Frappes israéliennes en Syrie après une attaque de missiles à Dimona

​​​​​​​La centrale nucléaire ultrasecrète israélienne à Dimona apparaît dans cette image tirée d'une vidéo diffusée le 7 janvier 2005 par la chaîne de télévision israélienne Channel 10. (Photo, AP)
​​​​​​​La centrale nucléaire ultrasecrète israélienne à Dimona apparaît dans cette image tirée d'une vidéo diffusée le 7 janvier 2005 par la chaîne de télévision israélienne Channel 10. (Photo, AP)
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Publié le Jeudi 22 avril 2021

Frappes israéliennes en Syrie après une attaque de missiles à Dimona

  • L’armée israélienne affirme avoir déployé le système de défense anti-missiles, sans être en mesure de confirmer si le missile a été intercepté
  • Le journal radical iranien Kayhan a publié une tribune de l’analyste iranien Sadollah Zarei qui suggère de cibler la centrale de Dimona après l’attaque de Natanz

JÉRUSALEM: Un officier syrien a été tué jeudi près de Damas dans des frappes israéliennes selon une ONG, Israël affirmant avoir riposté à un tir de missile depuis la Syrie ayant atterri, selon l'Etat hébreu, dans le sud du pays près d'une installation nucléaire.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), un officier syrien a été tué et trois soldats grièvement blessés dans les raids israéliens.

"Un missile sol-air identifié comme provenant de la Syrie est tombé dans (le désert) du Néguev. En représailles, l'armée israélienne a frappé la batterie depuis laquelle le missile a été lancé et d'autres batteries syriennes de missiles sol-air", a indiqué l'armée israélienne dans un bref message.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, l'armée israélienne a lancé des missiles depuis le plateau du Golan "vers des positions dans les environs de Damas". 

"Notre batterie de défense antiaérienne a intercepté des missiles et détruit la majorité d'entre eux dans cette agression qui a causé des blessures à quatre soldats et quelques dégâts matériels", a ajouté l'agence syrienne, citant une source militaire.   

L'OSDH a cependant fait état de morts au sein des forces syriennes. 

"Un officier des forces du régime ayant le rang de lieutenant a été tué dans les bombardements israéliens (…) En outre trois autres membres des effectifs de la base ont été grièvement blessés", a-t-il indiqué.

D'après l'OSDH, les frappes israéliennes visaient une base de la défense aérienne dans la région de Dmeir, une ville située à 40 km au nord-est de Damas, où seraient entreposées des armes appartenant à des milices pro-iraniennes.

Elles y ont "détruit" des batteries de défense antiaériennes, selon la même source.

Dimona, Natanz

Dans la nuit, les sirènes prévenant d'attaques potentielles avaient retenti près du village bédouin d'Abou Qrenat, situé à quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Dimona, selon l'armée israélienne.

Israël n'a jamais reconnu disposer d'un arsenal nucléaire mais des experts étrangers affirment que l’Etat hébreu dispose de 100 à 300 ogives nucléaires.

Le missile est tombé dans un terrain vague et n'a pas fait de victime ou de dégât, a précisé jeudi à l'AFP une source militaire israélienne, alors que des médias israéliens, eux, indiquaient que le missile ne visait pas la centrale de Dimona.  

L'armée israélienne n'a pas donné à la presse la géolocalisation précise du lieu où était tombé le missile mais un photographe de l'AFP a toutefois indiqué avoir constaté une forte présence des forces de l'ordre dans le secteur d'Ashalim, à une quarantaine de kilomètres de Dimona, dans le Néguev.

Depuis le déclenchement en 2011 de la guerre en Syrie, l'Etat hébreu y a mené des centaines de frappes contre des positions du pouvoir syrien et de ses alliés, les troupes iraniennes et des combattants du Hezbollah libanais. 

Israël dit ainsi chercher à éviter que son principal ennemi, l'Iran, ne parvienne à s'implanter en Syrie, pays limitrophe de l'Etat hébreu. L'armée israélienne n'a que rarement reconnu publiquement ces frappes.

Des tirs depuis la Syrie ont pour la plupart été interceptés par le bouclier antimissile israélien "Dôme de fer", sans atteindre le sud israélien, et à proximité d'installations stratégiques.

Ce tir de missile depuis la Syrie intervient alors que des vives tensions opposent Israël à l'Iran qui a promis il y a dix jours de se "venger" après un sabotage dans son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz que Téhéran a imputé à l'Etat hébreu.

Israël, ouvertement hostile à un retour à l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 dont les Etats-Unis s'étaient désengagés en 2018 sous la présidence de Donald Trump, n'a pas confirmé son implication dans le sabotage de Natanz, intervenu alors que des efforts diplomatiques ont lieu à Vienne pour remettre sur les rails cet accord.

Mais selon le New York Times, qui a cité des responsables requérant l'anonymat au sein des renseignements israéliens et américains, Israël a bien "joué un rôle" dans le sabotage de Natanz.


Le prince héritier saoudien s'entretient avec le président iranien 

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  • Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian
  • Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian, a rapporté tôt vendredi l'Agence de presse saoudienne.
Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région et ont passé en revue plusieurs questions d'intérêt commun.


L'Arabie saoudite condamne l'escalade militaire israélienne et l'attaque contre un centre culturel à Gaza

L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
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  • L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien
  • Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag

RIYADH : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné jeudi la poursuite de l'escalade militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris les frappes sur les abris pour les civils déplacés à Gaza.

Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag, à l'est de Rafah. Cet entrepôt contenait des fournitures médicales destinées aux patients et aux blessés de Gaza.

Le ministère a déclaré que l'absence de mécanismes internationaux efficaces de responsabilisation a permis aux forces israéliennes de persister dans leurs violations du droit international et des principes humanitaires. Il a averti que l'impunité persistante contribue à l'intensification de la violence et constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien.


L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
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  • Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza
  • Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Les soldats y ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a-t-elle dit, ajoutant que les soldats "autorisaient l'évacuation des civils de la zone de combat".

A Choujaïya, la Palestinienne Elena Helles raconte à l'AFP qu'elle ne peut sortir de sa maison, comme de nombreux habitants.

"Nous sommes coincés avec ma famille chez ma soeur. L'armée d'occupation est très proche de nous. Les obus et les missiles tombent sur les maisons et les tentes (de déplacés). La mort nous menace de toutes parts", dit-elle.

Selon la Défense civile locale, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Une source hospitalière a fait état de 25 morts dans une frappe sur une habitation de Khan Younès (sud).

"Arrêtez, ça suffit!" 

"C'était comme le Jour du Jugement dernier: ils ont bombardé avec des missiles, tout est devenu sombre, nous avons commencé à chercher nos enfants et nos biens, mais tout a disparu. Nos enfants ont disparu", Raghda al-Sharafa, en pleurant, au lendemain d'une frappe israélienne contre une école où étaient réfugiés des déplacés à Gaza-ville: "Arrêtez, ça suffit!"

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats et vivent dans des conditions très dures, Israël bloquant l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire dévasté et assiégé.

Après deux mois de trêve à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans le territoire.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine où le mouvement islamiste a pris le pouvoir en 2007.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas, et mené en représailles une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 50.609 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Selon ce ministère, au moins 1.249 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements intenses israéliens le 18 mars dernier.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas pour qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué dans une frappe à Saïda Hassan Farhat, un "commandant" du Hamas qui "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils et soldats israéliens".

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont confirmé dans un communiqué la mort de Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades. La fille de Hassan Farhat a également péri, selon elles.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.