Aoun tient la Banque centrale responsable de la crise

Le président libanais Michel Aoun est photographié au palais présidentiel de Baabda au Liban. (Photo, Reuters)
Le président libanais Michel Aoun est photographié au palais présidentiel de Baabda au Liban. (Photo, Reuters)
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Publié le Jeudi 08 avril 2021

Aoun tient la Banque centrale responsable de la crise

  • Les chefs des formations politiques n'ont pas réussi à élaborer un plan de sauvetage, et se querellent plutôt au sujet de la composition du nouvel exécutif
  • L’État lourdement endetté et le secteur bancaire, son plus grand créancier, se renvoient la balle de la responsabilité dans cette crise

BEYROUTH - Le président libanais Michel Aoun a tenu mercredi la Banque centrale responsable de l’effondrement fiscal et monétaire et du blocage de l’audit juricomptable, alors que ce dernier est une condition cruciale pour obtenir l’aide internationale dont le pays a grandement besoin.

Aoun accuse dans son discours les banques libanaises de gaspiller les épargnes du peuple. Il accuse aussi le gouverneur de la Banque centrale de trouver des excuses et refuser de répondre à 73 des 133 questions que le cabinet de conseil Alvarez & Marsal avait envoyées pour l’audit.

«À la Banque centrale, je dis: la responsabilité principale repose sur vos épaules», affirme-t-il, dans ses critiques les plus virulentes à ce jour. «Vous auriez dû prendre des mesures afin de protéger l’argent du peuple dans les banques».

Le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, n'a pas répondu à une demande de commentaire.

Le secteur bancaire paralysé est au cœur de l'effondrement financier du Liban, et qui se rapproche de son paroxysme depuis 2019, quand les entrées de dollars se sont épuisées et que les manifestations ont pris d’assaut le pays.

L’État lourdement endetté et le secteur bancaire, son plus grand créancier, se renvoient la balle de la responsabilité dans cette crise, la pire que le Liban a connu depuis des décennies.

Les banques ont gelé les dépôts en dollars alors que la monnaie libanaise perdait la majeure partie de sa valeur, ce qui a plongé la majorité des libanais dans la pauvreté.

Les chefs des formations politiques n'ont pas réussi à élaborer un plan de sauvetage, et se querellent plutôt au sujet de la composition du nouvel exécutif, une impasse exacerbée par la mauvaise relation entre Aoun et Saad Al-Hariri. Ce dernier, politicien chevronné, a été désigné premier ministre en octobre dernier.

Les bailleurs de fonds internationaux ont averti qu'ils ne fourniraient aucune aide si des réformes ne sont pas votées, et ce dans le but de lutter contre la dette écrasante et la corruption systémique qui ne font qu’aggraver la crise. Un audit juricomptable de la Banque centrale est devenu une exigence primordiale.

Aoun a souligné dans le discours de mercredi que les politiciens se partagent le blâme car ils ont fourni une couverture à la Banque centrale, sans pour autant nommer les individus concernés.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.