Israël ne va pas «coopérer» avec la CPI

Fatou Bensouda, la procureure générale de Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas, le 8 juillet 2019. (AFP)
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Publié le Jeudi 08 avril 2021

Israël ne va pas «coopérer» avec la CPI

  • La procureure générale de la Cour, Fatou Bensouda, a ouvert début mars une enquête sur des crimes de guerre présumés dans les Territoires palestiniens, une initiative rejetée par Israël mais saluée par les Palestiniens
  • L'Etat hébreu n'est pas membre de la CPI, contrairement à l'Autorité palestinienne

JERUSALEM: Israël ne va pas "coopérer" avec la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre d'une enquête sur des crimes de guerre présumés dans les Territoires palestiniens, a indiqué jeudi le bureau du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, dans un communiqué.

"Israël a décidé de ne pas coopérer avec la CPI", affirme le texte, estimant que "la CPI n'a pas de légitimité pour ouvrir une enquête" contre Israël.

La procureure générale de la Cour, Fatou Bensouda, a ouvert début mars une enquête sur des crimes de guerre présumés dans les Territoires palestiniens, une initiative rejetée par Israël mais saluée par les Palestiniens.

L'Etat hébreu n'est pas membre de la CPI, contrairement à l'Autorité palestinienne. 

Selon le système de la CPI, qui siège à La Haye, un Etat peut, s'il le souhaite, tenter de prouver qu'il a lui-même ouvert une enquête sur les crimes concernés et ainsi demander que l'enquête de la Cour lui soit déférée.

Le 19 mars, la Cour a donné un délais d'un mois à Israël et aux Palestiniens pour demander le report de l'enquête.

Toujours selon le communiqué, "le Premier ministre Netanyahu a déclaré que pendant que les soldats de Tsahal (l'armée israélienne, NDLR) combattent (...) les terroristes qui commettent des crimes de guerre, le tribunal de La Haye a décidé de condamner Israël".

M. Netanyahu a tenu plusieurs réunions avec des hauts responsables sécuritaires et politiques pour décider de la réaction israélienne face à l'ouverture de cette enquête, précise le communiqué.

Cette enquête doit notamment s'intéresser à l'offensive de grande envergure lancée par Israël contre la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, dans le but selon l'Etat hébreu de faire cesser les tirs de roquettes et détruire les tunnels creusés depuis l'enclave palestinienne sous blocus israélien depuis 2006.

La guerre a fait quelque 2 250 morts côté palestinien, en majorité des civils, et 74 morts, essentiellement des soldats, côté israélien.

La CPI "a pris une décision qui est l'essence même de l'antisémitisme et de l'hypocrisie", avait réagi M. Netanyahu après l'ouverture de l'enquête, ajoutant que son pays "prenait toutes les précautions pour minimiser les pertes civiles" dans sa lutte contre le "terrorisme".

"Une institution fondée pour défendre les droits de l'homme protège ceux qui les piétinent", a encore affirmé jeudi le Premier ministre israélien, dans le même communiqué.

La CPI, seul tribunal permanent au monde pour les crimes de guerre, a été créée en 2002 pour juger les pires crimes de la planète lorsque les tribunaux locaux ne veulent pas ou ne peuvent pas intervenir.


Les pourparlers de Vienne doivent répondre aux «préoccupations du Golfe», réclame le CCG

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe Nayef Al-Hajraf lors d’une conférence de presse. (Photo, AFP/Archives)
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  • Le secrétaire général du CCG prévient que la politique suivie par le régime iranien est un indicateur dangereux et inquiétant pour la sécurité régionale et internationale
  • Riyad affirme que l'enrichissement de l'uranium à 60% par l'Iran «ne peut certainement pas être considéré comme un programme destiné à des fins purement pacifiques»

LONDRES: Les pourparlers sur le nucléaire iranien à Vienne doivent répondre aux préoccupations et aux intérêts des pays du Golfe afin de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région, a souligné mercredi le secrétaire général du CCG.

Les observations de Nayef Al-Hajraf ont été émises dans des missives envoyées aux ministres des Affaires étrangères des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU - États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine et Russie - et à l'Allemagne.

Les pourparlers de Vienne ont pour but de trouver un moyen pour les États-Unis de réintégrer l’accord nucléaire conclu entre Téhéran et les puissances mondiales, et de faire en sorte que Téhéran respecte à nouveau les termes de cet accord.

Al-Hajraf estime que le CCG est un contributeur majeur au renforcement de la sécurité et de la stabilité de la région, et que les négociations en cours actuellement à Vienne ne devraient pas se limiter au programme nucléaire iranien, mais devraient plutôt inclure le comportement perturbateur de Téhéran, les missiles balistiques ainsi que le parcours hostile de ce régime.

Les pourparlers ont toutefois été perturbés par l’attaque du week-end contre le principal site d’enrichissement nucléaire iranien de Natanz, soupçonnée d’avoir été menée par Israël. Téhéran a riposté en annonçant qu'il compte enrichir de l'uranium jusqu'à 60%, le niveau le plus élevé jusque-là, mais toujours inférieur aux niveaux de qualité militaire de 90%.

Le secrétaire général du CCG prévient que l’annonce du régime iranien est un indicateur dangereux et inquiétant pour la sécurité régionale et internationale.

L'Arabie saoudite, qui a également publié une déclaration, affirme qu'un enrichissement à ce niveau «ne peut certainement pas être considéré comme un programme destiné à des fins purement pacifiques».

Al-Hajraf a de plus appelé la «communauté internationale à assumer ses responsabilités face à ce développement dangereux et menaçant pour la paix et la sécurité régionales et mondiales».

 

(Avec l’AP)

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaque au drone contre les militaires américains à l'aéroport d'Erbil

Les dégâts suite à une attaque à la roquette visant un complexe militaire à l'intérieur de l'aéroport d'Erbil, le 15 février 2021 (Photo, AFP)
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  • L’utilisation d’un drone muni de charges explosives constitue une escalade inédite dans l'armement utilisé pour viser les soldats US postés dans la capitale du Kurdistan irakien
  • L'explosion n'a pas été revendiquée mais, comme le 15 février dernier lors d'une attaque similaire, les factions irakiennes pro-Iran ont été pointées du doigt

ERBIL: Une attaque a visé mercredi soir l'aéroport d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, pour la première fois utilisant des explosifs largués depuis un drone, selon l'Intérieur kurde, une escalade inédite dans l'armement utilisé pour viser les soldats américains qui y sont postés. 

L'explosion, qui a retenti dans toute la ville, n'a pas été à proprement parler revendiquée mais, comme le 15 février lorsqu'une salve de roquettes avait tué à Erbil un sous-traitant étranger de la coalition antijihadistes emmenée par Washington et un Irakien, un groupuscule obscur, « Les Gardiens du sang », s'est manifesté.

Ce groupe, un faux-nez des factions pro-Iran existant depuis des années en Irak et désormais intégrées à l'Etat, a de nouveau fait son apparition mercredi soir sur des chaînes Telegram proches des pro-Iran, se félicitant de l'explosion à Erbil. Et ce, en pleine période de tensions entre Washington et Téhéran autour de la question du nucléaire iranien.

Les accès à l'aéroport étaient bouclés en soirée mais le gouverneur a assuré que les liaisons aériennes n'étaient pas interrompues.

 

« Escalade dangereuse »

Le ministère de l'Intérieur du Kurdistan a affirmé avoir déterminé qu' « un drone chargé de TNT avait visé un QG de la coalition à l'aéroport d'Erbil ».

Le projectile « n'a pas fait de victimes mais a causé des dégâts dans un bâtiment », ajoute-t-il.

De son côté, Hoshyar Zebari, ancien ministre irakien des Affaires étrangères et figure politique du Kurdistan, a accusé sur Twitter « une milice », une allusion aux factions pro-Iran dans le pays.

En octobre déjà, des centaines de partisans du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran désormais intégrée à l'Etat irakien, avaient incendié le siège à Bagdad du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) après des critiques de M. Zebari, membre de cette formation, au pouvoir à Erbil.

Il n'empêche, mercredi soir, M. Zebari a dénoncé « une attaque terroriste à la roquette et au drone » visant à « saper la sécurité du Kurdistan irakien », tout en liant les deux attaques, de mercredi soir et du 15 février.

« Il semblerait que la même milice qui a visé l'aéroport il y a deux mois recommence. C'est une escalade évidente et dangereuse », a-t-il ajouté, alors que les pro-Iran multiplient les déclarations guerrières, promettant plus d'attaques encore pour déloger les soldats de « l'occupant » américain - comme le réclame un vote au Parlement à Bagdad depuis plus d'un an.

De nouveau, mercredi soir, le porte-parole d'al-Noujaba, l'une des factions les plus radicales du pays, qualifiait de « danger » les « forces d'occupation et l'ambassade (américaine) qui contrôle l'Irak, ses ressources et ses décisions ».

 

Attaques dans le sud

Le contre-terrorisme kurde n'évoque qu'une seule roquette tombée sur l'aéroport.

Mais une source de sécurité irakienne a affirmé à l'AFP que d'autres roquettes s'était écrasées dans les alentours, l'une d'elle visant notamment des troupes turques, postées depuis un quart de siècle dans une dizaine de bases à travers le Kurdistan.

Plus tôt dans la journée, deux bombes ont explosé au passage de convois logistiques irakiens transportant des équipements pour la coalition internationale dans les provinces de Zi Qar et Diwaniya, dans le sud de l'Irak, selon des sources de sécurité.

Au total, une vingtaine d'attaques, à la bombe ou à la roquette, ont visé des bases abritant des soldats américains ou des représentations diplomatiques américaines depuis l'arrivée au pouvoir fin janvier de Joe Biden. Et avant celles-ci, des dizaines d'autres avaient eu lieu en plus d'un an et demi.

Il y a une semaine, la nouvelle administration américaine a repris un « dialogue stratégique » par visioconférence avec le gouvernement irakien de Moustafa al-Kazimi, régulièrement menacé par les factions armées pro-Iran.

Washington déploie quelque 2 500 militaires en Irak et l'Iran a entre autres le soutien du Hachd al-Chaabi.


Une chaîne télé iranienne critiquée pour avoir coupé des images d’un match de football pour que l’on ne puisse voir les jambes de l’arbitre

À chaque fois que Sian Massey-Ellis apparaissait à l’écran, le diffuseur montrait des plans du stade Tottenham Hotspur et des rues autour du terrain (Daily Mail/Capture d’écran)
Sian Massey-Ellis après le match entre Tottenham Hotspur et Manchester United en Premier League (AFP/Photo d’archive)
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  • À chaque fois que Sian Massey-Ellis apparaissait à l’écran, le diffuseur montrait des plans du stade Tottenham Hotspur et des rues autour du terrain
  • Selon un groupe iranien de défense des droits de la femme, «la censure est dans l’ADN de la République islamique»

LONDRES: Les amateurs de football en Iran ont dû subir les coupures de la télévision d’État lors de la retransmission du match de Premier League de Tottenham Hotspur contre Manchester United, qui a eu lieu dimanche, afin d’éviter de montrer les jambes de l’arbitre assistante Sian Massey-Ellis. 

À chaque fois que Sian Massey-Ellis apparaissait à l’écran, le diffuseur montrait des plans du stade Tottenham Hotspur et des rues autour du terrain. Selon My Stealthy Freedom, groupe iranien de défense des droits de la femme, l’objectif était d’empêcher les téléspectateurs de voir les jambes nues de l’arbitre. 

«Les censeurs ont été dérangés par la présence d’une femme arbitre en short», a déclaré le groupe dans un communiqué. «Leur solution était donc de couper l’action pour montrer des images des rues de Londres, ce qui a fait tourner la ruse en dérision. À la fin du match, l’un des commentateurs a plaisanté en disant qu’il espérait que les téléspectateurs avaient apprécié le spectacle géographique», a ajouté le groupe. 

«La censure est dans l’ADN de la République islamique d’Iran. Nous ne devons pas banaliser cette pratique. Ce n’est pas notre culture. C’est l’idéologie d’un régime répressif.» 

En 2018, une chaîne de télévision d’État iranienne a flouté l’insigne de l’AS Rome lors de la couverture de son quart de final contre Barcelone en Ligue des champions parce qu’il comporte l’image d’une louve nourrissant les fondateurs mythiques de la ville, Romulus et Remus. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com