Téhéran demande aux Européens de jouer les médiateurs avec Washington

«Il peut clairement y avoir un mécanisme pour soit synchroniser» le retour des deux pays dans les clous de l'accord, «soit coordonner ce qui peut être fait», a dit Mohammad Javad Zarif (Photo, AFP).
«Il peut clairement y avoir un mécanisme pour soit synchroniser» le retour des deux pays dans les clous de l'accord, «soit coordonner ce qui peut être fait», a dit Mohammad Javad Zarif (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 02 février 2021

Téhéran demande aux Européens de jouer les médiateurs avec Washington

  • Biden a promis de rejoindre à nouveau ce texte, mais à condition que Téhéran revienne au préalable dans les clous de ses restrictions nucléaires
  • Il faudrait «un certain temps» pour que l'Iran revienne dans les clous, puis encore «un certain temps» pour que les Etats-Unis «évaluent s'ils ont bien tenu leurs engagements»

WASHINGTON: Le ministre iranien des Affaires étrangères a demandé lundi à l'Union européenne de jouer les médiateurs entre l'Iran et les Etats-Unis pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien.
«Il peut clairement y avoir un mécanisme pour soit synchroniser» le retour des deux pays dans les clous de l'accord, «soit coordonner ce qui peut être fait», a dit Mohammad Javad Zarif sur la chaîne CNN International.
Selon lui, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell peut «mettre sa casquette de coordinateur de la commission conjointe» de suivi de l'accord de 2015 «et chorégraphier les mesures qui doivent être prises par les États-Unis et les mesures qui doivent être prises par l'Iran ».
L'accord de Vienne signé par Téhéran avec les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni) ainsi que l'UE visait à empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique, avec de strictes limites à son programme nucléaire censé demeurer exclusivement civil et pacifique. La communauté internationale avait en échange levé toutes ses sanctions économiques contre l'Iran.
Mais l'ex-président américain Donald Trump, le jugeant insuffisant sur le front nucléaire et déplorant qu'il ne s'attaque pas au programme de missiles balistiques iraniens et aux autres activités «déstabilisatrices» de l'Iran au Moyen-Orient, en a retiré Washington en 2018, et a rétabli puis durci les sanctions américaines.
Les Européens ont toujours dénoncé la décision du milliardaire républicain, et ont tout fait depuis trois ans pour tenter de sauver l'accord.
Le nouveau président Joe Biden a promis de rejoindre à nouveau ce texte, mais à condition que Téhéran revienne au préalable dans les clous de ses restrictions nucléaires, dont il a commencé à s'affranchir en riposte aux sanctions des États-Unis.
Ou la diplomatie iranienne avait jusqu'ici réclamé que l'administration publique fasse le premier pas, en levant les sanctions avant toute chose choisie. La proposition de Mohammad Javad Zarif semble ouvrir la porte pour la première fois à un processus «synchronisé», même s'il réaffirme que les Américains, qui ont quitté l'accord, doivent d'abord démontrer leur bonne foi.

 

L'Iran teste un lanceur de satellite

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(Photo, AFP).

Le ministère iranien de la Défense a annoncé lundi avoir testé un nouveau lanceur de satellite équipé de son «plus puissant» moteur à combustible solide, a rapporté la télévision d'État. Il s'agit du «premier lancement du lanceur de satellite hybride Zoljanah», a dit Ahmad Hosseini, porte-parole de l'unité spatiale du ministère, précisant qu'il nécessite un test. «Ce lanceur à trois étages peut faire concurrence aux autres lanceurs actuels dans le monde. Il est composé de deux étages de propulsion solide et d'un seul liquide», a-t-il ajouté. Selon M. Hosseini, Zoljanah peut placer des satellites en orbite à «500 kilomètres d'altitude et porter 220 kilos» de charges.
Les Etats-Unis avaient alors estimé que ce lancement prouvait que le programme spatial iranien était destiné à des fins militaires plus que commerciales.

Dans un entretien avec la chaîne américaine NBC diffusé lundi, le nouveau secrétaire d'État américain Antony Blinken a estimé qu'il faudrait «un certain temps» pour que l'Iran revienne dans les clous, puis encore «un certain temps» pour que les Etats-Unis «évaluent s'ils ont bien tenu leurs engagements».
«Le timing n'est pas le problème», a répondu son homologue iranien. Selon lui, certaines limites peuvent être à nouveau respectées «en moins d'un jour», «d'autres peuvent prendre quelques jours ou semaines, mais cela ne prendra pas plus de temps qu'il faut aux Etats-Unis pour appliquer des décrets présidentiels nécessaires»pour lever les sanctions.


Le prince héritier saoudien s'entretient avec le président iranien 

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  • Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian
  • Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian, a rapporté tôt vendredi l'Agence de presse saoudienne.
Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région et ont passé en revue plusieurs questions d'intérêt commun.


L'Arabie saoudite condamne l'escalade militaire israélienne et l'attaque contre un centre culturel à Gaza

L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
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  • L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien
  • Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag

RIYADH : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné jeudi la poursuite de l'escalade militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris les frappes sur les abris pour les civils déplacés à Gaza.

Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag, à l'est de Rafah. Cet entrepôt contenait des fournitures médicales destinées aux patients et aux blessés de Gaza.

Le ministère a déclaré que l'absence de mécanismes internationaux efficaces de responsabilisation a permis aux forces israéliennes de persister dans leurs violations du droit international et des principes humanitaires. Il a averti que l'impunité persistante contribue à l'intensification de la violence et constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien.


L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
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  • Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza
  • Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Les soldats y ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a-t-elle dit, ajoutant que les soldats "autorisaient l'évacuation des civils de la zone de combat".

A Choujaïya, la Palestinienne Elena Helles raconte à l'AFP qu'elle ne peut sortir de sa maison, comme de nombreux habitants.

"Nous sommes coincés avec ma famille chez ma soeur. L'armée d'occupation est très proche de nous. Les obus et les missiles tombent sur les maisons et les tentes (de déplacés). La mort nous menace de toutes parts", dit-elle.

Selon la Défense civile locale, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Une source hospitalière a fait état de 25 morts dans une frappe sur une habitation de Khan Younès (sud).

"Arrêtez, ça suffit!" 

"C'était comme le Jour du Jugement dernier: ils ont bombardé avec des missiles, tout est devenu sombre, nous avons commencé à chercher nos enfants et nos biens, mais tout a disparu. Nos enfants ont disparu", Raghda al-Sharafa, en pleurant, au lendemain d'une frappe israélienne contre une école où étaient réfugiés des déplacés à Gaza-ville: "Arrêtez, ça suffit!"

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats et vivent dans des conditions très dures, Israël bloquant l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire dévasté et assiégé.

Après deux mois de trêve à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans le territoire.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine où le mouvement islamiste a pris le pouvoir en 2007.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas, et mené en représailles une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 50.609 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Selon ce ministère, au moins 1.249 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements intenses israéliens le 18 mars dernier.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas pour qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué dans une frappe à Saïda Hassan Farhat, un "commandant" du Hamas qui "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils et soldats israéliens".

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont confirmé dans un communiqué la mort de Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades. La fille de Hassan Farhat a également péri, selon elles.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.