Washington reprend son aide aux Palestiniens, Israël se dit déçu

L'administration du président américain Joe Biden prévoit de restaurer une aide d'environ 200 millions de dollars aux Palestiniens, ont déclaré des sources à Reuters (Photo, Reuters)
L'administration du président américain Joe Biden prévoit de restaurer une aide d'environ 200 millions de dollars aux Palestiniens, ont déclaré des sources à Reuters (Photo, Reuters)
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Publié le Mercredi 07 avril 2021

Washington reprend son aide aux Palestiniens, Israël se dit déçu

  • Le président Joe Biden a réitéré mercredi son soutien à une solution à deux Etats, qui avait été remise en cause par Donald Trump
  • Les nouveaux financements promis par Washington s'ajoutent aux 15 millions de dollars déjà annoncés par les Etats-Unis pour aider les Palestiniens confrontés à la pandémie de Covid-19

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi la reprise de leur aide aux Palestiniens, interrompue sous la présidence de Donald Trump, une décision à laquelle s'est immédiatement opposé l'ambassadeur d'Israël à Washington.

Cette aide à l'agence de l'ONU qui s'occupe des réfugiés palestiniens atteindra 235 millions de dollars. En détail, les Etats-Unis contribueront de nouveau au financement de cette agence à hauteur de 150 millions de dollars. Washington versera aussi 75 millions de dollars pour le développement et l'économie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et 10 millions de dollars pour le processus de paix.

"L'aide américaine au peuple palestinien sert les intérêts et les valeurs des Etats-Unis. Elle apporte une aide cruciale à ceux qui en ont besoin, favorise le développement économique et soutient le dialogue israélo-palestinien, la coordination de la sécurité et la stabilité", a justifié le secrétaire d'Etat Antony Blinken dans un communiqué.

L'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, Gilad Erdan, a dans la foulée exprimé sa "déception" et son "désaccord".

Les Etats-Unis auraient dû "d'abord s'assurer que certaines réformes soient accomplies, visant notamment à mettre un terme à l'incitation (à l'antisémitisme) et à retirer les contenus antisémites des programmes scolaires", a-t-il ajouté.

Sur une autre question clé du dossier israélo-palestinien, le président Joe Biden a réitéré mercredi son soutien à une solution à deux Etats, qui avait été remise en cause par Donald Trump.

M. Biden a réaffirmé cette position lors d'un entretien téléphonique avec le roi Abdallah II de Jordanie, lors duquel il a aussi exprimé le fort soutien américain à la Jordanie, selon un communiqué de la Maison Blanche.

Les nouveaux financements promis par Washington s'ajoutent aux 15 millions de dollars déjà annoncés par les Etats-Unis pour aider les Palestiniens confrontés à la pandémie de Covid-19, alors qu'Israël, leader en terme de vaccination, est accusé de ne pas avoir fait profiter les territoires occupés de ces avancées.

Israël affirme en effet que la campagne de vaccination dans les Territoires palestiniens relève de la responsabilité de l'Autorité palestinienne.

L'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), dont les Etats-Unis étaient autrefois le principal donateur, est confrontée à un manque à gagner depuis que Donald Trump a retiré ses fonds, en 2018, arguant que les réfugiés, dont certains vivent dans des camps depuis des générations, devraient être réinstallés.

L'agence a déclaré que ses besoins ont augmenté en raison du Covid-19 et des difficultés rencontrées par les Palestiniens vivant en Syrie, au Liban ou en Jordanie.

L'Unrwa dit avoir entamé l'année 2021 avec un passif de 75 millions de dollars (environ 62 millions d'euros) résultant de l'exercice de l'année 2020, et il devrait atteindre plus de 200 millions de dollars (environ 165 millions d'euros) pour l'année en cours.

L'administration Biden a rétabli ses relations avec les Palestiniens et leur a apporté son soutien, sans toutefois dévoiler de nouvelle initiative de paix pour résoudre ce conflit historique.

Peu après l'investiture de M. Biden, en janvier, les Etats-Unis ont déclaré qu'ils allaient rouvrir les bureaux de l'Organisation de libération de la Palestine à Washington, fermés sous la présidence de Donald Trump. L'OLP est l'entité reconnue internationalement comme représentant les Palestiniens des Territoires et de la diaspora.


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.

 

 


Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient

Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
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  • Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran
  • Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation

TEHERAN: Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.

Leur porte-parole a affirmé dans un communiqué sur X que les Houthis avaient lancé "des missiles de croisière et des drones" en direction de "plusieurs objectifs vitaux et militaires" en Israël.

Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation: le groupe avait mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

En parallèle, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël et à travers le Golfe.

Le port omanais de Salalah, situé à l'extérieur du détroit d'Ormuz sur la mer d'Arabie, a été évacué après une attaque de drones. Ses opérations ont été suspendues pour 48 heures, d'après l'armateur danois Maersk.

Universités américaines menacées 

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé tôt dimanche de frapper les universités américaines dans la région, après avoir fait état de deux universités en Iran endommagées par des frappes américano-israéliennes.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué publié par des médias iraniens.

De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l'université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis avaient condamné avant cela "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani".

Des attaques qui ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad.

A Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues dans la soirée de samedi par des journalistes de l'AFP, dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit d'avant.

Préparatifs du Pentagone 

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies".

Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines sur le territoire iranien.

Selon le Washington Post, qui cite samedi soir des responsables américains, le Pentagone se prépare à des opérations de plusieurs semaines sur le terrain en Iran.

De telles opérations n'iraient pas jusqu'à une invasion à grande échelle de l'Iran, ont souligné les responsables américains sous couvert de l'anonymat, mais impliqueraient plutôt des raids en territoire iranien à la fois par des membres des forces spéciales et d'autres soldats.

Selon le Washington Post, il n'était pas clair samedi si Donald Trump comptait approuver tout ou partie, voire aucun des plans du Pentagone.

L'armée américaine a annoncé samedi l'arrivée au Moyen-Orient du Tripoli, un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

Et ces derniers jours, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump envisageait d'envoyer prochainement au moins 10.000 militaires au Moyen-Orient.

Lourd tribut des civils 

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.