le sud de la capitale, ainsi que ses problèmes récurrents de fonctionnement. 

La ligne 12 est l'une des deux lignes du métro mexicain qui ne fonctionne pas sur pneumatiques à l'instar du métro parisien, mais sur voie ferrée traditionnelle. 

Depuis le début des opérations, une usure des rails et des roues des trains avait été détectée, qui avait forcé en mars 2014 le successeur de M. Ebrard à suspendre le service dans 12 stations. Une étude avait alors conclu à des problèmes de conception, d'exploitation et d'entretien des voies.  

«Il se peut que ce soit de la négligence »

L'accident s'est produit dans la nuit de lundi à mardi, vers 22H00 heure locale (03H00 GMT) près de la station Olivos, après l'effondrement d'un pont de 12 mètres de haut qui a fait plonger à son passage une rame du métro dans le vide.

Les caméras de sécurité ont enregistré la chute soudaine de l'énorme structure dans un nuage de poussière. Les voisins de la zone se sont précipités pour aider les survivants, avant d'être remplacés par des dizaines de pompiers et de secouristes.

Tout le secteur a été bouclé par la police et l'armée qui ont dressé un périmètre de sécurité. Des grues sont entrées en action pour soulever les blocs de béton et de métal, et dégager ainsi d'éventuels survivants. 

Jose Luis Vigil a participé aux recherches d'un voisin et de sa femme, dont la voiture se trouvait sous les décombres.

"Son beau-père nous dit qu'il est déjà mort, mais un journaliste a enregistré une vidéo le montrant coincé et demandant de l'aide. Nous savons qu'elle (l'épouse) est en vie", a-t-il confié.

Fernando Espino, dirigeant du syndicat des travailleurs du métro, a déclaré à la chaîne de télévision Milenio que des ingénieurs avaient déjà signalé à plusieurs reprises des défaillances.

"Il se peut que ce soit de la négligence, qu'ils n'aient pas pris la chose au sérieux", a-t-il ajouté, notant que, contrairement aux autres lignes de métro, la maintenance de la ligne 12 est assurée par une entreprise extérieure.

Mme Sheinbaum a assuré que des travaux de maintenance étaient effectués "tous les jours" sur les différentes lignes.

Il s'agit du second accident de métro depuis le début de l'année. En janvier, un incendie avait endommagé les installations de contrôle du réseau, faisant un mort et 29 blessés. 

En mars 2020, une collision entre deux rames avait fait un tué et 41 blessés.

Et en 1975, six ans après l'inauguration des premières lignes, un accident avait fait 23 morts.

Le métro de Mexico est une réseau de 200 km qui compte douze lignes et 195 stations. Il convoie quotidiennement environ 4,5 millions de passagers.


Multilatéralisme: la Russie et les Etats-Unis s'opposent deux visions différentes

Développer le multilatéralisme est un «travail à faire sur une base collégiale», a souligné le ministre russe des AE, Sergueï Lavrov. (Photo, AFP)
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  • Sans citer nommément la Russie ou la Chine, Blinken avait assuré que Washington continuerait à s'opposer «avec force aux pays qui sapent l'ordre international»
  • «Bien entendu, ce sont les Etats-Unis qui vont établir la liste des pays invités» au "Sommet des démocraties", a ironisé le ministre russe des AE

NATIONS UNIES: Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dénoncé vendredi les approches américaine et européenne sur le multilatéralisme qui risquent, selon lui, de créer de nouvelles «fractures», les Etats-Unis appelant de leur côté à combattre ceux qui «minent l'ordre international» en «violant» ses règles.

Développer le multilatéralisme est un «travail à faire sur une base collégiale», a souligné le ministre russe lors d'une visioconférence du Conseil de sécurité à un niveau ministériel, organisée par son homologue chinois Wang Yi.

Mais «ces derniers temps, nous sommes témoins de tentatives de mise en place d'un ordre international (...) pour imposer à tous de nouvelles règles élaborées dans des instances non inclusives», a-t-il critiqué.

«C'est dans ce contexte que l'administration américaine souhaite organiser un "Sommet des démocraties". Mais cela risque de rendre les relations internationales encore plus tendues et de faire apparaître des lignes de fracture dans le monde alors que nous avons besoin d'un objectif uni et commun», a lancé Sergueï Lavrov.

«Bien entendu, ce sont les Etats-Unis qui vont établir la liste des pays invités à ce sommet», a ironisé le ministre russe.

Washington n'a encore donné aucune date ni précisions sur le format de cette idée du président américain Joe Biden.

Sans citer nommément la Russie ou la Chine, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken avait assuré au préalable que Washington continuerait à s'opposer «avec force aux pays qui sapent l'ordre international» en prétendant que «les règles adoptées par tous n'existent pas» ou «en les violant allègrement».

«Chèque en blanc»

«Certains estiment que des gouvernements peuvent faire ce qu'ils veulent dans leur pays et que les droits humains sont des valeurs subjectives variant d'une société à une autre», a noté le responsable américain. Mais «l'affirmation d'une juridiction nationale ne donne de chèque en blanc à aucun Etat pour asservir, torturer, faire disparaître, nettoyer ethniquement son peuple ou violer ses droits humains», a-t-il précisé, allusion implicite à la répression visant les Ouïghours en Chine.

Antony Blinken s'en est aussi pris aux nations qui s'affranchissent de l'«égalité souveraine» des Etats reconnue par la Charte de l'ONU, en entendant «redessiner les frontières d'un autre» pays, une mention qui semblait viser la Russie et la prise de la Crimée à l'Ukraine.

«La création d'une Alliance pour le multilatéralisme à l'initiative de l'Allemagne et de la France pourrait sembler naturelle. Mais Berlin et Paris ont d'autres idées, souhaitent publier des documents pour que l'Union européenne soit la pierre angulaire du système multilatéral», a aussi dénoncé Sergueï Lavrov. «C'est une façon d'imposer son exclusivité au mépris de l'égalité entre les Etats», s'est-il insurgé.

Les créations de «partenariats étroits sur des questions qui sont déjà débattues au sein des Nations unies ou d'organismes spécialisés», comme l'appel au respect du droit humanitaire signé par 43 Etats ou l'appel à l'appui de la liberté d'expression bénéficiant d'une trentaine de signataires, «sont les preuves d'une certaine unipolarité en Occident», a-t-il estimé.

«On ne voit pas le monde multilatéral comme une façon de travailler ensemble pour prendre des décisions collectives, on le voit plutôt comme une façon d'imposer ses règles aux autres», a insisté le ministre russe, gratifié à la fin de son discours d'un éloge appuyé de Wang Yi.

La Chine considère que «diviser le monde en camps idéologiques va à l'encontre du multilatéralisme», avait souligné auparavant le ministre chinois. Sans citer les Etats-Unis, il a estimé que les membres de l'ONU devaient «rechercher l'égalité et la justice, pas l'hégémonie».

«Nous devons mettre l'accent sur l'action et non pas sur les discours», a ajouté le ministre chinois, en demandant que «le système de gouvernance mondiale soit plus juste et plus équitable».

Concernant l'engagement de la Chine, il s'est félicité que son pays, déjà deuxième contributeur financier à l'ONU après Washington, soit devenu le premier contributeur de Casques bleus (2 464 sur près de 100 000 déployés dans le monde) parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.


Brésil : déforestation record en Amazonie en avril

La forêt amazonienne brésilienne, victime du changement climatique et des activités humaines, a rejeté ces dix dernières années plus de carbone qu'elle n'en a absorbé. (Photo, AFP)
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  • Le président brésilien, un climatosceptique notoire, a encouragé depuis sa prise de fonction en 2019 l'exploitation commerciale de la plus grande forêt tropicale du monde
  • En 2021, le processus de répression des crimes environnementaux a été paralysé par le ministre de l'Environnement

RIO DE JANEIRO: Quelque 580 km2 de forêt ont été déboisés en Amazonie brésilienne en avril, un record pour ce mois, selon des données officielles publiées vendredi qui jettent le doute sur l'engagement du président Jair Bolsonaro à réduire la déforestation.

La superficie déboisée (550,55 km2) est 42,5% supérieure à celle d'avril 2020 (407,2 km2), selon l'Institut national de recherches spéciales (INPE) qui recueille ce type de données depuis 2015.

La déforestation en mars 2021 avait déjà connu un niveau supérieur à celui de la même période en 2020, après deux mois de recul qui correspondent à la saison des pluies et à une activité de l'industrie du bois en berne. 

Depuis le début de l'année et jusqu'au 29 avril, la déforestation pour l'industrie du bois et pour l'agriculture a toutefois atteint 1 156,7 km2, en baisse de 3,9% par rapport à la même période en 2020.

La saison sèche, qui dure de mai à août, connaît généralement un taux plus élevé de déforestation. Au cours des trois dernières années, la période de référence août-juillet a connu des records successifs. 

«Il n'est pas encore possible de prédire ce qu'il va se passer, mais en 2021 il pourrait y avoir une quatrième hausse consécutive de la déforestation», a mis en garde l'Observatoire du climat, un réseau d'une soixantaine d'ONG et d'associations. 

Le président brésilien, un climatosceptique notoire, a encouragé depuis sa prise de fonction en 2019 l'exploitation commerciale de la plus grande forêt tropicale du monde.

En avril, lors du sommet virtuel sur le climat organisé par le président américain Joe Biden, le dirigeant d'extrême droite s'est toutefois engagé à «éliminer la déforestation illégale au Brésil d'ici 2030». 

Ce discours nettement plus conciliant qu'à l'accoutumée a cependant été accueilli avec scepticisme par les écologistes. 

«En 2021, il n'y a aucun effort fédéral de contrôle de la déforestation (...) et le processus de répression des crimes environnementaux a été paralysé par le ministre» de l'Environnement, Ricardo Salles, estime l'Observatoire du climat. 

La pression sur le Brésil s'est accrue dernièrement avec la menace d'une quarantaine de distributeurs, entreprises et fédérations essentiellement européennes de boycotter le produits agricoles brésiliens si le pays ne retire pas un projet de réforme agraire qui risque d'accélérer, selon eux, la déforestation de l'Amazonie.

Selon une étude publiée jeudi dans Nature Climate Change, la forêt amazonienne brésilienne, victime du changement climatique et des activités humaines, a rejeté ces dix dernières années plus de carbone qu'elle n'en a absorbé, un basculement majeur et inédit. 


Plus de 45 000 candidats pour tuer 12 bisons dans un parc naturel US

Il ne s'agit pas d'une chasse, selon le NPS, car l'opération est contrôlée par les autorités du parc, et n'est pas menée à des fins récréatives ou privées. (Photo, AFP)
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  • Les bisons, s'ils sont trop nombreux, peuvent nuire «aux ressources en eau du parc, à la végétation, aux sols» et menacer des sites archéologiques
  • Les finalistes seront autorisés à tuer un bison, qu'ils devront ensuite être capables de «porter hors de la zone à pied, sans l'aide d'un véhicule motorisé»

LOS ANGELES: Plus de 45 000 personnes se sont portées volontaires pour tuer douze bisons dans le parc national américain du Grand Canyon, dans le cadre d'un programme inédit visant à réguler la population grandissante de cet animal, a annoncé vendredi le National Park Service (NPS).

Les bisons, s'ils sont trop nombreux, peuvent nuire «aux ressources en eau du parc, à la végétation, aux sols» et menacer des sites archéologiques, a expliqué Kaitlyn Thomas, porte-parole du NPS, ajoutant que la «réduction de la taille du cheptel» permettait de «protéger l'écosystème».

C'est pour répondre à ce problème que les autorités du parc du Grand Canyon, en Arizona, ont lancé, début mai, un appel à candidatures pour trouver douze volontaires prêts à participer à l'opération.

Parmi les 45 000 candidatures reçues en seulement deux jours, 25 finalistes seront tirés au sort, et douze seront finalement choisis d'ici le 17 mai.

Chacun d'entre eux sera autorisé à tuer un bison, qu'il devra ensuite être capable de «porter hors de la zone à pied, sans l'aide d'un véhicule motorisé», dont l'usage n'est pas autorisé dans cette zone, indique le National Park Service, l'organisme fédéral chargé de la gestion des grands espaces naturels des Etats-Unis.

Pour avoir le droit de participer, les volontaires doivent être des citoyens américains majeurs, «en très bonne condition physique», disposer de leur propre fusil, suivre une formation et «avoir de solides compétences de communication verbale», poursuit le NPS.

Les carcasses des animaux seront réparties entres les participants, dans la limite «d'un bison par groupe de volontaires», précise Mme Thomas. 

L'initiative a connu un succès retentissant, mais pas surprenant pour Kaitlyn Thomas, qui se doutait qu'elle «susciterait beaucoup d'intérêt». «Lorsque le programme a été lancé, le parc a reçu des centaines d'emails et d'appels de personnes demandant plus d'informations sur la façon de s'inscrire», dit-elle.

Il ne s'agit pas d'une chasse, selon le NPS, car l'opération est contrôlée par les autorités du parc, et n'est pas menée à des fins récréatives ou privées.

Depuis 2019, le parc capture aussi des bisons pour les déplacer vers d'autres zones. 

400 à 600 bisons vivraient actuellement dans la partie nord du parc du Grand Canyon. D'ici dix ans, les spécialistes estiment que leur population pourrait tripler, pour atteindre près de 1.500 animaux.

Un tel programme est inédit dans le Grand Canyon mais, selon Mme Thomas, des actions similaires ont été menées dans d'autres parcs nationaux pour lutter contre «la surpopulation d'élans ou de chèvres».