Le halal en supermarché, marginal mais en bonne santé

Section de produits de viande halal dans un supermarché Carrefour / AFP
Section de produits de viande halal dans un supermarché Carrefour / AFP
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Publié le Vendredi 07 mai 2021

Le halal en supermarché, marginal mais en bonne santé

  • Chorba, bricks, lait fermenté ou encore dattes: autant d'incontournables pour la rupture du jeûne au coucher du soleil, dans un pays qui compte quelque 5 millions de musulmans
  • La place du halal en grandes surfaces reste malgré tout marginale: seulement 376 millions d'euros de ventes annuelles, soit 0,32% des quelque 100 milliards d'euros tous produits alimentaires confondus

PARIS : Le mois du Ramadan, qui bat son plein pour les musulmans, est une période faste pour le secteur alimentaire halal, dynamique bien que toujours très marginal dans les grandes surfaces françaises.

Chorba, bricks, lait fermenté ou encore dattes: autant d'incontournables pour la rupture du jeûne au coucher du soleil, dans un pays qui compte quelque 5 millions de musulmans, selon plusieurs études menées notamment par l'institut américain indépendant Pew Research Center, l'institut Montaigne ou encore l'Insee.

"Le Ramadan est un moment festif où il y a une accélération de la consommation", relève Frédéric Yu, responsable de l'import chez Auchan. 

Même constat du côté d'Isla Délice, leader français de la charcuterie, des surgelés et des solutions repas halal, qui voit son "volume de production doubler à cette période", selon son PDG Eric Fauchon, qui explique le phénomène aussi par "une concentration d'opérations promotionnelles".

Dans cette niche, tous circuits confondus, Isla Délice revendique 49% des parts de marché en charcuterie halal et 53% pour les surgelés halal.

Selon les données de la Fédération du commerce et de la distribution, pour la seule charcuterie halal, le deuxième acteur principal était fin 2020 Fleury Michon avec 17,1% de parts du marché, suivi d'Oriental Viandes (8,8%), Isla Mondial (7,6%) et Réghalal (6,4%) qui appartient au groupe français LDC, leader européen de la volaille et du traiteur.

Le terme "halal" désigne ce qui est "licite" pour la consommation des musulmans, en opposition au "haram" des interdits, notamment alimentaires comme la viande de porc. Concernant la viande "halal", les principaux organismes de certification sont les mosquées de Paris, d'Evry et de Lyon, ainsi que l'organisation de contrôle AVS.

« Ultraproximité »

Saloua, une Franco-tunisienne de 64 ans, n'hésite pas à traverser Paris pour s'approvisionner chez Carrefour Auteuil, dans le 16e arrondissement: "j'habite dans le 5e, mais je viens exprès ici pour acheter du salami au poivre que je ne trouve pas ailleurs".

Selon elle, la grande distribution "a fait beaucoup d'efforts ces dernières années avec les produits halal, on trouve de plus en plus de choses. Chez le petit commerçant, je n'aurais pas les mêmes produits, ici il y a plus de variété. Bon, parfois, c'est un peu cher. Franchement 2,70 euros pour 100 grammes, c'est énorme", dit-elle en montrant des tranches de charcuterie.

La santé du secteur ne se limite pas à la période du Ramadan. "Entre 2010 et 2020, la consommation de ces produits a doublé et on pense que cette tendance va encore s'affirmer d'ici à 2050", selon Frédéric Yu. Isla Délice identifie de son côté "une croissance régulière de 8% à 10% par an" pour le marché halal, qu'il valorise à 500 millions d'euros en France en 2020.

Isla Délice a progressé l'an dernier de 24% et atteint 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. En comparaison, un groupe comme Fleury Michon revendique un chiffre d'affaires global de 735,4 millions d'euros en 2020. 

Les acteurs de la grande distribution n'ont pas souhaité s'exprimer, mais selon les données de la Fédération du commerce et de la distribution, le chiffre d'affaires de la charcuterie halal par exemple a augmenté de 18,9% dans les supermarchés durant l'année 2020 et de 9,2% dans les hypermarchés - malgré un contexte de crise sanitaire défavorable à ces structures souvent situées hors des périmètres des déplacements autorisés.

La place du halal en grandes surfaces reste malgré tout marginale: seulement 376 millions d'euros de ventes annuelles, soit 0,32% des quelque 100 milliards d'euros tous produits alimentaires confondus, selon le panéliste IRI. 

"Le halal reste encore très pratiqué par les commerces de proximité, pour ne pas dire d'ultra-proximité, donc au travers du commerce traditionnel, notamment les boucheries spécialisées", explique Frédéric Yu.

Sarah Mohsen, 34 ans, confirme: "j'achète ici (en hypermarché) de la charcuterie, du blanc de dinde et des produits halal surgelés. Parce que c'est mon Carrefour, c'est là que je fais mes courses. Mais pour le frais, le poisson, la boucherie, j'achète à l'extérieur."

La grande distribution a pourtant des cartes à jouer, du fait de sa taille. "Elle a des effets d'échelle et peut proposer des prix très attractifs auxquels nous, consommateurs, sommes toujours sensibles", explique Olivier Salomon, directeur du cabinet de conseil Alixpartners. 


France: un défilé du 14-Juillet "massif", l'Ukraine à l'honneur

Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
Des membres du 35e Régiment d’Infanterie (35e RI) "l’As de Trèfle" (à gauche) et du 1er Régiment de Tirailleurs (1er RTir) défilent lors du traditionnel défilé militaire de la Fête nationale du 14 Juillet sur l’avenue des Champs-Élysées, avec l’Arc de Triomphe en arrière-plan, à Paris, le 14 juillet 2025. (AFP)
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  • Le défilé du 14 Juillet mettra en avant le renforcement de la défense française et européenne, avec un format plus important et moderne
  • L’Ukraine sera à l’honneur, tandis que les alliés européens et de l’OTAN afficheront leur soutien et leur unité

PARIS: Des pilotes ukrainiens et français, un défilé "plus massif": la parade militaire du 14 Juillet sur les Champs Elysées aura cette année pour thème "le réveil stratégique de l'Europe" et s'attachera à montrer que la France est "déterminée" et "n'est pas seule", a annoncé lundi le gouverneur militaire de Paris.

"Nous allons avoir un défilé plus massif, plus puissant, plus moderne", a déclaré le général Loïc Mizon lors d'une conférence de presse.

La parade mobilisera près de 8.500 participants, dont 6.500 défileront à pied. Près de 300 véhicules, dont une centaine de motos, 95 avions, 35 hélicoptères, ainsi que 193 chevaux de la Garde Républicaine participeront également.

L'Ukraine, entrée dans sa cinquième année de guerre déclenchée par la Russie en 2022, sera mise à l'honneur. La Patrouille de France ouvrira le défilé aérien, accompagnée de deux Mirage 2000 pilotés par des équipages franco-ukrainiens.

Les 35 pays de la Coalition des volontaires, prêts à fournir des garanties de sécurité à l'Ukraine une fois conclu un cessez-le-feu, ont été invités à participer par le président Emmanuel Macron, qui assistera à son 10e et dernier défilé en tant que chef d'Etat.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen et le général Grynkewich, commandant suprême de l'OTAN, ont aussi été conviés.

Les soldats français des bataillons multinationaux de l'Otan déployés sur le flanc Est de l'Europe (Roumanie, Estonie) descendront la célèbre avenue parisienne.

La présence des alliés et des partenaires doit ainsi témoigner que "l'Europe n'est pas seule", a dit le général Mizon.

Le but de ce défilé est aussi de concrétiser aux yeux des Français les "efforts budgétaires consacrés depuis 10 ans aux forces armées", a fait-t-il valoir.

Le commissariat numérique de Défense défilera pour la première fois, pour "souligner la transformation numérique du ministère des Armées".

Deux blocs de réservistes défileront également: l'un composé de réservistes de la SNCF et un un autre de réservistes d'Airbus France.

La Marine nationale, qui fête cette année ses 400 ans d'existence clôturera le défilé au son du bagad de Lann-Bihoué, basé près de Lorient (Morbihan).

La parade militaire durera 2 heures et se terminera par l'hymne européen, "l'Ode à la joie".


Merz et Macron se sont entendus pour arrêter le projet d'avion de combat commun SCAF, selon Berlin

Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
Une maquette grandeur nature du « New Generation Fighter » (NGF), qui fait partie du Future Combat Air System (FCAS) en cours de développement par Dassault Aviation, Airbus et Indra Sistemas, est présentée à l’aéroport de Paris-Le Bourget le 20 juin 2023. (AFP)
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  • Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont constaté l’échec du projet SCAF en raison des désaccords persistants entre Airbus et Dassault Aviation sur le développement de l’avion de combat commun
  • Le programme d’avion de combat est abandonné, mais les deux pays souhaitent maintenir la coopération sur les technologies clés du FCAS, notamment le réseau numérique reliant avions, drones et autres systèmes de défense européens

BERLIN: Friedrich Merz et Emmanuel Macron se sont entendus pour "ne plus poursuivre la construction d'un avion de combat commun", le SCAF, a appris l'AFP lundi auprès du gouvernement allemand.

Depuis des mois, le projet d'avion de combat franco-germano-espagnol, le SCAF, était en panne sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault. En février, le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà ouvertement douté de son avenir.

Cette fois, il semble enterré définitivement.

"Le président français et le chancelier allemand sont arrivés au constat partagé que les entreprises (Airbus et Dassault Aviation, ndlr) ne parviennent pas à s'entendre sur la construction d'un avion de combat commun", indique le gouvernement allemand.

"Ils reconnaissent cette réalité. Le chancelier fédéral Merz a donc suggéré au président Macron de ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun", ajoute-t-il.

Lancé en 2017 par M. Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoint par l'Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, "un cloud de combat".

Selon le gouvernement allemand, "le véritable noyau du FCAS doit être poursuivi en tant que système de systèmes européen".

"Il s’agit en quelque sorte du système nerveux qui relie les avions, les drones et d’autres composants pour former un ensemble intégré", ajoute-t-il.

Il précise que les ministères français et allemand de la Défense "doivent formuler un plan de travail commun et contemporain pour la coopération dans l’industrie de défense, concentré sur quelques projets réalistes et pertinents", lors du conseil des ministres franco-allemand en Allemagne en juin.


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
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  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.