De Paris à Djeddah — la diversité brille lors de la Fête de la Musique

Magali Cotta présente Canine en Arabie saoudite, enchantant le public avec de l'électro-pop, de la soul et du hip-hop infusés d'arrangements surréalistes et de paroles intimes. (Photo: fournie)
Magali Cotta présente Canine en Arabie saoudite, enchantant le public avec de l'électro-pop, de la soul et du hip-hop infusés d'arrangements surréalistes et de paroles intimes. (Photo: fournie)
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Publié le Vendredi 28 juin 2024

De Paris à Djeddah — la diversité brille lors de la Fête de la Musique

  • La soirée musicale au Club Culturel de Djeddah (Jeddah Cultural Club) comprenait de l'électronique, de la soul, du deep house, de la pop et plus encore sur le thème de « l'Amitié franco-saoudienne »
  • Des musiciens de tous niveaux sont invités à se produire partout, dans les salles de concert comme dans les rues

DJEDDAH : Un événement pour la Fête de la Musique organisé par le Consulat de France à Djeddah et l'Ambassade de France à Riyad a mis en vedette des artistes locaux et français de divers genres.

La soirée musicale au Club Culturel de Djeddah (Jeddah Cultural Club) comprenait de l'électronique, de la soul, du deep house, de la pop et plus encore sur le thème de « l'Amitié franco-saoudienne ».

Créée en France en 1982 sous le patronage de l'alors Ministre de la Culture Jack Lang, qui est aujourd'hui président de l'Institut du Monde Arabe à Paris (Arab World Institute), la Fête de la Musique est célébrée dans plus de 100 pays.

Des musiciens de tous niveaux sont invités à se produire partout, dans les salles de concert comme dans les rues.
À Djeddah, deux voix féminines ont été honorées — Nadeen Linjawi, également connue sous le nom de Fulana, et Canine, le projet de la compositrice et chanteuse française Magali Cotta.

Fulana, une chanteuse saoudienne en pleine ascension, a donné la performance d'ouverture et a exprimé sa gratitude d'avoir été invitée à représenter le son des jeunes Saoudiens.

« La musique a été toute ma vie ; je ne me souviens pas d'un moment où j'ai été mon moi le plus authentique sauf ici (sur scène). C'est le moi le plus vrai », a-t-elle dit.

« Il semble que même lorsque nous sommes extrêmement heureux de célébrer quelque chose de luxueux ou artistique comme la musique, il est important de se rappeler que lorsque nous disons international, cela s'applique souvent encore uniquement à ceux qui n'ont pas à se soucier des besoins humains fondamentaux. Ce qui est plus important, c'est de se rappeler à quel point nous sommes chanceux, d'être reconnaissants pour ce que nous avons et d'envoyer des prières pour ceux qui ne peuvent pas célébrer la Fête de la Musique. »

Linjawi a choisi le nom « Fulana », qui signifie « n'importe qui », car pour elle, l'histoire qu'elle raconte à travers sa musique pourrait être celle de n'importe qui. Ses chansons tournent autour de la perte d'identité, de la confusion et de la solitude.

En 2023, elle a produit sept chansons et s'est produite à Djeddah (Balad Beast) et à Riyad (Middle Beast), ainsi qu'au Caire, à Amman et à New York lors de sa tournée « Notes on Swimming ». Son album « Banatafkar » a été produit avec Wall of Sound.

Dans la deuxième partie de l'événement, Canine est montée sur scène à la tête d'un groupe qui a captivé le public avec un mélange d'électro-pop, de soul et de hip-hop, tissé avec des arrangements surréalistes et des paroles profondément intimes.

La performance a également inclus des extraits de personnalités françaises influentes telles que le philosophe Gilles Deleuze, l'avocate Gisèle Halimi et le poète Charles Baudelaire.

Dans une interview exclusive avec Arab News, Cotta a partagé des perspectives sur son processus créatif, son inspiration et l'évolution de son son unique.

Elle a déclaré que l'événement de Djeddah était « un voyage explorant les thèmes centraux de l'espoir, de la force féminine, de la nature et de la nuit, transcendant le format traditionnel du concert pour devenir une expérience immersive. »

Elle a ajouté : « J'aime collaborer avec d'autres artistes. Mes plus belles collaborations sont avec les musiciens qui m'accompagnent sur scène. Qu'ils soient instrumentistes ou chanteurs, ce sont des interprètes merveilleux et ajoutent leur sensibilité à la musique que j'ai écrite. De même, je considère les ingénieurs du son qui mixent ma musique comme des créateurs à part entière.

« Malheureusement, nous n'avons pas eu le temps de collaborer avec Fulana pour cette représentation en direct, mais j'espère que cela se produira bientôt ! J'ai été très surprise de découvrir une artiste saoudienne dans la musique électronique. Je ne m'y attendais pas, et ce fut une très bonne surprise. »

L'approche musicale de Cotta combine des instruments acoustiques et électroniques. Elle a expliqué comment elle privilégie les synthétiseurs analogiques pour leur chaleur organique, tout en incorporant des instruments acoustiques comme les cuivres et les cordes pour une touche plus délicate. Ce mélange défie les frontières conventionnelles, en privilégiant la résonance émotionnelle.

« J'utilise des synthétiseurs analogiques plutôt que numériques. Leur son est plus chaud et plus organique. Parfois, j'ai besoin de plus de chaleur et de fragilité, ce qui me mène vers des sons acoustiques. Pour moi, il n'y a pas de frontières entre les sons acoustiques et électroniques. Ils doivent simplement être aussi émouvants que possible à tout moment donné dans l'œuvre, » a-t-elle déclaré.

Le message de Cotta a résonné avec le public saoudien. Elle a exprimé le désir de les émouvoir, soulignant le pouvoir de la féminité et la représentation par le groupe de rôles musicaux traditionnellement dominés par les hommes.
« Nous voulons présenter une image différente de ce que l'on attend de la ‘féminité’. Pour nous, la féminité est liée à la nature ; elle peut être fragile, mais elle possède également une immense force, » a-t-elle déclaré.

La performance de Cotta a non seulement mis en lumière la scène électro-pop croissante du Royaume, mais a également souligné le langage universel de la musique.

Quant à l'avenir, Cotta travaille actuellement sur son troisième album et prépare de nouvelles performances pour l'année à venir. Elle espère revenir en Arabie saoudite avec un nouveau spectacle.

Le 27 juin, l'Ambassade de France à Riyad, en partenariat avec l'Alliance Française, Beast House et MDL Beast, a organisé une journée consacrée à la promotion de la culture musicale.

Beast House s'est animé avec le rythme, avec au programme une performance spéciale de Canine ainsi que des sets de DJ par JOJ, Vinyl Mode et D'JULZ.
 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.