Tensions sur le nucléaire iranien: Téhéran met en garde Israël

Une photo fournie par la présidence iranienne le 13 avril 2021 montre le président iranien Hassan Rouhani (C) et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (C-L) arrivant pour une réunion avec le ministre russe des Affaires étrangères dans la capitale Téhéran. (Présidence iranienne / AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 13 avril 2021 montre le président iranien Hassan Rouhani (C) et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif (C-L) arrivant pour une réunion avec le ministre russe des Affaires étrangères dans la capitale Téhéran. (Présidence iranienne / AFP)
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Publié le Mercredi 14 avril 2021

Tensions sur le nucléaire iranien: Téhéran met en garde Israël

  • La décision annoncée par l'Iran d'enrichir l'uranium à hauteur de 60% après une explosion dans son usine de Natanz est la «réponse» de la République islamique au « terrorisme nucléaire » d'Israël
  • « C'est la réponse à votre malveillance », a déclaré Hassan Rohani en Conseil des ministres

TÉHÉRAN: L'Iran a affirmé mercredi que sa décision d'enrichir l'uranium à hauteur de 60% était sa « réponse » au « terrorisme nucléaire » d'Israël, après l'explosion de dimanche dans son usine d'enrichissement de Natanz. 

Téhéran a annoncé mardi soir qu'il allait porter le seuil maximal de ses activités d'enrichissement d'uranium en isotope 235 de 20% à 60%, ce qui rapprocherait la République islamique des 90% nécessaires à une utilisation militaire. 

Alors que se déroulent à Vienne des négociations pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 dans la capitale autrichienne, le président Hassan Rohani a réaffirmé mercredi que les ambitions atomiques de son pays étaient exclusivement « pacifiques ». 

L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni --Etats européens parties à l'accord de Vienne-- n'en ont pas moins qualifié l'annonce de Téhéran de « développement grave (...) contraire à l'esprit constructif » des discussions. 

Ce à quoi le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a semblé répondre que la seule façon de sortir de la « spirale dangereuse » enclenchée par l'explosion à Natanz était d'en finir avec le « terrorisme économique » de l'ancien président américain Donald Trump. 

Mais, pour cela, il ne reste que « peu de temps » à son successeur Joe Biden, a averti M. Zarif sur Twitter. 

M. Trump a sorti les Etats-Unis de l'accord de Vienne en 2018, réactivant du même coup les sanctions américaines contre l'Iran que ce pacte avait permis de lever. 

Selon Téhéran, la production d'uranium enrichi à 60% devrait commencer « la semaine prochaine » (soit à partir de samedi en Iran) au complexe nucléaire de Natanz. 

Les autorités iraniennes, qui avaient d'abord fait part d'un « accident » ayant causé une « panne de courant », n'ont fourni que peu de détails sur les dégâts, mais un nombre encore inconnu de centrifugeuses (utilisées pour enrichir l'uranium à l'état gazeux) semblent avoir été abîmées. 

Couper « les mains »  

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué dans une déclaration transmise que ses inspecteurs avaient « visité (mercredi) le site d'enrichissement de Natanz », sans autre précision.  

Téhéran a rapidement accusé Israël, ennemi juré de la République islamique, d'être derrière l'explosion de dimanche. 

Selon le New York Times, les Israéliens seraient parvenus à introduire « clandestinement » une bombe à l'intérieur de l'usine. 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assure que la République islamique --dont le guide suprême Ali Khamenei qualifie Israël de « tumeur cancéreuse maligne » devant être « éradiquée »-- représente une menace existentielle pour son pays. 

Il accuse l'Iran de chercher à se doter de la bombe atomique en secret, ce que Téhéran a toujours nié, et que l'accord de Vienne met en danger Israël, seul pays du Moyen-Orient à posséder la bombe atomique. 

La décision d'enrichir à 60% est « la réponse à votre malveillance », a lancé M. Rohani mercredi aux Israéliens, « ce que vous avez fait s'appelle du terrorisme nucléaire, ce que nous faisons est légal ».  

« Pour chaque crime, nous vous couperons les mains », a-t-il prévenu, alors que l'escalade entre la République islamique et Israël inquiète la communauté internationale. 

Depuis début mars, plusieurs attaques de navires iraniens ont été attribuées à Israël tandis que plusieurs bateaux israéliens semblent avoir été visés par des attaques iraniennes. 

Une chaîne israélienne a rapporté mardi qu'un bateau israélien avait été la cible d'une attaque près des côtes émiraties, au large de l'Iran. 

« Provocation »  

Berlin, Londres et Paris ont mis en garde mercredi contre toute « escalade par quelque acteur que ce soit ». 

Selon l'Iran, l'uranium enrichi à 60% doit être utilisé pour fabriquer davantage de « produits radiopharmaceutiques » de meilleure qualité. 

Téhéran a notamment mentionné la production de molybdène à des fins de médecine nucléaire. Isotope de ce métal, le molybdène-99, fabriqué à l'aide d'uranium 235 faiblement ou hautement enrichi, permet d'obtenir du technetium-99m, produit largement utilisé en imagerie médicale. 

En riposte au retour des sanctions américaines enclenché par M. Trump, l'Iran s'est affranchi depuis 2019 de la plupart de ses engagements pris à Vienne en 2015. 

L'enrichissement à 60% marquerait une étape inédite dans ce processus. 

C'est « une provocation » mais ce n'est « pas suffisant » pour mettre au point une arme atomique, a estimé Robert Kelley, un ancien directeur des inspections de l'AIEA. 

Henry Rome, spécialiste de l'Iran au sein du cabinet de conseil américain Eurasia Group, partage cet avis. Pour lui, Téhéran cherche à obtenir « un avantage dans la négociation, pas la bombe ». 

A Téhéran, la population réagit diversement. « Tout cela va « certainement exacerber les tensions », estime Sara, étudiante de 40 ans, tandis qu'Alex, militaire à la retraite, est persuadé que Washington et Téhéran « discutent en secret et que ces (négociations) vont réussir. »  

Virus: l'Iran suspend les vols avec la France

L'Iran a annoncé mercredi qu'il suspendait sine die les vols en provenance et à destination de la France en même temps qu'il réautorisait ceux de et vers le Royaume-Uni.

Cette décision, qui touche les vols Téhéran-Paris assurés par la compagnie publique Iran Air (deux vols par semaine en temps normal, un seul depuis plusieurs semaines) est liée à la situation sanitaire en France, a indiqué l'agence officielle Irna en citant Mohammad Hassan Zibakhch, porte-parole de l'Organisation de l'aviation civile iranienne.

La fin de la suspension des vols de et vers le Royaume-Uni survient après que Londres eut levé mardi une partie des restrictions s'appliquant en Angleterre dans le cadre d'un plan de déconfinement progressif lié aux progrès de la campagne de vaccination britannique.

On ne savait cependant pas immédiatement si Iran Air est en mesure de reprendre sa desserte Téhéran-Londres.

A la suite de la catastrophe du Boeing d'Ukraine International Airlines (176 morts), abattu le 8 janvier 2020 peu après son décollage de Téhéran, et de la pandémie de Covid-19, un certain nombre de pays, dont le Royaume-Uni, ont pris des mesures fermant leur ciel aux avions en provenance d'Iran.

Selon les chiffres officiels publiés mercredi, la pandémie de Covid-19 a fait 65.400 morts en Iran, sur un total de plus de 2,1 millions de personnes contaminées.

La République islamique fait face depuis la fin du mois de mars à une nouvelle vague de l'épidémie, encore plus violente que les précédentes.

Le ministère de la Santé a annoncé mercredi un nouveau record des cas confirmés quotidiens (25.582 personnes).

De l'aveu même des autorités, les chiffres officiels iraniens sont largement sous-évalués par rapport à la réalité.


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.