Procès pour espionnage d'un Egypto-allemand du service de presse de Merkel

Selon le rapport du Renseignement intérieur allemand, tant le service d'espionnage extérieur égyptien (GIS) que son service de renseignement intérieur (NSS) sont actifs en Allemagne (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 23 février 2021

Procès pour espionnage d'un Egypto-allemand du service de presse de Merkel

  • Amin K. travaillait plus précisément au service des visites du centre de presse fédéral allemand, le Bundespresseamt, un département chargé notamment de la communication sur les activités de la chancellerie
  • Il est soupçonné d'avoir effectué des observations générales sur la manière dont les médias traitaient de politiques intérieure et internationale en rapport avec l'Egypte, traité les demandes des agents des services de renseignement égyptiens

BERLIN: Le procès d'un espion présumé égypto-allemand travaillant pour le service de presse d'Angela Merkel et qui est soupçonné d'avoir transmis pendant des années des informations aux Renseignements égyptiens, s'est ouvert mardi à Berlin.

Amin K. aurait transmis des informations au Service de renseignement général égyptien (GIS) entre 2010 et 2019, en profitant de sa position privilégiée au sein de ce service pour lequel il travaillait depuis 1999.

L'homme, âgé de 66 ans, travaillait plus précisément au service des visites du centre de presse fédéral allemand, le Bundespresseamt, un département chargé notamment de la communication sur les activités de la chancellerie.

Traitement préférentiel

Selon l'acte d'accusation, il aurait effectué des observations générales sur la manière dont les médias traitaient de politiques intérieure et internationale en rapport avec l'Egypte, traité les demandes des agents des services de renseignement égyptiens et tenté de recruter un autre espion.

Il est également soupçonné d'avoir transmis au GIS les noms de cinq collègues du Bundespresseamt nés en Syrie. 

En échange des informations transmises, il espérait bénéficier d'un traitement préférentiel de la part des autorités égyptiennes. Sa mère aurait notamment été aidée pour faire valoir ses droits à la pension égyptienne.

Il était également parfois invité à des réceptions officielles, par exemple à l'occasion des adieux de l'ambassadeur égyptien en Allemagne en 2019, avait expliqué le parquet allemand mi-novembre lors de sa mise en accusation.

Deux autres journées d'audience sont encore prévues pour un verdict attendu début mars.

Selon le rapport du Renseignement intérieur allemand, tant le service d'espionnage extérieur égyptien (GIS) que son service de renseignement intérieur (NSS) sont actifs en Allemagne.

Leur objectif est notamment de collecter des informations sur des opposants au régime égyptien du président Abdel Fattah al-Sissi qui vivent dans le pays, et en particulier des sympathisants de la confrérie des Frères musulmans, interdite depuis 2013 en Egypte.


Algérie: le Hirak se remet en marche face au pouvoir

« Comme si le temps était resté suspendu pendant un an, les mêmes foules, les mêmes drapeaux et les mêmes chants ont réinvesti les rues d'Alger vendredi » (Photo, Arab News en français)
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  • Malgré l'interdiction des rassemblements pour raisons sanitaires, plusieurs imposants cortèges se sont formés sitôt après la prière dans des quartiers d'Alger
  • « C'est grandiose. C'est comme les grands vendredis du Hirak », a confié Yacine, un protestataire

ALGER : Après un an d'arrêt, Covid oblige, des milliers d'Algériens sont descendus dans la rue vendredi, marquant un retour spectaculaire des marches hebdomadaires du mouvement de protestation populaire Hirak face à un pouvoir sur ses gardes.

Malgré l'interdiction des rassemblements pour raisons sanitaires, plusieurs imposants cortèges se sont formés sitôt après la prière dans des quartiers d'Alger, notamment à Bab El Oued, pour rejoindre le centre-ville.

« C'est grandiose. C'est comme les grands vendredis du Hirak », a confié Yacine, un protestataire, à propos des défilés hebdomadaires interrompus après le 13 mars 2020 en raison de la pandémie due au coronavirus.

A Alger, les manifestants ont été aussi nombreux que lundi quand des milliers de personnes ont défilé à l'occasion du 2e anniversaire du Hirak, déclenché le 22 février 2019 et qui avait forcé l'ex-homme fort Abdelaziz Bouteflika à quitter le pouvoir, selon des témoins.

Les forces de l'ordre ont utilisé matraques et gaz lacrymogène quand des manifestants ont forcé un barrage pour rejoindre la Grande Poste, lieu emblématique des rassemblements antirégime, selon une vidéo diffusée par le site internet d'information Interlignes.

« Ni islamiste ni laïc mais hirakiste », pouvait-on lire sur une affiche brandie par la foule qui scandait « Un Etat civil et pas militaire », une des principales revendications des contestataires qui réclament une « démilitarisation » de l'Etat.

Les slogans phares du Hirak ont été également repris : « Le peuple veut la chute du régime ! », « Algérie libre et démocratique ! » ou encore « Silmiya, silmiya (pacifique) ! », une allusion à la nature non violente du mouvement.

Le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH), Saïd Salhi, a fait état, sur sa page Facebook, de près de 500 personnes interpellées dans une vingtaine de wilayas (préfectures), dont la plupart ont été relâchées en fin de journée.

« Conscience et responsabilité »

Comme si le temps était resté suspendu pendant un an, les mêmes foules, les mêmes drapeaux et les mêmes chants ont réinvesti la rue.

« On ne reviendra pas en arrière », ont scandé des femmes regroupées en marge de la marche à Alger, tandis que les derniers manifestants se sont dispersés dans le calme.

Des rassemblements ont également eu lieu en province, notamment à Bejaïa et Tizi Ouzou, en Kabylie (nord-est), à Bordj Bou Arreridj (est) et à Oran et Tlemcen (nord-ouest).

Jeudi, des militants du Hirak avaient appelé sur les réseaux sociaux à respecter le port du masque au cours des manifestations, après le relâchement observé en début de semaine.

« Le port du masque sanitaire nous protège », « Notre Hirak se poursuit avec conscience et responsabilité », pouvait-on lire sur des affiches publiées en ligne par le collectif de la diaspora algérienne Ibtykar.

Nombreux cependant étaient ceux à ne pas le porter.  

Cette mobilisation massive « confirme bien le retour irréversible et la volonté de poursuite du Hirak avec la même détermination et le même attachement au revendications, notamment de libération du champ démocratique et de changement effectif du système », a déclaré M. Salhi.

« Votre départ »

« (...) Le peuple est dans la rue. Il faut maintenant lui proposer une offre politique, celle qu'il réclame. Il faut la structurer, lui donner des mots, un sens, un mode d'emploi, une ligne conductrice. Il faut faire une offre politique au pouvoir », a plaidé un internaute algérien sur Twitter.

Amnesty International a dénoncé cette semaine « une stratégie délibérée des autorités algériennes visant à écraser la dissidence ». « Une stratégie qui vient contredire leurs promesses en matière de respect des droits humains ».

Vendredi, à Genève, la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a invité le gouvernement algérien à continuer sur la voie du dialogue et à « immédiatement libérer tous ceux détenus pour avoir participé pacifiquement à des manifestations ».

Mme Bachelet, qui s'exprimait devant le Conseil des droits de l'homme (CDH), à l'occasion de la présentation de son rapport annuel, a salué la récente décision du président Abdelmadjid Tebboune d'appeler à des élections législatives anticipées et de gracier quelques dizaines de détenus d'opinion.

M. Tebboune a ainsi tenté de reprendre la main, après une longue hospitalisation à l'étranger, et d'apaiser la crise politique, sociale et économique qui ébranle le plus grand pays du Maghreb.

« Vous avez attisé dans nos cœurs une révolution qui ne peut s'éteindre qu'avec votre départ », lui a répondu vendredi un groupe de manifestantes.


L’Arabie saoudite « rejette complètement » le rapport US sur le meurtre de Khashoggi

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré qu'il avait suivi le rapport soumis au Congrès concernant le meurtre odieux du citoyen saoudien Jamal Khashoggi. (Le ministère saoudien des Affaires étrangères)
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  • Le ministère des Affaires étrangères du Royaume affirme avoir suivi le rapport soumis au Congrès US concernant « le meurtre odieux du citoyen saoudien »
  • Le ministère rappelle que les autorités du Royaume ont pris toutes les mesures possibles pour condamner les coupables, et que « ces condamnations avaient été bien accueillies par la famille du défunt »

JEDDAH: L'Arabie saoudite a rejeté vendredi les conclusions d'un rapport du Congrès américain sur le meurtre de Jamal Khashoggi.

Le journaliste saoudien a été assassiné le 2 octobre 2018 au consulat du Royaume à Istanbul. Khashoggi s’était rendu au consulat pour remplir les papiers relatifs à son divorce.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu'il suivait le rapport soumis au Congrès américain « concernant le meurtre odieux du citoyen saoudien Jamal Khashoggi » et « constate que le gouvernement du Royaume rejette complètement l'évaluation négative, fausse et inacceptable dans le rapport concernant les leaders du Royaume, et se rend compte que le rapport contenait des informations et des résultats tout à fait inexactes ».

Avant d’ajouter : « Le ministère réitère ce qui avait été précédemment annoncé par les autorités compétentes du Royaume, à savoir qu’il s’agissait d’un crime odieux et d’une violation flagrante des lois et des valeurs du Royaume. Ce crime a été commis par un groupe d'individus qui ont violé toutes les réglementations et les autorités pertinentes des agences où ils étaient employés »

Le ministère a en outre indiqué que les autorités du Royaume « ont pris toutes les mesures possibles au sein de notre système juridique pour garantir que ces personnes fassent l'objet d'enquêtes appropriées et que justice soit rendue. Il a souligné qu'ils avaient été reconnus coupables et condamnés par des tribunaux saoudiens et que « ces condamnations avaient été bien accueillies par la famille de Jamal Khashoggi ».

La déclaration poursuit: « Il est vraiment regrettable que ce rapport, avec ses conclusions injustifiées et inexactes, soit publié malgré que le Royaume avait clairement dénoncé ce crime odieux, et que les leaders du Royaume ont pris toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte qu'une telle tragédie ne se reproduise plus ».

« Le Royaume rejette toute mesure qui porte atteinte à ses gouvernants, à sa souveraineté et à l'indépendance de son système judiciaire ».

Le ministère a aussi réaffirmé que la relation entre le Royaume et les États-Unis est une relation d’un « partenariat solide et durable ».

Le ministère a ajouté: « Ce partenariat a prospéré pendant près de huit décennies sur la base du respect mutuel où les institutions des deux pays ont travaillé avec diligence afin d’approfondir ces liens dans tous les aspects, grâce à une coopération et des consultations accrues dans le but de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le monde entier ».

« Nous sommes impatients de maintenir les fondations durables qui ont façonné le partenariat stratégique et durable entre le Royaume et les États-Unis ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Libye: Saleh veut voir toutes les régions représentées au gouvernement

Le président du Parlement libyen Aguila Saleh, rencontre des responsables de l'administration basée à Benghazi dans la ville de l'est de la Libye le 6 décembre 2020 (Photo, AFP)
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  • Le Premier ministre par intérim Abdel Hamid Dbeibah a affirmé jeudi soir que l'échéance pour former son gouvernement expirait vendredi
  • Le président du Parlement libyen Aguila Saleh a affirmé que «l'accord sur la réunification des postes de souveraineté sera mis en œuvre après la formation du gouvernement»

RABAT: Le président du Parlement libyen Aguila Saleh a appelé vendredi le Premier ministre par intérim Abdel Hamid Dbeibah à inclure des représentants de toutes les régions du pays dans le gouvernement de transition, afin de surmonter les « divergences ». 

M. Dbeibah a affirmé jeudi soir que l'échéance pour former son gouvernement expirait vendredi, sans préciser s'il comptait soumettre au Parlement les noms des ministres dans les délais.   

Ce gouvernement, s'il est formé, aura la lourde tâche d'unifier les institutions d'un pays déchiré par des divisions et de mener la transition jusqu'aux élections prévues le 24 décembre. 

Le Premier ministre « devrait choisir, lors de la formation de l'exécutif de transition, des personnes compétentes et intègres issues de toutes les régions du pays, pour que le consensus souhaité soit atteint », a déclaré M. Saleh lors d'une visite à Rabat. 

« Il y a des divergences, tout le monde doit participer au pouvoir pour sortir du tunnel », a-t-il ajouté, après une rencontre avec le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.  

M. Dbeibah a été désigné Premier ministre le 5 février par 75 délégués libyens de tous bords réunis à Genève sous l'égide de l'ONU. 

S'il réussit à former un gouvernement dans les temps, il aura ensuite jusqu'au 19 mars pour obtenir la confiance du Parlement. 

Après l'échec en juin 2020 d'une offensive contre la capitale Tripoli du maréchal Haftar, homme fort de l'Est libyen, un cessez-le-feu a été conclu en octobre sous l'égide de l'ONU, suivi d'un accord pour des élections fin 2021. 

M. Saleh a par ailleurs affirmé que « l'accord sur la réunification des postes de souveraineté sera mis en œuvre après la formation du gouvernement ».  

Cet accord découle de plusieurs réunions tenues au Maroc ces derniers mois par des représentants des deux camps libyens. 

M. Dbeibah devait aussi rencontrer M. Bourita vendredi à Rabat mais n'a pu venir car « occupé par des affaires internes », selon le ministère marocain des Affaires étrangères. 

M. Bourita a indiqué lui avoir exprimé par téléphone le soutien du Maroc à la formation d'un gouvernement intérimaire « dans les délais ».