Ukraine: Zelensky, l'Otan et l'UE saluent l'aide américaine, que le Kremlin fustige

Cette photographie prise le 20 avril 2024 montre un bâtiment détruit à Marioupol, en Ukraine sous contrôle russe, au milieu du conflit russo-ukrainien (Photo, AFP).
Cette photographie prise le 20 avril 2024 montre un bâtiment détruit à Marioupol, en Ukraine sous contrôle russe, au milieu du conflit russo-ukrainien (Photo, AFP).
Des roquettes russes sont lancées contre l'Ukraine depuis la région russe de Belgorod, vue depuis Kharkiv, en Ukraine, le 18 avril 2024 (Photo, AP).
Des roquettes russes sont lancées contre l'Ukraine depuis la région russe de Belgorod, vue depuis Kharkiv, en Ukraine, le 18 avril 2024 (Photo, AP).
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Publié le Dimanche 21 avril 2024

Ukraine: Zelensky, l'Otan et l'UE saluent l'aide américaine, que le Kremlin fustige

  • Du côté des Européens, ce sont les capacités de production limitées qui empêchent à ce stade de livrer notamment les obus promis à Kiev
  • Plus proche allié de Kiev, le président américain Joe Biden s'est rapidement félicité de l'adoption d'une aide «cruciale» à Kiev

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et ses alliés de l'Union européenne et de l'Otan ont salué d'une même voix le vote samedi du Congrès américain en faveur d'un paquet de 61 milliards de dollars à Kiev, le Kremlin déplorant une aide qui conduira à la mort d'"encore plus d'Ukrainiens".

Il aura fallu des mois et des mois, au grand désespoir souvent des dirigeants ukrainiens, mais le vote de samedi fut le bon à la Chambre américaine des représentants, validant un paquet d'aide militaire et financière à Kiev.

Il devrait permettre à l'armée ukrainienne de reprendre son souffle face à l'armée russe, dans ce conflit à haute intensité qui a épuisé nombre de ses combattants et entamé le moral des troupes face à la poussée des forces de Moscou ces derniers mois.

Le texte adopté "sauvera des milliers et des milliers de vies", s'est félicité sur X Volodymyr Zelensky, estimant que le texte voté "maintient l'histoire sur le bon chemin".

"Il s'agit d'une aide très importante qui sera ressentie par nos soldats sur la ligne de front, ainsi que par nos villes et nos villages qui souffrent de la terreur russe", a-t-il appuyé plus tard lors de son allocution quotidienne.

Son Premier ministre, Denys Chmygal, a lui salué "la solidarité" des élus américains, alors que le texte doit encore être voté par le Sénat.

Plus proche allié de Kiev, le président américain Joe Biden s'est rapidement félicité de l'adoption d'une aide "cruciale" à Kiev, au "rendez-vous de l'Histoire".

Le Kremlin, dont l'armée est en guerre contre l'Ukraine depuis le déclenchement d'un assaut d'ampleur sur le sol ukrainien le 24 février 2022, a rapidement dénoncé le vote du Congrès américain, une décision "attendue et prévisible" à ses yeux.

L'aide "enrichira davantage les États-Unis d'Amérique et ruinera encore plus l'Ukraine, en tuant encore plus d'Ukrainiens à cause du régime de Kiev", a assuré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse d'Etat TASS.

La porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a elle fustigé une enveloppe militaire, qui comprend aussi de l'aide à Israël et Taïwan, qui "va exacerber les crises mondiales".

Jeudi, M. Peskov avait affirmé que l'aide américaine ne pourra "en aucun cas influer" sur la situation sur le front, où la Russie est à l'offensive.

«Message clair au Kremlin»

A l'issue du vote à Washington, les réactions ont rapidement afflué du côté des alliés occidentaux de Kiev, notamment au sein de l'Union européenne.

"Un jour d'optimisme" pour l'Europe, a estimé Berlin par la voix de la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, après que le président du Conseil européen, Charles Michel, a lui assuré que l'Occident "envoie un message clair au Kremlin".

Le chef de l'Otan Jens Stoltenberg a pour sa part salué une aide qui "renforce notre sécurité à tous, en Europe et en Amérique du Nord".

Ce paquet d'aide devenait "vital" pour l'armée ukrainienne, de l'aveu même de Volodymyr Zelensky, tant sur le terrain, l'Ukraine fait face à des pénuries de munitions et est dans l'incapacité de protéger l'ensemble de ses villes et de ses infrastructures énergétiques, régulièrement ciblées par les forces russes.

Kiev n'a ainsi de cesse de réclamer à ses partenaires munitions et systèmes antiaériens pour contrer ces frappes, mais les divisions politiques à Washington ont ralenti les prises de décision ces derniers mois.

Du côté des Européens, ce sont les capacités de production limitées qui empêchent à ce stade de livrer notamment les obus promis à Kiev.

Combats incessants 

Samedi, les attaques se sont poursuivies sur le terrain, comme depuis près de 800 jours.

L'Ukraine a déclaré que la Russie avait frappé des immeubles résidentiels à Vovchansk (nord-est), une ville située à environ cinq kilomètres de la frontière russe, faisant deux morts et deux blessés.

Parallèlement, une source de la Défense ukrainienne a déclaré à l'AFP que Kiev avait visé dans la nuit huit régions russes lors d'une attaque de drones "à grande échelle", mettant en feu un dépôt de carburant.

Le ministère russe de la Défense n'a lui pas évoqué ce dépôt touché selon Kiev, indiquant toutefois avoir intercepté 50 drones ukrainiens durant la nuit, dont certains près de Moscou.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montraient un énorme incendie faisant rage dans un dépôt de carburant de la région russe de Smolensk (ouest).

L'Ukraine multiplie ses attaques contre la Russie ces dernières semaines, en visant notamment des raffineries, dans le but de perturber la chaîne logistique d'approvisionnement des troupes russes engagées sur le front.

Dans la région russe de Belgorod, le gouverneur Viatcheslav Gladkov a lui fait état dans la journée de deux morts dans des attaques de drones ukrainiens puis du décès d'une femme enceinte lors de bombardements ultérieurs.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.