Après un an de guerre, des Soudanais se remémorent leurs rêves partis en fumée

Des personnes des États de Khartoum et d'al-Jazira, déplacées par le conflit actuel au Soudan entre l'armée et les paramilitaires, font la queue pour recevoir de l'aide d'une organisation caritative à Gedaref, le 30 décembre 2023. (Photo par AFP)
Des personnes des États de Khartoum et d'al-Jazira, déplacées par le conflit actuel au Soudan entre l'armée et les paramilitaires, font la queue pour recevoir de l'aide d'une organisation caritative à Gedaref, le 30 décembre 2023. (Photo par AFP)
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Publié le Mardi 16 avril 2024

Après un an de guerre, des Soudanais se remémorent leurs rêves partis en fumée

  • Les start-up «bourgeonnaient dans tout le pays», rivalisant de solutions «pour répondre aux vrais besoins des Soudanais», témoigne depuis les Etats-Unis l’ancienne employée d’une société d'investissement à Khartoum
  • De nombreux Soudanais de la diaspora avaient investi les économies d'une vie dans la construction d'une maison à Khartoum, pour assister impuissants à la saisie de leurs biens par les FSR

LE CAIRE : Au début, en 2018, de la révolution au Soudan, Omar Ushari n'aurait jamais imaginé être un jour réfugié au Caire, après avoir fui la guerre sanglante qui ravage son pays depuis maintenant un an.

A l'époque, cet avocat de 37 ans était derrière les barreaux, comme de nombreux opposants emprisonnés par le régime islamo-militaire d'Omar el-Béchir et, comme eux, il s'était réjoui de ce soulèvement populaire.

Libéré, dans un Soudan assoiffé de changement après la chute d'Omar el-Béchir en 2019, Omar Ushari a décidé de réaliser son rêve: ouvrir un petit café littéraire qu'il a appelé Rateena, un havre de paix où les militants de Khartoum réfléchissaient collectivement à construire «un meilleur Soudan».

Mais quand le 15 avril 2023, l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo sont entrés en guerre, M. Ushari a vu son projet «peu à peu partir en fumée».

Pendant des mois, bravant les combats de rue, il s'est rendu à Rateena pour, dit-il, «m'asseoir dans la pénombre, prendre note des pillages survenus depuis ma dernière visite, et me souvenir».

Longtemps, il est resté sidéré, incapable de comprendre «comment la musique, les conférences et les débats avaient disparu au profit des balles perdues éparpillées au sol et l'écho des tirs d'artillerie».

- Une «révolution volée» -

Un an de guerre a dévasté le Soudan et fait des milliers de morts. Le rêve de M. Ushari «n'est qu'un des milliers de rêves qui ont volé en éclat», à l'aune de ce qu'il appelle «une révolution volée».

La transition démocratique enclenchée au départ d'Omar el-Béchir, après 30 ans de pouvoir, a libéré «les espoirs, l'inspiration et l'audace» de la jeunesse, explique à l'AFP Sarah Salmane, qui travaillait à l'époque dans une société d'investissement à Khartoum.

Les start-up «bourgeonnaient dans tout le pays», rivalisant de solutions «pour répondre aux vrais besoins des Soudanais», ajoute-t-elle depuis les Etats-Unis.

A elle seule, Mme Salmane a examiné plus de 50 projets de start-up dans des secteurs variés, allant de la télé-santé à la finance.

Un boom initié par l'«énergie de la révolution», ce moment où «les gens avaient espoir que le Soudan emprunte enfin la bonne voie, sorte des ténèbres et atteigne, via une transition civile, la liberté», se souvient M. Ushari.

Comme nombre de ses compatriotes, l'experte en communication Raghdan Orsud, âgée de 36 ans, a pris part au changement.

Elle a co-fondé la plateforme de lutte contre la désinformation Beam Reports, «convaincue du rôle que les médias peuvent jouer dans une transition démocratique», dit-elle à l'AFP depuis Londres.

Mais deux mois après le lancement de sa plateforme, cette fragile transition a déraillé lorsqu'en octobre 2021, les deux généraux aujourd'hui en guerre ont mené ensemble un coup d'Etat et confisqué le pouvoir aux civils.

«C'était une période douloureuse, des manifestants étaient tués toutes les semaines», se souvient M. Ushari.

Pourtant, malgré la répression, la jeunesse soudanaise a continué à battre le pavé pour exiger le retour des civils au pouvoir.

- Rateena incendié -

Puis un samedi, à la fin du ramadan, les habitants de Khartoum se sont réveillés au son des tirs d'artillerie.

En une nuit, les cadavres d'habitants abattus par des snipers ou fauchés par des balles perdues ont jonché les rues de Khartoum.

Plusieurs millions d'habitants ont fui la capitale. Raghdan Orsud a dû abandonner l'équipement sonore flambant neuf qu'elle venait d'acquérir. «Tout était encore empaqueté» quand les paramilitaires se sont emparés de son immeuble.

Omar Ushari tentait de s'établir au Caire quand il a reçu un message vidéo montrant un immense incendie.

«C'est comme ça que j'ai appris que Rateena avait brûlé». Avec le café, des milliers de livres et d'oeuvres d'art ont été réduits en cendres.

De nombreux Soudanais de la diaspora avaient investi les économies d'une vie dans la construction d'une maison à Khartoum, pour assister impuissants à la saisie de leurs biens par les FSR.

La cheffe pâtissière Chaimaa Adlan, âgée de 29 ans, raconte que son père, qui vit en Arabie saoudite, «priait pour qu'un bombardement touche la maison». «Il aurait préféré la voir détruite plutôt que transformée en base paramilitaire», ajoute-t-elle.

- «Le Soudan est à nous» -

Mme Adlan, qui venait de lancer une activité de traiteur, s'est retrouvée au Caire, déracinée et sans emploi.

Un an plus tard, elle slalome dans une cuisine animée de la capitale égyptienne, hurlant des ordres à ses équipes tout en mettant la touche finale à ses plats mêlant subtilement arômes soudanais et occidentaux.

Sur scène, M. Ushari, qui s'est associé à Mme Adlan et à d'autres pour ouvrir un restaurant éphémère doublé d'un espace culturel, présente un musicien soudanais qui s'apprête à jouer le répertoire classique du pays.

Cette même jeunesse qui organisait les manifestations rêve toujours de démocratie et chapeaute l'entraide à travers le pays, constituant, d'après l'ONU, «la première ligne» de la réponse humanitaire à la guerre.

Malgré l'exil et la douleur, il reste une «étincelle révolutionnaire» vivace dans le «coeur de tous les Soudanais», dit M. Ushari.

«Le Soudan est à nous tous, alors que faire si ce n'est s'atteler à le reconstruire?», ajoute Mme Orsud.


Israël: Netanyahu dissout le cabinet de guerre

Des personnes brandissent des drapeaux et des pancartes lors d'un rassemblement anti-gouvernemental devant le Parlement israélien à Jérusalem, appelant à des élections anticipées le 17 juin 2024, dans le cadre du conflit actuel dans la bande de Gaza entre Israël et le mouvement militant palestinien Hamas. (Photo de Menahem Kahana AFP)
Des personnes brandissent des drapeaux et des pancartes lors d'un rassemblement anti-gouvernemental devant le Parlement israélien à Jérusalem, appelant à des élections anticipées le 17 juin 2024, dans le cadre du conflit actuel dans la bande de Gaza entre Israël et le mouvement militant palestinien Hamas. (Photo de Menahem Kahana AFP)
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  • David Mencer, un des porte-parole du bureau de M. Netanyahu a confirmé la dissolution du cabinet de guerre, précisant que le cabinet de sécurité prendrait «les décisions sur les questions relatives à la guerre»
  • Le cabinet de sécurité, qui comprend neuf ministres en plus de M. Netanyahu est maintenant le principal organe à prendre les décisions relatives à la guerre avec le Hamas

JÉRUSALEM : Un porte-parole du bureau du Premier ministre israélien a confirmé lundi la dissolution du cabinet de guerre, créé après l'attaque sans précédent du 7 octobre menée par le mouvement palestinien Hamas en Israël, après la démission la semaine dernière du centriste Benny Gantz.

Les médias israéliens avaient rapporté plus tôt lundi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé la dissolution de ce groupe restreint lors d'une réunion du cabinet de sécurité dimanche.

David Mencer, un des porte-parole du bureau de M. Netanyahu a confirmé la dissolution du cabinet de guerre, précisant que le cabinet de sécurité prendrait «les décisions sur les questions relatives à la guerre».

«Le cabinet de guerre était une condition préalable à la création de ce gouvernement d'unité nationale (...) Avec le départ de M. Gantz du gouvernement, le cabinet n'est plus nécessaire, ses fonctions seront reprises par le cabinet de sécurité», a déclaré M. Mencer lors d'un point de presse.

Le cabinet de sécurité, qui comprend neuf ministres en plus de M. Netanyahu est maintenant le principal organe à prendre les décisions relatives à la guerre avec le Hamas.

M. Gantz, chef du parti de l'Union nationale (centre), avait quitté la coalition gouvernementale plus tôt en juin, entraînant avec lui Gadi Eisenkot, qui est comme lui un ancien chef de l'armée.

Selon des commentateurs, cette dissolution est également destinée à couper l'herbe sous le pied des ministres d'extrême droite Ben Gvir et Bezalel Smotrich qui voulaient participer au cabinet de guerre depuis le début du conflit.

La guerre a éclaté le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d'Israël ont mené une attaque qui a entraîné la mort de 1.194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

Sur 251 personnes enlevées, 116 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 41 sont mortes, selon l'armée.

En représailles, l'armée israélienne a lancé une vaste offensive sur la bande de Gaza qui a fait jusqu'à présent 37.347 morts, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le mouvement islamiste.


Les héros du Hajj aident les pèlerins à trouver leur chemin

On peut trouver ces scouts aidant les pèlerins dans tous les lieux de pèlerinage, portant des casquettes bleues, des gilets marron et des foulards verts. (Huda Bashatah, AN)
On peut trouver ces scouts aidant les pèlerins dans tous les lieux de pèlerinage, portant des casquettes bleues, des gilets marron et des foulards verts. (Huda Bashatah, AN)
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  • On peut trouver ces scouts aidant les pèlerins dans tous les lieux de pèlerinage, portant des casquettes bleues, des gilets marron et des foulards verts
  • M. Swailek indique que les pèlerins peuvent se procurer des rafraîchissements et se reposer dans les stations d’orientation

RIYAD: La Technical and Vocational Training Corporation (TVTC) forme les scouts à orienter et à conseiller les pèlerins durant la saison du Hajj.

On peut trouver ces scouts aidant les pèlerins dans tous les lieux de pèlerinage, portant des casquettes bleues, des gilets marron et des foulards verts.

Ramadan Swailek, scout du Hajj, explique que son devoir est de servir et d’aider les pèlerins dans différents endroits de La Mecque.

«Nous sommes des scouts qui se déplacent et nous avons des spécialistes de différents domaines présents sur les Lieux saints, tels que des spécialistes de l’orientation, de la santé et de la sécurité. La mission d’un scout spécialiste d’orientation est de guider les pèlerins égarés. Si un pèlerin est perdu, nous utilisons des cartes pour l’aider à trouver son chemin.»

M. Swailek indique que les pèlerins peuvent se procurer des rafraîchissements et se reposer dans les stations d’orientation.

«C’est la première année que nous nous déplaçons pour guider les pèlerins. Dans  le passé, nous orientions, sans nous déplacer, les pèlerins égarés qui pouvaient avoir erré pendant trois ou quatre heures et qui étaient souvent frustrés. Le fait de les guider jusqu’à leur destination apporte un immense soulagement, et c’est une expérience très gratifiante. Les gens se disputent vraiment ce rôle parce qu’il leur procure un profond sentiment de plénitude», explique-t-il.

Abderrahim Saad al-Maliki est un autre scout qui aide les pèlerins pendant la saison du Hajj.

«Nous venons ici avec l’intention de servir les pèlerins, comme l’a mentionné mon collègue Ramadan, et nous couvrons cinq zones à Mina. Nous nous déplaçons énormément et nous orientons et aidons les pèlerins dans divers domaines. Nous remercions Dieu pour les bénédictions de l’islam, notre foi, et pour la sécurité dont nous jouissons. Nous sommes toujours au service des pèlerins. C’est ma première année et j’espère continuer à servir les pèlerins dans les années à venir, si Dieu le veut.»

Cette année, la Commission du scoutisme de la TVTC dans la région de Médine a remporté le prix du meilleur quartier général au niveau du camp.

La TVTC a été créée en 1990 et dispose de deux cent quatre-vingt-trois installations de formation couvrant toutes les régions du Royaume.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 

 


Des pèlerins jettent des pierres sur les Jamarat au premier jour de Tashriq

Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules. (SPA)
Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules. (SPA)
Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules. (SPA)
Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules. (SPA)
Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules. (SPA)
Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules. (SPA)
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Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules. (SPA)
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  • Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules
  • La structure innovante à plusieurs niveaux a été conçue pour répartir efficacement les pèlerins pendant le rituel de lapidation

MINA: Les pèlerins du Hajj ont entamé le rituel de lapidation de Satan en jetant des cailloux sur les Jamarat, trois piliers de pierre, le premier jour de Tashriq, qui coïncide également avec le deuxième jour de l’Aïd al-Adha.

Le rituel de lapidation a commencé par Jamarat al-Oula («le petit pilier»), s’est poursuivi par Jamarat al-Wusta («le pilier du milieu») et enfin Jamarat al-Aqaba («le grand pilier»), suivant les traces du prophète Mahomet, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Aux différents étages de l’installation Jamarat, de nombreux parcours désignés ont assuré la circulation fluide des pèlerins et facilité la gestion des foules. La structure innovante à plusieurs niveaux a été conçue pour répartir efficacement les pèlerins pendant le rituel de lapidation.

Des ponts piétonniers relient les Jamarat à la ligne de métro Al-Machaaer al-Mugaddassah et aux camps de pèlerins environnants à Mina, permettant des déplacements sûrs et simples, a rapporté SPA.

 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com