Face aux variants du Covid-19, les Européens appellent à maintenir des restrictions «fermes»

Le président du Conseil européen, Charles Michel (à droite), prend la parole lors d'une conférence de presse conjointe avec la présidente de la Commission européenne. (Photo, AFP)
Le président du Conseil européen, Charles Michel (à droite), prend la parole lors d'une conférence de presse conjointe avec la présidente de la Commission européenne. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 26 février 2021

Face aux variants du Covid-19, les Européens appellent à maintenir des restrictions «fermes»

  • « La situation épidémiologique demeure grave, les nouveaux variants posent des défis supplémentaires. Nous devons maintenir des restrictions fermes tout en musclant nos efforts »
  • Plus de 2,5 millions de morts du coronavirus dans le monde

BRUXELLES : Les dirigeants de l'UE, réunis en sommet, ont appelé jeudi à « maintenir des restrictions fermes » et à accélérer la vaccination afin d'endiguer les variants du coronavirus, sans parvenir à surmonter leurs désaccords sur le futur « passeport vaccinal ».

« La situation épidémiologique demeure grave, les nouveaux variants posent des défis supplémentaires. Nous devons maintenir des restrictions fermes tout en musclant nos efforts » pour accélérer la vaccination, ont indiqué les Vingt-sept dans leurs conclusions à l'issue d'une visioconférence.

Alors que l'essor des variants britannique et sud-africain alimente le spectre de nouvelles flambées de contaminations, les campagnes de vaccination dans l'UE restent poussives, pénalisées par d'importants retards de livraison.

« Les prochaines semaines vont demeurer difficiles sur le terrain des vaccins (...) Mais nous avons les moyens de faire en sorte que l'UE joue un rôle clé pour (...) sortir de cette crise », a assuré le président du Conseil européen Charles Michel en conférence de presse.

La Commission européenne a promis une forte augmentation des doses disponibles au deuxième trimestre, avec des livraisons accrues des laboratoires Pfizer/BioNTech et Moderna, l'approbation du vaccin Johnson&Johnson, et une supervision étroite pour remédier aux défaillances des chaînes de production.

« Nous sommes optimistes sur notre capacité à atteindre notre objectif » de vacciner 70% de la population de l'UE (225 millions d'Européens) d'ici « la fin de l'été », a réaffirmé la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

« Hors de propos »

Charles Michel a appelé à « améliorer les capacités de séquençage » du virus pour surveiller ses mutations – une procédure complexe inégalement réalisée à travers l'Union, mais pour laquelle Bruxelles a débloqué des fonds.

Alors que les Vingt-sept s'étaient initialement promis de n'adopter que des restrictions « proportionnées » et « non discriminatoires », les variants ont changé la donne, poussant une dizaine d'Etats de l'UE à limiter le franchissement de leurs frontières.

La Commission a sommé six d'entre eux, dont la Belgique et l'Allemagne, de s'expliquer sur des restrictions qu'elle juge disproportionnées, redoutant la perturbation de chaînes de production.

« Nous devons respecter une approche commune : les restrictions des voyages non-essentiels doivent être maintenues, mais les mesures doivent être proportionnées et il faut garantir la circulation des biens et services », a plaidé M. Michel.

Concernant la question d'un certificat de vaccination européen pour faciliter les voyages, les dirigeants se sont contentés d' « appeler à poursuivre une approche commune ».

« Il reste des interrogations scientifiques: il n'est pas encore certain que vous cessez de transmettre le virus après avoir été vacciné », a fait valoir Ursula von der Leyen.

La question des droits attachés à ce « passeport » est jugée « conflictuelle » et « hors de propos » par certains Etats, à l'heure où seuls 4,2% des Européens ont reçu au moins une dose de vaccin.

« Droits spécifiques »

« Un tel document ne saurait ouvrir des droits spéciaux spécifiques aux personnes vaccinées », a martelé jeudi devant la presse le président français Emmanuel Macron.

« Je n’accepterais pas un système où on fait dépendre l’accès à tel ou tel pays à un tel certificat » alors que « nos jeunes n’auront pas encore été vaccinés », a-t-il averti.

Mais d'autres Etats – notamment les plus dépendants du tourisme – veulent une adoption accélérée pour sauver leur saison estivale, à l'instar de la Grèce qui, comme Chypre, a déjà conclu un accord touristique avec Israël.

« Je suis ravi qu'il y ait un large soutien pour l'idée d'un "passeport vert", reste maintenant à le créer aussi vite que possible », s'est félicité le chancelier autrichien Sebastian Kurz.

Soutenu par la Bulgarie, il préconisait un certificat permettant de voyager ou d'accéder aux restaurants, pour les personnes vaccinées mais également pour celles qui sont considérées comme « immunisées » après avoir contracté le virus.

Les Vingt-sept ont finalement confié à la Commission la tâche d'élaborer les conditions techniques d'un certificat vaccinal, probablement sous format numérique, ce qui nécessitera au moins trois mois.

Mais « cela ne signifie pas que seuls les détenteurs d'un passeport vaccinal pourront voyager », a insisté la chancelière allemande Angela Merkel.

A charge pour les Etats d'adapter leurs systèmes de santé et structures douanières pour préparer une certification commune. Ils devront « réagir rapidement » s'ils veulent un « passeport » effectif d'ici l'été, a prévenu Mme von der Leyen.


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
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  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.


L'accord entre l'UE et le Mercosur entre en vigueur, de façon provisoire

Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
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  • L’accord UE–Mercosur entre en vigueur provisoirement, créant une vaste zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs avec baisse des droits de douane sur plusieurs produits
  • Soutenu par certains pays pour dynamiser l’économie, il est vivement critiqué notamment en France pour les risques de concurrence déloyale envers les agriculteurs européens

BRUXELLES: Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne: l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur entre en vigueur vendredi, de façon provisoire.

Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.

Les premières conséquences de son application sont immédiates, d'après Bruxelles.

Dès vendredi, les droits de douanes sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l'UE exporte vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay seront "supprimés ou considérablement réduits".

"C'est une grande journée", a salué le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qualifiant cet accord d'"historique".

"C'est en réalité une journée bien sombre", rétorque l'eurodéputée française Manon Aubry à l'AFP. Les agriculteurs européens "vont se confronter à une concurrence déloyale de centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles qui vont inonder le marché européen, avec des normes sanitaires et environnementales au rabais", alerte l'élue de gauche radicale, très investie sur ce dossier.

- Les tracteurs à Bruxelles -

Cet accord commercial a fait l'objet d'innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990.

Et pour cause: les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l'économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne, et de nombreux agriculteurs.

Dans l'espoir d'amadouer ce camp-ci, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Mais rien n'y a fait.

Equipés de tracteurs, fumigènes et drapeaux, les agriculteurs sont venus crier leur colère jusque dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg, devant le Parlement européen.

Et le traité de libre-échange, qui facilite l'entrée en Europe de bœuf, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées, a finalement été signé mi-janvier.

- Diversifier les partenariats -

Le Parlement européen a dans la foulée saisi la justice pour vérifier la légalité de l'accord.

En attendant cette décision de la Cour de justice de l'UE, d'ici peut-être plus d'un an, la Commission a décidé d'appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu'elle est en droit de faire.

Une décision là encore critiquée par la France - son président Emmanuel Macron a parlé d'une "mauvaise surprise" - et les agriculteurs.

Au sein des cortèges du monde agricole, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souvent cristallisé les critiques, se faisant vilipender nommément.

Celle-ci rétorque que l'UE n'a d'autre choix que de diversifier ses partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elle a donc aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

Pour marquer l'entrée en vigueur de celui du Mercosur vendredi, la cheffe de l'exécutif européen échangera, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence, avec les dirigeants des pays du Mercosur.